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vendredi 22 août 2008

Notre boulimie et nos toilettes en deux sujets distincts


C'est fou ce que j'ai de l'espace pour grandir et pour de nouvelles idées maintenant que je ne pense plus en permanence à des sujets reliés à l'amaigrissement, à l'autodénigrement qui allait avec quand je n'y arrivais pas de la facon prevue ou à la bataille mentale qui m'occuppait l'esprit lorsque j'y arrivais trop bien. Rien jusqu'ici dans ma vie ne m'aura permi une telle transition de pensées que de me donner le droit de m'écouter. Maintenant, il y a de la place dans ma vie pour celle que je suis au présent.

Je suis de retour à la maison, en train de ressasser mes souvenirs guatémaltèques et de préparer l'année scolaire qui vient. En fait, je ne suis pas revenue entière d'Amérique Centrale: une part de moi y est restée et je ne commence qu'à peine à m'en appercevoir.

Pendant un petit mois et demi, j'ai vécu avec beaucoup moins que d'habitude et je me suis pourtant sentie beaucoup moins vide que ces jours qui me laissent vidés d'être si remplis.

Quand on s'écoute vraiment, on a besoin de si peu. Pourtant, on consomme souvent à outrance pour remplir les vides laissés par ces petits besoins négligés. Je me suis gavée d'aliment mais il m'arrive encore souvent de me gaver le corps et l'esprit de choses qui, au fond, m'encombrent. Et je ne suis pas seule: j'ai vraiment cette impression depuis le retour d'être au sein d'une société completement boulimique de possessions, d'activités, d'émotions fortes, de thrill, de bonheur même. Et pourtant...

J'ai l'impression que plus on cherche à suremplir sa vie, plus on s'éloigne de ce qui nous fait sentir vraiment bien.

Après tout, on ne peut se nourrir que de ce qui nous manque. C'est comme pour l'alimentation. Le surplus s'accumule, nous alourdit et on recherche en vain ce plaisir des premières bouchées qu'on ne retrouvera jamais dans l'excès. Savourer, c'est le secret de l'équilibre, et pas que dans l'assiette.

Ne croyez pas que je n'apprécie pas l'eau chaude de ma douche, la programmation de ma maison de la culture et tous les avantages de vivre au Canada, au contraire. Je jouis de la vie d'ici avec un plaisir quasi orgasmique depuis que je suis rentrée à la maison. Je me dis juste que parfois, ici, on tombe trop aisément dans le trop et que ça nous fait du tord. (et pas qu'a nous: aux autres peuples aussi, comme à la terre...)

J'étais à l'aéroport à Atlanta lundi à attendre mon deuxième vol et après avoir feuilleté avec amusement les briques de la librairie qui expliquent en quelques millions de pages comment se simplifier l'existence, revenir à l'essentiel ou cesser de consommer inutilement (sic), je suis passée aux toilettes pour vivre pleinement mon choc culturel.


Je suis certaine qu'il s'en est fallu de peu pour que les madames en train de se poudrer le nez n'appelle pas la sécurité en me voyant sursauter puis rire comme une personne dérangée mentalement en regardant le distributeur de papier à main automatique. Laissez moi vous dire, ça fait tout un effet de pisser dans une toilette qui se flush toute seule ou on peut jetter le papier dans la cuvette et de se laver les mains sous un jet d'eau chaude parfaitement tempérée qui ne coule que lorsque mes mains sont en dessous, mais je n'étais pas préparée à ce que le distributeur de papier à main me sorte et me coupe une portion individuelle de joli papier blanc dans les mains. Ça, non, définitivement pas. C'était une expérience si éclairante que j'ai forcé mon amoureux et son apathie à aller voir la technologie des toilettes des hommes. Ce qui est bien, c'est qu'il veut toujours m'épouser malgré ça...

(D'ailleurs, ça me fait encore bizarre de jetter le papier dans la cuvette. Il faudra que quelqun m'explique ou il va ce papier, dans les égoûts, ce qu'on en fait ensuite et pourquoi tout ça ne bouche pas. Il y a un plombier dans la salle?)

Ensuite, nous sommes arrivés à New York, ville de tous les excès. La veille, j'étais à Nebaj, dans la tranquilité de la cordilière des Cuchumatanes, avec le peuple Ixil et ses moutons. Si vous me trouvez un tantinet illuminée et moralisatrise, c'est que le sourrire comparé de ces deux peuples a de quoi faire réfléchir.
Apprivoiser le vide, c'est probablement se rapprocher de l'essentiel, si subtil et volatile. Je ne sais pas si j'aurai beaucoup le temps d'écrire dans les prochains mois, avec cet excitant début de cours, mais comme j'ai déjà pas mal de talent et de pratique dans le combat et la vie à bras le corps, je crois que je vais me laisser aller vers plus de simplicité. C'est tout naturellement une extention de cette démarche commencée avec l'anti-régime: s'écouter pour déguster pleinement dans la mesure de ses besoins. Simple, logique, sain, équitable et franchement agréable.











Edit: Une image vaut mille mots: merci myrtille!


Autoportrait à la frontière, Frida kahlo

mardi 22 juillet 2008

Trop, cest comme pas assez

(Vous comprendrez qu;ecrire sur un clavier espagnol ou les lettres sont effacees ne me permet pas davoir une ecriture agreable a lire, je men excuse!)

Je me suis refugiee dans un cafe internet par peur de me noyer dans le deluge qui tombe dehors. La saison des pluies au Guatemala, c;est concentre en deux ou 3 heures en fin dapres midi. Le reste du temps, cest que du soleil. Deja quavec mon teint d;aspirine, je detonne pas mal ici, c;est encore pire avec mon impermeable vert lime. Les enfants guatemalteques se foutent completement de ma gueule et sont biens heureux de ne pas avoir lair aussi ridicules. A ma maniere, je participe au rehaussement de la fierte dun peuple. Wow...

Donc la pluie, c;est une belle occasion de venir un peu parler de bouffe. Mes sandales viennent a peine de secher...

Pas que le sujet alimentaire minterpelle particulierement en ce moment, au contraire. Je suis sur les berges du Lago de Atitlan et je continue a massacrer la langue espagnole tous les jours, grace a un professeur plein de patience. Jhabite dans une famille maya qui croule sous lamour meme si les sous manquent souvent et pourtant, ils ont les yeux qui brillent comme ca ne se fait plus au Canada. Je parle de politique et de solidarite avec des gens dont la famille a ete tuee par larmee et qui pourtant ne veulent qu;aider leur prochain sans amertume. Franchement, la bouffe, qu;est ce quon s;en fout.

Et pourtant, le sujet gronde dans mes intestins depuis des jours. Mon corps deteste les frijoles. C;est rien pour aider lambiance des toilettes de la famille qui me font deja peur. Ne vous en faites pas trop pour moi, je me defile toujours de la douche familiale (un poteau qui verse de l;eau froide partout dans la piece lugubre ou sont aussi les toilettes) pour aller me laver dans le plus beau lac du monde. Cest pas trop mal.

Ah oui, je voulais parler de bouffe, pas de toilettes ni de tourista.

La maman de ma famille etait chef dans un bon restaurant de cuisine guatemalteque. Ce qu;elle nous concocte est delicieux a chaque fois, mais elle nous sert des portions monstrueusement -enormes. J;ai reussi a negocier une demi assiette, qui reste toutefois plus grande qu;une portion familiale etasunienne.

A present que je me fou eperdument de manger et que tout naturellement, la bouffe ne mattire que lorsque mon estomac la reclame, on me gave comme une oie. La vie est parfois bien sarcastique. Mais peut-etre est ce plutot un apprentissage?

Plus on me nourrit, plus je cherche toutes les excuses pour me defiler. Malgre le probleme moral profond que jai a laisser de la nourriture dans un pays ou plusieurs personnes souffrent encore de la faim, je ne peux pas arriver a voir le fond de ces foutues assiettes. La bouffe me deprime.

Peut-etre existe il un pendant inverse a la restriction cognitive? Lorsque je sais que je vais manger trop, je ne peux pas. J;ai meme envie du plus profond de mon etre de legerete. Ces exces vont certainement mettre la table a une ecoute de mon corps et de mes besoins bien plus intuitive au retour. Mais en attendant, je souffre.

