Affichage des articles dont le libellé est psychologie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est psychologie. Afficher tous les articles

lundi 27 octobre 2008

Prises de conscience

Je suis en semaine de lecture et croyez moi, ce n'est pas la semaine de relaxation auquelles les sciences humaines m'avaient habitués. C'est quand même fabuleux d'avoir une semaine ou je peux rester ou je veux et organiser mon temps sans contraintes. J'adore, j'en prendrais 30 par années des semaines comme ça, et le reste du temps, j'irais en vacances. J'ai encore quelques années avant la retraite... Passons...

Ces temps ci, je réfléchis sur plusieurs choses qui m'allègent l'existence. Je suis de celles qui ont toujours des exigeances très élevées face à elles même et aucune réussite n'est jamais assez spectaculaire pour être totale. Ma vie est régie par le "il faut que" alors que j'arrive a beaucoup plus de satisfaction et de résultats en me demandant de quoi j'ai envie. La différence entre l'un et l'autre, c'est que les demandent du "il faut que" viennent de l'extérieur de soi tant dit que les désirs intérieurs sont de véritables motivations venues de l'intérieur.

Spécifier ses envies profondes n'est pas une mince affaire. Je suis ressortie complètement sciée, et légère, de mon rendez vous chez mon psychologue en réalisant la nature de mon envie profonde, comme si je venais de trouver une pièce fondamentale de mon puzzle personnel. J'ai enfin compris la motivation de tellement de choix et de comportements. Sans chercher à le faire, j'ai l'impression de m'être comprise, et aussi d'être comprise. C'est une envie d'une simplicité déconcertante, l'envie d'être fière, et probablement que vous ne pouvez pas en deviner la portée pour moi, mais tout de même, je vous souhaite des découvertes semblables sur vous même. Pas besoin toujours de se tordre dans la douleur de sombre traumatismes pour avancer... Tellement qu'après ce rendez vous, je me suis pour la première fois demandée s'il vaut la peine que je retourne voir mon psychologue. Ce face à face avec moi même m'a fait du bien et les prises de consciences déboulent sans effort ni douleur.

Oups, je me sauve, j'ai rendez vous avec une aiguille!

dimanche 1 juin 2008

Rapports à l'espace

J'ai plein d'occasions de réfléchir ces jours-ci à mon rapport corps/espace.

Je crois que j'ai parfois un problème avec l'espace que j'ai dans ma tête. J'oscille entre le désir de disparaitre et celui de vouloir prendre plus de place. En fait, je n'ai jamais trop su ou était ma place dans le monde. Peut-être que grossir, parfois, est un moyen pour le corps d'affirmer son existence?

La seule chose qui arrive me fait sentir une angoisse profonde et inexpliqué, c'est, et depuis longtemps, les espaces clos.
Un avion pressurisé en altitude, une tente bien fermée pour ne pas laisser passer les moustiques, un ascensceur... ce sont là plusieurs endroits qui me forcent à aller puiser en moi un calme qui ne vient pas tout seul. Je me souviens que, plus jeune, c'était même parfois le monde tout entier qui me semblait trop petit et étouffant, sans air, fermé, avec sa couche d'ozone.

Je me sens si facilement étouffée dans l'espace, dans mes relations, en moi. J'en suis à me demander pourquoi et, surtout, à chercher de l'air, de l'espace. Pourtant, je n'ai jamais rien fait pour prendre de la place, peut-être parce qu'il n'y en avait pas.

Mon psy m'y a initiée a une forme pas trop ésotérique d'imagerie mentale. Tout ce que j'arrive à voir, c'est un infini de lumière diffuse, de l'espace, de l'air frais à n'en plus finir. J'imagine que c'est ce que mon inconscient veut. Et pas que lui.

Moi, ma tête, mon corps et mon ami imaginaire réclamons tous un espace qui nous appartienne. Je prendrais bien un bord de mer devant une île perdue et montagneuse, peu importe son climat, mais je me contenterai de dormir la fenêtre ouverte en allant faire un tour sur mon île dans ma tête.

Bonne nuit...
xx

mardi 6 mai 2008

Ressentir

De retour en ville!

Ah, le ciel tourmenté de Cap Breton m'a éblouie. On a eu droit a de la pluie et à du grand soleil tous les jours, mais surtout a ces nuages colorés du soir qui semblent porter en eux la violence multicolore de toutes les possibilités pour le lendemain. Ça m'a permis d'user encore plus mon appareil photo, mais aussi d'être en phase avec comment je me suis sentie toute la semaine: connectée sur des tempêtes intérieures...

Avant mes vacances, je suis allée à la fin de semaine MuUla. J'ai rencontré là-bas des femmes extraordinaires qui depuis quelques temps déjà ont aussi décidé d'écouter leurs sensations de faim et de satiété plutôt que de faire un régime pour maigrir. On a donc passé la fin de semaine à ne pas parler de régimes et à se reconnecter sur nous-mêmes, ensemble, isolées du monde sauf pour ce qui est du match des Canadiens...

Je les ai toutes trouvées tellement belles, ces femmes avec qui j'étais, toutes différentes mais tellement vraies. Parmi elles, il y avait une personne que je connaissais déjà par ses écrits. En personne, elle est encore plus gentille que son blog le laisse deviner. C'est le genre de femme que j'aurais aimé avoir comme grande soeur. On se reverra toutes, je l'espère!

J'ai beau parler d'anti-régime depuis un moment déjà, j'ai trouvé cette fin de semaine extrêmement parlante et difficile. Rassurez vous, on ne nous a rien imposé de douloureux, de difficile ou de spirituellement étrange et original; les filles de MuUla font dans le terre à terre et heureusement. C'est probablement parce que c'est là que j'en suis rendue dans mon parcours que j'ai trouvé que cette fin de semaine me remuait autant en me faisant prendre conscience de moi même. Je n'ai jamais eu de difficulté à me comprendre, voire à m'analyser, mais me ressentir? ...

C'est comme mon psy. Je n'en parle pas souvent parce que je suis occupée à m'en remettre, mais... ouf c'est difficile. C'est aussi extrêmement libérateur, je ne suis pas masochiste, je le vois pour passer vraiment à autre chose, pas pour me torturer!

Est-il nécessaire de se faire autant ch... pour enfin avoir une relation saine avec la nourriture? Pour moi, oui, mais aussi parce que tout cette obsession de bouffe, d'image corporelle, de régimes n'est qu'un petit symptôme d'autre chose, même si j'étais bien la première à penser que mon surpoids n'était que le résultat A+B du fait que je mange trop de calories pour mes besoins et que je n'arrive pas à arrêter de le faire.

C'est infiniment plus complexe.

Premier constat: je ne me sens pas autant que je voudrais. C'est peut-être pour ça que je m'analyse aussi bien. La tête, elle, elle fonctionne toujours, mais il y a dans mon corps des tas d'émotions qui sont emprisonnées et que je n'ai pas exprimées.

Je ne vous parle pas d'un concept que j'aurais pu lire dans un livre de croissance personnelle, je vous parle d'un ressenti qui émerge, de sentiments, d'images, d'odeurs mêmes qui me reviennent alors que je n'avais même pas conscience que je les avaient en moi. Du coup, quand je me reconnecte profondément à l'intérieur de moi, c'est un coup de poing au visage que je reçois à chaque fois, en même temps qu'un sentiment de paix profondes qui naît avec la certitude d'être assez forte pour se libérer.

J'en parle parce que j'ai envie de dire qu'il n'y a pas de honte à avoir face à son histoire. J'en suis à un moment ou j'en ai marre de tous les silences que je me suis imposées (et je m'assume au point ou... je l'écris sur un blog anonyme, lol). Si on arrivait à dire de quoi on a souffert, on dirait aussi de quoi on est fortes. Et lorsqu'on dit se qui nous fait souffrir encore, on dit aussi qu'on ne l'acceptera plus. Il faut se libérer de la honte qui nous garde dans le silence alors qu'on est coupable de rien.

Moi, je ne me sens pas parce que je me suis volontairement coupée pendant longtemps. Et tant mieux. J'avais besoin de ne pas ressentir. Pourquoi aurais-je honte d'écrire que les mots violence, maltraitance, agressions sexuelles et négligence sont des concepts que je connais de l'intérieur et que j'ai affronté avec les moyens que j'avais?

J'étais toute petite, alors ma seule arme, c'était de me boucher les oreilles, de me rouler en boule et de rêver à n'importe quoi dans un coin de mur. J'en suis venue à être capable de ne plus pleurer. Ou plutôt à être incapable de verser des larmes, et ça a duré longtemps. Verser des larmes, c'était donner aux événements du pouvoir sur moi, et j'avais décidé qu'ils n'en auraient pas. J'ai mis tout ça dans une petite boîte de choses qui "n'existent pas" en moi et j'ai pratiquement oublié toute mon enfance. Puis un jour, un étranger m'a rappelé une violence que je connaissais et j'ai trouvé étrange de vivre cette expérience difficile sans rien ressentir. Je suis allée consulter un psy et pendant un an, je lui ai raconté que rien ne me faisait rien mais que mon bonheur commençait à battre de l'aile et que moi, je voulais vivre!!!

