samedi 7 juin 2014
Invisibles
Et pas que pour nous. Pour toutes les femmes pour qui on mesure la valeur à leur capacité à avoir les dimentions d'un trophé de chasse masculine. Pour toutes les petites filles qui mesurent leur valeur à leur capacité d'attirer le regard masculin sur la mince ligne ou elles seraient sexys sans être taxées de femmes non respectables, donc utilisables. On a fait des femmes des images à utiliser selon les envies et les grosses ne correspondent pas aux envies qu'on vend, pas même comme objet sexuel. Surtout pas.
J'ai passé mon adolescence à me croire coupable de ne pas pouvoir être de ces femmes qui peuvent servir les envies des hommes, de ne pas correspondre aux douces créatures dont mes écrivains préféré tombaient amoureux au premier regard, comme si la beauté des femmes était leur principale qualité. C'est un jugement pénible pour toutes, puisque la beauté juvénile est inmanquablement destinée à se flétrir puis à faire tomber celles qui l'ont un jour détenue l'anonymat, comme leur consoeurs déjà invisibles de ne pas être belles. La littérature, lieu de tous les imaginaires et de toutes les constructions de pensée, n'est pas souvent un lieu de liberté et de possibles pour les femmes.
Le cinéma peut-être, alors?! Ce lieu où il est possible de voler, de sauver la terre, de se métamorphoser live, de faire à peu près n'importe quoi en restant parfaitement coiffée? Hummm...
Je reviens de quelques long vol, ou j'ai eu le loisir d'écouter presque l'entièreté de la programmation d' "AirFrance et ses partenaires Skyteam" pendant que ma fille jubilait de pouvoir écouter la Reine des Neiges en boucle.
Il n'y a pas que des gens beaux au cinéma, même chez les gentils. Il est de mise dans le cinéma français de présenter des hommes qui ne feraient pas l'unanimité niveau esthétique même comme principal protagoniste. Mais ne cherchez pas les femmes ordinaires chez les dames qui, à moins d'être belle mère ou sorcière, se doivent d'être magnifiques.
J'ai donc écouté mon lot de film d'amour Skyteamiens. Les fille était toujours fragiles, malades et incroyablement belles et les hommes, courageux, virils et éperduement amoureux au premier regard, près à tout pour conquérir des femmes qui méritent qu'on luttent pour elles, qu'on les gagne et idéallement, qu'on les possède ensuite pour la vie. La nouveauté de l'époque, c'est que les femmes peuvent être fortes si mignonnes, sous l'aile protectrice d'un encore plus fort qu'elles. Le patriarcat change ses vêtements.
J'avais déjà ma dose de rires découragés lorsque j'ai entamé l'écoute de Fiston. Qui m'a écoeuré au possible. J'aurai aimé voir quelqu'un partager mon énervement féministe, mais tout ce qui se trouve sur le net sont des critiques du genre: "Très bonne petite comédie légère: pas de gros mots, pas de vulgarité, pas de farces pipi-caca-poil, simplement une histoire qui nous a fait sourire du début à la fin. Ce film ne passera pas à l'histoire mais il a le mérite d'être amusant et divertissant, de plus les acteurs y font un excellent travail et les paysages sont parfois très très beaux."
Au risque de passer encore pour cette féministe-mal-baisée-sans-humour, je n'ai pas souri devant ce parfait exemple de culture patriarcale et du viol célébrée pendant tout le film. J'ai surtout pensé au public non averti de filles qui ne ressemblent pas à Véronica Valenti et qui se font rabaisser de toutes les façons pendant le film, en tant que Moches sur lesquelles même un moche comme fiston ne pourrait pas baisser les yeux. (Mais qu'il accepte tout de même d'utiliser pour se pratiquer à séduire...)
J'ai aussi eu de la peine pour la minorité de Véronicas Valentis de ce monde aussi, trophés de chasse de chasseurs débiles, pour lesquels il est acceptable de poser des geste criminels. Dans un parfait exemples de culture du viol, Fiston s'immisce chez la fille qu'il aime, se photographie près d'elle en train de l'embrasser pendant qu'elle dort puis lui fou la peur de sa vie, sans le vouloir bien sur. Et, en bon film symptôme de culture patriarcale, que fait Véronica Valenti quand elle apprends que c'est fiston qui s'était introduit chez elle? Elle est en colère pour un bon 3 secondes, puis l'embrasse et lui offre son corps. Ben oui. Mais Fiston réalise ensuite qu'il ne veut plus d'elle. Il est un Homme maintenant, un Vrai. Soupir.