Cela m;emmene a une autre reflexion sans importance sur la bouffe. Ici, j;ai tellement d;occasion de prendre conscience du lien emotif quon a avec la nourriture et de la part quelle a dans notre identite. J;ai beau ne pas avoir du tout faim, j;aurais envie dune lasagne de grand maman ou d;un des fameux magrets de canard de mon amoureux pour me faire sentir un peu plus pres des gens que jaime. J;en mangerais meme apres deux platees de frijoles (euh, a bien y penser peut etre pas, je trouverais bien un moyen de me passer de frijoles)

J;ai meme mange du mcdo lautre jour, presque en cachette. Il fallait bien ne pas men vanter puisque jai presque fait un scandale lorsque jai appercu la baniere du symbole par excellence de la mondialisation sauvage a Antigua. Apres quelques semaines, McDo, c;est une veritable doudou affective.

Heureusement que ce blog est anonyme, je ne supporterais pas de faire de telles declarations en assumant mon identite.

Bon appetit, heureux mangeurs!

xx

samedi 19 juillet 2008

Frijoles et colle cuite

Je vendrais mon ame pour un simple pate chinois. Je ne vous dit meme pas les choses ignobles que je ferais pour de la gastronomie de chez nous. Des offres?

mercredi 9 juillet 2008

Guatemala

Je suis au Guatemala. Quoi dire... Voyager, cest apprendre a ouvrir les yeux, a rencontrer vraiment, pour moi du moins. Ce pays me prends au trippes.

Je ne sais pas quoi dire qui ne serait pas un cliche. Je nai pas de mot, ce qui marrive souvent ici dans ce pays ou japprends langue et coutumes.

Jai fait des rencontres qui me boulversent. Ici, ce nest rien de plus que la vie mais en tellement plus concentre. On apprends a acceuillir, a dire au revoir aussi, ou, plus difficile encore, adieu.

Il y a des jours ou je me sens trop petite pour ce que je vois, si heureuse et si troublee. Le temps ici, cest comme les premier jours ou on est fous amoureux: on ne sait pas vraiment si on se laisse emporter par la joie ou si la nostalgie qui nous prends au ventre va avoir raison de nous.

Ce pays fabuleux nest qu une trame de fond superbe pour ce qui compte vraiment. Ce sont les liens que lon tisse entre nous et le monde qui font notre realite. Ce qui importe pour moi aujourdhui, cest de connecter aux gens et aux choses, de les vivre de pres, dassez pres pour pouvoir aimer, meme si aimer, cest difficile.

Je me perds dans mes pensees ce matin. Ce sont les enfants que jai nourris hier qui mhabitent, les amis que jai rencontre ici et ce pays indescriptible, peut-etre. Ou alors un petit mal du pays, si ce nest pas un mal detre dailleurs.

lundi 23 juin 2008

T.H. comme une tache

Pour ne pas utiliser ma belle VISA verte transparente d'étudiante pendant mon séjour au Guatemala, j'ai choisi de prendre un deuxième boulot dans une chaine de restaurants. Je dois vous avouer que je m'y amuse beaucoup. C'est fou ce qu'on peut voir et les confidences qu'on peut reçevoir quand on a un uniforme brun très peu sexy et une casquette qui fait osciller le look entre la préado et la bonne femme de service.

"Madame, avez vous du café light?"

ou encore

"Mettez moi 4 splendas dans mon café. Le sucre, ça fait engraisser. Et 3 crèmes... Le café, ça stimule le métabolisme."

L'inverse peut être?

"5 sucres, et du lait écrémé svp. Moi, le gras, j'en mange pas. Je ne veux pas me retrouver pris du coeur à 40 ans"

Oui, ce sont toutes des phrases réellement entendues par mon humble personne et ça, c'est juste pour le café, en 5 jours de carrière...

Mauzus qu'on stresse dont pour rien devant ce qu'on mange! Si on s'écoutait pour manger sans culpabilité aucune une nourriture qui fait son boulot, soit nous nourrir, on en viendrait doucement à apprécier pleinement les véritables qualités de nos aliments: leur goût, leur texture, leur température, leur odeur, etc. Soyons fins gourmets et mangeons ce qui nous fait envie! Ce n'est pas un péché! C'est même indispensable pour arriver à écouter pleinement les besoins de son corps. Et en plus, ça fait partie des plaisirs de la vie! C'est bon pour la santé mentale et physique!

La biologie humaine est tellement complexe et fonctionelle! Je crois de plus en plus, d'expérience, que le corps se régule sur le long terme et que les envies qui nous prennent ne sont que des réponses au signaux qu'envoie notre corps selon ses besoins. (Il y a aussi les envies de manger qui répondent à des besoins psychologiques, tout aussi importants à considérer que ceux du fonctionnement plus mécainque)

Je crois de plus en plus que le corps, quand on arrive à l'écouter, se régule sur le long terme et demande ce qui lui manque. Mais si on se noie la tête d'interdit, de recommendations, de tables, de guides, d'idées préconçues, de culpabilité, on a plus de place pour l'écoute de ses besoins et maintenir un poids équilibré devient alors une lutte constante contre soi. Qu'on gagne ou qu'on perde dans ces conditions, on perds assurément quelque chose. En plus, on en vient à se donner des raisons émotives de se bourrer. On se nuit.

La morale de cette histoire: que gagne t'on à fréquenter des chaines aux produits standardisés, aseptisés, assemblés sans savoir faire? Il y a tant d'artisans fabuleux et de gouts à découvrir!

Je vous propose de l'expérimenter, ,si vous avez envie, êtes curieux et le pouvez, dans un resto qui fait maintenant partie de ma liste de bouffe préférée. Je ne me souviens même plus du nom. C'est sur la rue Mont-Royal, près de St-Denis en allant vers le Mont-Royal. C'est un petit resto tout simple ou on sert avec gentillesse une cuisine qui ravit mes papilles à chaque fois. C'est le fruit d'une belle d'histoire d'amour entre une québécoise et un gambien. C'est d'ailleurs monsieur qui cuisine avec enthousiasme des plats de chez lui pour nous les faire connaitre, et adopter assurément. C'est abordable et la taille des plats vous permet d'en savurer encore le lendemain.

Ne perdez donc pas votre temps chez T.H., à moins que vous adoriez ça! Il y a du meilleur pour vos papilles!

Bientôt plus qu'une main de dodos avant les vacances pour moi. Je crois que si vous me cherchez, je serai en territoire gambien à montréal pour vivre à fond ma nouvelle idylle avant mon départ...

lundi 2 juin 2008

Érableurk!

Les petits cornets de tire et de sucre d'érable de mon kiosque ne laissent personne indifférents, surtout pour ce qui est des femmes. J'adore observer mes clientes; il y a celles dont le plaisir et la gourmandise transparait dans la pupille et le sourrire espiègle. Il y a aussi celles qui détournent le regard sans arriver à y éteindre l'envie en me déclarant d'un air déçu que "ça fait engraisser". Ce sont les mêmes qui, lorsqu'elles se laissent tenter, avalent d'un air coupable et pressé, sans goûter.

Il y a enfin la troisième catégorie de femmes: celles qui ont le dédain de ces trucs infames. Dans cette catégorie, je suis seule et unique. @#$%?&&* de cornet d'érable de !@#$%?&

Symbole par excellence de mon esclavage , le cornet à l'érable est, avec les maudites pommes du kiosque, ma seule nourriture lorsque je ne prends pas le temps de me faire un lunch au boulot.

Le pire de mes conditions de travail sudistes, ce n'est pas de rester debout pendant une dizaine d'heures à faire seule le travail qui devrait être fait par trois personnes pour des patrons ingrats et des clients qui me paient en petit change quand des tas de gens attendent pour se faire servir avec un air bête pour toute réponse à mes gentils sourrires. Non. Ça, bizarrement, j'aime beaucoup.

Le pire, c'est d'avoir faim. D'avoir faim de viande, d'être subjuguée par les effluves qui s'échappent de chez le saucissier, de voir des broches de poulet rotir tout l'après midi chez un des bouchers du marché, d'imaginer tous les délices carnivores qui mijotent chez un autre...
...et d'être pognée dans un maudit kiosque de pommes sans pouvoir en sortir pour manger ce qui me nargue juste à coté. J'aurais presque envie de m'emparer d'un client et d'en manger un tout petit morceau.

Pour faire taire la faim, je mange des cornets de tire. A une autre époque, j'aimais les cornets de tire. Maintenant, je hais les cornets de tire. Je les haïs tous, avec ou sans beurre d'érable, avec passion, assez pour croire que ça mérite d'être immortalisé sur ce blog. Et j'en mange encore. Je sature d'érable. Et je fais semblant d'adorer pour en vendre et faire plaisir

Demain, je me fais un lunch, même si je devrais encore le manger froid et en vitesse sur le bord du comptoir en offrant mon corps au service de nos distingués clients.

Pour ce soir, je vous quitte, mon steak est cuit et je salive sur mon clavier.

jeudi 29 mai 2008

En vacances pour 4 jours...