Pourquoi peut-on être fiers d'avoir grimpé l'Everest mais pas d'avoir surmonté des choses encore plus difficiles? Si on en parlait, on en finirait peut-être avec le sentiment d'être seules au monde et entourées de gens qui ne nous comprennent pas, ne nous connaissent pas. Tout ça, ça fait partie de la vie, ce n'est pas un drame, ça ne change pas qui je suis et comme toutes les expériences, on en tire des apprentissages, pas que des ecchymoses!

J'aurais envie que des gens qui ont réussi s'affichent pour montrer qu'on est pas toutes promises à des vies de victimes, qu'on est pas toutes tordues et mélancoliques, qu'on vit comme tout le monde! De la pitié aux gens qui préfèrent se boucher les yeux, à ceux qui nous érigent en saints, je n'arrive pas à me libérer d'une honte trop grande pour en parler aux gens parce qu'ils ne comprennent pas, et c'est pour ça que la honte devient un secret lourd et d'avoir un secret inavouable, on finit par avoir honte et se sentir responsable et sali par ce qu'on a que traversé sans en être responsables.

Quand ces blessures deviennent de simples blessures non chargées de honte, on devient capable d'en parler, même si ça ne commencerait que par en parler à son thérapeute. Je n'en suis même pas rendue là. J'ai encore besoin de vérifier s'il pourra comprendre que je ne suis pas une victime même si j'ai des choses qui font mal à explorer.

Je prends de grands détours mais ce n'est pas là ou je voulais en venir. Je crois que dès que l'on sépare le corps de la tête, même si c'est parce qu'on se trouve laide, on se coupe de ses sensations. La faim, parmi d'autre sensations, devient alors plus difficile à déceler.

Et si on faisait le ménage à l'intérieur et qu'on reconstruisait les ponts entre le corps et le coeur? Ne pourrait-on pas ressentir avec plus de clarté? La liberté que l'on gagne, on en connait toute la valeur.

J'essaie de m'écouter globalement. J'ai besoin d'être solidement centrée, je le sens. J'ai commencé à méditer à ma façon, parce que j'en ressens le besoin ces temps-ci. J'ai remplacé quelques séances de jogging par de la marche ou des étirements au sol, avec de la musique douce. J'ai besoin de sentir mon corps autrement que dans la violence de la course. C'est intéressant pour moi de constater que j'arrive à me ressentir sans aller dans les activités extrêmes, même si ce goût de l'adrénaline fera toujours partie de moi.

L'équilibre, c'est juste le rebalancement constant des forces, jamais pareil.

Assez écrit, j'ai une journée à commencer!

dimanche 6 avril 2008

Pensées du jour

Je suis une fine fourchette. C'est arrivé comme ça, sur le tard, au hasard, et l'anti régime (et la proximité du marché Jean-Talon!) me permet de vivre à fond ma passion gustative.

Cela me vient probablement de ma grand mère, avec qui j'ai passé une bonne partie de mon enfance. Je me souviens autant de l'amour et de l'attention qu'elle mettait dans sa cuisine que du goût de ses fameux roastbeef ou de son imbattable lasagne. Ma grand mère cuisine comme personne d'autre.

Chez ma maman, c'était autre chose. Ma mère, pourtant fille de ma grand mère, s'entendait mal avec ses chaudrons et ses cuillères de bois. Lorsqu'on se préparait un grand repas toutes les deux, c'était toujours un spaghetti avec de la sauce en boîte "bravo" dans lequel on ajoutait de la viande hachée. Elle ajoutait du chili broyé dans son assiette et moi, une tonne de parmesan Kraft cheap mais qui me semblait le meilleur au monde. Mais la majorité du temps, le souper était composé de toasts au caramel, d'oeufs battus avec du pain blanc ou de céréales à déjeuner, lorsque le repas se voulait nutritif. Plus tard, nous avons aussi eu notre lot de surgelés. Ce sont toutes des choses que je n'arrive plus à avaler aujourd'hui.

Ma mère, aujourd'hui, est anorexique.

Le reste de ma famille ne tient plus à se réunir pour manger ensemble. Je les vois tous, mais séparément. Ils m'invitent à manger et ça me touche.

Avez vous remarqué que toutes les grandes célébrations se jouent autour d'un repas somptueux? Partager la nourriture, c'est plus que manger.

Je crois que la routine du repas reflète un peu l'importance et l'amour qu'on se donne. C'est un temps d'arrêt qu'on se donne, pour soi, pour ceux qu'on aime, et cela veut dire beaucoup plus que l'acte de manger en tant que tel.

Qu'est ce qu'on choisit pour se nourrir? Qu'est ce qu'on donne aux autres versus à soi? Pourquoi est-ce que seul, on se donne des plats fade sur le bord du comptoir?

Moi je dis que la bouffe, c'est une histoire d'amour et de communication entre les gens. Il y a des souvenirs rattachés à l'abondance comme au manque. Mais c'est avec les autres qu'elle prends toute sa signification. On fait parfois de fausses associations, comme le chien de Pavlov, et on croit avoir l'amour, la présence ou autre chose avec la nourriture parce que ces sentiments y ont déjà été associés. Et si c'était les autres qui nous manquaient et qui créaient ce vide indéfinissable?

Je laisse l'hypothèse ouverte. La nourriture fait tellement partie de notre vie intime et de groupe qu'elle peut jouer tellement de rôles. Je crois de plus en plus que nos problèmes de nourriture ne font que refléter des obstacles intérieurs qu'on a tout intérêt à régler puisqu'ils nous bloquent aussi probablement dans d'autres aspects de notre vie.

Savoir manger, seule, avec les autres, partout, c'est aussi savoir vivre, et ça s'apprends.

jeudi 27 mars 2008

Externalistes

Les recherches scientifique sur l'obésité actuelles sont déprimantes d'un point de vue scientifique, parce que souvent tellement mal construites et interprétées...

Lorsque je regarde les nouvelles études parues, et il en pleut, ça me lasse. On se jette dans tous les sens à la recherche d'un coupable, on met de nouveaux interdit dans l'esprit des gens, et d'une façon, on travaille à grossir le problème. Ça, c'est en plus des études carrément partisanes et biaisées qui s'apparentent plus à de la fraude intellectuelle qu'à une élévation du niveau de connaissance...

Quand je regarde les études et les statistiques, j'ai toujours l'impression qu'on pourrait interpréter tous ces chiffres bien différemment.

On ne grossis pas parce qu'on mange des frites ou parce qu'on passe des heures devant la télé, on grossis parce qu'on arrive plus à écouter les signaux de faim et de satiété de notre corps. Et plus on essaie de se fier à ce qu'on nous dit de manger ou de ne pas manger, que ce soit par la pub ou les gentils commandements diététiques, plus on devient "externalistes".

Et certains chercheurs croient que c'est justement ça la cause de l'augmentation des taux d'obésité. Alors qu'on devrait être "internalistes", c'est a dire se fier à notre intérieur pour choisir ce qu'on mange et en manger dans la quantité qui convient à nos besoins personnels, les campagnes anti obésités poussent à nous rendre de plus en plus externalistes en écoutant toutes sortes de conseils, en plus de toutes les stupidités dont nous sommes constamment bombardés. Mais qui sait le mieux ce qui est mieux pour notre corps que notre corps?

Un petit article de Céline Borg qui dit un peu la même chose:

Nous connaissons tous les signaux qui nous indiquent que nous n’avons plus faim. Mais ces signaux sont-ils les mêmes pour tout le monde ? Et bien non ! C’est ce que révèle un sondage Américain [1].

La satiété, cette sensation que l’on ressent lorsqu’on n’a plus faim, est le résultat d’une combinaison de signaux internes et externes. Afin de savoir si nous répondons tous à ces signaux de la même façon, 133 Parisiens et 145 participants de Chicago ont répondu à la question « Comment savez-vous que vous êtes rassasié » ?

Si les Parisiens répondent qu’ils arrêtent de manger lorsqu’ils n’ont plus faim ou que la nourriture ne leur fait pas envie, la réponse des Américains et plus surprenante. Ces derniers mangent jusqu’à la fin de leur émission de télévision ou lorsque tout le monde sort de table.

En résumé, les Français écoutent les signaux de leur corps tandis les Américains sont influencés par leur environnement.

Ce phénomène peut avoir une incidence sur notre poids et en partie expliquer pourquoi les Américains sont plus gros que les Français. En effet, selon une étude publiée dans la revue Obesity, c’est parce que les personnes en surpoids écoutent plus les signaux qui les entourent que leurs propres signaux internes qu’elles ont tendance à manger plus [2].

[1] Brian Wansink, « Stop when you’re full ? You must be French », Mindless Eating – Why We Eat More Than We Think, March 2008

[2] Wansink B, Payne CR, Chandon P, « Internal and external cues of meal cessation : the French paradox redux ? », Department of Applied Economics and Management, Cornell University, New York, USA.

jeudi 13 mars 2008

Pensées du jour

A chaque fois que je vais me promener sur ce site, je le trouve d'une laideur sans nom qui me surprends à chaque fois. Pourtant, si vous n'êtes jamais allées vous y perdre, il le faut.

www.gros.org: le site laid à l'avant garde niveau contenu.

Gérard Apfeldorfer signe la chronique de mars du GROS et bien qu'on n'y trouve pas grand chose de nouveau pour les antirégimeuses convaincues, le message change de tout ce qu'on peut lire ailleurs. Le site en entier est un trésor de sagesse. (N'y a il pas une ame douée et charitable pouvant leur offrir des couleurs et une organisation de l'information un peu plus crédibles?) Et si vous n'êtes pas familières avec l'antirégime, c'est un point de départ de choix.

