mardi 18 mars 2008

La malédiction des gros seins

Passe les hanches, ouais, ça va jusqu'ici. Allez, une bretelle, gnaaaa, puis l'autre. Bon, je me sens comme un roti de boeuf ficelé, avoir une poitrine est un affront que les designer nous font toujours payer...

Allez, j'enlève cette robe soleil indigne de moi. Ouf, ça passe serré. Lève un bras, retiens mon souffle, ouah, j'suis prise, les bras levé et la tête dans la robe.

La vendeuse: "Ça va madame?"

Moi: "Oui, tout va bien" (Ouais, extra, je sens une panique claustrophobique m'envahir)

La vendeuse: "La taille est la bonne"

Moi: "oui, parfaite" (Je n'ai pas menti, ça va à la taille, c'est plus haut que ça coince...)

Je suis toujours prise et m'imagine déjà devoir sortir pour qu'on m'aide à enlever cette prison de tissu. Ça ferait un spectacle mémorable. J'ai mis mes vieilles bobettes de Fraisinette et 2 bas pas pareils. Tant qu'à sortir, je préférerais acheter la robe et la garder comme ça, mes bras mes épaules et ma poitrine coincée dedans et surtout, le visage caché et anonyme. Mais mes bras sont pris et je ne pourrais pas payer...

Je préfère donc exécuter une danse exotique faite de tortillements et de grognements retenus et fini par me libérer de ma jolie robe. Miracle, toutes les coutures ont résisté.

La vendeuse: "Alors, elle était à votre goût?

Moi: "Bof, je n'aime pas trop la coupe. Merci quand même"

dimanche 16 mars 2008

The biggest loser

J'ai fait un petit souper bien sympa hier avec un couple d'amis que j'adore. Pourquoi je vous parles de ça? Non, je n'imagine pas que les détails de ma vie intime vous intéressent à ce point. C'est juste que je me demandais si j'étais la seule à fréquenter des gens aussi tordus au niveau alimentaire et à me sentir extraterrestre sur ma planète gourmande. Et ce qui est triste, c'est que je suis certaine que non.

Il y a mon ami et ancien coloc, qui est en venu après qu'on ait parlé de pleins de choses à nous parler de l'émission "Qui perd gagne" (The Biggest Looser) en nous disant qu'il est un fan invétéré de cette émission qui le touche profondément. Je fus surprise.

C'est que voyez vous, j'ai beau adorer ce garçon à l'humour caustique, il vote ADQ et conservateur, pense que la priorité nationale est de baisser la dette et croit que le pire fléau de notre société est l'aide sociale. Ah oui, il croit aussi qu'être gai est une perversion génétique. Nos obstinations sur le sujet font partie du folklore de mon groupe d'ami. Étonnant qu'on s'entende malgré tout. Je le pardonne son inflexibilité que je crois basée sur ses propres peurs transmutées en impératifs moraux et il me croit tout aussi incohérente avec la réalité, mais adorable sur d'autres sujets. Je vous disait donc que j'étais étonnée de le voir touché par cette émission de téléréalité.

Moi aussi, elle me touche, cette émission. J'ai beaucoup de compassion pour ses participants dont on exploite les complexes pour faire un bon show et qui se soumettent de tout leur coeur à des méthodes de perte de poids barbares et inhumaines par espoir d'avoir enfin ce corps "acceptable". Je fais donc part de mes réflexions à mon ami, croyant comme une dinde sans tête qu'il allait être d'accord avec mes opinions si sensées.

Il m'expose alors que ce qui le touchait, c'est de voir ces gros tas de graisses enfin se bouger le postérieur et faire quelque chose. Evidemment, je m'indigne. Ce n'est pas parce qu'on est gros qu'on a rien fait de notre vie et c'est souvent un exces de régimes qui mène là.

Je me souviens d'un segment d'émission ou on faisait courrir un homme jusqu'à ce qu'il vomisse d'épuisement, et il n'avait pas finit de vomir que l'entraineur l'engueulait pour qu'il continue. Selon mon ami, c'est bien correct: "qu'ils courrent ces gros tas de graisse, ça va leur faire du bien, et même si ça leur défonce les articulations et la santé, au moins ils auront fait quelque chose, peut-être la seule chose dont ils peuvent être fiers".

Ce que j'ai vu là, c'est de la pure haine et un grand mépris des gens. Décourageant, voire dégueulasse. Mon ami est comme un SS parfois

Pendant ce temps, sa copine l'écoutait et engouffrait des chocolats en rafale (après que nous nous soyons régalés de fondue au fromage, de fondue bourguignonne, de légumes, de gauffres, de fruits et de crème glacée) en me disant d'un air coupable qu'elle ne devrait pas manger de chocolat puisqu'elle doit perdre du poids dans une proportion qui lui donnerait un air de phase terminale. La prochaine fois, je leur ferais du poisson et des carottes à l'eau. Je déteste voir mes amies se sentir coupable pour avoir mangé. En plus, elles ne profitent pas, elles compulsent. C'est bon aussi du poisson après tout...