Y'en aura pas de facile:
  • Mon asthme ne me lâche pas
  • Ma belle mère est en ville.
  • Ma mère aussi.
  • Mon frère est toujours à l'hopital.
  • Ma grand-mère en sort.
  • Mon grand père y entre.
  • Le c0usin de mon beau père, qui est schizophrène et le seul ayant cette maladie que les gens de ma région natale connaissent, s'est pendu avant hier.
Je dois quand même vous dire qu'il n'y a pas de bonheur plus grand que de retrouver mon grand-papa aux aurores pour croquer dans des croissants frais, des rillettes et des fruits du marché et le laisser me raconter tout ce qui lui passe par la tête avec le même plein de vie qu'il a toujours eu. C'est précieux et ça fait presque oublier tout le reste.

Cette famille... Je suis contente de pouvoir être là pour eux et d'être bien dans ma vie. Je n'ai bizarrement jamais ressenti autant de gratitude envers la vie et autant d'amour pour les autres; un amour qui prends les autres comme ils sont, qui les accepte mais qui sait garder un espace pour moi et reconnaitre que parfois, ça fait mal et qu'il faut se protéger.

Je pars me vider la tête avec mon amoureux et ses parents dans un petit chalet dans le nord. J'ai la chance de ne pas être seule dans tout cela et pour moi, c'est ce qui compte le plus.

Bonne semaine à toutes!

xx

jeudi 22 mai 2008

Du sang, du sang!

Il y a des jours ou il vaudrait mieux ne pas se lever. Hier en était un.

En me levant, j'ai réalisé qu'a force de remettre le moment de faire mon lavage, je n'avais plus de bobettes propres et que, comme il me fallait voir mon gynéco dans moins de temps qu'il me fallait pour m'y rendre, je n'avais pas le temps d'en laver. Evidemment, pas question de me présenter la bas en fesses sous ma robe. Je suis certaine que c'est ce moment là qu'un 10 roues choisirait pour me frapper et je vois déjà la couverture du Allo Police en lettres énormes avec ma photo en dessous: "Elle n'avait pas de culottes...". Alors j'ai courru a la pharmacie me mettre en retard, puis je suis allée chez mon gynéco armée de mes nouvelles culottes fleuries atrocement laides, les seules qui sont vendues à mon Jean-Coutu local...

Moi, je voulais juste lui parler, au gynéco, pas qu'il aille voir sous tout en dessous était joli, puisqu'évidemment, pour faire la totale d'une journée merdique, mes règles s'étaient pointées à l'improviste la veille.

Mais il a voulu voir. C'est fou comme les gynécos tiennent à être chiant jusqu'au bout. Je ne venais pas pour ça. Mais comme j'étais prête, propre et culottée, je n'ai protesté que faiblement: "Ben doc, c'est que j'ai mes règles et que ma DivaCup va vous empêcher de faire votre examen... Vous voulez que j'aille l'enlever?"

-"Pas de problème", qu'il m'a répondu, l'air de dire de ne pas lui faire perdre son temps, "couchez vous là, mettez vos pieds dans les étriers, je ne fais qu'un examen partiel".

J'ai pris pour acquis qu'il savait ce qu'était une DivaCup. Je n'aurais pas dû. Sans même prendre le temps de regarder, monsieur le docteur a provoqué avec son speculum une trainée de sang sur toute la table d'examen. J'ai eu une soudaine envie de disparaître. Et de le tuer.

Et ces envies n'ont fait que décupler lorsqu'il m'a proposé d'enlever en live sur la table devant ses yeux surpris d'enlever "ce truc". J'ai préféré me rendre à la salle de bain pour faire disparaitre le rouge de mes cuisses et de mon visage, en me demandant si mon médecin a des goûts déviants... Lorsque je suis revenue, il me proposait de m'étendre sur la scène du carnage sans même changer le papier témoin de ces atrocités sanglantes. Je l'ai fait moi même, il a fini son examen, m'a permis de me rhabiller, m'a fait asseoir dans son bureau, m'a annoncé que je vais devoir aller dans une clinique de fertilité pour penser pouvoir tomber enceinte, m'a référé puis m'a remerciée. Fin de l'acte un.

Il me fallait ensuite aller chercher ma mère à l'aéroport. C'est comme aller ceuillir à la gare une personne agée souffrant de perte d'autonomie et d'alzheimer sauf que ma mère, elle a théoriquement toutes ses facultés et qu'elle a 45 ans. Si j'arrive une minute en retard, c'est assurément la panique, voire les larmes et l'armée canadienne en renfort. Heureusement, je suis arrivée à temps pour lui montrer comment on prends l'autobus jusqu'au centre ville, pour réserver sa voiture de location, pour commander son repas au restaurant, etc... Il y a des jours ou on a juste pas envie d'encourager sa mère, encore, à prendre son autonomie et à agir toute seule, alors on fait tout à sa place puisque c'est moins long. J'aime encore mieux être la mère de ma mère que sa T.S. Fin de l'acte deux.

Nous sommes ensuite allés, ma mère, mon chum et moi, en voiture direction Lanaudière pour aller voir mon frère et porter ma mère. Après avoir bien expliqué à ma petite fille de mère ce qu'il fallait quelle évite de faire avec mon frère et le reste de la famille et après l'avoir rassurée que je continuais à m'occupper de tout et que si le médecin veut lui parler, elle n'a qu'a lui dire de m'appeler, après l'avoir écouté avec empathie et psychologie et avoir calmé ses craintes et ses angoisses, après lui avoir donné des herbes pour qu'elle se calme, j'ai délibérément décidé de mettre de la bonne musique assez forte pour qu'on ne puisse pas s'entendre dans la voiture. J'aime la musique.

Nous sommes enfins arrivés à l'hopital. Nous n'avons pas pu voir mon frère. Il était si mal hier qu'ils ont du le mettre dans la salle d'isolement et lui donner de quoi l'assommer. Il a dormi le reste de la journée. Heureusement, m'a mère ne semble pas avoir tout a fait compris l'intensité de ce que m'expliquait l'infirmier parce que déjà, elle était à ramasser à la petite cuillère. Et je l'ai ramassée, evidemment, en retenant mon envie de lui dire que tout ça est un peu de sa faute et que moi, j'en ai marre d'eux tous. Au moins, la colère me permet un certain détachement...

Nous avons laissé ma mère avec ses amies de meeting anonyme et, comme nous étions dans la région, nous sommes passés voir mes grands-parents, pour s'assurer que mon grand-père tient le coup devant la dépression de ma grand mère qui ne dort plus et ne fait plus rien (et ils ne savent rien de ce qui arrive à mon frère...).

Fin de la journée.
___________________

Aujourd'hui, j'ai fait très attention à mettre mon pied droit en premier sur le sol. On dit que les mauvaises journées démarrent du pied gauche... Mais mon pied droit n'est pas coopératif. Dans un mouvement de totale atonie musculaire, je me le suis foulé en glissant sur mes nouvelles bobettes Jean-Coutu.

Il fallait quand même aller au travail. Je me suis donc rendue en boîtant au marché. Il y a eu la bas une erreur d'horraire et je n'ai pas eu envie de m'obstiner avec mon collègue pour savoir qui allait rester. Je suis donc de retour à la maison. C'est un mal pour un bien: je vais pouvoir faire mon lavage, finir mes impôts et les tas de papiers requis pour les assurances de mon frère et brûler mes bobettes Jean-Coutu, entre autre. Que du plaisir...

Au moins, y'a Benabar qui comprends mon humeur sarcastique:

"La larme à l'oeil en automne
parce qu'elles sont mortes les feuilles,
alors qu'j'les connaissais à peine,
elles étaient même pas d'ma famille.
Ce n'est pas par désespoir,
il faudrait vaille que vaille
souffrir du matin au soir,
c'est beaucoup trop de travail.

Ça ira mieux demain,
du moins je l'espère,
parce que c'est déjà
ce que je me suis dit hier."


Ça ira mieux demain
du moins, je l'espère
parce que demain
les beaux parents débarquent...

mardi 6 mai 2008

Ressentir

De retour en ville!

Ah, le ciel tourmenté de Cap Breton m'a éblouie. On a eu droit a de la pluie et à du grand soleil tous les jours, mais surtout a ces nuages colorés du soir qui semblent porter en eux la violence multicolore de toutes les possibilités pour le lendemain. Ça m'a permis d'user encore plus mon appareil photo, mais aussi d'être en phase avec comment je me suis sentie toute la semaine: connectée sur des tempêtes intérieures...