La saison des ventes de produits ou d'idées amaigrissantes inventives est recommencée, alors préparez vos esprits à l'offensive marketing. Les complexes, ça vend!

Il vous faut être "Bikini ready", et ce, vite, un ventre plat était bien sur une condition sine qua none pour profiter de l'été, aimer, courrir dans des champs de fleurs sauvages, rire et être heureuse comme dans les pubs.

Oh, merde, on vient de m'informer que plus mince, on ne sera que plus mince, et dépendant de la méthode, plus pauvres, frustrées et obsédées.

Rien ne nous empêche de vivre tout ce qu'on veut et peut vivre comme on est! Le poids n'est qu'une excuse, et elle est mauvaise.

Ce qui est super pour le business du régime, c'est que cette rapidité promet d'être la même dans la reprise de poids et que vous serez psychologiquement fragilisées et prêtes pour la prochaine saison de régime. Et la saison du régime, elle est de plus en plus perpétuelle: il y a la rentrée des classes, noel, les résolutions du jour de l'an, les retrouvailles, les mariages, les rendez vous, les vacances...

Mais tout cela est basé sur quelques mensonges qui se nourrissent eux même en hyperphagiques jusqu'à dominer nos vies de faussetés.

Quelques uns, dans le désordre:
-Le bonheur complet ne s'atteint qu'avec la minceur.
-Réussir, c'est avoir un contrôle total sur sa vie et son corps.
-Les gens nous aimeront plus lorsque nous seront minces.
-Losrque nous seront minces, c'est que nous seront devenues de meilleures personnes.
-La minceur est un signe de santé physique et émotive peu importe comment on l'atteint et la maintien.
-En connaissez vous d'autres?

L'image de la minceur associé au succès est si forte qu'on en vient parfois à penser que l'un vient avec l'autre. Et pourtant, ce sont deux sujets différents et séparés. Tout comme l'amour, l'équilibre et le reste. La minceur vient seule, avec ce que vous êtes. Vous aurez peut-être quelques félicitations au début, avec quelques marques de jalousies et assurément des difficultés d'adaptation à surmonter. Pour que cela se passe bien, il faudrait ne pas être mise à plat psychologiquement par un régime draconien.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il n'y a pas une autre personne mince différente de vous cachée en vous. C'est que vos faiblesses seront toujours vôtres, même si vous êtes ailleurs, même si vous êtes mince. Parfois, en voulant maigrir, ce qu'on veut au fond, c'est changer de soi.

Ça n'arrivera pas.

Il faut accepter ce qu'on est et se laisser vivre pour rendre possible un changement durable. Et un bon signe d'acceptation, c'est l'importance que perds le sujet de l'amaigrissement, comme toutes les volontés de changement radicaux. On ne veut plus changer pour être une autre mais changer pour être profondément en accord avec ce qu'on est à l'intérieur.

Se concentrer sur le bien être au jour le jour, c'est participer à sa lente évolution, et c'est probablement la seule façon de changer.

Ça y est, je suis en retard pour mon bénévolat...

Bonne journée!
xx

lundi 10 mars 2008

Manger trop

L'anti-régime est un grand cercle ou les mêmes sujets reviennent sans arrêt et on se met à les comprendre davantage, ou différemment.

J'ai souvent parlé ici de culpabilité et de l'importance de s'en libérer. Pourtant, j'en suis souvent encore pleine et contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, manger en me sentant coupable ne fait pas manger moins, au contraire.

Certains aliments me demandent encore un bon lot de zenitude pour être mangés sans tension intérieure mais ce qui est le plus difficile pour moi, c'est de ne pas me sentir coupable quand je mange au delà de ma faim.

Ça arrive à tout le monde de manger au delà de son seuil de satiété, parfois par contrainte sociale et parfois par simple envie! On apprends avec le temps que ce n'est pas très agréable puisqu'on profite moins des aliments qu'on mange et qu'on met plus de temps à avoir faim à nouveau.

Parfois on se rends compte que ce n'est pas de l'envie mais simplement des émotions qu'on veut adoucir. Si on mange, il n'y a pas de scandale mais on perd une occasion de se comprendre et de mieux vivre. Ça se travaille sur le long terme.

Trop manger n'est pas un problème épouvantable en soi. Il faut apprendre à accepter ça aussi. Quand on mange trop, on dispose simplement de plus de temps avant que le corps ait à nouveau besoin de carburant. Ce n'est pas grave et ce n'est certainement pas dramatique. La faim reviendra indiquer quand remanger.

La culpabilité est complètement inutile et contreproductive. Se sentir coupable quand on mange trop, c'est encore se mettre une barrière dans la tête. Si on se disait plutôt que rien n'est interdit et que certains comportements sont toutefois plus agréables, on arriverait au même résultat, soit celui de manger à sa faim, mais en y sacrifiant pas sa liberté alimentaire totale.

On a le droit de manger. Ce qu'on veut. Aussi souvent qu'on veut. Quand on veut. La quantité qu'on veut. Il n'y a pas de restrictions constructives. Il faut le savoir, le comprendre et le ressentir. Ensuite, on peut ressentir ce que notre corps désire et lui donner en toute liberté, sans distortions des idées liées à un quelconque diktat alimentaire.

mardi 26 février 2008

Critique du guide alimentaire canadien

Je ne me souviens plus si je vous avais raconté que j'étais revenu du premier cours de ma série de cours sur la kinésiologie au bord des larmes. Hier soir débutait la partie nutrition de ce même cours. Je dois dire que j'en suis revenue aussi un peu découragée. Il y a un telle fossé entre le courant général de la nutrition et ce que j'en pense. Pourtant, il y a une certaine réflexion d'amorcée, on le sent, mais ça ne se répercute pas encore dans le concret.

J'ai quand même bien apprécié le cour de la prof et j'imagine que je dois m'attendre dans cette introduction classique à la nutrition d'avoir la vision classique de la nutrition.

Le cours a commencé sur la définition d'anorexie, de boulimie et de troubles alimentaires autres, comme des comportements de régimes continuels, de vomissements occasionnels, de semi famine, d'obsession de la nourriture qui ne peuvent être classés dans l'anorexie ou la boulimie mais qui peuvent être une voie de développement de ces troubles. Selon les statistiques disponibles, 9% de la population aurait une anorexie déclarée (comme elle n'a pas parlé des statistiques de boulimie, je ne sais pas si ce chiffre la comprend aussi) et 25% des troubles alimentaires autres. La prof trouvait ces derniers chiffres un peu exagéré, mais ils ne me semblent pas si élevés que ça...

Elle accusait pour cela notre obsession de la minceur et du corps parfait. Je ne vais pas la contredire là dessus, mais j'avais l'impression à l'entendre parler que seules les femmes très maigres étaient obsédées par la minceur et que quelqu'un prenant des mesures démesurées pour garder un IMC dit santé ou le ramener à ce poids santé n'a pas une obsession trop extrême. Pour moi, cet obsession de l'amaigrissement est extrêmement généralisé. Je vous rappelle quelques chiffres d'une récente enquête menée auprès des Canadiennes (en bas de page finalement puisque Blogger n'est pas coopératif pour la mise en page)

Pour moi, l'obsession non seulement de la minceur mais d'entrer dans le bas seuil de son poids santé calculé avec le discutable IMC (il y a des références à ça ailleurs sur ce blog) participe à cette obsession généralisée et entretenue par la communauté médicale. Et le problème de cette obsession, c'est que les solutions qu'on propose empirent le problème de surpoids et l'obsession...

Je devais m'attendre à entendre parler du guide alimentaire canadien, c'est tout de même un cour de nutrition. Au risque de passer pour une extrémiste finie, je n'aime pas du tout ce gentil petit guide en arc en ciel même si je comprends l'idée qu'il y a derrière. L'intention n'est pas mauvaise et pourtant, je crois que c'est un outil nuisible au sein d'une population obsédée et qui grossit sans cesse.

Pour affirmer cela, c'est qu'à la base, je ne crois plus que les gens grossissent parce qu'ils manquent d'informations sur l'alimentation ou qu'ils ne savent pas faire les bons choix. Je crois justement qu'on grossit collectivement parce qu'on est conditionnés à écouter des voix extérieures à nous même (pubs, portions typiques, ce que mangent les autres, heures du jour et même nutritionnistes et GAC et ce, sans parler des diètes qui mettent en loi ce qu'on doit manger ou non, et comment le faire) plutôt que d'écouter nos signaux internes parfaitements capable de nous renseigner sur quoi et quelle quantité manger si on les écoute.

Sans s'écouter, il est facile d'être en restriction cognitive telle que décrite dans les travaux d'Herman et Polivy.

Le guide alimentaire canadien, comme tous les guides, veut bien faire. Il est plus simple de dire quoi manger que d'enseigner à écouter ses sensations corporelles, et pourtant tristement moins profitable. Ces guides encouragent à manger ce qu'il faut plutôt qu'a se centrer sur la faim, ses besoins et sa satiété. L'alimentation humaine n'est pas qu'une affaire de nutriments, tout comme la santé. L'aspect psychologique et culturelle de l'alimentation doit aussi être prise en compte.