Malgré ça, malgré tout ça, il y a des jours où, dans ma condition de femme, j'aimerais être un trophé de chasse plutôt que d'être au mieux invisible.
Invisible pour le milieu de la mode, qui semble vraiment déterminé à ne faire des jolis vêtements que pour celles qui les mettrons, à leurs yeux, en valeur, challengeant même la logique du capitalisme qui voudrait qu'ils vendent au plus grand nombre. Comme si les rondes ne pouvaient pas contribuer à une image de marque et être jolies...
Invisible pour bien des gens aussi... Anyway.
lundi 14 avril 2014
Jour de vulnérabilité
Derrière cette volonté d'être irréprochable, il y a surtout une vulnérabilité profonde, où simplement exister sous le regard des autres est éprouvant. Bien sur, il est impossible de vivre à toutes les minutes avec cette impression de fragilité totale. Je me cache donc derrière des façades solides, je fuis ma vulnérabilité et j'évite les gens et le monde, tout en vivant droit au milieu.
La bouffe m'a souvent servi de bouclier. Il m'apparait aujourd'hui évident qu'après la mort de mon grand père et la naissance de ma petite fille, je me suis sentie tellement vulnérable que je suis retombée dans mon anesthésiant de prédilection.
Maintenant que j'essaie de me demander quels sont mes véritables besoin derrière ces envies de manger, maintenant que j'essaie de m'entendre et de répondre comme je peux dans l'instant à ces besoins qui ont l'habitude d'être mis sous le tapis, je me retrouve à fleur de peau.
Ça fait un peu peur, par bouts. Ça permet aussi de mieux sentir le soleil sur ma peau et les rires qui chatouillent le coeur. Je ne suis pas malheureuse. Je suis fragile. Sensible.
Cette sensibilité permet aussi de toucher à ce qui fait mal, de l'accueillir et d'y faire face, dans la compassion. De comprendre ce poids qui s'attache. D'en revenir à l'enfance qui nous forge immanquablement et de laisser de la place à cet enfant invisible qui n'a jamais été entendu.
Lorsque je regarde mes photos avec ouverture, il est impossible de ne pas remarquer quand je me suis mise à grossir à l'âge adulte. Ça s'est passé un soir de St-Jean. Oh, bien sur, le poids n'est pas venu tout d'un coup, mais il est venu lentement et surement d'une ouverture qu'un homme avait laissée toute grande.
J'avais décidé de rester à la maison, à l'écoute d'un besoin profond d'être seule avec moi même. Je me souviens d'avoir savouré l'absence de mes colocataires et de la douceur des draps frais de mon lit. Le temps était remplis de la fraicheur des orages d'été. J'étais bien.
Au milieu de la nuit, un inconnu est entré chez moi avec l'idée de me violer. Ça a été moi, ça aurait pu être n'importe quelle femme. J'ai sans doute eu peur, mais je me souviens surtout d'avoir été très calme, dans un état second de lucidité exagérée, et de m'être dit que je connaissait bien cet état hyperfonctionnel et anesthésié. Le seul mot qui me venait, c'est "encore". J'avais déjà été là dans la violence de mes parents. J'avais à présent devant moi une autre personne, qui me faisait peur, à gérer.
Je me souviens d'avoir pensé, d'avoir regardé son visage, de m'être promis de m'en souvenir, mais je ne me souviens pas de ce que j'ai vu. Je me souviens d'avoir pensé qu'il avait le teint foncé, puis de ne plus avoir eu l'accès à l'image. Je me souviens de l'avoir vu partir en courant, d'avoir eu de l'empathie pour lui, d'avoir téléphoné aux policiers pour les autres filles, d'être en dehors de l'équation.
L'intrusion ne s'arrête pas quand c'est fini. Il y a les médico-légaux, qui repassent sur ce corps qui s'en fou. Il y a la police à qui refaire l'histoire à l'endroit et à l'envers, trop de fois, et à chaque fois, des images disparaissent. Il y a aussi les enquêteurs qui, pendant que je partage et dissèque ce moment de vie avec leurs collègues, fouillent ma maison à la recherche d'empreintes et d'indices, comme si ça n'était plus ma maison, ma chambre, mon intimité.