Avant mes vacances, je suis allée à la fin de semaine MuUla. J'ai rencontré là-bas des femmes extraordinaires qui depuis quelques temps déjà ont aussi décidé d'écouter leurs sensations de faim et de satiété plutôt que de faire un régime pour maigrir. On a donc passé la fin de semaine à ne pas parler de régimes et à se reconnecter sur nous-mêmes, ensemble, isolées du monde sauf pour ce qui est du match des Canadiens...

Je les ai toutes trouvées tellement belles, ces femmes avec qui j'étais, toutes différentes mais tellement vraies. Parmi elles, il y avait une personne que je connaissais déjà par ses écrits. En personne, elle est encore plus gentille que son blog le laisse deviner. C'est le genre de femme que j'aurais aimé avoir comme grande soeur. On se reverra toutes, je l'espère!

J'ai beau parler d'anti-régime depuis un moment déjà, j'ai trouvé cette fin de semaine extrêmement parlante et difficile. Rassurez vous, on ne nous a rien imposé de douloureux, de difficile ou de spirituellement étrange et original; les filles de MuUla font dans le terre à terre et heureusement. C'est probablement parce que c'est là que j'en suis rendue dans mon parcours que j'ai trouvé que cette fin de semaine me remuait autant en me faisant prendre conscience de moi même. Je n'ai jamais eu de difficulté à me comprendre, voire à m'analyser, mais me ressentir? ...

C'est comme mon psy. Je n'en parle pas souvent parce que je suis occupée à m'en remettre, mais... ouf c'est difficile. C'est aussi extrêmement libérateur, je ne suis pas masochiste, je le vois pour passer vraiment à autre chose, pas pour me torturer!

Est-il nécessaire de se faire autant ch... pour enfin avoir une relation saine avec la nourriture? Pour moi, oui, mais aussi parce que tout cette obsession de bouffe, d'image corporelle, de régimes n'est qu'un petit symptôme d'autre chose, même si j'étais bien la première à penser que mon surpoids n'était que le résultat A+B du fait que je mange trop de calories pour mes besoins et que je n'arrive pas à arrêter de le faire.

C'est infiniment plus complexe.

Premier constat: je ne me sens pas autant que je voudrais. C'est peut-être pour ça que je m'analyse aussi bien. La tête, elle, elle fonctionne toujours, mais il y a dans mon corps des tas d'émotions qui sont emprisonnées et que je n'ai pas exprimées.

Je ne vous parle pas d'un concept que j'aurais pu lire dans un livre de croissance personnelle, je vous parle d'un ressenti qui émerge, de sentiments, d'images, d'odeurs mêmes qui me reviennent alors que je n'avais même pas conscience que je les avaient en moi. Du coup, quand je me reconnecte profondément à l'intérieur de moi, c'est un coup de poing au visage que je reçois à chaque fois, en même temps qu'un sentiment de paix profondes qui naît avec la certitude d'être assez forte pour se libérer.

J'en parle parce que j'ai envie de dire qu'il n'y a pas de honte à avoir face à son histoire. J'en suis à un moment ou j'en ai marre de tous les silences que je me suis imposées (et je m'assume au point ou... je l'écris sur un blog anonyme, lol). Si on arrivait à dire de quoi on a souffert, on dirait aussi de quoi on est fortes. Et lorsqu'on dit se qui nous fait souffrir encore, on dit aussi qu'on ne l'acceptera plus. Il faut se libérer de la honte qui nous garde dans le silence alors qu'on est coupable de rien.

Moi, je ne me sens pas parce que je me suis volontairement coupée pendant longtemps. Et tant mieux. J'avais besoin de ne pas ressentir. Pourquoi aurais-je honte d'écrire que les mots violence, maltraitance, agressions sexuelles et négligence sont des concepts que je connais de l'intérieur et que j'ai affronté avec les moyens que j'avais?

J'étais toute petite, alors ma seule arme, c'était de me boucher les oreilles, de me rouler en boule et de rêver à n'importe quoi dans un coin de mur. J'en suis venue à être capable de ne plus pleurer. Ou plutôt à être incapable de verser des larmes, et ça a duré longtemps. Verser des larmes, c'était donner aux événements du pouvoir sur moi, et j'avais décidé qu'ils n'en auraient pas. J'ai mis tout ça dans une petite boîte de choses qui "n'existent pas" en moi et j'ai pratiquement oublié toute mon enfance. Puis un jour, un étranger m'a rappelé une violence que je connaissais et j'ai trouvé étrange de vivre cette expérience difficile sans rien ressentir. Je suis allée consulter un psy et pendant un an, je lui ai raconté que rien ne me faisait rien mais que mon bonheur commençait à battre de l'aile et que moi, je voulais vivre!!!

Pourquoi peut-on être fiers d'avoir grimpé l'Everest mais pas d'avoir surmonté des choses encore plus difficiles? Si on en parlait, on en finirait peut-être avec le sentiment d'être seules au monde et entourées de gens qui ne nous comprennent pas, ne nous connaissent pas. Tout ça, ça fait partie de la vie, ce n'est pas un drame, ça ne change pas qui je suis et comme toutes les expériences, on en tire des apprentissages, pas que des ecchymoses!

J'aurais envie que des gens qui ont réussi s'affichent pour montrer qu'on est pas toutes promises à des vies de victimes, qu'on est pas toutes tordues et mélancoliques, qu'on vit comme tout le monde! De la pitié aux gens qui préfèrent se boucher les yeux, à ceux qui nous érigent en saints, je n'arrive pas à me libérer d'une honte trop grande pour en parler aux gens parce qu'ils ne comprennent pas, et c'est pour ça que la honte devient un secret lourd et d'avoir un secret inavouable, on finit par avoir honte et se sentir responsable et sali par ce qu'on a que traversé sans en être responsables.

Quand ces blessures deviennent de simples blessures non chargées de honte, on devient capable d'en parler, même si ça ne commencerait que par en parler à son thérapeute. Je n'en suis même pas rendue là. J'ai encore besoin de vérifier s'il pourra comprendre que je ne suis pas une victime même si j'ai des choses qui font mal à explorer.

Je prends de grands détours mais ce n'est pas là ou je voulais en venir. Je crois que dès que l'on sépare le corps de la tête, même si c'est parce qu'on se trouve laide, on se coupe de ses sensations. La faim, parmi d'autre sensations, devient alors plus difficile à déceler.

Et si on faisait le ménage à l'intérieur et qu'on reconstruisait les ponts entre le corps et le coeur? Ne pourrait-on pas ressentir avec plus de clarté? La liberté que l'on gagne, on en connait toute la valeur.

J'essaie de m'écouter globalement. J'ai besoin d'être solidement centrée, je le sens. J'ai commencé à méditer à ma façon, parce que j'en ressens le besoin ces temps-ci. J'ai remplacé quelques séances de jogging par de la marche ou des étirements au sol, avec de la musique douce. J'ai besoin de sentir mon corps autrement que dans la violence de la course. C'est intéressant pour moi de constater que j'arrive à me ressentir sans aller dans les activités extrêmes, même si ce goût de l'adrénaline fera toujours partie de moi.

L'équilibre, c'est juste le rebalancement constant des forces, jamais pareil.

Assez écrit, j'ai une journée à commencer!

vendredi 25 avril 2008

Enceinte?

C'est pas possible, je n'ai jamais eu les seins qui démangent comme ça. Serais-je enceinte? Ça piiique! Ça doit être que des changements hormonaux et métaboliques sont en train de se faire. Le doute était si grand que j'en ai même parlé à mon amoureux, qui était ravi.

...


C'était des miettes de Doritos dans mon soutien-gorge.


Je sens que c'est une autre de mes aventures qui restera dans le répertoire de mon amoureux pour l'éternité.

mercredi 16 avril 2008

Vertige pète un cable

Je suis un petit moustique qui tourne en rond et je trouve tout a fait concevable de me noyer dans un verre d'eau.

Attendre, c'est franchement pénible.
Quand il faut étudier pour les finaux en même temps, ça devient de l'acrobatie aérienne en formation dangeureuse qui exigerait une moustique reposée.
Je suis à bzzz.

En attendant, je me nourris avec de la merde qui ne me calme pas.
Il faut au moins réaliser que j'ai faim de projets à long terme, de réponses et de calme plus que de nourriture, a un point ou ça me coupe l'appétit... mais je mange pour faire comme si tout était normal et même plus que normal. Moi??? Bah voyons, toujours zen...

M'arrêter pour manger et m'écouter demande un calme que je n'ai pas. Et je n'ai pas envie de m'entendre de toute façon.

Le pire, c'est que ce n'est le SPM... Même mes règles m'abandonnent, c'est pas peu dire! Saletés de règles... Mon corps, il est pire que le syndicat de la STM à grever tout le temps.