De toute suis loin d'être certaine que les portions préconisées par le GAC soit optimales à tous les niveaux. Même les diètes amaigrissantes "équilibrées" entraînent des carences et de la restriction cognitives et ont fait la preuve de leur efficacité statistiquement insignifiante à long terme.

La nutrition s'intéresse aux nutriments, soit. Elle est toutefois insuffisante à elle seule pour dire à l'humain comment manger puisque des mécanismes psychologique complexe dont on a peu tenu compte jusqu'ici. La nutrition devrait s'ouvrir davantage aux autres disciplines comme la psychologie, et donc à la réalité des gens. Ne parler que de nutriments et d'effets sur le corps, c'est entrer dans cette obsession du corps et renier le reste. Et pourtant, le reste est notre lien au corps et à une gestion saine de l'alimentation.

Je ne parle pas ici d'ignorer la nutrition et de se nourrir exclusivement de dessert et de mcdo. Je dis seulement que lorsqu'on arrive à faire abstraction de tout ces commandements alimentaires, on finit par ressentir l'envie de nutriments, on veut des légumes, des grains entiers, ce que notre corps nous demande tout en laissant place aux douceurs. Combler les besoins de son corps est un plaisir. En y allant dans cet ordre, on dresse un panorama mental très peu propice aux désordres alimentaires et encourageant la vie et l'être.

La nutrition, qu'elle le veuille ou non, est mise comme référence et se propose en solution pour cette "pandémie d'obésité" sur laquelle on justifie l'air ambiant de paranoïa du gras actuel. Elle a donc la responsabilité de dénoncer ce qui ne fonctionne pas et d'intégrer d'autres disciplines à une problématique complexe et pleine de subtilités. C'est du moins mon point de vue, et je crois que ça commence à se faire.

Tant qu'à moi, je crois que meilleur guide alimentaire, c'est votre cerveau qui sait grâce à ses hormones et ses récepteurs si vous avez faim ou pas, de quoi vous avez besoin et dans quelle quantité. Je sais que ces signaux sont plus discrets puisqu'on les a tellement ignorés, mais ils sont là, a coté de vos désirs, de vos préférences, de ce que vous êtes, et aussi importants.

Il n'y a pas de poids à partir duquel il soit justifié d'être obsédé pas son alimentation. Au contraire, si vous vous êtes rendu là, c'est qu'il y avait probablement un déséquilibre entre votre apport énergétique et vos besoins personnels. Il faut réapprendre, ou apprendre, à s'écouter. Ce n'est pas en écoutant un guide que vous apprendrez à le faire sans tomber dans des comportements qui frisent le trouble alimentaire.

(Et un guide qui vous dit de manger deux produits laitiers, pas 1, pas 3, mais 2, recommandation qui va surement changer dans 10 ans, et 2 portions de viande, ce n'est pas un guide mais de la dictature mais ça c'est une autre histoire)

Sur ce, je quitte sans relecture, mon cours m'attends...

Bonne journée!
xx

  • 73 % des Québécoises veulent perdre du poids.
  • 50 % des femmes ayant un poids santé veulent perdre du poids.
  • 62 % des Québécoises ressentent une pression sociale pour être minces ou perdre du poids; parallèlement, 40 % des femmes québécoises se sentent bombardées d’informations paraissant contradictoires entourant l’alimentation et les saines habitudes de vie, ce qui entraîne beaucoup de confusion.
  • L’estime de soi a été citée par 83 % des femmes comme principale motivation pour perdre du poids, tandis que l’amélioration de la santé a été citée par 65% des répondantes.
  • Plus d’une Québécoise sur cinq (21 %) disent que la gestion de leur poids domine leur vie.

(Le sondage en ligne a été mené en décembre 2007 auprès d’un échantillon de près de 3 000 femmes réparties dans toutes les régions du Canada par les producteurs laitiers du canada et Ipsos Reid en colaboration avec le Groupe d’action sur le poids EquiLibre)

samedi 16 février 2008

Femmes du Québec, on se réveille!

Ce que je suis active sur ce blog ces temps ci! C'est que, voyez vous, je suis en période d'étude pour les intras, ce qui veut dire que toutes les excuses sont valables pour faire autre chose. J'ouvre tous les pourriels qui arrivent sur mon adresse email, je fais le ménage, j'enlève la petite peau des mes clémentines avant de les manger: je fais toutes ces choses que je ne fais pas habituellement ou que je rechigne à faire avec un soin délicat.

Ma boite courriel me donne de quoi mettre sur ce blog. Si je ne me retenais pas, je pourrais blogger jusqu'a la fin des intras...

Ah la science. Parlons en justement. Une newsletter que je reçois affirme que de grands chercheurs qui font des grandes recherchent ont statué que l'obésité est génétique à 77%. Pas plus tard que l'année dernière, un de mes profs de biologie vilipendait les obèses pour leur manque de volonté puisque La Science avait déclaré hors de tous doutes que le poids des gènes dans l'obésité était de 30% tout au plus. (Et la moitié des magazines que j'ai vu la dernière fois que je suis allée au kiosque à journaux m'affirmaient que je pourrais raffermir mon corps et faire fondre mes poignées d'amour en moins de 7 jours et ce, durablement...) Ah oui, mon prof Ken aussi dit la même chose même si il y a 6 cours que je ne prête plus de crédit à tout ce qui sort de sa bouche.

Je parie que cette études ira tout droit dans le triangle des bermudes de la conscience médicale pour aller rejoindre celle qui disait qu'un surplus de poids n'augmentait pas la mortalité. Quelqu'un quelque part se fout de notre gueule. Ma seule certitude, c'est que personne n'est sur de rien.


La même newsletter m'apportait le résultat d'une étude à laquelle j'ai participé. Je vous laisse contempler l'ampleur des dégats:


  • 73 % des Québécoises veulent perdre du poids.
  • 50 % des femmes ayant un poids santé veulent perdre du poids.
  • 62 % des Québécoises ressentent une pression sociale pour être minces ou perdre du poids; parallèlement, 40 % des femmes québécoises se sentent bombardées d’informations paraissant contradictoires entourant l’alimentation et les saines habitudes de vie, ce qui entraîne beaucoup de confusion.
  • L’estime de soi a été citée par 83 % des femmes comme principale motivation pour perdre du poids, tandis que l’amélioration de la santé a été citée par 65% des répondantes.
  • Plus d’une Québécoise sur cinq (21 %) disent que la gestion de leur poids domine leur vie.
Je crois qu'on peut parler de cette obsession comme d'un véritable fléau social. C'est d'une tristesse infinie. La gestion du poids ne devrait dominer la vie de personne. On a perdu tout le plaisir et le naturel d'être en santé et d'en profiter. Si on compte tout ce qu'il faut faire pour perdre du poids (s'entrainer, et pas n'importe comment, manger peu, et pas n'importe quoi, relaxer, mais pas trop parce qu'il faut brûler des calories, travailler pour payer tous les professionnels qu'on voit et suppléments qu'on prends et trouver du temps pour dormir, pour ne pas faire monter notre cortisol, etc...), tout ce qu'il ne faut pas faire (manger des choses goûteuses, relaxer devant la télé plutot que de planifier ses workout et menus de la semaine, se laisser monter dans les escaliers mécaniques, manger la bouffe de sa grand mère sans remords, etc...) et tout ce qu'on s'empêche de faire tant qu'on aura pas perdu de poids (draguer, danser, avoir des loisirs et prendre du temps pour ce et ceux qu'on aime, ces choses qui se font teeeeeellement mieux mince...), qu'est ce qu'on fait donc de notre vie???

Centrer sa vie sur son nombril, c'est déjà triste, alors ne la centrez pas sur votre bedaine!

Si vous faites partie de ce un cinquième de québécoises dominée par la gestion de votre poids, rebellez vous! Vous passez à coté de votre vie ET ce n'est pas du tout nécessaire pour gérer votre poids. C'est même nuisible. Que dire de plus.

Je vous quitte, une autre distraction à mes études vient d'arriver. Chic.

mercredi 13 février 2008

Études

Je n'y peut rien, je suis une amateure finie de rationnalité et j'en ai un peu marre de la pseudo science populaire anti-gras qui prolifèrent encore plus vite que cette fameuse épidémie d'obésité, souvent alimentée par des compagnies ou des groupes d'intérets qui font des profits directs, et énormes, avec cette problématique.

Alors voici un peu de lectures scientifique qui ne prétend pas à la vérité ultime mais à des pistes de réflexion intéressantes.

Ici on parle des effets psychologique dévastateurs de la famine, qui pour les besoins de cette étude était une diète à 1600 calories. Et n'essayez pas de me faire croire que vous n'avez jamais tenté une diète à moins de 1600 calories, même pour quelques jours...


Ici, on vulgarise une expérience dont je vous avait déjà parlé, ou on tentait de faire maigrir durablement des hommes obèses et de faire grossir des hommes de poids normal de façon durable. Vous devinez que ni l'un ni l'autre n'a réussis.

Plutôt que de culpabiliser les gens, stratégie qui, il me semble, a prouvé et reprouvé son inefficacité voire son potentiel d'aggravation du problème, pourquoi ne pas se concentrer sur l'acceptation de soi, l'amélioration de sa santé comme le mouvement Health At Every Size le préconise (validation scientifique ici) et une démarche lente d'écoute de son corps qui a bien plus de chances de mener à une perte de poids durable que le dernier livre de diète à la mode ou une diète santé basée sur de la restriction cognitive?

