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vendredi 29 août 2008

Rétrospective

Hier encore, je me rendais compte d'a quel point je trouve ça merveilleux, chaques jours, de pouvoir me demander simplement ce que j'ai envie de manger ou ce qui ferait le plus plaisir à mes invités et de le déguster, simplement, en y prenant le plus de plaisir possible. C'est si simple de faire attention à soi, au fond.

Au menu d'hier, entrée de melons confits et crème glacée au pineau des charentes, suivi de mais et de spaghettis bolognese puis d'un carpaccio de mangues citronnées à la vanille et a la coriandre. Parfois, comme hier, il m'arrive de me rendre compte que j'ai un peu dépassé ma satiété, étant occuppée à jaser avec les autres ou simplement par pure gourmandise. C'est loin d'être un drame; ce n'est même pas un problème! La faim prends simplement un peu plus de temps à se manifester par la suite.

Je me suis rendue compte qu'en plus de m'autoriser à manger de tout, je dois aussi m'autoriser à manger trop. Manger une certaine quantité, c'est aussi de la restriction. En se laissant libre, on réalise qu'il est beaucoup plus agréable d'écouter sa faim pour en tirer un maximum de plaisir et c'est ce qu'on fait la majorité du temps. Les bouchées en trop ne sont qu'empruntées au prochain repas.

La nourriture n'est pas un drame. Jamais. La seule tristesse, c'est de s'en servir pour couvrir ses drames intérieurs. Mettre le blame sur le sac de jujube, c'est passer à coté de la chance de résoudre ce qui tracasse vraiment.

Il parait que j'ai maigris au Guatemala, chose étonnante. Sur 6 semaines, j'en ai passé 2 en totale orgie alimentaire. J'ai rencontré une fille adorable, belle comme un coeur et complètement complexée qui a été ma compagne de voyage et avec qui j'étais presque 24h/24. Les amitiés se forment vite à l'étranger parfois. Apràs 3 jours de plage ou j'étais invisible dans mon maillot Louis Garneau de natation pendant qu'elle se faisait constemment draguer dans son petit bikini, j'ai conclus que j'étais horrible et qu'il me fallait absolument perdre au plus sacrant le dernier 10 kilos responsable de tous mes problèmes. Ce qui devait arriver arriva: je me surpris à faire avec elle ces repas du condamné ou on avale tout ce qu'on peut pendant qu'il est encore temps. Puis je me suis secoué l'égo et j'ai recommencé à manger ce qui me plait en toute conscience. L'estime de soi n'est pas facultative pour réussir à vivre mieux!

Je me suis pesée et j'ai perdu 3 lbs. C'est pas des masses, ce n'est pas si important non plus, mais ça me montre que ça continue d'aller vers le mieux. J'ai simplement essayé de manger à ma faim de ce qu'on me présentait lorsque c'était possible. Je l'ai souvent dépassée pour ne pas vexer mes hotes mais j'essayais ensuite de trouver des excuses pour m'éclipser à l'heure des repas jusqu'a ce que la faim revienne. Tout est gérable.

Je crois que j'en suis à un point ou tout se dédramatise et ou la faim se clarifie. Tant mieux!

vendredi 22 août 2008

Notre boulimie et nos toilettes en deux sujets distincts


C'est fou ce que j'ai de l'espace pour grandir et pour de nouvelles idées maintenant que je ne pense plus en permanence à des sujets reliés à l'amaigrissement, à l'autodénigrement qui allait avec quand je n'y arrivais pas de la facon prevue ou à la bataille mentale qui m'occuppait l'esprit lorsque j'y arrivais trop bien. Rien jusqu'ici dans ma vie ne m'aura permi une telle transition de pensées que de me donner le droit de m'écouter. Maintenant, il y a de la place dans ma vie pour celle que je suis au présent.

Je suis de retour à la maison, en train de ressasser mes souvenirs guatémaltèques et de préparer l'année scolaire qui vient. En fait, je ne suis pas revenue entière d'Amérique Centrale: une part de moi y est restée et je ne commence qu'à peine à m'en appercevoir.

Pendant un petit mois et demi, j'ai vécu avec beaucoup moins que d'habitude et je me suis pourtant sentie beaucoup moins vide que ces jours qui me laissent vidés d'être si remplis.

Quand on s'écoute vraiment, on a besoin de si peu. Pourtant, on consomme souvent à outrance pour remplir les vides laissés par ces petits besoins négligés. Je me suis gavée d'aliment mais il m'arrive encore souvent de me gaver le corps et l'esprit de choses qui, au fond, m'encombrent. Et je ne suis pas seule: j'ai vraiment cette impression depuis le retour d'être au sein d'une société completement boulimique de possessions, d'activités, d'émotions fortes, de thrill, de bonheur même. Et pourtant...

J'ai l'impression que plus on cherche à suremplir sa vie, plus on s'éloigne de ce qui nous fait sentir vraiment bien.

Après tout, on ne peut se nourrir que de ce qui nous manque. C'est comme pour l'alimentation. Le surplus s'accumule, nous alourdit et on recherche en vain ce plaisir des premières bouchées qu'on ne retrouvera jamais dans l'excès. Savourer, c'est le secret de l'équilibre, et pas que dans l'assiette.

Ne croyez pas que je n'apprécie pas l'eau chaude de ma douche, la programmation de ma maison de la culture et tous les avantages de vivre au Canada, au contraire. Je jouis de la vie d'ici avec un plaisir quasi orgasmique depuis que je suis rentrée à la maison. Je me dis juste que parfois, ici, on tombe trop aisément dans le trop et que ça nous fait du tord. (et pas qu'a nous: aux autres peuples aussi, comme à la terre...)

J'étais à l'aéroport à Atlanta lundi à attendre mon deuxième vol et après avoir feuilleté avec amusement les briques de la librairie qui expliquent en quelques millions de pages comment se simplifier l'existence, revenir à l'essentiel ou cesser de consommer inutilement (sic), je suis passée aux toilettes pour vivre pleinement mon choc culturel.


Je suis certaine qu'il s'en est fallu de peu pour que les madames en train de se poudrer le nez n'appelle pas la sécurité en me voyant sursauter puis rire comme une personne dérangée mentalement en regardant le distributeur de papier à main automatique. Laissez moi vous dire, ça fait tout un effet de pisser dans une toilette qui se flush toute seule ou on peut jetter le papier dans la cuvette et de se laver les mains sous un jet d'eau chaude parfaitement tempérée qui ne coule que lorsque mes mains sont en dessous, mais je n'étais pas préparée à ce que le distributeur de papier à main me sorte et me coupe une portion individuelle de joli papier blanc dans les mains. Ça, non, définitivement pas. C'était une expérience si éclairante que j'ai forcé mon amoureux et son apathie à aller voir la technologie des toilettes des hommes. Ce qui est bien, c'est qu'il veut toujours m'épouser malgré ça...

(D'ailleurs, ça me fait encore bizarre de jetter le papier dans la cuvette. Il faudra que quelqun m'explique ou il va ce papier, dans les égoûts, ce qu'on en fait ensuite et pourquoi tout ça ne bouche pas. Il y a un plombier dans la salle?)

Ensuite, nous sommes arrivés à New York, ville de tous les excès. La veille, j'étais à Nebaj, dans la tranquilité de la cordilière des Cuchumatanes, avec le peuple Ixil et ses moutons. Si vous me trouvez un tantinet illuminée et moralisatrise, c'est que le sourrire comparé de ces deux peuples a de quoi faire réfléchir.
Apprivoiser le vide, c'est probablement se rapprocher de l'essentiel, si subtil et volatile. Je ne sais pas si j'aurai beaucoup le temps d'écrire dans les prochains mois, avec cet excitant début de cours, mais comme j'ai déjà pas mal de talent et de pratique dans le combat et la vie à bras le corps, je crois que je vais me laisser aller vers plus de simplicité. C'est tout naturellement une extention de cette démarche commencée avec l'anti-régime: s'écouter pour déguster pleinement dans la mesure de ses besoins. Simple, logique, sain, équitable et franchement agréable.











Edit: Une image vaut mille mots: merci myrtille!


Autoportrait à la frontière, Frida kahlo

lundi 23 juin 2008

T.H. comme une tache

Pour ne pas utiliser ma belle VISA verte transparente d'étudiante pendant mon séjour au Guatemala, j'ai choisi de prendre un deuxième boulot dans une chaine de restaurants. Je dois vous avouer que je m'y amuse beaucoup. C'est fou ce qu'on peut voir et les confidences qu'on peut reçevoir quand on a un uniforme brun très peu sexy et une casquette qui fait osciller le look entre la préado et la bonne femme de service.

"Madame, avez vous du café light?"

ou encore

"Mettez moi 4 splendas dans mon café. Le sucre, ça fait engraisser. Et 3 crèmes... Le café, ça stimule le métabolisme."

L'inverse peut être?