Si les examens pouvaient finir, je pourrais arrêter de faire semblant d'étudier et aller courrir pour faire sortir le surplus d'adrénaline. Parfois, je cours longtemps mais elle finit toujours par venir, cette décharge d'endorphines sacrée qui calme mes petits nerfs en boulettes.

J'ai toujours fait mon chemin à force d'efforts et de volonté. Peut-être qu'il est temps d'apprendre que souvent, il faut juste laisser aller et que la patience et la confiance font aussi partie du jeu. L'incertitude et l'impuissance ne sont pas mes sentiments préférés et j'ai l'impression de les vivre tout azimut: carrière, famille, santé, etc...

Et pour ajouter à ma pré-crise d'hyperventilation, il y a ma belle-famille qui arrive directement de France bientôt pour rencontrer ma famille et découvrir ma région, une touchante attention de gens adorables qui n'ont pas idée de ce qui les attendent, même si mon amoureux a tenté de les préparer mentalement.

Je devrais filmer tout ça. Ça ne peut être qu'un désastre comme dans "Meet the Fockers" en espérant qu'il y aura aussi un happy ending.

Ma famille est très disons "spéciale", excentrique et sans aucune classe pour ne pas dire completement dysfonctionelle, et la famille de mon amoureux sont tout à l'opposé de ce spectre, des gens très maniérés et pleins de conventions qui n'imaginent même pas que des gens comme ma famille puissent exister dans la vraie vie.

Pour vous donner une idée, la mère de mon amoureux prépare le diner tous les jours à 12h17 très exactement, donne 6 croquettes à son chat avant d'aller au lit et prends le thé tous les jours avec ses amies incroyablement snob qui utilisent une pince spéciale pour prendre le carré de sucre qu'elles mettent dans leur thé.

Ma mère, elle, ne sait pas cuisiner, parle de sexe en faisant des blagues franchement douteuses, s'habille comme si elle avait 19 ans et se perds souvent dans des tendances nouvel-ageuses depuis qu'elle a arrêté la drogue.

Ma grand mère, de son coté, a mis des mois a ne pas frôler la crise de coeur en acceuillant chez elle pour quelques heures mon amoureux puisqu'il est français et qu'elle s'imagine avec angoisse que tout chez les français est bien mieux que chez nous et qu'elle n'est pas capable de les reçevoir. Malheureusement pour elle, cette impression fausse devrait être renforcée d'ici peu... Elle a le même age que ma belle mère et celle ci rêve de papoter avec grand-maman.

Je vais vivre 3 semaines de surréalismes complet. Je sens que je vais m'en rappeler toute ma vie.

Ça, c'est si je survie à mes examens, a mon entrevue, à mon peak de prolactine et a mes questions existentielle.

Maintenant que je suis EXTRÊMEMENT CALME, je vais retourner étudier...

vendredi 11 avril 2008

La vie dans le ventre

J'ai envie de vous faire part d'une petite expérience que j'ai pu vivre ces deux dernières semaines.

Les plus allumées d'entre vous ont surement de fort doutes face au sujet de mes allusions pas très subtiles: eh oui, je croyais être enceinte, une nouvelle qui me ravissait plus que je ne l'aurais cru. Je dis croyais parce qu'après de multiples rebondissement dignes d'un grand film de suspense, on m'a envoyé faire une prise de sang qui s'est avérée négative.

Pendant 2 semaines, je me suis nourrie comme si j'avais un petit bout de vie dans le ventre. C'était facile, intuitif, de manger ce que mon corps me demandais. J'ai eu faim plus qu'a l'habitude, j'ai mangé plus qu'a l'habitude, comme si mon corps savais que je l'écoutais de toute ma tête et de tout mon coeur, sans interférences.

Je crois que j'ai véritablement été en contact avec un petit bout de vie que je ne nourris pas souvent, sans le savoir, mais c'était un petit bout de moi à protéger qui crie son envie de vivre plus fort, de renaître ou simplement d'exister. Et simplement de cette expérience, je me sens plus enracinée.

De quel sentiments peut-on être plus persuadée que de la tendresse et l'amour qu'on se donne à soi même? Comme j'ai tendance à ne pas croire en l'amour des autres, c'est peut-être la première fois ou je me sens inconditionellement aimée et acceptée. Quelle bizarrerie que cet amour viennent de moi même. C'est un peu permettre a tout l'amour qu'on me donne de se rendre à destination. Peut-être que pour se laisser aimer, il faut croire qu'on est assez aimable pour s'aimer soi même avec douceur.

Je crois que pour être une meilleure mère un jour et une meilleure personne maintenant, il me faudra apprendre à m'aimer autant que la mesure d'amour que je me sais capable de donner à un petit être.

J'aurai un jour un bébé à regarder grandir mais j'ai déjà quelqu'un à aimer au fond du ventre, à apprivoiser.

dimanche 6 avril 2008

L'improbable doute

Je crois sentir en moi une improbabilité heureuse, fruit d'un après midi dans la neige ou alors simplement de mon imagination...

Ça a l'effet d'une potion magique qui me permet spontanément d'écouter ma faim et de me donner le droit de manger.

C'est un doute qui me prends aux trippes et qui remet tout en question. Ça remue tellement de choses!

Je vous laisse sur le même suspense que moi...

mardi 1 avril 2008

Le bonhomme de neige.

Il y a un coté de moi que je n'assume pas encore complètement. Je viens d'écrire le récit de ma fin de semaine (ailleurs). Jamais je ne pourrais raconter ça, à ma coloc par exemple, ou à vous, de cette façon. C'est beaucoup trop rose nanane... Moi, je suis supposée être drôle!

Laissez moi vous raconter quand même une petite partie.

Mon amoureux m'a emmenée voir les étoiles au Mont Mégantic. Nous avons fait un tas de choses absolument romantiques et quétaines, en plus d'une tonne de ski de fond. Je m'en confesse, je suis une quétaine finie, du genre extrême. J'écoute en chantant à tue-tête des chansons d'Isabelle Boulay et même parfois, de Céliiiine Dion en faisant mon ménage quand il n'y a personne à l'appart pour rire de moi. Si c'est pas une preuve, ça...

Donc dimanche matin (matin, c'était plutôt le plan initial mais quand on s'est levé, le soleil était là depuis longtemps...), O. et moi étions tous les deux sur nos skis en route vers peu importe, lorsque survint un événement fort habituel: moi qui se ramasse ski par dessus tête dans un bac de neige. C'est là que j'ai constaté que la neige était idéale pour un bonhomme et que le parfait spot, près de la rivière, nous attendait. Mon amoureux, qui m'agace depuis le début de l'hiver pour faire un bonhomme sur le balcon de l'appart (sans comprendre qu'il faut un type de neige particulier pour faire un bonhomme, a cause de ses origines parisienne non assumées probablement) fut très facile à gagner à l'idée.

C'est ainsi que sous un soleil de printemps et un ciel bleu parfait, nous nous sommes mis à rouler nos boules comme des enfants, au milieu de la forêt, au son de l'eau qui coule, amoureux, dans l'innocence la plus belle, etc, etc... Je me sentais comme Hobbes avec mon Calvin.

...jusqu'à ce que monsieur décide que notre bonhomme était en fait une bonne femme. Et lui fasse des seins. Rendu là, autant lui faire aussi des fesses. (fesses que monsieur trouvait réalistes, probablement avec leur ressemblance avec les miennes, rondes et un peu bosselées, misère!) Et lui mettre un cigarette en bouche (un os de poulet récupéré de notre lunch...). Je me suis dit qu'il valait mieux compléter le portrait avec quelques petites crottes bien rondes derrières, qui pourraient aussi me servir de munition en cas d'attaque surnoise.

Voilà. Tiens, l'innocence, dans les dents...

mardi 25 mars 2008

Vers la coupe?




J'aime le hockey parce que c'est ce qui rassemble tout le monde à Montréal. Cols bleus, universitaires, patrons, chauffeurs de taxi, gens de toutes les ethnies, tout le monde a droit à son opinion sur les chances du Canadien de remporter la coupe Stanley et on devient soudain égaux, partisans.

Quel québécois de mon age n'a pas un élan de nostalgie en entendant la musique de la soirée du hockey Molson?

Perso, je trouve qu'Ottawa joue un hockey plus habile et plus fluide que les Canadien mais peu importe: on a gagné et on a donc le droit de rêver. C'était une première pour moi hier au centre Bell et l'ambiance était survoltée. J'ai adoré.

