vendredi 29 février 2008
Sans m'en rendre compte...
Je n'ai pas le temps d'y aller souvent mais parfois, il le fait. Hier, ma superviseure m'a dit que j'avais surement maigris et que ça me faisait du bien d'être dans des vêtements à ma taille. C'est qu'évidemment, à force de les mettre, mes vêtements s'étirent. Je lui ai dit mais elle a fait mine de ne pas comprendre comment la vie fonctionne. Hier, j'étais simplement dans un vieux jean trop petit. Voire si je met des vêtements trop grand... Franchement, je m'en rendrais compte!
J'ai un scoop, mesdames, et je l'ai pris au magasin: tous les manufacturiers sans exceptions font maintenant les vêtements plus grands. Moi, avec mes vêtements "étirés", je suis maintenant habituée de porter des vêtements qui tiennent un peu grâce à l'adhérence de ma peau et, dans les premiers essayage, je me suis dit que les choses que je choisissais était taillées grandes.
Finalement, j'ai compris: il y a conspiration, tous les vêtement sont taillés grand, tellement que moi qui habillais du souvent du 14 serré il y a quelques mois, je décidé d'essayer un 7, juste pour rigoler. Ben ça faisait, pas bien avec cette horrible coupe, mais ça attachait et tout, et j'aurais pu sortir de la cabine et partir avec sans que personne ne me trouve un air louche, du moins pas à cause du pantalon.
Ils sont pas ridicules ces manufacturiers? N'importe quoi! Un 7... Faut pas me prendre pour une conne. Non, ce n'est pas parce que je rigole toute seule dans ma cabine d'essayage que je suis dingue, madame la vendeuse.
Vous saurez qu'au magasin pour adolescentes d'à coté, même s'ils ont aussi agrandi tous les vêtements, j'habille du 12, et que c'est dans cette taille là que j'ai acheté une magnifique petite robe soleil pour accueillir la chaleur ou au moins, l'encourager à arriver. (Faut dire que maintenant, c'est fou mais je m'en fiche carrément de quelle taille je fais, c'est juste une mesure de changement)
J'ai remis mes beaux pantalons bruns sous l'air désespéré de la vendeuse. Mais quoi, je ne vais quand même pas les jeter parce que certaines personnes incultes pensent qu'ils sont trop grands et parce qu'ils sont un tout petit peu déchiré en bas parce que je marche dessus?
Tout ça m'a donné faim. Mon amoureux prépare les steaks et moi, je m'en vais de ce pas lui faire des brocolis et les meilleures patates à la graisse d'oie de sa vie. Ce qui est bien quand on veux maigrir durablement, c'est qu'on est obligé de manger ce qu'on aime... Je m'y fais bien je trouve.
Bonne soirée et bon appétit!
mardi 26 février 2008
Communiqué de presse: conférence à l'UdeM
Nous le savons : généralement, l’obésité découle de l’absorption d’un surplus de calories par rapport à celles dépensées. Ce déséquilibre, qui semble à première vue évident à corriger, résulte toutefois de l’interaction très complexe de nombreux facteurs générés par la société moderne, sous divers aspects. Cette conférence intéressera toutes les personnes qui souhaitent mieux comprendre le phénomène de l’obésité, celles qui ont un intérêt pour les problèmes sociaux contemporains, sans oublier les individus préoccupés par leur santé, qui veulent prévenir un gain de poids pour eux-mêmes ou pour les membres de leur famille.
Lyne Mongeau détient une maîtrise en nutrition de l'Université Laval, une maîtrise en santé communautaire et un doctorat en santé publique de l'Université de Montréal. Elle est la coordonnatrice du «Plan d’action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids 2006-2012, Investir pour l’avenir» au ministère de la Santé et des Services sociaux. Membre fondateur du Collectif action alternative en obésité (maintenant ÉquiLibre), elle est l'auteue de nombreuses publications et communications scientifiques et récipiendaire du prix du Scientifique de l’année 2006 décerné par Radio-Canada.
Date et horaire : le jeudi 28 février, de 19 h 30 à 21 h 30
Endroit : pavillon 3200, rue Jean-Brillant, métro Côtes-des-Neiges
Prix d’entrée : 20 $; 55 ans et plus: 15 $; étudiants, personnel et retraités de l'UdeM: 10 $.
Critique du guide alimentaire canadien
J'ai quand même bien apprécié le cour de la prof et j'imagine que je dois m'attendre dans cette introduction classique à la nutrition d'avoir la vision classique de la nutrition.