"5 sucres, et du lait écrémé svp. Moi, le gras, j'en mange pas. Je ne veux pas me retrouver pris du coeur à 40 ans"

Oui, ce sont toutes des phrases réellement entendues par mon humble personne et ça, c'est juste pour le café, en 5 jours de carrière...

Mauzus qu'on stresse dont pour rien devant ce qu'on mange! Si on s'écoutait pour manger sans culpabilité aucune une nourriture qui fait son boulot, soit nous nourrir, on en viendrait doucement à apprécier pleinement les véritables qualités de nos aliments: leur goût, leur texture, leur température, leur odeur, etc. Soyons fins gourmets et mangeons ce qui nous fait envie! Ce n'est pas un péché! C'est même indispensable pour arriver à écouter pleinement les besoins de son corps. Et en plus, ça fait partie des plaisirs de la vie! C'est bon pour la santé mentale et physique!

La biologie humaine est tellement complexe et fonctionelle! Je crois de plus en plus, d'expérience, que le corps se régule sur le long terme et que les envies qui nous prennent ne sont que des réponses au signaux qu'envoie notre corps selon ses besoins. (Il y a aussi les envies de manger qui répondent à des besoins psychologiques, tout aussi importants à considérer que ceux du fonctionnement plus mécainque)

Je crois de plus en plus que le corps, quand on arrive à l'écouter, se régule sur le long terme et demande ce qui lui manque. Mais si on se noie la tête d'interdit, de recommendations, de tables, de guides, d'idées préconçues, de culpabilité, on a plus de place pour l'écoute de ses besoins et maintenir un poids équilibré devient alors une lutte constante contre soi. Qu'on gagne ou qu'on perde dans ces conditions, on perds assurément quelque chose. En plus, on en vient à se donner des raisons émotives de se bourrer. On se nuit.

La morale de cette histoire: que gagne t'on à fréquenter des chaines aux produits standardisés, aseptisés, assemblés sans savoir faire? Il y a tant d'artisans fabuleux et de gouts à découvrir!

Je vous propose de l'expérimenter, ,si vous avez envie, êtes curieux et le pouvez, dans un resto qui fait maintenant partie de ma liste de bouffe préférée. Je ne me souviens même plus du nom. C'est sur la rue Mont-Royal, près de St-Denis en allant vers le Mont-Royal. C'est un petit resto tout simple ou on sert avec gentillesse une cuisine qui ravit mes papilles à chaque fois. C'est le fruit d'une belle d'histoire d'amour entre une québécoise et un gambien. C'est d'ailleurs monsieur qui cuisine avec enthousiasme des plats de chez lui pour nous les faire connaitre, et adopter assurément. C'est abordable et la taille des plats vous permet d'en savurer encore le lendemain.

Ne perdez donc pas votre temps chez T.H., à moins que vous adoriez ça! Il y a du meilleur pour vos papilles!

Bientôt plus qu'une main de dodos avant les vacances pour moi. Je crois que si vous me cherchez, je serai en territoire gambien à montréal pour vivre à fond ma nouvelle idylle avant mon départ...

lundi 9 juin 2008

Une grande femme

Il y en a qui trippent sur les filles de Sex and the City, d'autres qui idolatrent Céline Dion et d'autres qui envient la sagesse du Dalaï Lama.

Moi, mon idole, c'est Marie-Claude Lortie, une critique gastronome et une chroniqueuse que vous avez surement déjà lue, que ce soit dans la Presse ou dans un de ses livres...

Ok, je ne suis pas groupie et je n'achète même pas la Presse pour lire ses chroniques. Mais chaque fois que je lis ce qu'elle écrit, j'ai le sourire au visage et parfois même plus d'espoir pour l'humanité. C'est une femme, une vraie, intelligente, épicurienne et tellement pleine de bon sens. Si j'étais plus kétaine, j'irai jusqu'a dire que c'est un modèle pour nos jeunes mais je ne le dirai pas. En fait, je ne suis que jalouse de la clarté avec laquelle elle expose au monde ses opinions pleine de sens (dans tous les sens du terme!).

Je vous laisse lire le dernier article sur lequel je suis tombé, après avoir mangé dans un restaurant qu'elle recommande dans son excellent bouquin Solutions Restos La Presse

L'anti-nutritionnisme

Et en souvenir, comme ça, en vrac, au hasard de google:

Alors, on mange slow?
Pour en finir avec le guide alimentaire
Pourquoi les jeunes filles fument

Pour finir, vous pouvez assez lire cette chronique ou les plusieurs commentaires débiles et mal informés m'ont donné envie de mordre... Mais c'est au fond une bonne nouvelle pour les futures sage-femme et les familles!

Sages-femmes: 10 % des naissances en 2018


Bon, là c'est vrai, je ne reviens pas écrire avant le 20 août. Probablement. Peut-être...

Bonne journée!

Vertige
xx

dimanche 20 avril 2008

Banalités

Ah ce soleil... J'espère que vous profitez bien de la douceur de cet été qui naît avec tant de conviction!

J'aurais du passer le week end à étudier ma nutrition, mais je n'ai pas pu. Il faisait trop beau. Je suis plutôt allée faire de l'escalade hier à la Montagne d'Argent avec mon amoureux.

L'escalade, ça me fait tellement penser à ma vie. Parfois t'es sur une roche lisse comme du bois verni, sans aucune bonne brise, fatiguée de toute la distance déjà montée et t'as beau regarder, tu ne vois rien pour t'accrocher et faire le pas suivant. Ça te semble carrément impossible et tu te dis que jamais tu ne pourra arriver en haut. Alors tu restes là, tu envisages redescendre, tu hésites, tu as le vertige. Tu sens le déséquilibre dans ta position qui ne tiens qu'a la friction de tes mains qui trembles et de tes pieds au dessus du vide. Tu te dis que cette passe là, elle n'est pas de ton niveau.

Puis, une espèce de rage te prends et tu te dis que cette paroi rocheuse n'aura pas le dessus, pas du moins avant que t'aies tout donné, et là, tu ne penses plus à rien, tu te fous de tout et tu montes malgré que ça te semble impossible.

C'est habituellement là que tu découvres qu'au delà de ce pas difficile, il y a quelques prises, et tu montes jusqu'en haut facilement, focussé, en remerciant la paroi qui s'est laissé amadouer sans te faire de cadeau. T'es plus forte que tu le pensais.

C'est pas un peu comme l'Antirégime parfois? Je sais pas pour vous mais je vous jure que devant l'ordi d'ou je vous écris, il y a une fille qui se demande parfois comment elle va faire pour passer au dessus de certaines choses et pour continuer à aller ou elle veut dans sa vie parce que ça lui semble au dessus de ses forces.

Et dans toutes mes questions existentielles, il y a aussi celle de savoir comment on peut arriver à s'arrêter de manger le fromage exquis qui m'attends dans le frigo avec le pain à la mie parfaite et à la croûte craquante et légèrement élastique même quand on a plus faim. (Puis poser la question, c'est y répondre. J'ai envie et le droit d'en manger!)

Bon passons...

Aujourd'hui, je suis allée à une game de soccer. Pour ceux qui ne connaissent pas, il y a dans pratiquement tous les parcs de Montréal des groupes de gens qui ne se connaissent pas mais se retrouvent pour pratiquer un sport. Tout le monde peut se joindre et l'ambiance est toujours très détendue et amicale. Nous avons donc été mis au courant par ma coloc qu'il y avait cet après midi près de chez nous une partie de soccer anarchiste.

Ma coloc a joué comme une pro, mon amoureux était le plus hot de tout les joueurs jusqu'à se qu'il se torde une cheville et moi, j'ai étudié (et glandé surtout) à coté du terrain avec un chiot qui machouillait mon cartable.

Mémo pour moi même: mieux vaut penser à qui je parle avant d'exposer mes idées de dictature éclairée aux gens à coté de moi, même si c'est une demi blague. Soccer anarchiste... ça veut peut-être dire que certains anarchistes y jouent, héhé. J'ai été le scandale du jour mais heureusement, j'ai réussi à me faire réinviter la semaine prochaine, grâce à mon charme ou parce qu'ils ont peur que je mette mes plans à exécution. Ma coloc, elle, en a profité pour rapporter à la maison le plus mignon joueur de la bande (apres mon amoureux), histoire de faire connaissance... Il vient d'arriver et je suis attendue sur la terrasse ou cuisent des hamburgers qui ont une petite odeur de paradis. Ah oui, on a été interviewé par une journaliste de la Gazette alors me voilà bientôt célèbre...

Beaucoup de banalités pour un petit blog hein? Tout ça, c'est juste pour dire que je suis heureuse que le soleil se pointe enfin et vous souhaiter de bien profiter de votre été!

xx

dimanche 6 avril 2008

Pensées du jour

Je suis une fine fourchette. C'est arrivé comme ça, sur le tard, au hasard, et l'anti régime (et la proximité du marché Jean-Talon!) me permet de vivre à fond ma passion gustative.