Je suis revenue chez moi. J'ai enlevé les bandeaux jaunes de scène de crime autour de l'appart, en pleine rue St-Denis, ces bandeaux que tout le monde avait vu alors que le crime était sur mon corps. Mes colocs, sauf une, avaient trop peur de cet homme qui n'a jamais été identifié pour revenir chez nous. Personne ne m'a dit au revoir. Personne ne m'en a parlé. J'ai frotté les traces de poussière laissées par les policiers toute seule. Quand il m'aurait pris l'envie de parler de tout ça avec quelqu'un, quelques mots suffisaient à me laisser comprendre que leur malaise me serait trop difficile à porter. Je suis retourner travailler le lendemain, parce qu'il fallait que la vie continue. Et je ne me sentais pas outre mesure affectée, si peu affectée même que j'ai mis du temps à aller voir le psy que m'offrait l'IVAC.
Quand j'y suis allée, je lui ai dit que je lui parlerait d'autre chose, que cette agression ne m'avait rien fait. Je suis allée lui parler de ma blessure devant la souffrance des autres. De ma haine de l'injustice. De l'état du monde. De cette colère et de cette impuissance que je n'arrivais pas à relier à moi même.
Mais il y a en moi un petit coin vulnérable qui a peut d'être étouffé de cette boule de colère mise dans une boîte scellée. Je bouille déjà de colère à voir la violence et l'indifférence du monde, comme pour lui crier de rester loin de moi alors que je porte en moi plusieurs des manifestations de la violence qu'on fait aux enfants et aux femmes.
Un jour, un petit bout de cette colère est sorti. On m'appelait, plusieurs années plus tard, pour identifier cet homme, en me suggérant fortement une photo, qui aurait pu correspondre mais dont je n'étais pas certaine, faute de souvenir, d'image.
Moi, la militante de toutes les causes, j'ai ressenti soudain une fraction de cette colère en moi, au fond de mon coeur, hurlante: celle de ne jamais avoir fait de mal à une mouche et de me prendre la violence de trop d'humains inachevés, la colère de ne même pas être capable d'haïr. J'étais dans le métro. J'aurais eu envie de tout casser pour ne pas casser de l'intérieur, à coup de pieds. Et pourtant, je ne bougeais pas.
C'est beaucoup d'impuissance et d'invisibilité à gérer pour une seule personne. Je l'ai parfois géré dans un pot de crème glacée et à coup de crises boulimiques, que j'ai cessé de faire avec cette démarche de réconciliation de soi antirégimienne. C'était le début d'une trève.
Puis j'ai eu un enfant. L'accouchement a sincèrement été un traumatisme, même pour l'étudiante sage-femme que j'étais, même pour celle qui s'était intéressé à l'effet des traumas sexuels sur les femmes en travail. Je ne l'ai même pas reconnu à l'époque. Cette intensité par laquelle mon corps était secoué, hors de ma volonté, était insoutenable de par ce sentiment de ne pas avoir de contrôle sur ce mal. J'ai sincèrement voulu mourir en accouchant. Puis je me suis donnée corps et âme à cette enfant de mon coeur, jusqu'à m'oublier, tout en me réparant un peu.
Je retrouve avec mon poids en trop le connu, l'invisibilité. Être femme et être grosse, c'est se prendre les regards de ceux qui croient que ça n'est qu'une petite question de volonté, de manger mieux, de bouger plus. C'est cotoyer des personnes qui ne veulent pas vraiment me connaitre mais qui m'identifient à un groupe de personnes faible et sans volonté. C'est surtout l'invisibilité, si connue dans mon parcours, et pourtant si détestée. Je me suis sabotée pour y revenir, pour y rester.
Perdre du poids, c'est une toute autre paire de manche que le prendre, mais comme avant, je pense que le changement réel et profond ne peux commencer que par l'acceptation. Je suis grosse, marque visible de mes difficultés, de mes combats, de mes gènes aussi, sans doute. Je suis aussi grosse de ces hormones en folie, avec cette vieille amie tumeur, qui font qu'il est sans doute plus facile pour moi que pour d'autres de prendre du poids. Au yeux de plein de gens qui ne connaissent rien au surplus de poids, tout cela ne saurait être qu'excuses et mensonges. (Le féminisme intersectionnel fait une belle analyse de l'oppression systémique que vivent les personnes en surplus de poids.) Je n'accepterai pourtant pas qu'on me dévalorise jusque de l'intérieur alors que ce poids et ce qu'il représente est déjà difficile à porter.