Oui, elle est chiante la fille avec tout ses liens en anglais. Si vous voulez lire, deux options s'offrent à vous: apprendre la langue ou utiliser cet outil qui vous produira automatiquement une traduction partielle à la manière des traductions de produits taïwanais.

La science est un outil mais pas une fin en soi. Facile de lui faire dire absolument n'importe quoi, comme on l'a fait avec la religion autrefois. Ce n'est pas d'aujourd'hui que des études mal fagotées servent à rendre acceptable les préjugés sociaux en vogue. Soyez d'avance sur votre temps et résistez à ces conneries. Perdre du poids à tout prix et n'importe comment, ce n'est pas améliorer sa santé.

samedi 2 février 2008

Se nourrir

Manger sans dépasser sa faim peut être perçu comme une restriction si ça nous oblige à nous priver de nos mécanisme de défense ou d'une façon privilégiée de se calmer les nerfs.

Je suis sure que certaines qui font la même démarche que moi se sentent parfois privées. Moi aussi je me sens parfois privée. J'ai envie de manger plus même si je suis déjà nourrie suffisamment pour mon corps. Mais parfois, mon âme a besoin d'apaisement, de divertissement, d'être nourrie et la nourriture remplis ou gèle momentanément ces sensations diffuses là. En général, je succombe ou je me prive. Là est l'erreur car il y a d'autres options.

Se priver de se calmer ou de se consoler, c'est une privation.

Si manger a un effet et si on le fait, c'est qu'on en a besoin.

Ce n'est pas sain d'ignorer ses besoins. Ni tenable.

Au contraire, il faut s'écouter plus et comprendre nos besoins avec notre tête et nos trippes. C'est la seule façon d'en arriver à une autre façon de nous faire du bien sans nous faire aussi du mal.

A ça, chacune à ses réponses selon ses besoins profonds du moment: techniques de relaxation, calins avec son amoureux, arts, rapprochements d'avec des êtres chers éloignés, distractions, sport, n'importe quoi en autant qu'on ne cherche pas à fuir mais plutôt à s'écouter. On a bien des choses à se dire quand on s'arrête et on réalise qu'il y a bien des appétits et bien des façons de se nourrir et qu'en n'en prévilégiant qu'une, on en oublie les autres et on en perds notre équilibre.

Manger à sa faim, c'est surtout apprendre à satisfaire ses autres faim autrement, avec dévouement, en étant attentives à ses appétits alimentaires et aux autres, en ne confondant pas tout, en se donnant le droit d'aller chercher exactement ce qui nous fait envie, en ne se contentant pas de substituts.

Mangez, mais vivez aussi, et surtout, en comblant tous vos appétits. La vie tends vers l'équilibre quand on l'écoute, elle a ses rythmes et c'est en la vivant au maximum et globalement qu'on s'éloigne des extrêmes. Et pas de crainte de devenir égoïste à trop s'écouter, on ne peux que déverser la vie qu'on a en soi sur les autres et lorsque nos douleurs ne prennent plus toutes nos énergies, c'est au monde qu'on s'ouvre. S'écouter, c'est mieux connaitre les autres. Se nourrir, c'est être vivant et libre.

samedi 12 janvier 2008

Zen

Au fil du temps, j'apprends que calme et détachement peuvent être le lit de la vie, qu'ils ne sont pas synonyme d'inertie mais tout au contraire, un dépassement continuel de soi.

A quoi bon soulever les montagnes quand il est si simple de passer par dessus? disait Boris Vian...

A trop se centrer sur un problème, sur la lutte, on oublie parfois la plus simple des solutions: passer outre, continuer et vivre simplement. Focusser sur un problème qu'on croit avoir ne le règle pas. Pleurer sur son sort non plus. Mais le renier n'est pas non plus une solution. Pour continuer, il faut accepter les faits, la douleur, les pertes, la peine... puis relever la tête sur tout ce qui n'est pas ça, sur tout ce qui est beau, sur tout ce qui continue.

mardi 13 novembre 2007

Exercice du miroir (Suzie Orbach)

Quand j'ai lu Fat is a feminist issue II, je me suis rendue compte que j'avais fait certains exercices que Suzie Orbach propose spontanément (de façon moins structurée, bien sur!). Ça m'a bien aidé. Alors je vous propose la version Orbach de la chose en vous encourageant à adapter à votre façon. Après tout, c'est efficace à faire quand vous en ressentez le besoin mais il faut que ça colle à ce que vous êtes.

Mme Orbach propose d'enregister les exercices sur une cassette, lentement, pour mieux vous concentrer à les faires. (Déjà que je suis à la limite du plagiat, je ne voudrais pas en plus dénaturer sa méthode!)

Cet exercice s'appelle Mirror Work (en traduction approximative par moi même. J'ai choisis le tu mais si vous vous enregistrez et que le vous est plus confortable pour vous, vous savez quoi faire...)

Assis toi sur une chaise et ferme les yeux. Détends toi en étant attentive à ta respiration pour quelques instants, puis essaie de ressentir ton corps de l'intérieur et de te faire une image mentale de ce à quoi ton corps ressemble assis sur cette chaise...

Imagine toi comme tu es maintenant, et assis toi dans une position qui réflète comment tu te sens par rapport à ton corps...

Prends maintenant une pose confidente... puis une position désireuse... puis une position d'ouverture au monde... puis une position de retrait et de distance face au monde... Fais tout cela avec tes yeux fermés et essaie de ressentir les changements internes que tu dois faire pour prendre ces positions...

Maintenant, imagine toi à ton poids idéal. Qu'exprime tu spontanément dans cette pose?...

Maintenant prends une série de poses, comme tout à l'heure, mais en t'imaginant à ton poids idéal... Ouverture, retrait, désir, confiance, réticence etc... Prends concience du répertoire varié d'émotion que tu peux communiquer par ton corps...

Quand tu t'es familiarisée avec les différentes émotions, revois ce qui était différent a ton poids idéal imaginé.

Quels aspects de ton poids idéal aimerait tu exprimer maintenant?...

De quoi as tu peur, ou quels émotions ne veux tu pas exprimer maintenant?...

As tu découvert une petite chose de difficile ou de surprenant à propos de ton sentiment de toi même à ton poids idéal?...

Maintenant, ouvre les yeux, lève toi et regarde toi en entier dans le miroir... Suis les grandes lignes de ton corps et aissaie de te voir en entier plutôt que de focusser sur les détails... Essaie de ne pas juger, regarde seulement. tiens toi confortablement et essaie de projeter un sentiment d'acceptation et d'appréciation de toi même...

Garde le dos droit et tourne toi de coté pour avoir une autre vision de toi même... Regarde seulement, ne juge pas... Maintenant, regarde toi de dos, puis de l'autre coté... Essaie de te regarder avec un regard neutre, sans jugement...

Reviens face au miroir et, en commençant par tes orteils, laisse glisser ton regard en remontant vers ta tête, puis arrivé à ta tête, glisse ton regard vers le bas jusqu'a tes orteils... Pendant que tu te regarde dans le miroir, essaie de te voir avec des yeux indulgeants d'acceptation.

Tourne toi à droite, tiens toi comme si tu étais maintenant à ton poids idéal et regarde toi dans le miroir... Regarde maintenant de l'autre coté. Que vois tu? Reviens maintenant de face et observe ta posture habituelle? Vois-tu une différence?

Mintenant, assis toi sur la chaise comme si tu étais à ton poids idéal... Qu vois-tu?... Comment cela pourrait il être pour toi d'avoir cette position régulièrement? Cela exprimerait il plus clairement comment tu te sens face à ce que tu es à l'intérieur? Aurais-tu l'air plus confiante? Garde cette position pour une minute et, quand tu es prête, pose toi les questions suivantes. (Pour certaines personnes, écrire vos réponses plutot que de répondre dans sa tête peuvent vous aider à vous explorer)

  1. Étais tu capable de te sentir confortable en te regardant? décris comment tu te sentais. Si tu fais l'exercice régulièrement, sens la différence dans ton sentiment d'acceptation.
  2. Qu'as tu remarqué à propos de la façon dont tu exprime par ton corps différents états émotionnels? Qu'a tu remarqué quand tu as essayé de te projeter à ton poids idéal? Quels aspects de toi sont revenus?
  3. Essaie d'incorporer les aspects positifs de ta posture à ton poids idéal à comment tu es dans ton corps présentement. Commence par le faire quelques minutes à chaque heures. ou quand tu y penses

lundi 12 novembre 2007

L'hippo qui voulait être une licorne

J'ai pris ça sur Junkfood science, qui l'a pris à Kate Harding... Ça ne vous parle pas à vous?

Pas que je me considère comme un hippopotame, pas du tout.

Mais un hippo qui rêve de devenir une licorne, je crois qu'on l'est toutes un peu quand on se pousse à souffrir, au gym, à l'école ou ailleurs, parce qu'on rêve d'être autre chose que ce qu'on est. Mais pourtant, un hippo reste toujours un hippo, et un hippo qui arrive à ressembler à une licorne, ce n'est pas beau, ni vrai.

Et pendant qu'on court après l'impossible, on ne voit pas qu'il serait tellement plus facile de mettre en valeur toutes ces forces et ces qualités qu'on a déjà.