Cela me vient probablement de ma grand mère, avec qui j'ai passé une bonne partie de mon enfance. Je me souviens autant de l'amour et de l'attention qu'elle mettait dans sa cuisine que du goût de ses fameux roastbeef ou de son imbattable lasagne. Ma grand mère cuisine comme personne d'autre.

Chez ma maman, c'était autre chose. Ma mère, pourtant fille de ma grand mère, s'entendait mal avec ses chaudrons et ses cuillères de bois. Lorsqu'on se préparait un grand repas toutes les deux, c'était toujours un spaghetti avec de la sauce en boîte "bravo" dans lequel on ajoutait de la viande hachée. Elle ajoutait du chili broyé dans son assiette et moi, une tonne de parmesan Kraft cheap mais qui me semblait le meilleur au monde. Mais la majorité du temps, le souper était composé de toasts au caramel, d'oeufs battus avec du pain blanc ou de céréales à déjeuner, lorsque le repas se voulait nutritif. Plus tard, nous avons aussi eu notre lot de surgelés. Ce sont toutes des choses que je n'arrive plus à avaler aujourd'hui.

Ma mère, aujourd'hui, est anorexique.

Le reste de ma famille ne tient plus à se réunir pour manger ensemble. Je les vois tous, mais séparément. Ils m'invitent à manger et ça me touche.

Avez vous remarqué que toutes les grandes célébrations se jouent autour d'un repas somptueux? Partager la nourriture, c'est plus que manger.

Je crois que la routine du repas reflète un peu l'importance et l'amour qu'on se donne. C'est un temps d'arrêt qu'on se donne, pour soi, pour ceux qu'on aime, et cela veut dire beaucoup plus que l'acte de manger en tant que tel.

Qu'est ce qu'on choisit pour se nourrir? Qu'est ce qu'on donne aux autres versus à soi? Pourquoi est-ce que seul, on se donne des plats fade sur le bord du comptoir?

Moi je dis que la bouffe, c'est une histoire d'amour et de communication entre les gens. Il y a des souvenirs rattachés à l'abondance comme au manque. Mais c'est avec les autres qu'elle prends toute sa signification. On fait parfois de fausses associations, comme le chien de Pavlov, et on croit avoir l'amour, la présence ou autre chose avec la nourriture parce que ces sentiments y ont déjà été associés. Et si c'était les autres qui nous manquaient et qui créaient ce vide indéfinissable?

Je laisse l'hypothèse ouverte. La nourriture fait tellement partie de notre vie intime et de groupe qu'elle peut jouer tellement de rôles. Je crois de plus en plus que nos problèmes de nourriture ne font que refléter des obstacles intérieurs qu'on a tout intérêt à régler puisqu'ils nous bloquent aussi probablement dans d'autres aspects de notre vie.

Savoir manger, seule, avec les autres, partout, c'est aussi savoir vivre, et ça s'apprends.

jeudi 27 mars 2008

Externalistes

Les recherches scientifique sur l'obésité actuelles sont déprimantes d'un point de vue scientifique, parce que souvent tellement mal construites et interprétées...

Lorsque je regarde les nouvelles études parues, et il en pleut, ça me lasse. On se jette dans tous les sens à la recherche d'un coupable, on met de nouveaux interdit dans l'esprit des gens, et d'une façon, on travaille à grossir le problème. Ça, c'est en plus des études carrément partisanes et biaisées qui s'apparentent plus à de la fraude intellectuelle qu'à une élévation du niveau de connaissance...

Quand je regarde les études et les statistiques, j'ai toujours l'impression qu'on pourrait interpréter tous ces chiffres bien différemment.

On ne grossis pas parce qu'on mange des frites ou parce qu'on passe des heures devant la télé, on grossis parce qu'on arrive plus à écouter les signaux de faim et de satiété de notre corps. Et plus on essaie de se fier à ce qu'on nous dit de manger ou de ne pas manger, que ce soit par la pub ou les gentils commandements diététiques, plus on devient "externalistes".

Et certains chercheurs croient que c'est justement ça la cause de l'augmentation des taux d'obésité. Alors qu'on devrait être "internalistes", c'est a dire se fier à notre intérieur pour choisir ce qu'on mange et en manger dans la quantité qui convient à nos besoins personnels, les campagnes anti obésités poussent à nous rendre de plus en plus externalistes en écoutant toutes sortes de conseils, en plus de toutes les stupidités dont nous sommes constamment bombardés. Mais qui sait le mieux ce qui est mieux pour notre corps que notre corps?

Un petit article de Céline Borg qui dit un peu la même chose:

Nous connaissons tous les signaux qui nous indiquent que nous n’avons plus faim. Mais ces signaux sont-ils les mêmes pour tout le monde ? Et bien non ! C’est ce que révèle un sondage Américain [1].

La satiété, cette sensation que l’on ressent lorsqu’on n’a plus faim, est le résultat d’une combinaison de signaux internes et externes. Afin de savoir si nous répondons tous à ces signaux de la même façon, 133 Parisiens et 145 participants de Chicago ont répondu à la question « Comment savez-vous que vous êtes rassasié » ?

Si les Parisiens répondent qu’ils arrêtent de manger lorsqu’ils n’ont plus faim ou que la nourriture ne leur fait pas envie, la réponse des Américains et plus surprenante. Ces derniers mangent jusqu’à la fin de leur émission de télévision ou lorsque tout le monde sort de table.

En résumé, les Français écoutent les signaux de leur corps tandis les Américains sont influencés par leur environnement.

Ce phénomène peut avoir une incidence sur notre poids et en partie expliquer pourquoi les Américains sont plus gros que les Français. En effet, selon une étude publiée dans la revue Obesity, c’est parce que les personnes en surpoids écoutent plus les signaux qui les entourent que leurs propres signaux internes qu’elles ont tendance à manger plus [2].

[1] Brian Wansink, « Stop when you’re full ? You must be French », Mindless Eating – Why We Eat More Than We Think, March 2008

[2] Wansink B, Payne CR, Chandon P, « Internal and external cues of meal cessation : the French paradox redux ? », Department of Applied Economics and Management, Cornell University, New York, USA.

mardi 25 mars 2008

Vers la coupe?




J'aime le hockey parce que c'est ce qui rassemble tout le monde à Montréal. Cols bleus, universitaires, patrons, chauffeurs de taxi, gens de toutes les ethnies, tout le monde a droit à son opinion sur les chances du Canadien de remporter la coupe Stanley et on devient soudain égaux, partisans.

Quel québécois de mon age n'a pas un élan de nostalgie en entendant la musique de la soirée du hockey Molson?

Perso, je trouve qu'Ottawa joue un hockey plus habile et plus fluide que les Canadien mais peu importe: on a gagné et on a donc le droit de rêver. C'était une première pour moi hier au centre Bell et l'ambiance était survoltée. J'ai adoré.

Quel lien avec ce blog? Simplement que je me disais que la démarche d'anti régime ressemble à une game de hockey parfois. A la fin d'un période, on mène, on se sent confiant, gonflé à bloc. Ensuite, les vieux démons de l'équipe adverse se réveillent et nous font peur en marquant quelques points. On panique un peu. Il y a des moments ou il faut jouer plus à la défense, d'autres ou on doit aller de l'avant. Mais dans mon histoire, on gagne toujours à la fin. L'équipe adverse nous apprends à devenir des joueurs plus complets.

Ah pis, j'avais juste envie de vous dire que j'étais fière de notre équipe hier et que j'ai hate d'entendre les opinions de tout le monde sur le sujet dans les rues, dans le taxi, au marché et ailleurs.

Je rêve au jour ou la politique ou les combats sociaux suciteront un tel intérêt. Je rêve...

dimanche 16 mars 2008

The biggest loser

J'ai fait un petit souper bien sympa hier avec un couple d'amis que j'adore. Pourquoi je vous parles de ça? Non, je n'imagine pas que les détails de ma vie intime vous intéressent à ce point. C'est juste que je me demandais si j'étais la seule à fréquenter des gens aussi tordus au niveau alimentaire et à me sentir extraterrestre sur ma planète gourmande. Et ce qui est triste, c'est que je suis certaine que non.

Il y a mon ami et ancien coloc, qui est en venu après qu'on ait parlé de pleins de choses à nous parler de l'émission "Qui perd gagne" (The Biggest Looser) en nous disant qu'il est un fan invétéré de cette émission qui le touche profondément. Je fus surprise.

C'est que voyez vous, j'ai beau adorer ce garçon à l'humour caustique, il vote ADQ et conservateur, pense que la priorité nationale est de baisser la dette et croit que le pire fléau de notre société est l'aide sociale. Ah oui, il croit aussi qu'être gai est une perversion génétique. Nos obstinations sur le sujet font partie du folklore de mon groupe d'ami. Étonnant qu'on s'entende malgré tout. Je le pardonne son inflexibilité que je crois basée sur ses propres peurs transmutées en impératifs moraux et il me croit tout aussi incohérente avec la réalité, mais adorable sur d'autres sujets. Je vous disait donc que j'étais étonnée de le voir touché par cette émission de téléréalité.