Le cours a commencé sur la définition d'anorexie, de boulimie et de troubles alimentaires autres, comme des comportements de régimes continuels, de vomissements occasionnels, de semi famine, d'obsession de la nourriture qui ne peuvent être classés dans l'anorexie ou la boulimie mais qui peuvent être une voie de développement de ces troubles. Selon les statistiques disponibles, 9% de la population aurait une anorexie déclarée (comme elle n'a pas parlé des statistiques de boulimie, je ne sais pas si ce chiffre la comprend aussi) et 25% des troubles alimentaires autres. La prof trouvait ces derniers chiffres un peu exagéré, mais ils ne me semblent pas si élevés que ça...
Elle accusait pour cela notre obsession de la minceur et du corps parfait. Je ne vais pas la contredire là dessus, mais j'avais l'impression à l'entendre parler que seules les femmes très maigres étaient obsédées par la minceur et que quelqu'un prenant des mesures démesurées pour garder un IMC dit santé ou le ramener à ce poids santé n'a pas une obsession trop extrême. Pour moi, cet obsession de l'amaigrissement est extrêmement généralisé. Je vous rappelle quelques chiffres d'une récente enquête menée auprès des Canadiennes (en bas de page finalement puisque Blogger n'est pas coopératif pour la mise en page)
Pour moi, l'obsession non seulement de la minceur mais d'entrer dans le bas seuil de son poids santé calculé avec le discutable IMC (il y a des références à ça ailleurs sur ce blog) participe à cette obsession généralisée et entretenue par la communauté médicale. Et le problème de cette obsession, c'est que les solutions qu'on propose empirent le problème de surpoids et l'obsession...
Je devais m'attendre à entendre parler du guide alimentaire canadien, c'est tout de même un cour de nutrition. Au risque de passer pour une extrémiste finie, je n'aime pas du tout ce gentil petit guide en arc en ciel même si je comprends l'idée qu'il y a derrière. L'intention n'est pas mauvaise et pourtant, je crois que c'est un outil nuisible au sein d'une population obsédée et qui grossit sans cesse.
Pour affirmer cela, c'est qu'à la base, je ne crois plus que les gens grossissent parce qu'ils manquent d'informations sur l'alimentation ou qu'ils ne savent pas faire les bons choix. Je crois justement qu'on grossit collectivement parce qu'on est conditionnés à écouter des voix extérieures à nous même (pubs, portions typiques, ce que mangent les autres, heures du jour et même nutritionnistes et GAC et ce, sans parler des diètes qui mettent en loi ce qu'on doit manger ou non, et comment le faire) plutôt que d'écouter nos signaux internes parfaitements capable de nous renseigner sur quoi et quelle quantité manger si on les écoute.
Sans s'écouter, il est facile d'être en restriction cognitive telle que décrite dans les travaux d'Herman et Polivy.
Le guide alimentaire canadien, comme tous les guides, veut bien faire. Il est plus simple de dire quoi manger que d'enseigner à écouter ses sensations corporelles, et pourtant tristement moins profitable. Ces guides encouragent à manger ce qu'il faut plutôt qu'a se centrer sur la faim, ses besoins et sa satiété. L'alimentation humaine n'est pas qu'une affaire de nutriments, tout comme la santé. L'aspect psychologique et culturelle de l'alimentation doit aussi être prise en compte.
De toute suis loin d'être certaine que les portions préconisées par le GAC soit optimales à tous les niveaux. Même les diètes amaigrissantes "équilibrées" entraînent des carences et de la restriction cognitives et ont fait la preuve de leur efficacité statistiquement insignifiante à long terme.
La nutrition s'intéresse aux nutriments, soit. Elle est toutefois insuffisante à elle seule pour dire à l'humain comment manger puisque des mécanismes psychologique complexe dont on a peu tenu compte jusqu'ici. La nutrition devrait s'ouvrir davantage aux autres disciplines comme la psychologie, et donc à la réalité des gens. Ne parler que de nutriments et d'effets sur le corps, c'est entrer dans cette obsession du corps et renier le reste. Et pourtant, le reste est notre lien au corps et à une gestion saine de l'alimentation.
Je ne parle pas ici d'ignorer la nutrition et de se nourrir exclusivement de dessert et de mcdo. Je dis seulement que lorsqu'on arrive à faire abstraction de tout ces commandements alimentaires, on finit par ressentir l'envie de nutriments, on veut des légumes, des grains entiers, ce que notre corps nous demande tout en laissant place aux douceurs. Combler les besoins de son corps est un plaisir. En y allant dans cet ordre, on dresse un panorama mental très peu propice aux désordres alimentaires et encourageant la vie et l'être.