Vouloir être un bel hippo, plus fort, plus beau, plus soi, y'a rien de mal à ça. C'est juste triste de se battre pour rien, contre soi.

Je me souviens de ces centaines d'heures perdues au gym à me motiver à essayer de me voir mince, heureuse, confiante, pleine de succès. Inconsciemment, j'aurais voulu que ça efface des pages de mon histoires. Même mince, je n'étais jamais cette autre fille à laquelle j'aspirais. Je n'appréciais même pas d'être en super forme. C'était une obligation à accomplir avant de devenir cette autre moi, celle qui pourrait commencer à vivre, qui en aurait le droit. Je voulais devenir mon propre fantasme de moi même. Et cette folie de perfection ne m'emmenait qu'a voir mes faiblesses. Il faut dire que l'écart entre celle que je suis et celle que j'aurais voulu être était grand, presque humainement impossible à atteindre. Devenir un ange m'aurait peut-être satisfaite.

Je crois que lorsqu'on arrive pas à s'aimer et à s'apprécier au présent, c'est que ce n'est pas tout à fait après soi même que l'on court. On cherche à se sauver de soi même plus qu'a s'améliorer. On ne peut pas améliorer quelque chose qu'on déteste: on veut le jetter et recommencer. Mais la vie, ça ne recommence pas.

Pour s'améliorer, l'hippo doit d'abord faire le constat de qui il est.

On doit partir de soi. Ça implique que s'aimer, se respecter et vivre, ça commence maintenant, comme on est. Avec nos forces, nos faiblesses, notre passé, nos échecs parce qu'ils nous ont faits et qu'ils sont un peu de nous.

Pas toujours évident.

Je parie que les licornes souvent voudraient être des papillons et que les papillons aimerait être des marmottes. Nous, on veut toutes être faites à la sauce Claudia Shieffer. Pourtant, la beauté du monde, c'est sa diversité.

Je n'ai pas moins d'ambitions qu'avant. Aujourd'hui, je veux seulement être le meilleur hippopotame possible. J'irai probablement au gym demain, mais dans un état d'esprit tellement différent, juste parce que ça me fait du bien.

mardi 30 octobre 2007

À méditer

En cette époque ou l'inflation a pris des proportions alarmantes,
ou la menace d'une guerre nucléaire apparaît comme un danger sérieux,
ou la criminalité est à la hausse et ou le chômage constitue un phénomène persistant
on a demandé à 500 personnes, lors d'un sondage, ce qu'elles craignaient le plus au monde,
et 190 ont répondu que leur plus grandes craintes était de grossir
-Kim Chernin, auteure de The Obsession-Reflexion on the tyranny of slenderness
dans la préface de À 10 kilos du bonheur
Comme le livre a été écrit au début des années 1990, nos préoccupations ont changées, mais je gagerais mes deux chats que la crainte de grossir n'a pas disparu et à même gagné du terrain dans nos populations.

lundi 22 octobre 2007

Dans le jus des troubles alimentaires

J'ai souvent du être suivie par un psychologue parce que c'était obligatoire avec mon travail d'intervenante. Une autre fois, j'ai eu droit à un suivi d'un an gratuit parce que je m'étais fait agresser. Maintenant, j'ai une nouvelle psychologue et c'est la première fois que je parle vraiment de ce qui se passe en moi. Je n'ai pas bullshitté volontairement les autres mais j'ai habilement évité tous les sujets chauds et ils n'y ont vu que du feu, croyant que j'étais une fille forte, résiliante et équilibrée et me félicitant pour cela. J'ai fait la part de bien des choses, mais j'ai besoin d'en creuser d'autres.

J'ai beau être une fille consciente d'elle même, m'investir réellement dans cette thérapie est un million de fois plus difficile que je ne l'aurais imaginé. Je croyais explorer la pointe de l'iceberg, soit mes troubles alimentaires, et je me retrouve la tête dans l'eau glacée, privée d'oxygène et les yeux plein de sel à tater un mur de glace immergé dont je ne vois pas la fin.

J'ai passé la fin de semaine chez ma grand-mère avec mon copain. Nous avons été reçus avec affection le samedi, puis nous sommes allés voir ma tante le dimanche, en prenant l'après midi pour aller marcher dans les montagnes automnales avec les enfants. Nous avons ensuite joué au cartes avec mes grands parents en nous amusant vraiment jusqu'a l'heure du départ. Une belle fin de semaine quoi.

Et pourtant, sur le chemin du retour, je n'avais envie que de disparaitre, de ne plus manger, d'avoir un contrôle absolu sur quelque chose, de souffrir. Ma thérapie me fait prendre violemment conscience des sentiments sous ces envies là. C'est pour exister autant que pour me punir que je ne mange pas et c'est pour taire ce qui crie que je mange. Je mange aussi pour avoir une autre raison d'être rejetée que pour moi même. C'est là que j'exprime les différents registres de mes émotions négatives, sur moi, et c'est si imprégné que je me rends compte de mon incapacité à faire autrement. Parce que je n'accepte toujours pas de remettre aux autres la responsabilité de leurs actes et de leur redonner la colère qu'ils méritent. Je me crois plus forte que les autres, la seule à pouvoir être tenue responsable des fautes des autres. Alors je prends tout. Manger ou ne pas le faire, parfois, c'est aussi juste un moyen d'expression pour narguer la foutue perfection qu'on me demande et que je me demande. J'ai besoin de transgresser l'idéal que je recherche parce qu'il est intenable.

Ce week end, je n'ai pas été en colère, comme d'habitude puisque je ne suis jamais en colère contre quelqun, mais tout était d'une clarté éblouissante. C'est à moi qu'à tout hasard ma grand mère parle toujours de violence conjugale, de parents irresponsable qui abandonnent leurs enfants, d'alcoolisme, d'abus et de tout ce qu'elle ne peut pas ignorer que j'ai vécu en m'affirmant toujours d'un ton catégorique et soulagé qu'heureusement, il n'y a rien de tout ça dans notre famille. C'est vers moi qu'elle vient chercher l'absolution de se fermer les yeux. Et moi, j'écoute, ébahie d'autant de déni, et je ne la contredis pas parce que je sais qu'elle sait au fond d'elle et que je sais qu'elle ne peut pas l'accepter. En étant toujours la plus forte, c'est toujours mon propre sentiment que j'ai dû oublier et ma réalité que je renie aussi moi même. J'ai bien essayé de parler de ce qu j'ai pu vivre indirectement puis directement, c'est trop dur pour eux et impossible à entendre.

Ma mère a aussi téléphonné à ma grand-mère pendant que j'étais chez elle. Ma grand mère lui a dit que j'étais là mais elle n'a pas demandé à me parler le moins du monde et n'a pas pris de mes nouvelles. J'ai tellement l'impression parfois de n'être rien d'autre qu'un objet utilitaire répondant aux besoins de tout le monde et devant par surcroit m'efforcer de prendre sur moi la culpabilité qu'ils pourraient en ressentir. On m'utilise pour le rôle qu'on m'a donné dans cette famille parfaite.

C'est une telle contradiction de se sentir si bien au milieu de cette famille aux apparences si idéales. Chez nous, dans le discours, on est là les uns pour les autres et le plus important, c'est la famille. C'est une telle mise en scène que j'ai l'impression d'être parfois la seule à accepter de la remettre en doute. Ils ont besoin de se voiler la face et je comprends que ce soit difficile à regarder, mais me forcer à croire à tout ça alors que je suis au beau milieu de tous ces trucs qu'ils ont volontairement ignoré, je commence à trouver que c'est pousser un peu la note. Et pour le soutien, il n'ont jamais été là d'aucune manière.

J'ai revu une grande cousine cet été à un party de famille. Elle a été abusée par son père pendant des années sans que personne ne dise rien. Elle a passé des années ensuite à ne plus venir dans la famille pour ne pas le voir. Maintenant elle vient quand il n'est pas là. Et tout le monde continue à faire comme s'il n'y avait rien eu, même après 10 ans d'absence. J'aurais eu envie de lui parler, de lui dire que je comprends mais surtout, de lui dire d'être en colère et de ne pas venir s'abaisser à revenir ici avec tous ces hypocrites que je me sais aimer autant qu'elle. J'aurais voulu qu'elle leur dise leur 4 vérités et qu'elle ne fasse pas comme moi. Mais j'ai fait comme les autres et joué mon rôle de petite fille parfaite.

Je ne veux même pas que personne se sente coupable de rien, je ne suis en colère contre personnes, je crois que les gens font ce qu'ils peuvent, que la méchanceté n'est souvent que le reflet des propres carences des agresseurs, mais je voudrais juste que ceux qui ont tout vu reconnaissent ce qui a existé, ce qu'ils ont laissé faire en continuant de se féliciter de leur innocence. Laisser souffrir quelqun et ne pas reconnaitre ce qu'on a laissé faire, c'est trop d'injustice en même temps. J'ai l'impression que c'est un peu de moi qu'on efface. Et en même temps, j'ai besoin d'oublier moi aussi.