Moi aussi, elle me touche, cette émission. J'ai beaucoup de compassion pour ses participants dont on exploite les complexes pour faire un bon show et qui se soumettent de tout leur coeur à des méthodes de perte de poids barbares et inhumaines par espoir d'avoir enfin ce corps "acceptable". Je fais donc part de mes réflexions à mon ami, croyant comme une dinde sans tête qu'il allait être d'accord avec mes opinions si sensées.

Il m'expose alors que ce qui le touchait, c'est de voir ces gros tas de graisses enfin se bouger le postérieur et faire quelque chose. Evidemment, je m'indigne. Ce n'est pas parce qu'on est gros qu'on a rien fait de notre vie et c'est souvent un exces de régimes qui mène là.

Je me souviens d'un segment d'émission ou on faisait courrir un homme jusqu'à ce qu'il vomisse d'épuisement, et il n'avait pas finit de vomir que l'entraineur l'engueulait pour qu'il continue. Selon mon ami, c'est bien correct: "qu'ils courrent ces gros tas de graisse, ça va leur faire du bien, et même si ça leur défonce les articulations et la santé, au moins ils auront fait quelque chose, peut-être la seule chose dont ils peuvent être fiers".

Ce que j'ai vu là, c'est de la pure haine et un grand mépris des gens. Décourageant, voire dégueulasse. Mon ami est comme un SS parfois

Pendant ce temps, sa copine l'écoutait et engouffrait des chocolats en rafale (après que nous nous soyons régalés de fondue au fromage, de fondue bourguignonne, de légumes, de gauffres, de fruits et de crème glacée) en me disant d'un air coupable qu'elle ne devrait pas manger de chocolat puisqu'elle doit perdre du poids dans une proportion qui lui donnerait un air de phase terminale. La prochaine fois, je leur ferais du poisson et des carottes à l'eau. Je déteste voir mes amies se sentir coupable pour avoir mangé. En plus, elles ne profitent pas, elles compulsent. C'est bon aussi du poisson après tout...

Non, je ne leur ait pas parlé d'antirégime. Ça aurait été comme conseiller à un héroïnomane en overdose de faire une cure de tisane de fleur pour sa santé. Des fois, on part juste de trop loin.

Je me suis contenté de dire à la copine qu'elle était très belle comme elle était et à faire remarquer au chum que les obèses sont des êtres humain (!!!) souvent encore plus déterminés et capables de privation que les minces et qu'il devrait essayer de comprendre plutôt que de prôner des solutions qui ressemblent davantage à des traitements bannis par la convention de Genève qu'à des solutions saines et durables.

Qui perds gagne, c'est vrai, mais il y a plus de gain à perdre ses obsessions, ses préjugés, ses restrictions, sa mentalité de SS, ou ses complexes qu'a perdre plusieurs livres plusieurs fois et son estime de soi en route. Être the Biggest Looser,pour moi ça reste désolant.

Edit: Un article intéressant du Time sur les suites de l'émission ici

jeudi 13 mars 2008

Pensées du jour

A chaque fois que je vais me promener sur ce site, je le trouve d'une laideur sans nom qui me surprends à chaque fois. Pourtant, si vous n'êtes jamais allées vous y perdre, il le faut.

www.gros.org: le site laid à l'avant garde niveau contenu.

Gérard Apfeldorfer signe la chronique de mars du GROS et bien qu'on n'y trouve pas grand chose de nouveau pour les antirégimeuses convaincues, le message change de tout ce qu'on peut lire ailleurs. Le site en entier est un trésor de sagesse. (N'y a il pas une ame douée et charitable pouvant leur offrir des couleurs et une organisation de l'information un peu plus crédibles?) Et si vous n'êtes pas familières avec l'antirégime, c'est un point de départ de choix.

La saison des ventes de produits ou d'idées amaigrissantes inventives est recommencée, alors préparez vos esprits à l'offensive marketing. Les complexes, ça vend!

Il vous faut être "Bikini ready", et ce, vite, un ventre plat était bien sur une condition sine qua none pour profiter de l'été, aimer, courrir dans des champs de fleurs sauvages, rire et être heureuse comme dans les pubs.

Oh, merde, on vient de m'informer que plus mince, on ne sera que plus mince, et dépendant de la méthode, plus pauvres, frustrées et obsédées.

Rien ne nous empêche de vivre tout ce qu'on veut et peut vivre comme on est! Le poids n'est qu'une excuse, et elle est mauvaise.

Ce qui est super pour le business du régime, c'est que cette rapidité promet d'être la même dans la reprise de poids et que vous serez psychologiquement fragilisées et prêtes pour la prochaine saison de régime. Et la saison du régime, elle est de plus en plus perpétuelle: il y a la rentrée des classes, noel, les résolutions du jour de l'an, les retrouvailles, les mariages, les rendez vous, les vacances...

Mais tout cela est basé sur quelques mensonges qui se nourrissent eux même en hyperphagiques jusqu'à dominer nos vies de faussetés.

Quelques uns, dans le désordre:
-Le bonheur complet ne s'atteint qu'avec la minceur.
-Réussir, c'est avoir un contrôle total sur sa vie et son corps.
-Les gens nous aimeront plus lorsque nous seront minces.
-Losrque nous seront minces, c'est que nous seront devenues de meilleures personnes.
-La minceur est un signe de santé physique et émotive peu importe comment on l'atteint et la maintien.
-En connaissez vous d'autres?

L'image de la minceur associé au succès est si forte qu'on en vient parfois à penser que l'un vient avec l'autre. Et pourtant, ce sont deux sujets différents et séparés. Tout comme l'amour, l'équilibre et le reste. La minceur vient seule, avec ce que vous êtes. Vous aurez peut-être quelques félicitations au début, avec quelques marques de jalousies et assurément des difficultés d'adaptation à surmonter. Pour que cela se passe bien, il faudrait ne pas être mise à plat psychologiquement par un régime draconien.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il n'y a pas une autre personne mince différente de vous cachée en vous. C'est que vos faiblesses seront toujours vôtres, même si vous êtes ailleurs, même si vous êtes mince. Parfois, en voulant maigrir, ce qu'on veut au fond, c'est changer de soi.

Ça n'arrivera pas.

Il faut accepter ce qu'on est et se laisser vivre pour rendre possible un changement durable. Et un bon signe d'acceptation, c'est l'importance que perds le sujet de l'amaigrissement, comme toutes les volontés de changement radicaux. On ne veut plus changer pour être une autre mais changer pour être profondément en accord avec ce qu'on est à l'intérieur.

Se concentrer sur le bien être au jour le jour, c'est participer à sa lente évolution, et c'est probablement la seule façon de changer.

Ça y est, je suis en retard pour mon bénévolat...

Bonne journée!
xx

lundi 10 mars 2008

Manger trop

L'anti-régime est un grand cercle ou les mêmes sujets reviennent sans arrêt et on se met à les comprendre davantage, ou différemment.

J'ai souvent parlé ici de culpabilité et de l'importance de s'en libérer. Pourtant, j'en suis souvent encore pleine et contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, manger en me sentant coupable ne fait pas manger moins, au contraire.

Certains aliments me demandent encore un bon lot de zenitude pour être mangés sans tension intérieure mais ce qui est le plus difficile pour moi, c'est de ne pas me sentir coupable quand je mange au delà de ma faim.

Ça arrive à tout le monde de manger au delà de son seuil de satiété, parfois par contrainte sociale et parfois par simple envie! On apprends avec le temps que ce n'est pas très agréable puisqu'on profite moins des aliments qu'on mange et qu'on met plus de temps à avoir faim à nouveau.

Parfois on se rends compte que ce n'est pas de l'envie mais simplement des émotions qu'on veut adoucir. Si on mange, il n'y a pas de scandale mais on perd une occasion de se comprendre et de mieux vivre. Ça se travaille sur le long terme.

Trop manger n'est pas un problème épouvantable en soi. Il faut apprendre à accepter ça aussi. Quand on mange trop, on dispose simplement de plus de temps avant que le corps ait à nouveau besoin de carburant. Ce n'est pas grave et ce n'est certainement pas dramatique. La faim reviendra indiquer quand remanger.

La culpabilité est complètement inutile et contreproductive. Se sentir coupable quand on mange trop, c'est encore se mettre une barrière dans la tête. Si on se disait plutôt que rien n'est interdit et que certains comportements sont toutefois plus agréables, on arriverait au même résultat, soit celui de manger à sa faim, mais en y sacrifiant pas sa liberté alimentaire totale.

On a le droit de manger. Ce qu'on veut. Aussi souvent qu'on veut. Quand on veut. La quantité qu'on veut. Il n'y a pas de restrictions constructives. Il faut le savoir, le comprendre et le ressentir. Ensuite, on peut ressentir ce que notre corps désire et lui donner en toute liberté, sans distortions des idées liées à un quelconque diktat alimentaire.

vendredi 29 février 2008

Sans m'en rendre compte...

Aujourd'hui, je suis allée magasiner.