Je suis une battante. Et je prends toute ma force pour me donner le droit à la vulnérabilité. C'est elle qui me secoue, des jours comme aujourd'hui, ou je reconecte avec mon corps et mon âme. Elle me secoue, mais me fait revivre aussi... C'est fou comme c'est un long voyage que d'aller simplement vers soi...
mercredi 26 février 2014
jeudi 20 février 2014
L'acceptation de soi: un combat féministe.
Si ces modèles ne changent pas, c'est qu'ils conviennent au système, mais aussi parce que les femmes ne se sont pas encore levées pour faire sauter cet engrenage.
Quand on sait qu'entre 80 et 95% des régimes se solderont par une prise de poids plus grande et qu'on connait l'impact de ces variations de poids, quand on sait que les cellules graisseuses, même vides, ne disparaissent jamais et qu'elles envoient de puissant signaux hormonaux pour qu'on les remplisse, on comprends mieux l'hypocrisie du modèle qu'on nous propose. Les régimes ne marchent pas et font plus souvent qu'autrement grossir. Il faut descendre de l'illusion qu'il est possible d'avoir exactement le corps qu'on veut sans lui nuire ailleurs que dans l'acceptation de son poids génétique. Mais surtout, pourquoi ne pas questionner, pour commencer, le modèle?mercredi 19 février 2014
Paléo-végé-débile
J'en retrouve toutefois la conscience. On se coupe toujours un peu de soi et de son plaisir quand on mange un aliment rendu louche par tout ce qu'on croit à son sujet.
Petit à petit, je m'étais remise à ne plus m'écouter, puis à me méfier de quelques aliments ayant commis le péché de contenir soit des glucides, des lipides ou même des protéines, flirtant entre le désir de sainteté végétalienne et celui d'un régime paléolitique faible en glucides, rien de moins, mais toujours avec une petite voix derrière la tête qui me rappelle que les restrictions quelles qu'elles soient ne sont pas durable.

Peu d'aliment ont la sainteté suffisante pour que j'en mange sans remords, et en général, quand il l'ont, j'aime autant ne pas les goûter pleinement. Sérieusement, est-ce que quelqu'un ici trippe vraiment sur le kale?
J'ai tout de même rationnalisé le fait de faire une détox tout en "m'écoutant", en commençant mes journées dans la restriction et la torture gustative. Hahaha.
Laissé moi vous présenter l'elixir de beauté que j'ai bu pendant 1 mois, le nez bouché.
1 cup cold water or aloe juice (great for digestion)Plein de vert, du chou, de la betterave, du citron avec la pelure: même un truck de xylitol n'aurait pas rendu ça buvable.
1/3 cup of fresh parsley (heavy metal detoxifier)
1 ¾” wedge of cabbage (stomach healer)
1/2 cup of fresh dark, bitter greens (detoxifying and stimulating to the liver)
1” piece of ginger, peeled (circulation stimulator, anti-inflammatory)
1/2 lemon, scrubbed but not peeled (body alkalizer, bioflavanoid-rich)
1/2 small beet (blood cleanser)
Pinch of cayenne or 1/4” slice of small jalapeno pepper (peppers reduce pain and compulsive urges)
2 tsp. xylitol or stevia to smooth out the taste (both have health benefits). I like NuNaturals NuStevia (it's debittered and tastes great) and Sweet-X Xylitol Crystals.
Bonus: a sprig of fresh herbs, such as thyme, tarragon or basil
Ice as needed
Qu'on se le dise, malheureusement et malgré tout ce qu'on tente de nous vendre, il n'y a pas encore de façon de s'alimenter qui permette d'éviter la mort ou de ne pas vieillir, même si on voudrait bien y croire. Tout ce qu'on a, c'est le présent. Ce présent où on ne devrait pas se gâcher la vie à courir après de fausses promesses. Ce présent à savourer de toutes les façons.
Hier et aujourd'hui, j'ai aimé mes aliments. J'ai savouré ceux que mon corps désirait. C'est sur que j'ai de la pratique dans le concept, mais c'est encore aussi libérateur. Et j'en ai toujours autant à apprendre. C'est s'ouvrir la porte...
