(Vous comprendrez qu;ecrire sur un clavier espagnol ou les lettres sont effacees ne me permet pas davoir une ecriture agreable a lire, je men excuse!)
Je me suis refugiee dans un cafe internet par peur de me noyer dans le deluge qui tombe dehors. La saison des pluies au Guatemala, c;est concentre en deux ou 3 heures en fin dapres midi. Le reste du temps, cest que du soleil. Deja quavec mon teint d;aspirine, je detonne pas mal ici, c;est encore pire avec mon impermeable vert lime. Les enfants guatemalteques se foutent completement de ma gueule et sont biens heureux de ne pas avoir lair aussi ridicules. A ma maniere, je participe au rehaussement de la fierte dun peuple. Wow...
Donc la pluie, c;est une belle occasion de venir un peu parler de bouffe. Mes sandales viennent a peine de secher...
Pas que le sujet alimentaire minterpelle particulierement en ce moment, au contraire. Je suis sur les berges du Lago de Atitlan et je continue a massacrer la langue espagnole tous les jours, grace a un professeur plein de patience. Jhabite dans une famille maya qui croule sous lamour meme si les sous manquent souvent et pourtant, ils ont les yeux qui brillent comme ca ne se fait plus au Canada. Je parle de politique et de solidarite avec des gens dont la famille a ete tuee par larmee et qui pourtant ne veulent qu;aider leur prochain sans amertume. Franchement, la bouffe, qu;est ce quon s;en fout.
Et pourtant, le sujet gronde dans mes intestins depuis des jours. Mon corps deteste les frijoles. C;est rien pour aider lambiance des toilettes de la famille qui me font deja peur. Ne vous en faites pas trop pour moi, je me defile toujours de la douche familiale (un poteau qui verse de l;eau froide partout dans la piece lugubre ou sont aussi les toilettes) pour aller me laver dans le plus beau lac du monde. Cest pas trop mal.
Ah oui, je voulais parler de bouffe, pas de toilettes ni de tourista.
La maman de ma famille etait chef dans un bon restaurant de cuisine guatemalteque. Ce qu;elle nous concocte est delicieux a chaque fois, mais elle nous sert des portions monstrueusement -enormes. J;ai reussi a negocier une demi assiette, qui reste toutefois plus grande qu;une portion familiale etasunienne.
A present que je me fou eperdument de manger et que tout naturellement, la bouffe ne mattire que lorsque mon estomac la reclame, on me gave comme une oie. La vie est parfois bien sarcastique. Mais peut-etre est ce plutot un apprentissage?
Plus on me nourrit, plus je cherche toutes les excuses pour me defiler. Malgre le probleme moral profond que jai a laisser de la nourriture dans un pays ou plusieurs personnes souffrent encore de la faim, je ne peux pas arriver a voir le fond de ces foutues assiettes. La bouffe me deprime.
Peut-etre existe il un pendant inverse a la restriction cognitive? Lorsque je sais que je vais manger trop, je ne peux pas. J;ai meme envie du plus profond de mon etre de legerete. Ces exces vont certainement mettre la table a une ecoute de mon corps et de mes besoins bien plus intuitive au retour. Mais en attendant, je souffre.
Cela m;emmene a une autre reflexion sans importance sur la bouffe. Ici, j;ai tellement d;occasion de prendre conscience du lien emotif quon a avec la nourriture et de la part quelle a dans notre identite. J;ai beau ne pas avoir du tout faim, j;aurais envie dune lasagne de grand maman ou d;un des fameux magrets de canard de mon amoureux pour me faire sentir un peu plus pres des gens que jaime. J;en mangerais meme apres deux platees de frijoles (euh, a bien y penser peut etre pas, je trouverais bien un moyen de me passer de frijoles)
J;ai meme mange du mcdo lautre jour, presque en cachette. Il fallait bien ne pas men vanter puisque jai presque fait un scandale lorsque jai appercu la baniere du symbole par excellence de la mondialisation sauvage a Antigua. Apres quelques semaines, McDo, c;est une veritable doudou affective.
Heureusement que ce blog est anonyme, je ne supporterais pas de faire de telles declarations en assumant mon identite.
Bon appetit, heureux mangeurs!
xx
mardi 22 juillet 2008
samedi 19 juillet 2008
Frijoles et colle cuite
Je vendrais mon ame pour un simple pate chinois. Je ne vous dit meme pas les choses ignobles que je ferais pour de la gastronomie de chez nous. Des offres?
mercredi 9 juillet 2008
Guatemala
Je suis au Guatemala. Quoi dire... Voyager, cest apprendre a ouvrir les yeux, a rencontrer vraiment, pour moi du moins. Ce pays me prends au trippes.
Je ne sais pas quoi dire qui ne serait pas un cliche. Je nai pas de mot, ce qui marrive souvent ici dans ce pays ou japprends langue et coutumes.