Je n'ai pas le temps d'y aller souvent mais parfois, il le fait. Hier, ma superviseure m'a dit que j'avais surement maigris et que ça me faisait du bien d'être dans des vêtements à ma taille. C'est qu'évidemment, à force de les mettre, mes vêtements s'étirent. Je lui ai dit mais elle a fait mine de ne pas comprendre comment la vie fonctionne. Hier, j'étais simplement dans un vieux jean trop petit. Voire si je met des vêtements trop grand... Franchement, je m'en rendrais compte!

J'ai un scoop, mesdames, et je l'ai pris au magasin: tous les manufacturiers sans exceptions font maintenant les vêtements plus grands. Moi, avec mes vêtements "étirés", je suis maintenant habituée de porter des vêtements qui tiennent un peu grâce à l'adhérence de ma peau et, dans les premiers essayage, je me suis dit que les choses que je choisissais était taillées grandes.

Finalement, j'ai compris: il y a conspiration, tous les vêtement sont taillés grand, tellement que moi qui habillais du souvent du 14 serré il y a quelques mois, je décidé d'essayer un 7, juste pour rigoler. Ben ça faisait, pas bien avec cette horrible coupe, mais ça attachait et tout, et j'aurais pu sortir de la cabine et partir avec sans que personne ne me trouve un air louche, du moins pas à cause du pantalon.

Ils sont pas ridicules ces manufacturiers? N'importe quoi! Un 7... Faut pas me prendre pour une conne. Non, ce n'est pas parce que je rigole toute seule dans ma cabine d'essayage que je suis dingue, madame la vendeuse.

Vous saurez qu'au magasin pour adolescentes d'à coté, même s'ils ont aussi agrandi tous les vêtements, j'habille du 12, et que c'est dans cette taille là que j'ai acheté une magnifique petite robe soleil pour accueillir la chaleur ou au moins, l'encourager à arriver. (Faut dire que maintenant, c'est fou mais je m'en fiche carrément de quelle taille je fais, c'est juste une mesure de changement)

J'ai remis mes beaux pantalons bruns sous l'air désespéré de la vendeuse. Mais quoi, je ne vais quand même pas les jeter parce que certaines personnes incultes pensent qu'ils sont trop grands et parce qu'ils sont un tout petit peu déchiré en bas parce que je marche dessus?

Tout ça m'a donné faim. Mon amoureux prépare les steaks et moi, je m'en vais de ce pas lui faire des brocolis et les meilleures patates à la graisse d'oie de sa vie. Ce qui est bien quand on veux maigrir durablement, c'est qu'on est obligé de manger ce qu'on aime... Je m'y fais bien je trouve.

Bonne soirée et bon appétit!

dimanche 24 février 2008

La croissance personelle

J'ai l'impression ces derniers jours de toujours parler de croissance personnelle.

Impossible. Moi, je me ris de la croissance personnelle. Humm...

Ça a toujours été comme ça. Ma vision de la croissance personnelle, c'était les espèces d'illuminées amies de ma mère qui partageaient la lumière dans un language réservé aux initiés. J'ai bien analysé tout ça à l'époque: les adeptes de la croissance personnelle s'habillent en général avec 20 ans de retard, pleurent beaucoup, rient pour rien, ne mangent pas de produits animal ou de gluten dépendant de leur intolérance du moment, fument mais pas de cigarettes, boivent du faux café et me semblent souvent avoir un besoin criant et urgent de psychothérapie. Ah oui, souvent, ils sont psychothérapeute.

Moi, je suis rationelle. Sensible, mais attachée à la logique. Ouverte, mais sceptique. Une intellectuelle finie.

Mais ne plus obsessionner sur la bouffe m'offre la liberté de me retrouver face aux murs qui me coupent de moi même. Et je grandis pour dépasser les murs que j'arrive maintenant à voir, comme ça, ça arrive tout seul, je ne l'ai pas cherché, je le jure madame. Comme je disais l'autre jour, il faut grandir à l'intérieur pour rapetisser à l'estérieur (c'est rendu que je me cite, misère...). Vous croyez que les amies de ma mère ont commencé comme ça et que je vais bientôt aller à l'école habillée en poche de jute en ne m'étant pas lavée du mois pour désensibiliser mes cheveux de cette habitude de savon capitaliste???


Suspense...

samedi 23 février 2008

Interférences et possession.

Je n'aurais jamais pu croire me libérer de l'emprise de la balance. Malgré le fait que dans certains rares moments de faiblesse face à sa dictature omniprésente, je sois tentée de me peser, je crois avoir pris conscience de son inutilité absolue dans ma vie.

Je ne suis plus à la recherche de la technique parfaite pour perdre du poids rapidement et mon bonheur n'a pas rapport avec le nombre de livres perdues cette semaine. Si ça peut paraître évident pour certaines personnes, ceux qui ont fait plusieurs régimes savent que c'est un travail sur soi qu'il faut faire pour y arriver et que ce n'est pas évident.

Je sais que l'Anti-Régime est parfait pour mon corps et ma tête et que je maigris doucement et continuerai de maigrir jusqu'a ce que mon corps se sente bien au poids ou il est. J'ai un miroir et des vêtements me rassurant que je ne grossis pas de manière complètement anarchique. J'apprends doucement à devenir Zen face à la nourriture et à ne plus avoir ce sujet en tête continuellement. Je ne vois donc aucun avantages à la balance.

On a beau se dire qu'on se pèse juste pour savoir, pour suivre vaguement l'évolution de notre poids sans trop s'inquiéter, je ne connais aucune femme qui ne sente pas un peu de découragement, voire un vent de panique, lorsque ce tas de feraille indique un chiffre plus haut. Qu'on ait pris un peu d'eau ou de gras, on cherchera forcement un raison pour cette augmentation. Lorsqu'on a perdu, on cherche à continuer dans cette voie. Ou alors, on s'autorise un petite gâterie lorsqu'on a pas faim(quoi, y'a quand même pas juste à moi que ça arrive!?!)

Quoi qu'il arrive, on donne la parole à un tas de tôle et cela ne nous aide pas à nous écouter. La seule chose qui devrait nous dire de manger plus, ou moins, ou autre chose, c'est notre corps, et c'est une aptitude qui se travaille. On ne s'aide pas en introduisant des interférences.

Parce que c'est exactement ça le coeur de l'anti-régime: réduire les interférences qui nous empêchent d'écouter notre faim. Et au début, à force de s'être autant reniée, on est très sensible et on doit faire encore plus attention.

Des interférences, il y en a plein: la balance, l'obsession de perdre du poids vite, la mauvaise estime de soi, les diètes, la culpabilité de manger, les habitudes, les conventions, les émotions qu'on a besoin d'effacer (comme, le stress!) et il y a vos raisons, qui sont bonnes mais qui empêchent d'avoir une relation sereine, saine et pacifiée avec la nourriture.

Avec le temps, on devrait en venir à laisser tomber complètement l'esprit de régime. Pas évident puisqu'on est carrément possédées pour la majorité d'entre nous, victimes de ces sectes dangeureuses que sont les régimes. Je vous rassure, l'exorcisme n'est pas obligatoire (habituellement) pour s'en sortir.

Une des perversité des régimes, c'est de nous faire penser tout le temps à la nourriture, que ce soit en pensant à ce qui nous est interdit pour ne pas succomber ou en rêvant à ce qui nous est permis. Et ça, c'est quand on ne rêve pas tout simplement à ce qui nous est interdit (en général après deux semaines...) Une des choses qu'il faut abandonner en même temps que les restrictions des régimes, c'est cette façon d'être complètement obsédée par la nourriture et de penser au prochain repas ou à manger.

Il faut créer de l'espace dans nos têtes pour plus de vie. On ne pense pas tout le temps à pisser et pourtant, lorsque l'envie vient, on se soulage puis on y repense plus jusqu'à la prochaine fois. La faim, c'est un besoin physiologique. C'est pareil sauf qu'en général, il est plus facile de trouver quelque chose à manger quand la faim se pointe que de trouver des toilettes quand l'envie nous prends. Et c'est un peu moins gênant socialement d'avoir terriblement faim sans pouvoir se soulager que d'avoir extrêmement envie de pisser sans trouver de toilettes.

Il n'y a pas de mal à se préparer un lunch pour avoir quelque chose de bon a manger si la faim nous prends. Mais si vous avez des tendances à être aussi affectée de moi, il peut être très constructif de vous laisser guider par votre instinct, sans rien planifier, pour quelques temps. Il n'y a rien de mal à partir la tête en l'air, irresponsable alimentairement, sans penser à ce que vous mangerez dans 3 heures. Si vous arrivez à trouver des toilettes, vous trouverez bien aussi de quoi survivre à votre faim. Et si aucune faim ne vient vous distraire de votre vie palpitante, vous n'avez pas besoin d'y penser. Vous n'êtes plus au régime, la nourriture n'est plus au centre de votre vie ni de vos pensées.