Et pour la première fois depuis des mois, je n'ai pas mangé plus que ce que mon corps avait besoin, dans la zenitude, avec amour pour les bons produits.
Il faut faire le constat qu'après tout un parcours de reconnection, avec en arrière plan ce désir de maigrir plus, j'ai reflirté avec le régime, et j'ai regrossi. Je m'aime assez pour arrêter la torture et suivre mon corps là où il voudra bien aller.
Je vous laisse sur un documentaire capable de vous enlever un peu de ce non sens régimien implanté dans notre culture et nourri par tout un marché qui s'en remplit bien les poches..
lundi 17 février 2014
Retour
jeudi 18 novembre 2010

Maëlie a 6 mois et demi.
Ironiquement, ma fille est minuscule. Elle a passé 6 mois à ne pas vouloir boire et nous, 6 mois à se battre pour qu'on la soigne. Elle a des oesophagites sévères qui ne veulent pas la quitter.
Je n'ai jamais mis autant d'énergies sur quoi que ce soit, jamais été aussi crevé et inquiète et, paradoxalement, je n'ai jamais aimé autant ni été aussi heureuse.
Ceci signe fort probablement la fin de ce blog. Le temps d'écrire me manque et, lorsque le temps reviendra, j'aurai probablement envie d'écrire sur autre chose, ailleurs.
Merci d'avoir accompagné mes questionnements et mes découvertes.
lundi 19 avril 2010
Un article de Marie-Claude Lortie
Si votre voisine de 50 ans, qui a toujours été bien ronde, vous arrive un beau jour, sans crier gare, en ayant subitement perdu les 30 kg la séparant de son poids soi-disant «santé», est-ce, encore là, une bonne nouvelle?
«Pas nécessairement», vous répondra la Dre Rebecka Peebles, si vous lui posez la question.
Pédiatre spécialiste de l'adolescence au programme des troubles alimentaires de l'hôpital Lucile Packard, attaché à l'Université Stanford, en Californie, la Dre Peebles travaille au quotidien avec des adolescents pour essayer de leur redonner une santé volée par leurs troubles alimentaires. Et ce qu'elle constate ne correspond pas aux discours officiels.
Ce qu'elle voit, c'est que derrière des choix encouragés, vantés et loués par notre société, soit maigrir et faire de l'activité physique, se cachent des comportements obsessionnels problématiques pouvant mener à des troubles médicaux aussi sérieux que ceux associés aux troubles alimentaires classiques, notamment l'anorexie et la boulimie.
Il est temps, croit la Dre Peebles, qu'on revoie ce que sont réellement les troubles du comportement alimentaire. Qu'on apprenne à les reconnaître là où ils se cachent. Et qu'on trouve des façons de les traiter plutôt que d'applaudir aux apparences.
Car ce qu'a remarqué la médecin, c'est que des adolescents peuvent ne pas du tout satisfaire aux critères officiels pour être diagnostiqués anorexiques ou boulimiques (des personnes souffrant de boulimie, par exemple, peuvent avoir un poids considéré comme santé), mais souffrir des mêmes problèmes médicaux occasionnés par les troubles alimentaires officiels, en commençant par les carences nutritionnelles. Elle a fait une étude sur la question, dont les résultats viennent de paraître dans la revue Pediatrics.
«Je pense, par exemple, à ces adolescents qui souffrent d'embonpoint, que l'on encourage à maigrir et qui, soudainement, perdent parfois plus de 25% de leur poids», explique la Dre Peebles.
Or plutôt que de s'inquiéter pour eux, on les félicite.
En fait, notre volonté collective presque obsessionnelle de lutter contre le surpoids et l'obésité est devenue si répandue et si omniprésente, autant dans le monde de la santé que dans les sphères généralement montrées du doigt que sont la mode et les médias, que les troubles alimentaires socialement acceptables et acceptés sont devenus, eux aussi, un fléau.
«Si on élargissait la définition de ce qui constitue réellement un désordre alimentaire, on se rendrait compte que c'est aussi répandu que l'obésité», va même jusqu'à déclarer la spécialiste.
* * *
Autant de personnes souffrant de troubles alimentaires que de gens obèses?