Il y a surement des gens qui se demandent comment je peux bien écrire des choses aussi personelles sur la toile et se dire que ça ne fait pas trop de sens. Au contraire, c'est le seul endroit ou je peux m'exprimer sans faire de mal à personne. J'ai besoin, pour ne pas tourner ces sentiments contre moi même, de les reconnaitres et surtout de les dire, parceque franchement, s'il y a une chose que je ne supporte plus, c'est de me taire et de garder ce que j'ai pu vivre comme un secret honteux pour protéger les autres de sentiments que je ne m'épargne pas à moi. Je n'ai pas envie de changer le monde, juste d'être entendue et de m'imaginer comprise sans qu'on me prenne pour quelqun que je ne suis pas. (et aussi de changer le monde, je l'avoue)

Je ne vous ai pas écrit que ces temps ci, je flirt autant avec l'anorexie qu'avec les autres troubles. Il y a eu des jours ou je n'ai bu que de l'eau suite à un désir profond de faire le vide. J'ai eu beau me dire que c'était un jeune curatif, je sais bien qu'au fond, je joue avec mes pulsions morbides et que ça me fait peur de me sentir tellement mieux à ces moments là. C'est comme un break de thérapie. C'est pas le genre de choses qu'on écrit facilement sur un blog qui s'appelle "anti-régime". Je n'en suis pas fière.

Je passe mon temps à me battre avec ma fourchette, soit pour manger moins, soit pour manger tout court. Et je ne perds plus à bousculer mon corps comme ça. Et ces jours là ne sont pas ceux ou je m'accepte comme je suis.

J'ai décidé hier de ne plus me permettre cette façon de me sentir mieux, soit jeuner, et d'affronter. J'ai décidé ça en parlant enfin à mon amoureux hier soir dans le discours le plus décousu que je n'ai jamais produit. Il n'a rien dit, il m'a simplement serré très fort, très longtemps, parce que je n'arrivais plus à parler. Je ne me souviens pas d'avoir sanglotté comme ça depuis longtemps et je n'arrivais pas à arrêter à sentir tellement d'amour et d'acceptation. Je veux me sentir mieux et ce n'est pas en évitant et en m'installant confortablement dans mes troubles alimentaire que je toucherai à ce qui me blesse pour le guérir. Mais je me sens tellement perdue sans eux, surtout maintenant. Et je me sens énorme à un point que je sais ne pas être rationnel. Je m'insupporte à cette façon d'être trop là, trop présente.

Mais je sais qu'il y a aussi en moi une fille très saine qui arrive à manger parce que c'est bon et que c'est un moment de thérapie difficile à passer. Il faut juste faire grandir l'autre.

mercredi 17 octobre 2007

La gastronomie dans mon corps

Non, je ne parlerai pas de mets succulents. Je viens de me réveiller alors vous aurez droit à une exploration métaphysique de mon esprit, ce monde étrange.

Je ne suis pas du tout une personne à tendances ésotériques new age dans l'amour de l'univers et cie.

Pourtant, je crois que les rêves donnent parfois une mesure de ce qui se passe dans l'inconscient.

J'ai trop fait de rêve qui rammenaient à mon souvenir des fragments de passé réel mais que j'avais oublié pour en douter. Mon corps a plus de mémoire que moi. Mes rêves, c'est un monde parrallèle ou j'arrive même à apprendre. J'ai des facultés nocturnes qui se paufinent de rêve en rêve, comme celle de voler pour m'échapper de ce qui peut m'engoisser ou, de plus en plus souvent, juste pour le plaisir.

Je rêve souvent ces temps ci, dans d'autres rêves, que je découvre sur ma peau un tout petit bout d'une chose qui ressemble à un petit bout de tendon blanc et très solide, plat et large comme un petit fetuccine. C'est un corps étranger qui ne fait pas mal, mais il est là, et quand je m'en rends compte, il me dérange. Je peux passer tout mon rêve, ou je fais aussi autre chose, à essayer de le déloger. Habituellement, j'y arrive. Ça se fait sans douleur, il faut seulement tirer plus ou moins doucement sur le "fettuccine" pour sortir de mon corps cette petite pieuvre inanimée qui est au bout. Ça ressemble à un petit calamar dont les pattes microscopiques sont attachées à mes muscles. Le plus dur est d'arriver à avoir une prise sur le fettuccine qui dépasse. En y allant doucement, on arrive a pas tout déchirer. Souvent, ils sont tout petit et ça ne parait presque pas après.

Ces temps-ci, le fettuccine des calmars est plus long. Ils sont plus difficile à extraire, mais je suis rendue habituée. Comme je le disais, j'apprends de mes rêves précédents.

Cette nuit, j'ai du laisser un ou des calamars dans le bas de mon mollet gauche. En tirant sur mon fettuccine, j'ai sorti 4 gros calamar de ma peau, qui à un peu déchirée par leur taille et qui a laissé mon mollet plein de peau flasque. Je me suis dit que j'en avait déjà un peu enlevé et que ma peau ne s'en remettrais pas si j'en enlevais plus aujourd'hui, malgré que je sache qu'il y en avait d'autres. Au deuxième coup d'oeil, l'endroit ou j'ai enlevé les calamars était sans peau, sans protection. J'ai eu peur des risquees d'infection mais soulagée qu'il n'y ait pas eu fusion avec un gros vaisseau sanguin. (je fais trop de bio!) Je deviens une bonne practicienne de l'extraction de mes calamars mais l'ampleur des dégats commence à me dépasser. Puis, je me suis réveillée

Je crois que ces calamars représentent mes traumatismes refoulés.

Ce matin, j'ai carrément la sensation physique que mon mollet gauche est étrange. J'ai été soulagée en l'examinant de ne pas sentir de calamar et de ne pas devoir me rendre dans une aile psychiatrique.

De toute façon, ça prendra le temps qu'il faudra, je préfère les calamars dans mon assiette que dans mon corps rêvé et les chasserai tous.

Il est temps de se lancer dans le vrai monde pour une vraie journée. Bonne journée!

lundi 15 octobre 2007

Culpabilité

Ces jours-ci, je me plonge à fond dans le subconscient de mes émotions.

Suite à vos commentaires si constructifs sur "junk et culpabilité", je me suis mise à réfléchir sur ma culpabilité, celle qu'on semble toutes éprouver à divers degré.

J'ai envie de vous répondre même si j'aurais pu garder cette réponse pour moi. Peut-être que j'ai envie de dire au monde que je ne suis pas si coupable que je pense l'être. Et après tout, ici c'est facile puisque je ne vous cotoie pas.

Je me suis demandé si ma culpabilité avait rapport avec la bouffe. Puis me plongeant dedans (facile puisque ces jours ci, elle s'impose...) j'ai réalisé que ça n'avait rien de rien à voir avec la bouffe.

La bouffe me donne seulement une excuse pour me sentir coupable et c'est plus facile de gérer ça que de me sentir coupable pour tout et rien sans savoir pourquoi.

Il y a des jours ou je me sens coupable de vivre, d'exister, de respirer l'air que je pourrais laisser à d'autres. Il y a toujours au fond de moi de façon plus ou moins consciente ce sentiment d'être de trop.

J'ai bien des idées d'ou ça peu venir mais ça fait si longtemps que je me sens comme ça que je n'ai même pas le souvenir de m'être sentie autrement. Plus encore, ce sentiment fait partie de mon identité. Je ne sais pas comment vivre autrement. J'ai grandi avec l'idée qu'il faudrait au moins que je sois utile aux autres. Je suis profondément non individualiste parce que pour moi, je ne suis rien.

J'ai beaucoup exploré ça avec ma psy ces derniers temps: l'impossibilité d'être lorsque j'étais dans ma famille. Le rejet aussi.

Lorsque j'ai commencé à avoir une personnalité et à l'affirmer, et malheureusement ou heureusement pour moi, j'en ai toute une, ma mère ne l'a pas pris. Elle a jetté tout son dévolu et son amour sur mon petit frère avant de le rejeter aussi à l'adolescence. Même chose pour mon père. Je ne l'aimais pas, il le savait et me le rendait bien. J'étais différente d'eux. J'aimais l'école, je n'était pas délinquante. Et au fond, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi ils ne m'aimaient pas. Je crois que j'ai gardé de là la culpabilité primaire de croire que je suis intrinsèquement quelqun que les gens n'aiment pas. J'ai beau savoir que ce n'est pas vrai, ça reste gravé.

Et pour beaucoup de gens de mon petit village, je n'étais pas une fréquentation acceptable pour leurs enfants puisque j'étais "génétiquement programmée" pour être comme mon père (un toxicomane qui fait des banques, ça se remarque dans une petite région) et que, même si j'étais une enfant allumée, docile et gentille, "ça allait finir par sortir". Je me sentais bien coupable d'être qui j'étais et je ne pouvais absolument rien y faire. En plus, on était pas riche et j'étais mal habillée, pas sure de moi, j'avais de grosses lunettes horrible. Mon primaire, je l'ai passé toute seule avant que mon caractère me donne le droit d'être plus populaire au secondaire, mais je ne me suis jamais sentie comme les autres et même si on m'aimait, je me disais qu'on m'aimait pour ce que j'apportais et pas pour ce que j'étais. Je ressent encore ça.

Dans la même période, celle de l'adolescence, j'avais beau rapporter les meilleures notes, m'impliquer dans toutes les causes et n'être pas très difficile, c'était la guerre avec ma mère. Ma mère est une personne qui peut être très méchante et manipulatrice mais en même temps, une personne très fragile. Je me suis toujours sentie responsable de son équilibre. A cette période, on a eu des engueulades horribles. Je ne pouvait plus prendre d'elle celle sur qui elle passait ses humeurs et de me faire dire que je manquais de reconnaissances pour elle qui avait gaché sa vie en s'occupant de moi alors que j'essayais bien de montrer toute la grattitude au monde mais que parfois, il pouvait m'arriver d'oublier de ranger mes bottes ou de casser un verre sans que ce soit un manque de grattitude.