Vous remarquerez surement que lorsqu'on a passé plusieurs années à trop penser à la nourriture, ne plus y penser laisse un grand vide. Peut-être même qu'initialement toutes ces histoires de régimes sont venues vous occupper l'esprit vous rendant le service de vous faire penser à quelque chose, ou à autre chose que ce qui vous dérange vraiment.

C'est une opportunité de grandir, de se développer et de régler nos bibittes qui nous est offerte ici. Tant que nous n'aurons pas réglé nos interférences ni écouté nos voix intérieures qui nous disent pourquoi on mange trop pour nos besoins, on aura beau vendre provisoirement nos ames à tous les gourous en vogue, nos ames restent les notres et elles finiront par s'exprimer comme elle peuvent. (Faites moi taire, je vous en prie, j'ai l'impression de me transformer en gourou de psycho pop... mais j'y crois!)

Alors, je vous laisse méditer.
xx

mercredi 20 février 2008

Je ne suis pas une sainte

Comme j'ai décidé de me nourrir sans suivre des principes de régime de façon stricte comme si c'était une religion, il m'arrive aussi de faire les choses de travers.

Laissez moi vous dire que j'ai l'esprit judéo chrétien pas trop loin dans l'esprit. Lorsque j'ai l'impression de pécher alimentairement parlant, j'aurais envie de me fouetter en montant les marches de l'oratoire St-Joseph sur mes genoux pour racheter ma conscience, pour qu'elle se taise, cette petite garce qui se fait passer pour un petit ange sur mon épaule alors qu'elle est la maîtresse du diable en personne.

-"Tu devrais aller au gym brûler tout ce que t'as mangé, et manger de la salade aujourd'hui", me souffle cette pétasse de conscience de Jiminy grillon, qui essaie de me faire croire que son discours concerne ma santé alors qu'au fond, nous sommes dans le registre de la punition.

Mon intuition, elle, n'est pas comme ma conscience diabolique déguisée, mais comme elle est moins belliqueuse qu'elle, elle se tait jusqu'a ce que je lui donne la parole. Et j'ai décidé de la lui donner. Je ne suis pas une sainte moi, alors j'ai le droit de ne pas écouter les saints commandements.

Dans l'anti-régime, il y a du mieux et du moins bien, et ils ne sont pas universel. Chaque personne les trouve pour elle même, et ils peuvent changer. Il faut oublier le bien et le mal et lorsqu'on arrive pas à ne pas s'en vouloir, il ne faut pas oublier l'essentiel: se pardonner.

Lorsque, pour quelques heures, jours ou mois, je n'arrive pas à manger comme je voudrais, je met souvent le malaise diffus que je ressens sur la faute du gras que j'ai peur de prendre ou de ne pas perdre mais c'est mal prendre le problème. Souvent, c'est plutôt justement parce que quelque chose me dérange, me perturbe ou me fait mal que je mange comme ça. Lorsque ça arrive, j'ai besoin de compassion pour moi même plutôt que de me tapper sur la tête pour arriver à comprendre et résoudre ce qui me chicotte. Me concentrer sur mon gras est une forme d'évitement du problème de fond qui ne m'aide en rien à aller mieux.

Cette semaine, c'est les intras. Je me met tellement de pression et d'impératifs que je n'arrive plus à rien faire. Imaginez un film dont l'héroine serait un espèce de surfemme manquée qui devrait sauver le monde mais qui douterait toujours de sa capacité à le faire vu le travail énorme à produire, puis elle se déciderait toujours à se lancer à la dernière minute. On l'appelerait The Procrastinator. C'est moi.

The Procrastinator a récemment remarqué que les semaines ou elle se prive d'activité physique pour arriver à faire tout ce qu'elle s'impose de faire, elle pète un cable et finit par perdre la majeure partie de son temps à stresser, à manger et à s'en vouloir. The Procrastinator devrait peut-être envisager que l'activité physique fasse partie de son mode d'entretien de gestion de ses pouvoirs pour être au peak de sa forme de superhéro.

Je ne suis pas une sainte. Je suis un superhéro, mes pouvoirs m'appartiennent et je ne rends de comptes à personne.

-The Procrastinator

mercredi 13 février 2008

Études

Je n'y peut rien, je suis une amateure finie de rationnalité et j'en ai un peu marre de la pseudo science populaire anti-gras qui prolifèrent encore plus vite que cette fameuse épidémie d'obésité, souvent alimentée par des compagnies ou des groupes d'intérets qui font des profits directs, et énormes, avec cette problématique.

Alors voici un peu de lectures scientifique qui ne prétend pas à la vérité ultime mais à des pistes de réflexion intéressantes.

Ici on parle des effets psychologique dévastateurs de la famine, qui pour les besoins de cette étude était une diète à 1600 calories. Et n'essayez pas de me faire croire que vous n'avez jamais tenté une diète à moins de 1600 calories, même pour quelques jours...


Ici, on vulgarise une expérience dont je vous avait déjà parlé, ou on tentait de faire maigrir durablement des hommes obèses et de faire grossir des hommes de poids normal de façon durable. Vous devinez que ni l'un ni l'autre n'a réussis.

Plutôt que de culpabiliser les gens, stratégie qui, il me semble, a prouvé et reprouvé son inefficacité voire son potentiel d'aggravation du problème, pourquoi ne pas se concentrer sur l'acceptation de soi, l'amélioration de sa santé comme le mouvement Health At Every Size le préconise (validation scientifique ici) et une démarche lente d'écoute de son corps qui a bien plus de chances de mener à une perte de poids durable que le dernier livre de diète à la mode ou une diète santé basée sur de la restriction cognitive?

Oui, elle est chiante la fille avec tout ses liens en anglais. Si vous voulez lire, deux options s'offrent à vous: apprendre la langue ou utiliser cet outil qui vous produira automatiquement une traduction partielle à la manière des traductions de produits taïwanais.

La science est un outil mais pas une fin en soi. Facile de lui faire dire absolument n'importe quoi, comme on l'a fait avec la religion autrefois. Ce n'est pas d'aujourd'hui que des études mal fagotées servent à rendre acceptable les préjugés sociaux en vogue. Soyez d'avance sur votre temps et résistez à ces conneries. Perdre du poids à tout prix et n'importe comment, ce n'est pas améliorer sa santé.

vendredi 8 février 2008

Plaisir et liberté

Et si je parlais de plaisir aujourd'hui?

Les plaisirs de la table ne sont jamais très loin des retrouvailles humaines. Depuis que je ne passe plus mon temps entre régime et pré-régime (vous savez, cette période ou on mange tout ce qu'on ne mangera plus au régime, qu'on en ait réellement envie ou pas?), je profite pleinement de la liberté, celle qui me permet de me concentrer sur ceux qui mangent avec moi et sur le plaisir que j'ai à être avec eux et à manger toute sorte de bonne chose plutôt que de penser à ma ration quotidienne de pain que je suis en train de dépasser, au gras caché du plat ou au fait que je suis en train d'absorber d'horribles glucides que je devrai aller brûler au gym demain en faisant le calcul de combien jours consécutifs je devrai passer sur le tapis roulant pour brûler ce gâteau au fromage que je déteste avec tout mon amour.

Que dire de l'épicerie. Quelle calvaire de scruter chaque étiquette à la recherche d'une trace de glucide pour ne pas déplaire à Atkin, de trouver des marques autorisées pour ne pas déplaire à Minçavi, de calculer sur le champ le pourcentage de gras pour ne pas dépaire à Suzan Powter, etc, etc (je ne ferai pas le tour quand même de tout ceux à qui j'ai pu vouloir faire plaisir, il y en a trop) Qui aurait pensé qu'il était possible de me faire plaisir à moi aussi. A moi tout court!

J'en était rendue à croire que le summum de mon plaisir gustatif pouvait se trouver dans une insipide crème glacée sans gras sucrée aux machins pas bon et cancérigènes. Ça, au moins, ça avait un minimum de goût (vraiment, un minimum), ça me permettait de me faire croire que je mangeais comme les autres et ça ne me donnait pas de culpabilité.

Je me souviens d'une réunion Minçavi ou j'avais demandé à la conférencière si je pouvais manger des pouddings sans gras déjà préparé plutôt que de les faire moi même. Comme elle hésitait, je lui ai fait remarqué qu'ils étaient tellement meilleurs. J'aurais du me taire. Elle m'a alors appris une leçon commune à bien des régimes: si c'est meilleur, ayez des soupçons, n'en mangez pas.

Ou cette autre fois ou je me suis fait dire que je n'avais pas maigri parce que je ne suivais pas le programme... en effet, quelques fois par semaine, je remplaçais un pain par un lait, ou l'inverse, en prenant bien soin de garder le nombre de calories constant, ou moindre. Adapter toutes mes recettes, même celles qui ne contenaient que des aliments autorisés, ça me rendais folle.

Mais minçavi, c'était quand même moins pire que passer une heure par jour sur mon ordi à planifier scientifiquement mes repas à la bouchée près, que de séparer les glucides de mes protéines ou que d'essayer de faire comprendre à mon entraineur que de manger exactement la même chose tous les jours ne pouvait pas être équilibré et que je refusais de le faire un seul jour de plus.