La nutrition, qu'elle le veuille ou non, est mise comme référence et se propose en solution pour cette "pandémie d'obésité" sur laquelle on justifie l'air ambiant de paranoïa du gras actuel. Elle a donc la responsabilité de dénoncer ce qui ne fonctionne pas et d'intégrer d'autres disciplines à une problématique complexe et pleine de subtilités. C'est du moins mon point de vue, et je crois que ça commence à se faire.
Tant qu'à moi, je crois que meilleur guide alimentaire, c'est votre cerveau qui sait grâce à ses hormones et ses récepteurs si vous avez faim ou pas, de quoi vous avez besoin et dans quelle quantité. Je sais que ces signaux sont plus discrets puisqu'on les a tellement ignorés, mais ils sont là, a coté de vos désirs, de vos préférences, de ce que vous êtes, et aussi importants.
Il n'y a pas de poids à partir duquel il soit justifié d'être obsédé pas son alimentation. Au contraire, si vous vous êtes rendu là, c'est qu'il y avait probablement un déséquilibre entre votre apport énergétique et vos besoins personnels. Il faut réapprendre, ou apprendre, à s'écouter. Ce n'est pas en écoutant un guide que vous apprendrez à le faire sans tomber dans des comportements qui frisent le trouble alimentaire.
(Et un guide qui vous dit de manger deux produits laitiers, pas 1, pas 3, mais 2, recommandation qui va surement changer dans 10 ans, et 2 portions de viande, ce n'est pas un guide mais de la dictature mais ça c'est une autre histoire)
Sur ce, je quitte sans relecture, mon cours m'attends...
Bonne journée!
xx
- 73 % des Québécoises veulent perdre du poids.
- 50 % des femmes ayant un poids santé veulent perdre du poids.
- 62 % des Québécoises ressentent une pression sociale pour être minces ou perdre du poids; parallèlement, 40 % des femmes québécoises se sentent bombardées d’informations paraissant contradictoires entourant l’alimentation et les saines habitudes de vie, ce qui entraîne beaucoup de confusion.
- L’estime de soi a été citée par 83 % des femmes comme principale motivation pour perdre du poids, tandis que l’amélioration de la santé a été citée par 65% des répondantes.
- Plus d’une Québécoise sur cinq (21 %) disent que la gestion de leur poids domine leur vie.
(Le sondage en ligne a été mené en décembre 2007 auprès d’un échantillon de près de 3 000 femmes réparties dans toutes les régions du Canada par les producteurs laitiers du canada et Ipsos Reid en colaboration avec le Groupe d’action sur le poids EquiLibre)
dimanche 24 février 2008
La croissance personelle
Impossible. Moi, je me ris de la croissance personnelle. Humm...
Ça a toujours été comme ça. Ma vision de la croissance personnelle, c'était les espèces d'illuminées amies de ma mère qui partageaient la lumière dans un language réservé aux initiés. J'ai bien analysé tout ça à l'époque: les adeptes de la croissance personnelle s'habillent en général avec 20 ans de retard, pleurent beaucoup, rient pour rien, ne mangent pas de produits animal ou de gluten dépendant de leur intolérance du moment, fument mais pas de cigarettes, boivent du faux café et me semblent souvent avoir un besoin criant et urgent de psychothérapie. Ah oui, souvent, ils sont psychothérapeute.
Moi, je suis rationelle. Sensible, mais attachée à la logique. Ouverte, mais sceptique. Une intellectuelle finie.
Mais ne plus obsessionner sur la bouffe m'offre la liberté de me retrouver face aux murs qui me coupent de moi même. Et je grandis pour dépasser les murs que j'arrive maintenant à voir, comme ça, ça arrive tout seul, je ne l'ai pas cherché, je le jure madame. Comme je disais l'autre jour, il faut grandir à l'intérieur pour rapetisser à l'estérieur (c'est rendu que je me cite, misère...). Vous croyez que les amies de ma mère ont commencé comme ça et que je vais bientôt aller à l'école habillée en poche de jute en ne m'étant pas lavée du mois pour désensibiliser mes cheveux de cette habitude de savon capitaliste???
Suspense...
samedi 23 février 2008
Interférences et possession.
Je ne suis plus à la recherche de la technique parfaite pour perdre du poids rapidement et mon bonheur n'a pas rapport avec le nombre de livres perdues cette semaine. Si ça peut paraître évident pour certaines personnes, ceux qui ont fait plusieurs régimes savent que c'est un travail sur soi qu'il faut faire pour y arriver et que ce n'est pas évident.
Je sais que l'Anti-Régime est parfait pour mon corps et ma tête et que je maigris doucement et continuerai de maigrir jusqu'a ce que mon corps se sente bien au poids ou il est. J'ai un miroir et des vêtements me rassurant que je ne grossis pas de manière complètement anarchique. J'apprends doucement à devenir Zen face à la nourriture et à ne plus avoir ce sujet en tête continuellement. Je ne vois donc aucun avantages à la balance.