Non, je ne leur ait pas parlé d'antirégime. Ça aurait été comme conseiller à un héroïnomane en overdose de faire une cure de tisane de fleur pour sa santé. Des fois, on part juste de trop loin.

Je me suis contenté de dire à la copine qu'elle était très belle comme elle était et à faire remarquer au chum que les obèses sont des êtres humain (!!!) souvent encore plus déterminés et capables de privation que les minces et qu'il devrait essayer de comprendre plutôt que de prôner des solutions qui ressemblent davantage à des traitements bannis par la convention de Genève qu'à des solutions saines et durables.

Qui perds gagne, c'est vrai, mais il y a plus de gain à perdre ses obsessions, ses préjugés, ses restrictions, sa mentalité de SS, ou ses complexes qu'a perdre plusieurs livres plusieurs fois et son estime de soi en route. Être the Biggest Looser,pour moi ça reste désolant.

Edit: Un article intéressant du Time sur les suites de l'émission ici

jeudi 13 mars 2008

Pensées du jour

A chaque fois que je vais me promener sur ce site, je le trouve d'une laideur sans nom qui me surprends à chaque fois. Pourtant, si vous n'êtes jamais allées vous y perdre, il le faut.

www.gros.org: le site laid à l'avant garde niveau contenu.

Gérard Apfeldorfer signe la chronique de mars du GROS et bien qu'on n'y trouve pas grand chose de nouveau pour les antirégimeuses convaincues, le message change de tout ce qu'on peut lire ailleurs. Le site en entier est un trésor de sagesse. (N'y a il pas une ame douée et charitable pouvant leur offrir des couleurs et une organisation de l'information un peu plus crédibles?) Et si vous n'êtes pas familières avec l'antirégime, c'est un point de départ de choix.

La saison des ventes de produits ou d'idées amaigrissantes inventives est recommencée, alors préparez vos esprits à l'offensive marketing. Les complexes, ça vend!

Il vous faut être "Bikini ready", et ce, vite, un ventre plat était bien sur une condition sine qua none pour profiter de l'été, aimer, courrir dans des champs de fleurs sauvages, rire et être heureuse comme dans les pubs.

Oh, merde, on vient de m'informer que plus mince, on ne sera que plus mince, et dépendant de la méthode, plus pauvres, frustrées et obsédées.

Rien ne nous empêche de vivre tout ce qu'on veut et peut vivre comme on est! Le poids n'est qu'une excuse, et elle est mauvaise.

Ce qui est super pour le business du régime, c'est que cette rapidité promet d'être la même dans la reprise de poids et que vous serez psychologiquement fragilisées et prêtes pour la prochaine saison de régime. Et la saison du régime, elle est de plus en plus perpétuelle: il y a la rentrée des classes, noel, les résolutions du jour de l'an, les retrouvailles, les mariages, les rendez vous, les vacances...

Mais tout cela est basé sur quelques mensonges qui se nourrissent eux même en hyperphagiques jusqu'à dominer nos vies de faussetés.

Quelques uns, dans le désordre:
-Le bonheur complet ne s'atteint qu'avec la minceur.
-Réussir, c'est avoir un contrôle total sur sa vie et son corps.
-Les gens nous aimeront plus lorsque nous seront minces.
-Losrque nous seront minces, c'est que nous seront devenues de meilleures personnes.
-La minceur est un signe de santé physique et émotive peu importe comment on l'atteint et la maintien.
-En connaissez vous d'autres?

L'image de la minceur associé au succès est si forte qu'on en vient parfois à penser que l'un vient avec l'autre. Et pourtant, ce sont deux sujets différents et séparés. Tout comme l'amour, l'équilibre et le reste. La minceur vient seule, avec ce que vous êtes. Vous aurez peut-être quelques félicitations au début, avec quelques marques de jalousies et assurément des difficultés d'adaptation à surmonter. Pour que cela se passe bien, il faudrait ne pas être mise à plat psychologiquement par un régime draconien.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il n'y a pas une autre personne mince différente de vous cachée en vous. C'est que vos faiblesses seront toujours vôtres, même si vous êtes ailleurs, même si vous êtes mince. Parfois, en voulant maigrir, ce qu'on veut au fond, c'est changer de soi.

Ça n'arrivera pas.

Il faut accepter ce qu'on est et se laisser vivre pour rendre possible un changement durable. Et un bon signe d'acceptation, c'est l'importance que perds le sujet de l'amaigrissement, comme toutes les volontés de changement radicaux. On ne veut plus changer pour être une autre mais changer pour être profondément en accord avec ce qu'on est à l'intérieur.

Se concentrer sur le bien être au jour le jour, c'est participer à sa lente évolution, et c'est probablement la seule façon de changer.