Ah, la liberté. Juste pour ça, toute cette démarche en vaudrait infiniment la peine.

Je travaille au marché Jean-Talon, bâtard, et si j'étais au régime, je devrais aller à l'épicerie et manger des trucs en boîte hypertransformés ou moins frais pour pouvoir compter mes calories ou m'assurer d'avoir ma dose quotidienne d'aspartame?!? Mais j'haïs les math et j'aimerais vivre vieille et en santé!

Et j'adore les bons produits, ceux de l'artisan et du fermier, ceux qu'on ne vient pas bourrer d'additifs, ceux dans lesquels il y a du gras s'il en faut, qui font plaisir aux papilles, à la tête, au corps et à l'économie locale. Et s'il y a bien une façon de manger santé, c'est celle là!

Comment en est on arrivé à penser que light = santé? Quand je vois des produits avec le logo healthcheck parce qu'ils contiennent de l'aspartame ou son nouveau copain, le splenda, j'ai presque envie de faire une extrémiste de moi même et de faire du piquetage devant mon épicerie.

Je suis une fan de livres de cuisine et j'apprécie aussi la cuisine "santé". Toutefois, ça me rends dingue quand je me rends compte que dans certaines publications, santé est égal à faible en calories. CE N'EST PAS VRAI, c'est tu clair?!! Même que les régimes hypocaloriques les mieux construits sont déséquilibrés.

Manger santé, c'est avant tout écouter les besoins de ses propres cellules. C'est le corps qui fait et répare le corps. Il sait! On sait!

Notre société individualiste qui ne veut plus de religion ni de maître se laisse encore dicter par d'autres quoi manger et comment le faire, c'est quoi ce délire?

Pourquoi a-t-on clairé le clergé dehors si c'est encore pour se faire dire quoi faire? Au moins quand ils nous disaient de ne pas faire de cochonneries avant le mariage, on pouvait encore le faire en cachette et le gouvernement ne faisait pas de campagnes de pub pour nous dire de rester chaste pour notre santé. Et quand on y pense, ça évite quand même bien de la détresse, la chasteté, mais qu'est ce qu'ils ont tous contre notre plaisir, hein, je vous le demande.

Maintenant qu'on enseigne plus la religion dans les écoles, on enseigne le guide alimentaire canadien. J'ai rien contre cette bible de l'alimentation, seulement comment apprendra t-on aux enfants à ne pas oublier la base, leurs signaux de faim, ces signaux que des tas de publicitaires alimentaire voudrait leur faire oublier, ces signaux qui sont leur meilleure arme contre cette "épidémie" de morale et de manque de contrôle de soi, j'ai nommé la méchante obésité?

Ne vous sentez vous pas en état de péché honteux lorsque vous mangez un truc bien gras en public. Oseriez vous le faire au gym, nouveau temple sacré de notre morale?

Interdire au gens ce qui peut potentiellement leur faire du mal en excès, c'est nous prendre pour des imbéciles, mais s'il fallait le faire pour ces raisons, ce sont les diètes que je rendrait illico illégales.

(J'aime bien m'emporter de temps en temps. Imaginez quand je parle de guerre, d'exploitation ou d'inégalités... )

Sur ce, je m'en vais faire un accro à la morale: je m'en vais dîner, et ça risque d'être autre chose que de la salade sans vinaigrette avec 100g de poisson blanc sec. Vivement une autre révolution tranquille!

samedi 2 février 2008

Se nourrir

Manger sans dépasser sa faim peut être perçu comme une restriction si ça nous oblige à nous priver de nos mécanisme de défense ou d'une façon privilégiée de se calmer les nerfs.

Je suis sure que certaines qui font la même démarche que moi se sentent parfois privées. Moi aussi je me sens parfois privée. J'ai envie de manger plus même si je suis déjà nourrie suffisamment pour mon corps. Mais parfois, mon âme a besoin d'apaisement, de divertissement, d'être nourrie et la nourriture remplis ou gèle momentanément ces sensations diffuses là. En général, je succombe ou je me prive. Là est l'erreur car il y a d'autres options.

Se priver de se calmer ou de se consoler, c'est une privation.

Si manger a un effet et si on le fait, c'est qu'on en a besoin.

Ce n'est pas sain d'ignorer ses besoins. Ni tenable.

Au contraire, il faut s'écouter plus et comprendre nos besoins avec notre tête et nos trippes. C'est la seule façon d'en arriver à une autre façon de nous faire du bien sans nous faire aussi du mal.

A ça, chacune à ses réponses selon ses besoins profonds du moment: techniques de relaxation, calins avec son amoureux, arts, rapprochements d'avec des êtres chers éloignés, distractions, sport, n'importe quoi en autant qu'on ne cherche pas à fuir mais plutôt à s'écouter. On a bien des choses à se dire quand on s'arrête et on réalise qu'il y a bien des appétits et bien des façons de se nourrir et qu'en n'en prévilégiant qu'une, on en oublie les autres et on en perds notre équilibre.

Manger à sa faim, c'est surtout apprendre à satisfaire ses autres faim autrement, avec dévouement, en étant attentives à ses appétits alimentaires et aux autres, en ne confondant pas tout, en se donnant le droit d'aller chercher exactement ce qui nous fait envie, en ne se contentant pas de substituts.

Mangez, mais vivez aussi, et surtout, en comblant tous vos appétits. La vie tends vers l'équilibre quand on l'écoute, elle a ses rythmes et c'est en la vivant au maximum et globalement qu'on s'éloigne des extrêmes. Et pas de crainte de devenir égoïste à trop s'écouter, on ne peux que déverser la vie qu'on a en soi sur les autres et lorsque nos douleurs ne prennent plus toutes nos énergies, c'est au monde qu'on s'ouvre. S'écouter, c'est mieux connaitre les autres. Se nourrir, c'est être vivant et libre.

samedi 29 décembre 2007

2008 sans résolutions minceur

Ce noël a été extraordinaire; le premier en son genre pour ma jeune personne.

Noël, ça a toujours été pour moi ces jours de relâchement psychologique ou je me laissais couler le gras et le sucre dans le gosier jusqu'a ce qu'il soit physiquement absolument impossible d'avaler une bouchée de plus. Il faut bien l'avouer, il y a un sentiment de jouissance extrême à transgresser les interdits qu'on a toute l'année, même si on est trop plein pour que ça goûte bon, même si on a pas d'énergie pour donner le meilleur de soi après le souper, même si on passe le temps des fêtes au bord de la crise de foie et même si on se flagelle dès que le nouveau calendrier remplace l'ancien près du réfrigérateur de la cuisine qui sera redevenu l'ennemi numéro un pour les prochains mois sauf pour le tiroir ou on range les insipides légumes dont on se gavera sans-sel-sans-beurre-S.V.P. Juste à penser que ce noël aurait pu ressembler à ses prédécesseurs, mon foie proteste et mon âme m'envoie des souvenirs plus aigres que doux.

Mais heureusement, parfois, il m'arrive d'évoluer un peu et d'être illuminée par une parcelle de véritée divine, fête sainte oblige. Cette année, j'ai dégusté la cuisine de ma grand mère avec un appétit digne de l'amour qui a été mis entre les patates et la chair de la pauvre dinde homicidée pour notre seul amusement gustatif. J'ai n'ai pas dédaigné le fudge à l'érable fondant maison ni les diverses tartes chaudes nappées de leur crèmes glacées bien crémeuses. Je me suis vautrée dans mon plaisir, nourrissant, préservant et bénissant cette faim sublime amie de ma gourmandise. Et pour ceux et ceuses que ça inquiète, j'ai aussi mangé des bons fruits parce que mon corps me le demandait et qu'ils me faisaient plus envie que le chocolat le plus fin.

On a beau dire qu'il n'est pas possible d'écouter sa faim lorsqu'on est reçus, pour ma part, en ne me jettant pas dans le pain et dans les bouchées et en prenant une seule assiette en pouvant le plus sincèrement du monde dire à mon hotesse que son repas était sublime mais que je n'ai plus faim, j'ai eu assez d'espace stomachal pour manger toute mon assiette et du dessert à tous les repas pendant une semaine en ayant faim au repas d'ensuite, ce que je croyais humainement impossible sauff peut-être pour ceux qui gagnent leur vie en jouant au football. Dans les cas extrêmes ou la générosité alimentaire de mon hôte égalait sa sensibilité à la vue de restes, mon homme est venu au secours de ma satiété en me libérant subtilement de ma bouffe en trop. Normal puisque je dois souvent me sacrifier pour manger son fromage ou ses petits pois, indignes au goût de son appétit gargantuesque.

A me voir manger ainsi, toute ma famille de perpétuellement-au-régime-possédés-par-l'esprit-du-yoyo ont du se dire que j'étais en train de foutre le mien en l'air. C'est après tout ce que tout le monde fait à noël et c'est ce qui fait rêver plein de gens en attente de ce jour béni.