Quel lien avec ce blog? Simplement que je me disais que la démarche d'anti régime ressemble à une game de hockey parfois. A la fin d'un période, on mène, on se sent confiant, gonflé à bloc. Ensuite, les vieux démons de l'équipe adverse se réveillent et nous font peur en marquant quelques points. On panique un peu. Il y a des moments ou il faut jouer plus à la défense, d'autres ou on doit aller de l'avant. Mais dans mon histoire, on gagne toujours à la fin. L'équipe adverse nous apprends à devenir des joueurs plus complets.

Ah pis, j'avais juste envie de vous dire que j'étais fière de notre équipe hier et que j'ai hate d'entendre les opinions de tout le monde sur le sujet dans les rues, dans le taxi, au marché et ailleurs.

Je rêve au jour ou la politique ou les combats sociaux suciteront un tel intérêt. Je rêve...

mardi 18 mars 2008

La malédiction des gros seins

Passe les hanches, ouais, ça va jusqu'ici. Allez, une bretelle, gnaaaa, puis l'autre. Bon, je me sens comme un roti de boeuf ficelé, avoir une poitrine est un affront que les designer nous font toujours payer...

Allez, j'enlève cette robe soleil indigne de moi. Ouf, ça passe serré. Lève un bras, retiens mon souffle, ouah, j'suis prise, les bras levé et la tête dans la robe.

La vendeuse: "Ça va madame?"

Moi: "Oui, tout va bien" (Ouais, extra, je sens une panique claustrophobique m'envahir)

La vendeuse: "La taille est la bonne"

Moi: "oui, parfaite" (Je n'ai pas menti, ça va à la taille, c'est plus haut que ça coince...)

Je suis toujours prise et m'imagine déjà devoir sortir pour qu'on m'aide à enlever cette prison de tissu. Ça ferait un spectacle mémorable. J'ai mis mes vieilles bobettes de Fraisinette et 2 bas pas pareils. Tant qu'à sortir, je préférerais acheter la robe et la garder comme ça, mes bras mes épaules et ma poitrine coincée dedans et surtout, le visage caché et anonyme. Mais mes bras sont pris et je ne pourrais pas payer...

Je préfère donc exécuter une danse exotique faite de tortillements et de grognements retenus et fini par me libérer de ma jolie robe. Miracle, toutes les coutures ont résisté.

La vendeuse: "Alors, elle était à votre goût?

Moi: "Bof, je n'aime pas trop la coupe. Merci quand même"

dimanche 2 mars 2008

Pas zuste!

Ça y est, elle est enfin là, la semaine de lecture.

Tous les étudiants savent bien qu'au fond, cette semaine doit servir à faire autre chose qu'à lire.

Et bien moi, je vais lire, c'est tout ce que j'arrive à faire, mais ça sera Calvin and Hobbes.

Hier, en faisant le ménage avec mon amoureux, je fut prise d'un soudain et violent mal de tête. 10 minutes plus tard, j'étais au lit, tremblottante de froid avec des courbatures immondes. Dans mon intérieur profond, je dois avouer que je n'ai pas trouvé ça tellement plus désagréable que de ranger les armoires. C'est comme lorsqu'on est enfant, qu'on est malade et qu'on a la permission de rester à la maison: le bonheur!

J'ai quand même pris ma température pour calmer mon amoureux soudain transformé en infirmière de luxe: 36,1. Il est 13h et tout est beau dans le meilleur des mondes.

A deux heure, l'infirmière dévouée me force à avaler trois bouchées de soupe et j'obtempère pour avoir la paix, ce qui aboutis en mal de coeur qui finit par passer.

20h: l'infirmière tyrannique me réveille pour prendre ma température et me faire boire un ti-punch. Il veut me tuer ou quoi? 38 degré... Je suis gavée de tylénols malgré mes protestations.

21h: 39 degré et ma tête menace toujours d'exploser.

22h: 39,5 et mon coeur bat à 140 battements minutes, ce qui me fait bien rigoler. Je me fait ficeler par Hitler qui me force à l'urgence contre mon gré.

A l'hopital, on me martiryse de toute les façons, tubes dans le nez, batons de culture dans la gorge, prises de sang, rayon X pour finir par m'influger la pire des punition: l'obligation d'y retourner mercredi et donc de ne pas pouvoir profiter de mes vacances avec mon amoureux au lac St-Jean.

Selon mon tortionnaire, pas mon amoureux mais bien le diplomé dans la chose, il s'agirait probablement d'une virulente souche d'influenza, soit une grippe. On attend les résultats de ce dernier test bientôt.

Une grippe, meilleure façon de ne pas se faire prendre au sérieux! Il fallait entendre le ton de ma patronne lorsque je l'ai appelée pour lui annoncée que je n'irais pas travailler demain puisque j'ai la grippe. J'aurais aussi bien pu lui dire que je ne pouvais pas aller travailler parce que je souffre d'un choc émotionnel pour avoir fait trop cuire mes spaghettis, ça n'aurait pas fait de différence.

Bonne semaine et lavez bien vos mains!

lundi 11 février 2008

Pour plaire, faites dur.

Ce matin, je me suis levée à 7h10.

Le problème, c'est que mon boulot, lui, commence à 7h.

Je me suis donc fait un semblant de couette dans cheveux avant de partir travailler en courant sans me brosser les dents ni mettre de déodorant et sans prendre le temps de me vautrer dans l'eau de ma douche, ce qui n'aurait pas été un luxe.

La veille, j'ai fait du ski de fond. Avec une tuque. On est revenu tellement tard que je me suis effondrée dans mon lit sans une seule pensée pour la salubrité de mes draps. Si du papier brun et du savon a main sont arrivés à effacer l'odeur de, disons, "sport" de mes aisselles dans une pause improvisée aux toilettes du marché Jean-Talon, mes cheveux, eux, étaient irrécupérables.

Bizarrement, je n'ai pas rencontré la moitié des gens que je connais ce matin comme c'est le cas chaque fois que je fais dur. Surement parce qu'aujourd'hui, je m'en foutais éperdument.

Même que, lorsque je pense au déroulement de mon avant-midi, j'aurais tendance à me dire que je devrais être échevelée et puer plus souvent.

Après m'être fait dire par un client que j'étais belle comme mes pommes, j'ai eu un peu la tête enflée. Comprenez que j'ai le droit de m'en vanter puisque ça arrive si peu souvent et que c'est peut-être le froid qui dérangeait la vue des gens. Les filles ordinaires ont le droit de parler de ces choses là, ça encourage les autres filles comme elles.

Ensuite, un beau garçon est venu me poser plein de questions devant mon stand, ayant l'air d'étirer tellement le temps et cette conversation futile sur la rougeur des pommes que je me suis demandée pendant un instant s'il me draguait. Puis il est parti.

Lorsque je me suis relevée de derrière mon comptoir avec la grâce d'une femme qui force parce qu'elle est en train de sortir les énormes vidanges puantes, ce que j'étais en train de faire, il était encore là. Il s'est excusé et m'a dit en bégayant un peu qu'il avait juste envie de me dire qu'il trouvait que j'étais magnifique, que j'avais l'air énergique et douce et que sais-je d'autre encore puisque j'étais trop occupée à être surprise. J'ai bredouillé un merci qui devait sonner étrange puisqu'il a ajouté qu'il ne savait pas, que c'était juste une forte première impression. Comme les autres clients s'impatientaient (ok, ils ne s'impatientaient pas tant que ça mais moi je ne savais plus ou me mettre), je lui ai souri puis suis allée les servir, parée de ma nouvelle couleur: rouge.

Il est revenu une troisième fois, plus timide que jamais, en continuant de me vouvoyer et en me disant qu'il avait probablement l'air fou et qu'il n'avait pas réussi à me dire ce qu'il voulait me dire comme il le voulait mais qu'il avait vraiment envie de me connaitre et qu'il aimerait bien aller prendre un café avec moi. J'ai trouvé ça vraiment chou, je l'avoue. Puis il s'est trouvé con de n'avoir pas pensé que j'avais peut-être quelqu'un dans ma vie. C'était tellement sincère.

Je lui ai alors dit que j'avais un amoureux que j'adore à la maison mais que peut-être on pourrait aller prendre un café un jour puisqu'on a jamais trop d'amis.

J'écris ça ici au départ pour dire qu'on a pas besoin d'être hyper arrangée pour plaire et que c'est souvent la simplicité qui charme. Retenez ça.

Mais j'imagine qu'il y a une petite part de moi qui a juste envie d'exorciser l'idée que ce gars là, je le trouvais franchement mystérieux et sexy et que je m'en veux de lui avoir laissé mon email. Voyons, on ne prends pas de cafés avec des gars qui nous trouvent charmantes et qu'on agresseraient sexuellement volontier, quand on sent tellement de phéromones compatibles dans l'air, on le sait toutes. Voilà, c'est dit.