Il suffit de regarder autour de soi pour constater que les comportements obsessionnels en matière d'alimentation sont partout. Certaines études américaines, par exemple, montrent que le quart des étudiantes utilisent la purgation pour maintenir leur poids, que 15% des étudiantes se font vomir, que le tiers des étudiantes ont au moins essayé de se faire vomir. «Ce n'est pas juste l'obésité qui est un problème», dit la Dre Peebles.
Notre société (et pas juste le monde de la mode) est tellement obsédée par la minceur ou l'absence de ce qu'elle considère comme du surpoids qu'on ne cherche pas, en commençant par les médecins, à savoir comment la population non obèse réussit à maintenir sa taille. Est-ce par une attitude saine envers l'alimentation ou en prenant des raccourcis dangereux?
«On dit aux gens constamment, partout, maigrissez. Mais on ne leur dit pas: «Faites-le de façon saine et médicalement sécuritaire», explique la pédiatre. Le monde médical se concentre beaucoup trop sur les chiffres sur le pèse-personne. Alors que les comportements des patients sont tout aussi importants.»
En fait, la Dre Peebles rejoint plusieurs autres spécialistes de la question que j'ai interviewés dans les dernières années - je pense notamment au Dr Jean Wilkins de Sainte-Justine - qui se demandent si notre lutte collective contre l'obésité n'est pas en train de provoquer des effets pervers, notamment chez les adolescents, comme les comportements mentionnés au début de l'article.
La quête de minceur officiellement sanctionnée par les messages anti-gras de santé publique vient à se fondre avec la recherche des images corporelles encouragées, elle, par la mode, les médias, la pub et compagnie.
Et la Dre Peebles va même plus loin. «Quels sont les réels liens entre le poids et la santé? demande-t-elle. Les jeunes qui restent minces tout en mangeant de la malbouffe sont-ils plus en santé que ceux qui ont de l'embonpoint? Tout n'est pas aussi noir et blanc que l'on pense.»
vendredi 5 mars 2010
S'écouter
Quand on mange pour répondre à son besoin, que ce soit celui de nourrir son corps, celui de plaisir ou même parfois celui de se calmer, on a pas le choix d'apprendre globalement à s'écouter. J'essaie maintenant d'écouter mon besoin profond (et, phase 2, d'y répondre!) plutôt que de manger en réponse à tout, pas dans le but de manger moins mais simplement parce que c'est tellement plus épanouissant.
Mais avant cela, il faut réaliser pleinement qu'on en vaut la peine...
Je voudrais bien perdre encore un peu de poids, chose que je dois toute façon mettre de coté avec ma bedaine pleine d'amour que je ne veux priver de rien, mais je commence à réaliser au fond de moi ce que voulais dire ma diététiste. Pour maigrir durablement, il ne faut pas vouloir maigrir. Ça parait contradictoire, mais l'antirégime est un monde bien différent de ce qu'on a pu connaitre en stratégies de perte de poids jusqu'ici. Ça y est, j'ai l'air d'un gourou nébuleux à ne pas arriver à exprimer l'idée clairement, mais tant pis.
Moi j'ai tendance à oublier et à parfois retomber dans un antirégime régimien, en oubliant que ce n'est pas un outil pour maigrir mais simplement un mode de vie épanouissant. C'est souvent dans ces moments là que les bouchées supplémentaires s'accumulent, que le plaisir décroit et que mon corps se met à refléter la frustration que je m'impose, pour en finir par manger plus... Pas très productif sous aucun aspect.
Là dessus, je vais aller déjeuner avant que les framboises que j'ai acheté pour ma crème Budwig (mon trip de femme enceinte du moment) ne pourrissent. À 4,99$ le casseau, je me sens une certaine responsabilité envers le délicieux et dispendieux fruit rouge que j'achète en cachette ;o)
jeudi 17 décembre 2009
Ho! Ho! Ho!
Non mais, y'a des sous et des claques qui se perdent...
Joyeux temps des fêtes à vous. Profitez en bien!
lundi 30 novembre 2009
Méchante salade
"La salade, ça fait grossir. C'est toujours des grosses madames qui en mangent", dit-elle en mangeant avec appétit les smarties sur son Jell-O, après avoir mangé plus de frites que de poulet.