Il parait que j'ai maigris mais personne n'a semblé vraiment me croire lorsque je leur ai dit que j'ignorais comment je pèse. Pourtant, je ne crois pas avoir beaucoup maigris depuis la dernière fois ou certains m'ont vu même si je sais bien que je parait mieux. Mais parait-on seulement mieux parce qu'on maigris?

Ma pauvre mère a perdu beaucoup de poids depuis deux ans, et elle maintient. Malheureusement, elle a perdu l'éclat de ses cheveux, de sa peau, des muscles, quelques poignées de cheveux, beaucoup de tonicité générale, de spontanéité et de brillant dans les yeux en même temps que son gras. Et la "vertue" extrême qu'elle s'impose étant intenable à long terme, je l'ai retrouvé à mi chemin vers ses anciennes rondeurs. Elle s'en désole mais elle est beaucoup plus jolie comme cela que lorsqu'elle est dans ses phases de maigreur de phase terminale.

Et moi, dans toute la splendeur de mon manque de sens du sacréfice, j'écoeure le monde à afficher dans mon front qu'il ne faut pas souffrir pour être belle, aux cotés de ma grand-mère qui mange comme un animal de ferme lorsque son appétit lui demande et qui affiche une taille de guêpe sans efforts.

Rassurez vous, je ne ressemble pas encore à Meg Ryan et je me fond dans la masse de l'ordinarité en petite ronde heureuse. Mais moi, je maigris ET je mange du chocolat et tout ce qui me fait envie. Si vous êtes en train de penser à votre stratégie minceur 2008, n'oubliez pas de penser à ça et de vous rebeller contre quiconque affirmerait avoir trouvé un nouveau moyen de torture pour vous "libérer" de ces "méchants kilos".

Je disais donc qu'en apprenant à m'écouter, je maigris et mes cheveux brillent comme lorsque j'étais enfant, probablement grâce aux noix que je mange souvent depuis que la dictature minçavi a fuis de mon esprit en proie à une terreur extrême face à mes extravagances gustatives. Je n'ai jamais eu une aussi belle peau. Ma pression à baissé comme lorsque je m'entraînais comme une folle pour être en forme, sans que je daigne lever le petit doigt ou la cuisse (Je vais m'y remettre mais certainement pas pour maigrir!). J'ai une énergie de dingue que j'ignorais que je pouvais avoir. Je suis bien dans ma tête. J'ai la possibilité d'être libre. C'est une bonne façon de commencer 2008 et je met ça sur le compte du bonheur et de ces signaux de faim que j'arrive maintenant à écouter la majorité du temps comme si c'était la seule façon que je connaisse pour me sentir bien.

Cette année, je n'ai pas comme résolution de perdre du poids, mais bien d'apprendre à m'aimer comme je suis et à me respecter dans mes envies et dans mon corps. Je vous en souhaite tout autant. Mais par pitié pour vous, je vous implore de ne pas vous lancer dans ces bonnes résolutions de 2008 qui font que les gyms sont plein à craquer en janvier et que les vendeurs de minceur font fortune à acheter ce qui vous reste d'estime de vous. J'irai vous mordre gratuitement pour vous en empêcher. Je me porte même volontaire pour gérer tout l'argent que vous économiserez cette année en achetant pas de livre de régimes, de gadget d'exercices ou de produits "santé" pour vous départir de vos kilos. Que voulez vous, on est militant anti-régime ou pas... Mais si vous ne tenez pas à financer mes études, gardez vos sous pour vous, pour votre esthéticienne, pour un gentil massothérapeute, pour une cause ou si vous êtes très riche et que vous n'en avez rien a foutre, jettez le par les fenêtres symboliquement...

Bon, je me sauve. Bonne année 2008!

vendredi 7 décembre 2007

Le maudit temps des fêtes.

Noël... Période d'amour universel, de conflits familiaux, de stress, de dépense, de solitude pour plusieurs. Pour beaucoup de femme, on anticipe toute l'année cette période ou on se permettra exceptionellement de manger des bonnes choses. On passe ensuite les soirées de partys entre le bonheur et la culpabilité, pour finir par s'être remplie plus que d'avoir dégusté, puis on établis des faux liens cause à effet quand on passe finalement à la balance: quand je mange des bonnes choses, j'engraisse.

FAUX!

Quand je mange TROP pour les besoins de mon corps, j'engraisse. Quand je passe la soirée à gosser sur les pretzels et les carottes pour me mettre un fond, puis que je succombe au fudge à l'érable de grand-maman, pis tant qu'à y être autant manger des chips, du chocolat et 4 desserts puisque je m'en prive tout le temps et que c'est noël, là, il y à matière à dépression post-fêtes, surtout quand la culpabilité étire ce temps de victuaille sur tout le mois de décembre puisqu'on se mettra à l'exercice et au régime avec la nouvelle année. (bien sur... pour 3 semaines avant de tout sacrer là...)

On conseille souvent de ne pas commencer de régime dans le temps des fêtes. Je suis tout à fait d'accord avec ça mais j'ajouterais qu'il serait préférable de ne jamais commencer ces tortures inutiles tout court. Et si vous êtes déjà au régime, soit vous bousillez quelques efforts (ne vous inquiétez pas, si vous êtes comme 97% des gens, vous auriez tout repris à un moment ou à un autre de toute façon) ou soit vous passez un noël à penser à la bouffe, à rater de belles occasions de partage et à vous imaginer que votre dessert minçavi ou WW est ce que vous désiriez de tout votre coeur en ce soir de fête. Dans les deux cas, si vous voulez mon avis, c'est triste pour vous.

Mais décembre est le mois parfait pour découvrir la faim porter un culte au plaisir de vos papilles. La bouffe, elle est meilleure quand on a faim.

Faites vous donc un cadeau pour noel: celui de manger exactement ce que vous avez envie quand votre ventre vous le demande en vous arrêtant quand ça devient un peu moins bon pour mieux ressaisir votre faim et vous régaler ensuite.

Si la tarte au sucre de grand maman vous rends gaga, pourquoi ne pas vous arranger pour avoir un énorme doggy bag et en manger toute la semaine. Comprenez que c'est necessaire pour le retour de la liberté dans votre vie, et pour votre ligne! Vous finirez bien par réaliser que ce n'est que de la croute et du bon brun et avoir envie d'autre chose. Vous pourriez même vous surprendre...

Tant qu'il y aura une idée de restriction ou de règles diététique dans votre tête, vous ne pourrez pas vraiment écouter votre corps. La diététique étudie de l'extérieur ce qui fait du bien au corps. Votre corps lui le sait et vous le communique de chacune de ces cellules. Il faut réapprendre tout ça et faire taire les interdits qui eux, parlent souvent plus fort que vos cellules. La meilleure façon d'éloigner la tentation, c'est d'y succomber, et j'ajouterais, sans culpabilité. Il y a de forte chance qu'en prime, vous réappreniez à vous écouter tout court, et ça, c'est une maudite belle résolution et tout un défi pour la nouvelle année.

Pourquoi ne pas commencer maintenant? De cette façon, vous aurez pratiqué dans un temps très propice et serez plus ferme dans vos nouvelles habitudes au premier janvier.

Quand vous avez faim, mangez! Mangez léger si le souper arrive. Gardez vous pour ce que vous avez envie de déguster. Et si c'est bon mais que vous n'avez plus faim, gardez en pour demain. Vous trouvez que ça fait bizarre de demander un doggy bag a votre hotesse? Elle en sera plus honorée que si vous emmenez vos propres plats ou levez le nez sur ce qu'elle a préparé avec amour et que vous n'osez manger de peur d'entacher votre pureté diététique.

Si ce n'est pas votre genre ou que la relation que vous avez avec cette personne se prête peu au doggy bag, vous pouvez toujours demander avec de grands yeux admiratifs la recette et vous en faire jusqu'a écoeurement, ou simplement accepter le fait que vous vous êtes bien régalé et que toutes les bouchées de trop ne feront pas revenir le plaisir de la première. Vous n'avez plus faim, autant arrêter.

Vous trouverez vous même vos stratégies pour honorer votre faim avec le maximum de plaisir. Certaines se servent des petites portions, d'autres refilent les restes à leur amoureux tout mince à l'appétit d'ogre (ça ressemble à une fille que je connais bien ça).

Ça semble facile mais il vous restera à travailler à tout ce qui fait que vous mangez sans faim. C'est un dur travail mais il aura des impacts au dela de votre ligne.

De mon coté, je profiterai de mes vacances pour faire le plein d'amour, d'air pur, de rires d'enfants, d'amis et de cuisine de grand-mère.

Tout ça pour vous souhaiter un vrai joyeux noël ou vous pourrez vous préoccuper de ce qui compte vraiment, un noël libre, sans complications et prises de tête supplémentaire portant sur les calories ou votre nombre de portions de pain dépassé et une nouvelle année ou, en apprenant à vous aimer vraiment comme vous êtes et à respecter vos besoins, vous vous verrez changer.