Il ne me reste plus qu'a le retourner gentiment s'il ose m'écrire, à être flattée et à continuer mon chemin avec l'homme de mes rêves.

vendredi 8 février 2008

Plaisir et liberté

Et si je parlais de plaisir aujourd'hui?

Les plaisirs de la table ne sont jamais très loin des retrouvailles humaines. Depuis que je ne passe plus mon temps entre régime et pré-régime (vous savez, cette période ou on mange tout ce qu'on ne mangera plus au régime, qu'on en ait réellement envie ou pas?), je profite pleinement de la liberté, celle qui me permet de me concentrer sur ceux qui mangent avec moi et sur le plaisir que j'ai à être avec eux et à manger toute sorte de bonne chose plutôt que de penser à ma ration quotidienne de pain que je suis en train de dépasser, au gras caché du plat ou au fait que je suis en train d'absorber d'horribles glucides que je devrai aller brûler au gym demain en faisant le calcul de combien jours consécutifs je devrai passer sur le tapis roulant pour brûler ce gâteau au fromage que je déteste avec tout mon amour.

Que dire de l'épicerie. Quelle calvaire de scruter chaque étiquette à la recherche d'une trace de glucide pour ne pas déplaire à Atkin, de trouver des marques autorisées pour ne pas déplaire à Minçavi, de calculer sur le champ le pourcentage de gras pour ne pas dépaire à Suzan Powter, etc, etc (je ne ferai pas le tour quand même de tout ceux à qui j'ai pu vouloir faire plaisir, il y en a trop) Qui aurait pensé qu'il était possible de me faire plaisir à moi aussi. A moi tout court!

J'en était rendue à croire que le summum de mon plaisir gustatif pouvait se trouver dans une insipide crème glacée sans gras sucrée aux machins pas bon et cancérigènes. Ça, au moins, ça avait un minimum de goût (vraiment, un minimum), ça me permettait de me faire croire que je mangeais comme les autres et ça ne me donnait pas de culpabilité.

Je me souviens d'une réunion Minçavi ou j'avais demandé à la conférencière si je pouvais manger des pouddings sans gras déjà préparé plutôt que de les faire moi même. Comme elle hésitait, je lui ai fait remarqué qu'ils étaient tellement meilleurs. J'aurais du me taire. Elle m'a alors appris une leçon commune à bien des régimes: si c'est meilleur, ayez des soupçons, n'en mangez pas.

Ou cette autre fois ou je me suis fait dire que je n'avais pas maigri parce que je ne suivais pas le programme... en effet, quelques fois par semaine, je remplaçais un pain par un lait, ou l'inverse, en prenant bien soin de garder le nombre de calories constant, ou moindre. Adapter toutes mes recettes, même celles qui ne contenaient que des aliments autorisés, ça me rendais folle.

Mais minçavi, c'était quand même moins pire que passer une heure par jour sur mon ordi à planifier scientifiquement mes repas à la bouchée près, que de séparer les glucides de mes protéines ou que d'essayer de faire comprendre à mon entraineur que de manger exactement la même chose tous les jours ne pouvait pas être équilibré et que je refusais de le faire un seul jour de plus.

Ah, la liberté. Juste pour ça, toute cette démarche en vaudrait infiniment la peine.

Je travaille au marché Jean-Talon, bâtard, et si j'étais au régime, je devrais aller à l'épicerie et manger des trucs en boîte hypertransformés ou moins frais pour pouvoir compter mes calories ou m'assurer d'avoir ma dose quotidienne d'aspartame?!? Mais j'haïs les math et j'aimerais vivre vieille et en santé!

Et j'adore les bons produits, ceux de l'artisan et du fermier, ceux qu'on ne vient pas bourrer d'additifs, ceux dans lesquels il y a du gras s'il en faut, qui font plaisir aux papilles, à la tête, au corps et à l'économie locale. Et s'il y a bien une façon de manger santé, c'est celle là!

Comment en est on arrivé à penser que light = santé? Quand je vois des produits avec le logo healthcheck parce qu'ils contiennent de l'aspartame ou son nouveau copain, le splenda, j'ai presque envie de faire une extrémiste de moi même et de faire du piquetage devant mon épicerie.

Je suis une fan de livres de cuisine et j'apprécie aussi la cuisine "santé". Toutefois, ça me rends dingue quand je me rends compte que dans certaines publications, santé est égal à faible en calories. CE N'EST PAS VRAI, c'est tu clair?!! Même que les régimes hypocaloriques les mieux construits sont déséquilibrés.

Manger santé, c'est avant tout écouter les besoins de ses propres cellules. C'est le corps qui fait et répare le corps. Il sait! On sait!

Notre société individualiste qui ne veut plus de religion ni de maître se laisse encore dicter par d'autres quoi manger et comment le faire, c'est quoi ce délire?

Pourquoi a-t-on clairé le clergé dehors si c'est encore pour se faire dire quoi faire? Au moins quand ils nous disaient de ne pas faire de cochonneries avant le mariage, on pouvait encore le faire en cachette et le gouvernement ne faisait pas de campagnes de pub pour nous dire de rester chaste pour notre santé. Et quand on y pense, ça évite quand même bien de la détresse, la chasteté, mais qu'est ce qu'ils ont tous contre notre plaisir, hein, je vous le demande.

Maintenant qu'on enseigne plus la religion dans les écoles, on enseigne le guide alimentaire canadien. J'ai rien contre cette bible de l'alimentation, seulement comment apprendra t-on aux enfants à ne pas oublier la base, leurs signaux de faim, ces signaux que des tas de publicitaires alimentaire voudrait leur faire oublier, ces signaux qui sont leur meilleure arme contre cette "épidémie" de morale et de manque de contrôle de soi, j'ai nommé la méchante obésité?

Ne vous sentez vous pas en état de péché honteux lorsque vous mangez un truc bien gras en public. Oseriez vous le faire au gym, nouveau temple sacré de notre morale?

Interdire au gens ce qui peut potentiellement leur faire du mal en excès, c'est nous prendre pour des imbéciles, mais s'il fallait le faire pour ces raisons, ce sont les diètes que je rendrait illico illégales.

(J'aime bien m'emporter de temps en temps. Imaginez quand je parle de guerre, d'exploitation ou d'inégalités... )

Sur ce, je m'en vais faire un accro à la morale: je m'en vais dîner, et ça risque d'être autre chose que de la salade sans vinaigrette avec 100g de poisson blanc sec. Vivement une autre révolution tranquille!

vendredi 9 novembre 2007

Pour Amélie

Salut Amélie,

Je n'ai pas d'autre moyens de te rejoindre, alors laisse moi le faire ici. De toute façon, je suis certaine que tu n'es pas seule dans tes réflexions.

Je me reconnais dans ton découragement. Je me suis donnée corps et âme, entre autre, au régime Fit for Life, avant d'essayer Montignac, puis j'ai ensuite calculé au miligramme près les calories ET les nutriments de ce que je mangeais avec mon entraineur (c'est une gymnastique qui frise l'impossible de manger tout les nutriments recommandés par les spécialistes en limitant ses carbohydrates et ses calories, mais je l'ai fait pendant un an en y gapillant un bon 2h par jours!). J'ai bien connu Minçavi. Pour moi c'était un break de n'avoir que la maudite feuille de menu a remplir. Mais ça continuais à être trop. J'étais carrément épuisée mentalement de toujours planifier, compter, surveiller tout ce qui entrait dans ma bouche. Même des recettes santé, c'était pas bien si je n'avais pas les équivalences Minçavi. J'en pouvais juste plus. (Il te reste 2 gras et un pain mais t'as envie d'un fruit. Le fruit devient péché. Tout est péché. Tant qu'a pécher, autant prendre un biscuit, puisque je n'en mangerais plus jamais) Grrr Alors retour de l'entraineur dans ma vie. Tout ça avec 6 minis repas par jours et l'introduction aux protéines liquides. Je me suis mise à m'entrainer deux heures par jours minimum, 6 jours sur 7 (Puisqu'il faut bien récupérer le dimanche pour ne pas se sur entrainer).

Alors je suis allée voir une diététiste en lui expliquant que je n'en pouvais plus de tout ça, que je voulais juste arrêter de penser à la bouffe tout le temps et vivre sans enfler comme une baleine. J'en suis sortie avec une feuille de recommendations basée sur le guide alimentaire canadien et l'impression décourageante que je devrais me battre toute ma vie alors que déjà, j'étais vraiment à bout. Mais je ne voulais pas lâcher et m'être battue pour rien.