Je crois qu'elle à raison. Surtout la fade, avec juste des légumes plates et de la vinaigrette sans gras...
lundi 16 novembre 2009
publié au http://well.blogs.nytimes.com/2009/11/04/phys-ed-why-doesnt-exercise-lead-to-weight-loss/?em
Phys Ed: Why Doesn’t Exercise Lead to Weight Loss?
For some time, researchers have been finding that people who exercise don’t necessarily lose weight. A study published online in September in The British Journal of Sports Medicine was the latest to report apparently disappointing slimming results. In the study, 58 obese people completed 12 weeks of supervised aerobic training without changing their diets. The group lost an average of a little more than seven pounds, and many lost barely half that.
How can that be? Exercise, it seems, should make you thin. Activity burns calories. No one doubts that.
“Walking, even at a very easy pace, you’ll probably burn three or four calories a minute,” beyond what you would use quietly sitting in a chair, said Dan Carey, Ph.D., an assistant professor of exercise physiology at the University of St. Thomas in Minnesota, who studies exercise and metabolism.
But few people, an overwhelming body of research shows, achieve significant weight loss with exercise alone, not without changing their eating habits. A new study from scientists at the University of Colorado School of Medicine in Denver offers some reasons why. For the study, the researchers recruited several groups of people. Some were lean endurance athletes; some sedentary and lean; some sedentary and obese. Each of the subjects agreed to spend, over the course of the experiment, several 24-hour periods in a special laboratory room (a walk-in calorimeter) that measures the number of calories a person burns. Using various calculations, the researchers could also tell whether the calories expended were in the form of fat or carbohydrates, the body’s two main fuel sources. Burning more fat than carbohydrates is obviously desirable for weight loss, since the fat being burned comes primarily from body fat stores, and we all, even the leanest among us, have plenty of those.
The Denver researchers were especially interested in how the athletes’ bodies would apportion and use calories. It has been well documented that regular endurance training increases the ability of the body to use fat as a fuel during exercise. They wondered, though, if the athletes — or any of the other subjects — would burn extra fat calories after exercising, a phenomenon that some exercisers (and even more diet and fitness books) call “afterburn.”
“Many people believe that you rev up” your metabolism after an exercise session “so that you burn additional body fat throughout the day,” said Edward Melanson, Ph.D., an associate professor in the division of endocrinology at the School of Medicine and the lead author of the study. If afterburn were found to exist, it would suggest that even if you replaced the calories you used during an exercise session, you should lose weight, without gaining weight — the proverbial free lunch.
Each of Melanson’s subjects spent 24 quiet hours in the calorimeter, followed later by another 24 hours that included an hourlong bout of stationary bicycling. The cycling was deliberately performed at a relatively easy intensity (about 55 percent of each person’s predetermined aerobic capacity). It is well known physiologically that, while high-intensity exercise demands mostly carbohydrate calories (since carbohydrates can quickly reach the bloodstream and, from there, laboring muscles), low-intensity exercise prompts the body to burn at least some stored fat. All of the subjects ate three meals a day.
To their surprise, the researchers found that none of the groups, including the athletes, experienced “afterburn.” They did not use additional body fat on the day when they exercised. In fact, most of the subjects burned slightly less fat over the 24-hour study period when they exercised than when they did not.
“The message of our work is really simple,” although not agreeable to hear, Melanson said. “It all comes down to energy balance,” or, as you might have guessed, calories in and calories out. People “are only burning 200 or 300 calories” in a typical 30-minute exercise session, Melanson points out. “You replace that with one bottle of Gatorade.”
This does not mean that exercise has no impact on body weight, or that you can’t calibrate your workouts to maximize the amount of body fat that you burn, if that’s your goal.
“If you work out at an easy intensity, you will burn a higher percentage of fat calories” than if you work out a higher intensity, Carey says, so you should draw down some of the padding you’ve accumulated on the hips or elsewhere — if you don’t replace all of the calories afterward. To help those hoping to reduce their body fat, he published formulas in The Journal of Strength and Conditioning Research last month that detailed the heart rates at which a person could maximize fat burning. “Heart rates of between 105 and 134” beats per minute, Carey said, represent the fat-burning zone. “It’s probably best to work out near the top of that zone,” he says, “so that you burn more calories over all” than at the extremely leisurely lower end.