Jai fait des rencontres qui me boulversent. Ici, ce nest rien de plus que la vie mais en tellement plus concentre. On apprends a acceuillir, a dire au revoir aussi, ou, plus difficile encore, adieu.
Il y a des jours ou je me sens trop petite pour ce que je vois, si heureuse et si troublee. Le temps ici, cest comme les premier jours ou on est fous amoureux: on ne sait pas vraiment si on se laisse emporter par la joie ou si la nostalgie qui nous prends au ventre va avoir raison de nous.
Ce pays fabuleux nest qu une trame de fond superbe pour ce qui compte vraiment. Ce sont les liens que lon tisse entre nous et le monde qui font notre realite. Ce qui importe pour moi aujourdhui, cest de connecter aux gens et aux choses, de les vivre de pres, dassez pres pour pouvoir aimer, meme si aimer, cest difficile.
Je me perds dans mes pensees ce matin. Ce sont les enfants que jai nourris hier qui mhabitent, les amis que jai rencontre ici et ce pays indescriptible, peut-etre. Ou alors un petit mal du pays, si ce nest pas un mal detre dailleurs.
Je ne sais pas quoi dire qui ne serait pas un cliche. Je nai pas de mot, ce qui marrive souvent ici dans ce pays ou japprends langue et coutumes.
Jai fait des rencontres qui me boulversent. Ici, ce nest rien de plus que la vie mais en tellement plus concentre. On apprends a acceuillir, a dire au revoir aussi, ou, plus difficile encore, adieu.
Il y a des jours ou je me sens trop petite pour ce que je vois, si heureuse et si troublee. Le temps ici, cest comme les premier jours ou on est fous amoureux: on ne sait pas vraiment si on se laisse emporter par la joie ou si la nostalgie qui nous prends au ventre va avoir raison de nous.
Ce pays fabuleux nest qu une trame de fond superbe pour ce qui compte vraiment. Ce sont les liens que lon tisse entre nous et le monde qui font notre realite. Ce qui importe pour moi aujourdhui, cest de connecter aux gens et aux choses, de les vivre de pres, dassez pres pour pouvoir aimer, meme si aimer, cest difficile.
Je me perds dans mes pensees ce matin. Ce sont les enfants que jai nourris hier qui mhabitent, les amis que jai rencontre ici et ce pays indescriptible, peut-etre. Ou alors un petit mal du pays, si ce nest pas un mal detre dailleurs.
lundi 23 juin 2008
T.H. comme une tache
Pour ne pas utiliser ma belle VISA verte transparente d'étudiante pendant mon séjour au Guatemala, j'ai choisi de prendre un deuxième boulot dans une chaine de restaurants. Je dois vous avouer que je m'y amuse beaucoup. C'est fou ce qu'on peut voir et les confidences qu'on peut reçevoir quand on a un uniforme brun très peu sexy et une casquette qui fait osciller le look entre la préado et la bonne femme de service.
"Madame, avez vous du café light?"
ou encore
"Mettez moi 4 splendas dans mon café. Le sucre, ça fait engraisser. Et 3 crèmes... Le café, ça stimule le métabolisme."
L'inverse peut être?
"5 sucres, et du lait écrémé svp. Moi, le gras, j'en mange pas. Je ne veux pas me retrouver pris du coeur à 40 ans"
Oui, ce sont toutes des phrases réellement entendues par mon humble personne et ça, c'est juste pour le café, en 5 jours de carrière...
Mauzus qu'on stresse dont pour rien devant ce qu'on mange! Si on s'écoutait pour manger sans culpabilité aucune une nourriture qui fait son boulot, soit nous nourrir, on en viendrait doucement à apprécier pleinement les véritables qualités de nos aliments: leur goût, leur texture, leur température, leur odeur, etc. Soyons fins gourmets et mangeons ce qui nous fait envie! Ce n'est pas un péché! C'est même indispensable pour arriver à écouter pleinement les besoins de son corps. Et en plus, ça fait partie des plaisirs de la vie! C'est bon pour la santé mentale et physique!
La biologie humaine est tellement complexe et fonctionelle! Je crois de plus en plus, d'expérience, que le corps se régule sur le long terme et que les envies qui nous prennent ne sont que des réponses au signaux qu'envoie notre corps selon ses besoins. (Il y a aussi les envies de manger qui répondent à des besoins psychologiques, tout aussi importants à considérer que ceux du fonctionnement plus mécainque)
Je crois de plus en plus que le corps, quand on arrive à l'écouter, se régule sur le long terme et demande ce qui lui manque. Mais si on se noie la tête d'interdit, de recommendations, de tables, de guides, d'idées préconçues, de culpabilité, on a plus de place pour l'écoute de ses besoins et maintenir un poids équilibré devient alors une lutte constante contre soi. Qu'on gagne ou qu'on perde dans ces conditions, on perds assurément quelque chose. En plus, on en vient à se donner des raisons émotives de se bourrer. On se nuit.