Je retourne voir ma diététiste avec un journal alimentaire parfait sauf pour 2 carrés de chocolat. Après m'être fait sermonner pour ne pas avoir perdu de poids à cause de ces deux foutus carrés, je change de diététiste, et c'est en larmes que j'explique à ma nouvelle diététiste choisie avec soins et qui enseigne à l'université que je ne peux plus tolérer ce contrôle permanent. Je suis alors introduite aux dernières trouvailles diététiques: la densité calorique et l'assiette équilibrée. J'ai le droit de manger du chocolat si j'en ai envie. C'est mieux mais c'est flou. Et j'ai droit à tout, mais c'est encore un monde de mieux et de pire. Des bonnes rillettes de canard, c'est dense et ça fait partiee des plaisirs à savourer... en quantité limitée et pas trop souvent. Elle arrive au moins à me convaincre de ne pas être trop drastique. Mais ma diététiste prends sa retraite.

Celle qui la remplace est bien gentille, déculpabilisante, mais l'assiette équilibré, c'est encore trop de controle pour moi et je ne perds pas de poids malgré les efforts que je met tous les jours à manger comme il faut, quand il faut, ce qu'il faut! Les crises sont fréquentes. Après quelques mois, elle me dit que si je ne perds pas, c'est que je ne respecte pas mes signaux de faim. J'ai ça, moi, des signaux de faim? Je lui explique que c'est dur d'arrêter de manger quand je n'ai plus faim si je n'ai pas faim quand j'entame ma belle assiette équilibrée avec ses maudits légumes vapeur. Elle me dit que de toute façon, je n'en ai peut-être plus, à cause de tous les régimes que j'ai fait.

Puis c'est le déclic en sortant de chez elle: personne ne sait mieux que mon corps ce que je devrais manger. Je suis devenue une encyclopédie de connaissances nutritionnelles, j'ai même fait un cours de nutrition à l'université, et pourtant, j'en suis presque à vouloir pleurer chaque fois que je mange tellement je ne sais plus quoi faire. Et en prime, je suis plus lourde que je ne l'ai jamais été, et plus enfermée dans mes problèmes alimentaire que jamais. Aussi bien essayer complètement autre chose puisque j'ai fait le tour. Au moins, je veux être bien dans ma tête.

Je sais que le problème est dans ma tête. Je sens que les régimes l'empirent, même les équilibrés. Puis je me souviens d'un livre que j'ai lu, maigrir sans régime, qui à l'époque me semblait bien trop déséquilibrée pour une orthorexique de mon genre. Je ne m'y suis pas mise tout de suite. J'ai laissé ça mijoter. Je me suis laissée manger un peu plus naturellement. Je suis allée faire une partie du chemin de compostelle en France; ça s'est transformé en chemin de réflexion sur mon poids, sur ses causes. J'ai passé des nuits entières hors des dortoirs à écrire et à pleurer. Au retour, j'ai découvert le livre Mangez! et j'ai décidé d'essayer. Ça m'a rassuré de savoir que Zermati n'était pas tout seul dans ses théories et qu'une diététiste d'ici endosse des principes semblables. Je me suis mise à manger selon ma faim, parce que je ne pouvais plus endurer d'autres restrictions de toute façon. Je voulais juste être libre. Et en prime, j'ai perdu, tout doucement, une quinzaine de livres alors que depuis plus d'un an, je ne perdais rien que je ne reprenne pas la semaine suivante.

Je ne connais pas ton parcours. Il est peut-être semblable au mien, et je ne sais pas si à quelque part, ce n'est pas c'est écoeurement qui a fait de moi une convaincue de l'anti-régime et de l'acceptation de soi, mais j'aimerais tellement que personne n'ai à passer par tout ça avant de comprendre que rien n'est plus adapté que ton corps pour te dire de quoi il a besoin.

Si tu te sens bien avec mincavi, et que tu te sens capable de te controler et de faire ta feuille pour la vie, et bien continue. Ça marche pour certaines personnes. Si par contre, avant même d'avoir fini de perdre du poids, tu es déjà à bout, ce n'est pas un abandon d'arrêter et de prendre le temps de changer ta façon de penser et de manger pour que ce soit durable et vivable. Crois moi, ce n'est pas plus facile. Tu devras faire la paix et apprendre à vivre avec plein de choses, te connaitre plus, t'aimer et ce chemin, il est comme la vie: on apprends en se trompant et en tombant, mais on y devient meilleur avec le temps, et pas qu'au niveau alimentaire.

Tu n'es pas sure que l'anti régime marche pour toi? L'anti-régime, c'est faire confiance à ton corps et apprendre à l'écouter. Crois moi, de toute façon, c'est lui qui mène. C'est aussi apprendre à distinguer la part de désirs irréalistes en toi et à t'accepter avec le corps qui est le tien. Ce n'est pas magique ni glamour, c'est lent, c'est dur parfois, mais quand c'est acquis, c'est acquis pour toujours.

J'aurais juste envie de te dire que le régime marche pour très peu de gens. J'ai lu à quelque part de sérieux recemment (si tu veux, je te trouverai la référence scientifique) que 95% des gens qui font un régime reprennent leur poids en moins de deux ans et que, pire encore, 98% des gens avaient repris plus que leur poids après 5 ans. J'ai l'intime conviction que pour le pourcentage restant, les gens qui maintiennent le font au prix de leur équilibre mental. Ou bien ils sont malades. Ou les deux!

Le régime, il te déconnecte de toi même, t'aidant à ne plus écouter tes signaux de faim et à les satisfaires, t'aidant à ne pas résoudre les conflits internes qui te donnent envie de manger, occupant ton esprit et t'empêchant de mettre ton énergie à vivre et à évoluer et en plus, il ne marche pas et on en vient toutes à croire que c'est notre faute. Pourtant, un régime, des restrictions, c'est la recette parfaite pour développer des troubles alimentaires sérieux.

Ce qui est fou, c'est que lorsque tu consulte parce quee tu as des problèmes dans ta relation avec la bouffe, on te donne comme réponse d'être encore plus saint que le pape dans ta relation avec elle. Personne ne reproche à mon chum de se nourrir de gras et de gâteau breton parce qu'il est mince. Mais toi, mange tes omégas 3 et tes antioxidants, tes légumes crus ou vapeur et tes fibres. Au contraire bordel! Quand une relation va mal, pour faire la paix, on se concentre sur le meilleur! Envie de chocolat? Mange que ça si ça te plait! Crois moi, tu va finir par avoir envie d'autre chose si tu te permet vraiment de manger ce que tu veux et tu va finir par entendre la petite voix de ton corps qui te pousse vers ce dont tu as besoin.

Ici, le mot d'ordre, c'est le présent, le plaisir, le goût, l'écoute de soi et la vie. Et il n'y a pas de mode d'emploi puisque c'est à ta recherche que tu vas. Tu ne trouvera pas de gourou, personne pour te dire quoi et comment le faire, mais tu as le choix des inspirations qui te conviennent et des exercices qui te rapprocheront de toi.

Tu devrais être en colère contre ce qui t'a fait te priver, t'empêcher de partager de bons repas avec d'autres, avoir faim, manger trop, te sentir nulle quand tu n'arrivais pas à faire ce travail inhumain. C'était inutile et pire, ça empire le problème.

Tu sais que je ne suis pas impartiale sur la question. Pour moi, la pensée des régimes fait partie des causes de la montée de l'obésité, je les hais, je les méprise, je m'en moque méchemment et je crache dessus sans retenue, mais c'est parce que les gens qu'ils font souffrir inutilement, eux, je les respecte.

Je suis encore en plein dans le chemin. J'ai encore du poids que j'aimerais perdre et je ne suis pas de celle qui te diront que c'est mal d'avoir ces envies là. Je n'ai pas le recul necessaire sur bien des aspects mais je peux te dire que pour la première fois de ma vie, je me sens libre face à la bouffe et je suis en face des sentiments que je n'avais même pas conscience d'éviter par mes crises. Je suis loin de faire tout ça parfaitement, je me plante souvent, mais j'apprends et déjà, je me sens mille fois mieux qu'avant. Je guéris dans le sens le plus logique pour moi, de la tête vers le corps.

Toi seule peut décider ce qui est le mieux pour toi. Tes solutions ne sont peut-être pas les miennes et je respecte ça. Mais je t'invite à penser à ton bien être global et à long terme.

Si tu avais à choisir, préférerais-tu rester au poids ou tu es et être bien et libre ou maigrir et vivre attachée sans libertée pour rester mince. Je ne dis pas que choisir de s'écouter ne te fera pas maigrir mais la réponse à cette réflexion dis peut-être à quel point tu es prête à t'embarquer dans cette aventure. C'est normal de douter et d'y penser: c'est la preuve que tu es le capitaine de ton bateau.

A bientôt!

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