Je suis revenue! Et beaucoup plus vite que prévu.
Je suis allergique au dogmatisme et au sectarisme dans la vie. Le centre de méditation Vipassana de Sutton met beaucoup d'effort à essayer de se montrer en dehors de ces sphères là mais ce que j'y ai vu m'a donné envie d'aller approfondir mon envie d'apprendre la méditation ailleurs.
Je sais que beaucoup de personnes sortiront de ce stage avec l'impression qu'elles ont réalisé quelque chose de grand et qu'elles ont compris des nouvelles choses, et c'est probablement vrai. Toutefois, il y a une certaine part de brainwashing et des mécanismes sectaires bien rodés là bas. Ce n'est pas la méditation qui me dérange mais son enrobage.
Dès le premier soir, on est introduits aux enseignements de Goenka. (10 heures et demies à se concentrer sur l'épithélium de l'entrée intérieur du nez sans contact verbal ni physique préparent bien à se laisser bercer par n'importe quelle parole sensée ou non, mais mon enfance dans plusieurs secte évangélique m'a donné un sixième sens pour déceler la manipulation de masse) Malheureusement, ce bonhomme ne m'a pas du tout plu. J'aurais pu me faire à ses chants nasillards indescriptiblements pénibles à entendre qui ne faisaient que m'enlever ma concentration fragile de méditante. Par contre, je ne peux pas accepter la manipulation qu'il inflige à tous.
Dans le premier enseignement, on nous apprends que le Vipassana est la seule forme de méditation pure et originelle et on nous apprendra plus tard que si on a pas envie de l'intégrer à vie, on est des esprits inférieurs et qu'on a pas compris la vérité.
Toujours dans ce premier enseignement, on dit aux gens qu'ils ne peuvent plus partir, que ce serait extrêmmement dangeureux de le faire et que de plus, nous nous sommes engagés à rester pour les 10 jours. Ceux qui partiraient sont qualifiés de faible d'esprit et tout est fait pour que quelqu'un qui a véritablement un esprit faible mais qui aurait avantage à quitter reste jusqu'au bout. Pourtant, je pense vraiment que cette forme de méditation peut emmener certaines personnes à des endroits où elles ne devraient aller qu'avec une aide professionnelle. Cette façon de procéder est, à mon sens, sectaire voire dangereuse.
Après avoir entendu plusieurs autres stupidités de Goenka, j'ai décidé de partir plutôt que de me sentir incitée à rester de force et de faire semblant. J'étais venue pour apprendre à méditer et si on m'offrait le cadre pour le faire, cette technique qui ne vise ni l'augmentation de la concentration, ni la relaxation, ne convenait pas à mes attentes. Dans le Vipassana, on apprends que la vie est souffrance et on apprends à vivre la souffrance sans plus y réagir. Si je comprends l'utilité de cette philosophie et son bon sens, appliquée de façon extrémiste comme il semble être le cas pour plusieurs anciens de l'organisation, le but de la vie est de se détacher de la vie dans cette vie et d'arriver à ne plus se réincarner encore. Mais plus que la philosophie, je ne pouvais m'identifier à aux méthodes sectaires de Goenka, même si elles servent à faire passer un message qui pourraient être positif.
J'ai donc informé la responsable que j'avais décidé de partir. On m'a d'abord dit que c'était impossible puis, que je devais d'abord rencontrer l'enseignante (la représentante de Goenka, celle qui appuie sur Play...). Cette rencontre m'a sidérée. Cette femme à l'air plein de compassion à ouvert le bal en me disant qu'elle connaissait mon histoire (tout le monde, avant d'être admis pour la retraite, doit remplir une feuille sur ses traumatismes, ses dépendances passées et actuelles, dossier qui est gardé et étoffé ensuite par les bénévoles de l'organisation). Elle a réussi à m'emmener sur le terrain de mes cicatrices de vie, sujet n'ayant rien avoir avec le fait que je désirait quitter, pour m'encourager à rester un jour de plus, puis un autre. Après m'avoir bien cassé et fait fondre en larme, elle m'a demandé si je voulais rester et prendre la voie d'une vie sans souffrance aucune. Je lui ai dit que je ne savais pas, ce qui était donc une autorisation de ma part pour le statut quo dans son esprit. On m'a donc renvoyée dans mes quartiers jusqu'au lendemain.
Quand j'ai repris mes esprits, j'ai trouvé que ça n'avait pas de bon sens. J'ai donc décidé, une fois de plus, de partir et en ai informé la responsable. Lorsque l'organisation a afin compris qu'il n'y aurait aucun moyen de me faire rester, une organisation très efficace s'est mise en branle pour me faire quitter les lieux incognito. La voiture banalisée, c'est leur mot, m'attendait 10 minutes plus tard au stationnement, lieu interdit aux méditants, et j'ai été escortée pendant tout ce temps par la responsable du centre. Les autres méditants ne sauront probablement jamais que j'ai quitté de mon propre gré.
Je ne me suis pas rendue au bout de la retraite. Il m'aurait ensuite fallu faire mes 10h de méditation sans bouger, pour m'insensibiliser à la douleur, puis on m'aurait incitée à redonner ce que j'ai reçu de façon monétaire et en temps, ce que je peux comprendre. Je serais probablement revenue à Montréal pacifiée par tous ce silence, cette méditation et mes endorphines. J'aurais été fière de m'être rendue au bout de ce supplice.
Vipassana n'est pas, pour moi, une façon équilibrée de se mettre en phase avec son esprit et avec la terre. Je ne dis pas que les organisateurs sont remplis de mauvaise fois, au contraire, je suis persuadée que tous les bénévoles qui sont là pensent faire au mieux et partager quelque chose de bien, comme la majorité des sectes, qui ont souvent une base intéressante. Malheuresement, l'enfer est trop souvent dans les détails.
Je suis revenue et heureuse de l'être.