On a beau se dire qu'on se pèse juste pour savoir, pour suivre vaguement l'évolution de notre poids sans trop s'inquiéter, je ne connais aucune femme qui ne sente pas un peu de découragement, voire un vent de panique, lorsque ce tas de feraille indique un chiffre plus haut. Qu'on ait pris un peu d'eau ou de gras, on cherchera forcement un raison pour cette augmentation. Lorsqu'on a perdu, on cherche à continuer dans cette voie. Ou alors, on s'autorise un petite gâterie lorsqu'on a pas faim(quoi, y'a quand même pas juste à moi que ça arrive!?!)
Quoi qu'il arrive, on donne la parole à un tas de tôle et cela ne nous aide pas à nous écouter. La seule chose qui devrait nous dire de manger plus, ou moins, ou autre chose, c'est notre corps, et c'est une aptitude qui se travaille. On ne s'aide pas en introduisant des interférences.
Parce que c'est exactement ça le coeur de l'anti-régime: réduire les interférences qui nous empêchent d'écouter notre faim. Et au début, à force de s'être autant reniée, on est très sensible et on doit faire encore plus attention.
Des interférences, il y en a plein: la balance, l'obsession de perdre du poids vite, la mauvaise estime de soi, les diètes, la culpabilité de manger, les habitudes, les conventions, les émotions qu'on a besoin d'effacer (comme, le stress!) et il y a vos raisons, qui sont bonnes mais qui empêchent d'avoir une relation sereine, saine et pacifiée avec la nourriture.
Avec le temps, on devrait en venir à laisser tomber complètement l'esprit de régime. Pas évident puisqu'on est carrément possédées pour la majorité d'entre nous, victimes de ces sectes dangeureuses que sont les régimes. Je vous rassure, l'exorcisme n'est pas obligatoire (habituellement) pour s'en sortir.
Une des perversité des régimes, c'est de nous faire penser tout le temps à la nourriture, que ce soit en pensant à ce qui nous est interdit pour ne pas succomber ou en rêvant à ce qui nous est permis. Et ça, c'est quand on ne rêve pas tout simplement à ce qui nous est interdit (en général après deux semaines...) Une des choses qu'il faut abandonner en même temps que les restrictions des régimes, c'est cette façon d'être complètement obsédée par la nourriture et de penser au prochain repas ou à manger.
Il faut créer de l'espace dans nos têtes pour plus de vie. On ne pense pas tout le temps à pisser et pourtant, lorsque l'envie vient, on se soulage puis on y repense plus jusqu'à la prochaine fois. La faim, c'est un besoin physiologique. C'est pareil sauf qu'en général, il est plus facile de trouver quelque chose à manger quand la faim se pointe que de trouver des toilettes quand l'envie nous prends. Et c'est un peu moins gênant socialement d'avoir terriblement faim sans pouvoir se soulager que d'avoir extrêmement envie de pisser sans trouver de toilettes.
Il n'y a pas de mal à se préparer un lunch pour avoir quelque chose de bon a manger si la faim nous prends. Mais si vous avez des tendances à être aussi affectée de moi, il peut être très constructif de vous laisser guider par votre instinct, sans rien planifier, pour quelques temps. Il n'y a rien de mal à partir la tête en l'air, irresponsable alimentairement, sans penser à ce que vous mangerez dans 3 heures. Si vous arrivez à trouver des toilettes, vous trouverez bien aussi de quoi survivre à votre faim. Et si aucune faim ne vient vous distraire de votre vie palpitante, vous n'avez pas besoin d'y penser. Vous n'êtes plus au régime, la nourriture n'est plus au centre de votre vie ni de vos pensées.
Vous remarquerez surement que lorsqu'on a passé plusieurs années à trop penser à la nourriture, ne plus y penser laisse un grand vide. Peut-être même qu'initialement toutes ces histoires de régimes sont venues vous occupper l'esprit vous rendant le service de vous faire penser à quelque chose, ou à autre chose que ce qui vous dérange vraiment.
C'est une opportunité de grandir, de se développer et de régler nos bibittes qui nous est offerte ici. Tant que nous n'aurons pas réglé nos interférences ni écouté nos voix intérieures qui nous disent pourquoi on mange trop pour nos besoins, on aura beau vendre provisoirement nos ames à tous les gourous en vogue, nos ames restent les notres et elles finiront par s'exprimer comme elle peuvent. (Faites moi taire, je vous en prie, j'ai l'impression de me transformer en gourou de psycho pop... mais j'y crois!)
Alors, je vous laisse méditer.
xx