Ça y est, je suis en retard pour mon bénévolat...

Bonne journée!
xx

lundi 10 mars 2008

Manger trop

L'anti-régime est un grand cercle ou les mêmes sujets reviennent sans arrêt et on se met à les comprendre davantage, ou différemment.

J'ai souvent parlé ici de culpabilité et de l'importance de s'en libérer. Pourtant, j'en suis souvent encore pleine et contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, manger en me sentant coupable ne fait pas manger moins, au contraire.

Certains aliments me demandent encore un bon lot de zenitude pour être mangés sans tension intérieure mais ce qui est le plus difficile pour moi, c'est de ne pas me sentir coupable quand je mange au delà de ma faim.

Ça arrive à tout le monde de manger au delà de son seuil de satiété, parfois par contrainte sociale et parfois par simple envie! On apprends avec le temps que ce n'est pas très agréable puisqu'on profite moins des aliments qu'on mange et qu'on met plus de temps à avoir faim à nouveau.

Parfois on se rends compte que ce n'est pas de l'envie mais simplement des émotions qu'on veut adoucir. Si on mange, il n'y a pas de scandale mais on perd une occasion de se comprendre et de mieux vivre. Ça se travaille sur le long terme.

Trop manger n'est pas un problème épouvantable en soi. Il faut apprendre à accepter ça aussi. Quand on mange trop, on dispose simplement de plus de temps avant que le corps ait à nouveau besoin de carburant. Ce n'est pas grave et ce n'est certainement pas dramatique. La faim reviendra indiquer quand remanger.

La culpabilité est complètement inutile et contreproductive. Se sentir coupable quand on mange trop, c'est encore se mettre une barrière dans la tête. Si on se disait plutôt que rien n'est interdit et que certains comportements sont toutefois plus agréables, on arriverait au même résultat, soit celui de manger à sa faim, mais en y sacrifiant pas sa liberté alimentaire totale.

On a le droit de manger. Ce qu'on veut. Aussi souvent qu'on veut. Quand on veut. La quantité qu'on veut. Il n'y a pas de restrictions constructives. Il faut le savoir, le comprendre et le ressentir. Ensuite, on peut ressentir ce que notre corps désire et lui donner en toute liberté, sans distortions des idées liées à un quelconque diktat alimentaire.

dimanche 2 mars 2008

Pas zuste!

Ça y est, elle est enfin là, la semaine de lecture.

Tous les étudiants savent bien qu'au fond, cette semaine doit servir à faire autre chose qu'à lire.

Et bien moi, je vais lire, c'est tout ce que j'arrive à faire, mais ça sera Calvin and Hobbes.

Hier, en faisant le ménage avec mon amoureux, je fut prise d'un soudain et violent mal de tête. 10 minutes plus tard, j'étais au lit, tremblottante de froid avec des courbatures immondes. Dans mon intérieur profond, je dois avouer que je n'ai pas trouvé ça tellement plus désagréable que de ranger les armoires. C'est comme lorsqu'on est enfant, qu'on est malade et qu'on a la permission de rester à la maison: le bonheur!

J'ai quand même pris ma température pour calmer mon amoureux soudain transformé en infirmière de luxe: 36,1. Il est 13h et tout est beau dans le meilleur des mondes.

A deux heure, l'infirmière dévouée me force à avaler trois bouchées de soupe et j'obtempère pour avoir la paix, ce qui aboutis en mal de coeur qui finit par passer.

20h: l'infirmière tyrannique me réveille pour prendre ma température et me faire boire un ti-punch. Il veut me tuer ou quoi? 38 degré... Je suis gavée de tylénols malgré mes protestations.

21h: 39 degré et ma tête menace toujours d'exploser.

22h: 39,5 et mon coeur bat à 140 battements minutes, ce qui me fait bien rigoler. Je me fait ficeler par Hitler qui me force à l'urgence contre mon gré.

A l'hopital, on me martiryse de toute les façons, tubes dans le nez, batons de culture dans la gorge, prises de sang, rayon X pour finir par m'influger la pire des punition: l'obligation d'y retourner mercredi et donc de ne pas pouvoir profiter de mes vacances avec mon amoureux au lac St-Jean.

Selon mon tortionnaire, pas mon amoureux mais bien le diplomé dans la chose, il s'agirait probablement d'une virulente souche d'influenza, soit une grippe. On attend les résultats de ce dernier test bientôt.

Une grippe, meilleure façon de ne pas se faire prendre au sérieux! Il fallait entendre le ton de ma patronne lorsque je l'ai appelée pour lui annoncée que je n'irais pas travailler demain puisque j'ai la grippe. J'aurais aussi bien pu lui dire que je ne pouvais pas aller travailler parce que je souffre d'un choc émotionnel pour avoir fait trop cuire mes spaghettis, ça n'aurait pas fait de différence.

Bonne semaine et lavez bien vos mains!