Le temps passe vite et j'ai été trop occupée à vivre pour écrire régulièrement, du moins ici. Pour faire le bilan des derniers mois, mon grand-papa adoré est décédé suite à une réaction foudroyante à sa chimiothérapie, qui aurait du lui redonner plusieurs années, comme elle l'a fait pour tant d'autres personnes avant lui. Elle a plutôt détruit son système immunitaire et sa moëlle osseuse et les médecins ne s'expliquent pas comment. Il aura eu 4 jours pour apprendre la nouvelle et partir dans la paix, entouré de ceux qui l'aimaient, nombreux, a qui il a tenu a dire au revoir un par un, malgré la douleur, l'épuisement et la morphine. Mon grand-père aura été admirable jusqu'à la fin, et je n'étais pas prête à le perdre: j'avais fait tellement de projet pour lui et moi pour les mois à venir, avec mon congé de maternité et ma petite fille qui l'aurait tant aimé. J'aurais au moins eu le privilège d'avoir le temps de lui dire comment je l'aime, de prendre soin de lui, de le veiller, de le remercier pour l'enfance qu'il m'a permise et de reçevoir son "je t'aime", ses mots que je n'oublirai jamais, ce qu'il ne s'était jamais permis avant. Je t'aime, il le disait tous les jours, mais jamais directement. Bref, profitez de ceux que vous aimez, on ne connait pas l'avenir...
Je suis beaucoup restée chez ma grand mère, ce que plusieurs ont pris pour de la grande générosité mais qui n'était qu'un baume qui m'a surement fait du bien au moins autant qu'à elle. Mon frère, lui, est à l'hopital depuis plusieurs semaines et pour surement plusieurs autres encore. Notre grand-père, c'était notre figure paternelle... et toute la famille est déstabilisée. L'horrible chicane sur ce qu'on allait faire du corps le prouve bien. Moi j'étais dans une autre bulle, je me sentais forte de ce que grand-papa m'avait laissé avant de partir, et j'essaie bien que tout le monde se réconcilie à présent...
Il me manque, mais étrangement, je me sens plus forte depuis qu'il est parti, et capable de beaucoup, animée d'un sentiment de vie intense, surtout avec la petite fille adorable qui continue de grandir en moi, un peu inconsciente de tout ce qui brasse autour d'elle. J'ai l'impression que sa naissance est devenue attendue par tout le monde, qu'en partant à contre coeur, mon grand-papa a pris le temps de lui faire une place et de me rappeler aussi la place que j'avais pour lui.
J'étais venue parler d'ambivalence, mais ce sera pour une prochaine fois... Grand-maman m'attends pour aller entendre le petit coeur de bébé, 31 semaines, chez la sage-femme.
vendredi 19 février 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
3 commentaires:
Bonjour toi,
Je te lisais régulièrement il y a quelques mois, puis tu as annoncé que tu mettais fin à ce blogue (c'est du moins ce que j'ai compris) et j'avais cessé de venir te lire.
Il y a quelques semaines, j'ai constaté que ton blogue figurait encore sur la liste de certains autres, et je suis venue jeter un coup d'oeil... et quel plaisir de voir que tu écris toujours. Continue, j'aime bien te lire.
Je te présente mes sympathies pour le décès de ton grand-père. J'ai perdu le mien, le père de ma mère, qui avait toujours habité avec nous, il y a quelques années, et ce n'est pas facile. Mais tant qu'on se souvient d'eux, ils restent vivants en nous.
Je suis très contente de te savoir enceinte; je te souhaite un beau bébé en excellente santé, qui te comblera.
Suzie
Je t'envoie toutes mes bonnes pensées, Annick. Ton grand-papa veillera sur toi et sur ton petit bébé.
xxx
Suzie,
j'écris encore de temps en temps, mais comme tu peux le constater, plus régulièrement, du moins pas ici. Je sentais avoir fait le tour du sujet ou de ce que j'avais envie d'en dire. Je repasse quand même parfois quand l'envie d'écrire un peu me prends, sans pression... Pour le reste, tu as raison, le souvenir les garde vivant et on se souviendra toujours... Il parait que le temps adoucit la douleur, on verra bien, tu pourrais surement mieux en parler que moi!
La souimi,
Merci! J'aimerais pouvoir croire qu'il veille sur nous mais je ne sais pas. Il m'a pourtant promis qu'il le ferait et il a toujours tenu ses promesses. Mais celle-là... Comme il connait bien sa petite fille incrédule, il m'a aussi dit qu'il m'enverrait un signe, s'il le pouvait, en ajoutant en riant un peu sur mes chaudes larmes, qu'il ne savait pas encore trop comment il ferait ça puisqu'il n'est jamais encore mort.
En attendant, je rêve parfois à lui et je me sens bien seule, même s'il est présent dans ce que je suis... Peut-être que c'est de cette façon que ceux qu'on a aimé veillent sur nous, indirectement, avec tout ce qu'ils nous ont donné quand ils étaient là.
Bonne journée à vous deux!
Enregistrer un commentaire