J'ai été tellement méchante plusieurs fois, à lui dire des vérités qu'elle ne voulait pas entendre mais je devais me défendre au moins un peu et, sur le coup, ça me faisait du bien de pouvoir dire ce que je pensais. Une petite réplique voulait souvent dire des heures à me sentir coupable alors qu'elle pleurait dans sa chambre et que je devais ensuite la ramasser à la petite cuillère par ma faute, pour avoir dit une parcelle de mes pensées que dailleurs, je pense encore. Ensuite, alors que tout semblait correct, mon beau père revenait de travailler, ma mère lui racontait que j'avais été méchante sans entrer dans les raisons, et là, je ne pouvais que me taire et encaisser avec une arrogance dans le regard qui me donnait droit à plusieurs coups supplémentaire mais qui me préservait. Il n'a pas réussis à me soumettre comme il l'a fait avec mon frère et ma mère. Lui montrer, ça m'a formé à la vie.

Souvent, ils en avaient marre de moi et m'envoyaient ailleurs. Plus jeune, ma mère se contentait de m'emmener en voiture et en me disant qu'elle allait me porter à la DPJ, là ou je pourrais avoir bien honte d'être avec les autres enfants méchants que les parents ne veulent plus garder. Ça me semblait un endroit horrible et ça me faisait suffisemment peur pour que je disparaisse et m'abstienne de respirer pour ne pas déranger. Souvent, on allait que diner au resto et elle était gentille. Ça me fuckait complètement la tête de ne pas comprendre pourquoi elle voulait me donner et de la voir si gentille avant de le faire. Il devait y avoir un méchant dans l'histoire et si ce n'était pas elle, c'était moi. Alors je devais être encore plus gentille que gentille puisque j'étais coupable. De quoi???

Par la suite, vers 11 ans jusqu'a 15, je revenais de l'école et mes valises étaient prêtes. Souvent, je ne savais même pas ce que j'avais fait alors je me suis mise à penser que même si j'étais une ado parfaite, j'avais quelque chose à l'intérieur d'haïssable. Les gens de ma famille adorait m'avoir et j'étais tellement bien chez eux que j'aurais voulu être de leurs enfants, mais je finissait toujours par retourner chez ma mère puisque je sentais tellement que je dérangeais leurs habitude. J'essayais d'être invisible mais je ne l'étais pas. J'essayais d'aider avec les enfants et le ménage mais ils devaient acheter plus d'épicerie pour me nourrir. Je me sentais de trop, et très coupable et je braillais tout les soirs tout en étant le plus souriante et agréable possible le jour. Ça aussi, ça m'a rendue forte et j'ai appris à pouvoir être heureuse quand je le décide, mais le bonheur semble étrangement lié à la culpabilité d'exister. Quand je suis heureuse, il y a un coté de moi qui se sent coupable, et je me met toujours à penser à ceux qui ne le sont pas. Ça donne une raison à mon propre sentiment.

Je n'arrive pas à me défaire de cette culpabilité puisque j'ai beau savoir aujourd'hui que les enfants sont parfois bien vulnérable face à leur parents qui auraient probablement du ne pas l'être, je n'ai pas toujours pas accepté de ne pas avoir su apprivoiser mes parents, de ne pas avoir été une enfant que les autres aiment spontanément. J'ai été bien forte, je m'en suis bien sorti, mais je n'ai pas été parfaite. Je sais que ce n'était pas possible mais je le voudrais.

Pour que cette souffrance ait un sens et comme je ne peux ni ne veut en vouloir à personne puisqu'ils ont surement leurs raisons, la seule personne que je conçoit assez forte dans toute cette histoire pour avoir pu faire mieux, c'est moi. Je suis la seule personne sur qui j'ai un controle et la seule à avoir pu changer mon monde et je ne suis pas arrivée à le faire.

La pire rage pour moi, c'est l'impuissance. Et même si l'impuissance est parfois un fait, je me sens coupable de tout. Le controle de moi même est quand même ce qui m'a permi de garder une certaine valeur à mes yeux et d'arriver à être adulte même quand j'étais enfant, à avoir des valeurs, à comprendre mes parents et à me dire qu'ils avaient tord, à pardonner, à me bouger dans la vie, à aller au delà de ce que je me croyais capable, à grandir, à être fière. Sans contrôle, c'était le gouffre.

Et c'est encore de cette façon que je perçoit la perte de contrôle, même si j'en ai parfois besoin. Une crise alimentaire, c'est se jetter dans le gouffre et aller à la rencontre de mon coté fragile et vulnérable. Et quand je ne fais plus de crise, je ne sais plus ou me jetter. Hier, encore cette sensation diffuse de culpabilité et je suis retourner jouer au tennis. Je ne peux pas rien faire lorsque cette sensation me submerge, c'est intenable. Le tennis, ça a un coté agressif qui me fait encore plus de bien lorsque j'accepte d'être agressive. Je ne suis juste pas encore assez bonne pour tuer la balle comme je le voudrais.

Bon, assez de mélodrame, je déteste ça. Désolée pour vos yeux.

vendredi 12 octobre 2007

Junk et culpabilité

Il y a un sentiment qui par dessus tout autre, me fait disjoncter: la culpabilité.

Si j'ai outrepassé la culpabilité de manger de bonnes choses bien préparées, pleines de crème, de beurre, de chocolat ou de n'importe quoi, je viens de prendre conscience qu'il me reste de la culpabilité alimentaire.

Je peux manger une bonne poutine que j'ai décidé de manger sans problème. Un bon chocolat calmera ma faim jusqu'a la faim suivante. Des frites mayo? Emmenez-en! De la crème sur mes fraises? Tout le temps!

Mais si je mange sans plaisir, je me sens coupable, fautive. Une poignée de chips secs ou un mauvais brownie de boîte me fera sentir coupable, et ma culpabilité engendre l'orgie alimentaire sans plaisir, qui engendre la culpabilité, qui engendre l'orgie, qui engendre la culpabilité, qui engendre l'orgie, qui engendre la culpabilité, qui engendre l'orgie, qui engendre la culpabilité, qui engendre l'orgie, qui engendre la culpabilité, qui engendre l'orgie, qui engendre la culpabilité, qui engendre l'orgie,qui engendre la culpabilité, qui engendre l'orgie... Vous comprenez le principe ou je continue?

Long à lire? C'est encore plus long à vivre et c'est épouvantable à arrêter. Ça peut durer des jours et des semaines. Je suis en plein dedans. Je suis certaine que plusieurs d'entre vous connaissent ces cycles, peut-être pour d'autres raisons. Je n'arrive même plus à profiter de mes crèmes au chocolat blanc tellement je me sens coupable de tout, et sans plaisir... bon, je ne recommence pas.

Mon amoureux vient d'être pris pour l'emploi qu'il voulait. On fête ça au resto ce soir. Je l'emmène voir chez Pégase et j'ai bien l'intention de goûter, question de briser ce vicieux cycle et de profiter pleinement de la compagnie de ce charmant jeune homme. Y'en a marre.

mercredi 26 septembre 2007

Beauté plastique

Ce n'est un secret pour personne que les photos dans les magazines sont retouchées. A des corps franchement près de ce que l'industrie demande, on en rajoute encore plus, de quoi donner des complexes aux filles normales et probablement même aux détenteurs de ces corps de magasines pas assez parfaits.

Ici, vous trouverez surement intéressant de vous la subtile transformation qui donne tout de même à tous ces corps une plasticité trop parfaite. Sélectionner une photo et passer le curseur dessus.

Ce site est encore plus impressionnant. Ne manquez pas de visiter la section shaping et la section client. Impressionnant.

Qu'on se le dise, aucun pore, aucune ride, aucun bourrelet (voire aucun volume), aucune blancheur de peau, aucune couleur de yeux fade ni aucun cheveux pas assez volumineux ou de travers n'est toléré.

On ne se gêne pas. Pour ceux qui envierait la silhouette de Martha sur le Newsweek et songeraient à aller faire une cure minceur et jouvence en prison, sachez que la corps est celui d'un mannequin auquel on a ajouté sa tête. Quelqun se paie la notre...
Heureusement, certaines célébrités n'apprécient pas qu'on les retouche de façon excessives, préférant encourager les jeunes filles a s'accepter comme elles sont. C'est le cas de Kate Winslet qui n'a pas du tout apprécié cette couverture ou on a excessivement "affiné" ses jambes:
Si les femmes doivent être fines, ces messieux doivent être tout en puissance. Andy Roddick s'était bien marré sur son blog quand il a vu les photos retouchés de lui du magazine Men Fitness.

Andy Roddick, un gars en forme qui aurait bien pu faire la couverture tel qu'il est. Les gars les plus en forme que je connais lui ressemblent davantage que le mec qu'on a créé à la photo suivante:

Godzilla:
(En toute subtilité...)
Finalement un site positif que j'ai bien aimé: une belle démo live de la construction d'une couverture (aller à retouch website). Bravo au gouvernement suisse!

Pendant qu'on s'affaire à se plastifier, on passe à coté de la vie. Dommage, je préfère le vrai et les gens nature.