La morale de cette histoire: que gagne t'on à fréquenter des chaines aux produits standardisés, aseptisés, assemblés sans savoir faire? Il y a tant d'artisans fabuleux et de gouts à découvrir!
Je vous propose de l'expérimenter, ,si vous avez envie, êtes curieux et le pouvez, dans un resto qui fait maintenant partie de ma liste de bouffe préférée. Je ne me souviens même plus du nom. C'est sur la rue Mont-Royal, près de St-Denis en allant vers le Mont-Royal. C'est un petit resto tout simple ou on sert avec gentillesse une cuisine qui ravit mes papilles à chaque fois. C'est le fruit d'une belle d'histoire d'amour entre une québécoise et un gambien. C'est d'ailleurs monsieur qui cuisine avec enthousiasme des plats de chez lui pour nous les faire connaitre, et adopter assurément. C'est abordable et la taille des plats vous permet d'en savurer encore le lendemain.
Ne perdez donc pas votre temps chez T.H., à moins que vous adoriez ça! Il y a du meilleur pour vos papilles!
Bientôt plus qu'une main de dodos avant les vacances pour moi. Je crois que si vous me cherchez, je serai en territoire gambien à montréal pour vivre à fond ma nouvelle idylle avant mon départ...
"Madame, avez vous du café light?"
ou encore
"Mettez moi 4 splendas dans mon café. Le sucre, ça fait engraisser. Et 3 crèmes... Le café, ça stimule le métabolisme."
L'inverse peut être?
"5 sucres, et du lait écrémé svp. Moi, le gras, j'en mange pas. Je ne veux pas me retrouver pris du coeur à 40 ans"
Oui, ce sont toutes des phrases réellement entendues par mon humble personne et ça, c'est juste pour le café, en 5 jours de carrière...
Mauzus qu'on stresse dont pour rien devant ce qu'on mange! Si on s'écoutait pour manger sans culpabilité aucune une nourriture qui fait son boulot, soit nous nourrir, on en viendrait doucement à apprécier pleinement les véritables qualités de nos aliments: leur goût, leur texture, leur température, leur odeur, etc. Soyons fins gourmets et mangeons ce qui nous fait envie! Ce n'est pas un péché! C'est même indispensable pour arriver à écouter pleinement les besoins de son corps. Et en plus, ça fait partie des plaisirs de la vie! C'est bon pour la santé mentale et physique!
La biologie humaine est tellement complexe et fonctionelle! Je crois de plus en plus, d'expérience, que le corps se régule sur le long terme et que les envies qui nous prennent ne sont que des réponses au signaux qu'envoie notre corps selon ses besoins. (Il y a aussi les envies de manger qui répondent à des besoins psychologiques, tout aussi importants à considérer que ceux du fonctionnement plus mécainque)
Je crois de plus en plus que le corps, quand on arrive à l'écouter, se régule sur le long terme et demande ce qui lui manque. Mais si on se noie la tête d'interdit, de recommendations, de tables, de guides, d'idées préconçues, de culpabilité, on a plus de place pour l'écoute de ses besoins et maintenir un poids équilibré devient alors une lutte constante contre soi. Qu'on gagne ou qu'on perde dans ces conditions, on perds assurément quelque chose. En plus, on en vient à se donner des raisons émotives de se bourrer. On se nuit.
La morale de cette histoire: que gagne t'on à fréquenter des chaines aux produits standardisés, aseptisés, assemblés sans savoir faire? Il y a tant d'artisans fabuleux et de gouts à découvrir!
Je vous propose de l'expérimenter, ,si vous avez envie, êtes curieux et le pouvez, dans un resto qui fait maintenant partie de ma liste de bouffe préférée. Je ne me souviens même plus du nom. C'est sur la rue Mont-Royal, près de St-Denis en allant vers le Mont-Royal. C'est un petit resto tout simple ou on sert avec gentillesse une cuisine qui ravit mes papilles à chaque fois. C'est le fruit d'une belle d'histoire d'amour entre une québécoise et un gambien. C'est d'ailleurs monsieur qui cuisine avec enthousiasme des plats de chez lui pour nous les faire connaitre, et adopter assurément. C'est abordable et la taille des plats vous permet d'en savurer encore le lendemain.
Ne perdez donc pas votre temps chez T.H., à moins que vous adoriez ça! Il y a du meilleur pour vos papilles!
Bientôt plus qu'une main de dodos avant les vacances pour moi. Je crois que si vous me cherchez, je serai en territoire gambien à montréal pour vivre à fond ma nouvelle idylle avant mon départ...
mardi 17 juin 2008
La sagesse de Desproges
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. De même qu'il faut boire pour vivre et non pas vivre sans boire, sinon c'est dégueulasse.
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