Perhaps just as important, bear in mind that exercise has benefits beyond weight reduction. In the study of obese people who took up exercise, most became notably healthier, increasing their aerobic capacity, decreasing their blood pressure and resting heart rates, and, the authors write, achieving “an acute exercise-induced increase in positive mood,” leading the authors to conclude that, “significant and meaningful health benefits can be achieved even in the presence of lower than expected exercise-induced weight loss.”
Finally and thankfully, exercise seems to aid, physiologically, in the battle to keep off body fat once it has been, through resolute calorie reduction, chiseled away. In other work by Melanson’s group, published in September, laboratory rats that had been overfed and then slimmed through calorie reduction were able to “defend” their lower weight more effectively if they ran on a treadmill and ate at will than if they had no access to a treadmill. The exercise seemed to reset certain metabolic pathways within the rats, Melanson says, that blunted their body’s drive to replace the lost fat. Similar mechanisms, he adds, probably operate within the bodies of humans, providing scientific justification for signing up for that Thanksgiving Day 5K.
mercredi 11 novembre 2009
ANEB
L'ANEB est spécialisée dans le soutien des personnes vivant avec un trouble alimentaire. (Il est vrai qu'elle se spécialise davantage dans l'anorexie et la boulimie mais ils ont aussi une grande expertise pour l'hyperphagie, et je crois vraiment qu'au fond, ces troubles ont des racines communes.) J'avais fait appel à eux après une crise boulimique où je m'étais fait vraiment peur et demandé à être dans un groupe de soutien fermé pour l'hyperphagie. Ça a pris 3 ans avant qu'on me rappelle, un nombre suffisant de personne ayant aussi fait la demande d'être dans un groupe semblable. Je me suis alors demandé si j'en avais encore besoin. J'avais fait du chemin depuis. Mais j'y suis allée, puisque j'avais du temps et enfin une place, et je ne regrette pas.
Donc nous sommes 5 femmes qui se rencontrent toutes les semaines, 5 femmes à la langue bien pendue et au vécu divers, mais à quelque part, ces femmes me ressemblent tellement et m'aident à me comprendre. Ça me fait plaisir de les revoir chaque semaines.
On voit un thème différent hebdomadairement avec 2 animatrices expérimentées, et avons des devoirs pour la semaine. Je ne me sens pas capable de vous expliquer ce que l'on fait en détail. Il y a un ordre et le groupe vient vraiment ajouter beaucoup à la théorie et aux échange. Vraiment, mon groupe est extraordinaire.
Tout ça simplement pour vous encourager, si vous en sentez l'envie et le
besoin, à aller chercher de l'aide pour retourner à une relation saine et normale avec la nourriture. Pour certaines personnes, ce n'est pas un besoin mais pour d'autres, ça pourrait être un soutien précieux et il serait dommage de s'en passer par gêne. Pour moi, c'est un complément parfait à ma démarche avec ma nutritionniste. Vous avez peut-être, comme j'en avait, de fausses idées sur ce que vous pouvez y trouver...Je vous laisse les infos pour l'ANEB:
Groupes de soutien fermé
Si vous pensez souffrir d'anorexie, de boulimie, d'hyperphagie boulimique ou d’obsession envers la nourriture, et vous vous sentez prêt ou prête à entreprendre une démarche pour surmonter ce problème, nous croyons que nos groupes de soutien fermé peuvent vous aider. À l’intérieur de nos groupes de soutien, nous favorisons un environnement où vous vous sentirez en sécurité, compris et accepté et ce, de façon à vous rendre la tâche plus facile. Les groupes de l’ANEB sont des lieux d’entraide et vous donnent l’opportunité de parler en toute confidentialité avec d’autres personnes qui comprennent comment le trouble alimentaire peut affecter votre vie. Notre approche vous fournira des outils pour vous permettre de reprendre votre vie en main.
À qui s'adressent les groupes de soutien fermé d'ANEB Québec ?
Les groupes de soutien fermé s’adressent aux personnes âgées de 17 ans et plus qui vivent un trouble alimentaire ou une obsession de la minceur. Ils sont d’une durée prédéterminée, tout dépendant du groupe (Niveau I, Niveau II, Sexualité, Nutrition et Art) et ont lieu une fois par semaine, à la même heure ainsi qu’au même endroit. Ils regroupent environ dix personnes qui demeurent les mêmes pendant toute la durée du programme. La participation aux groupes de soutien fermés nécessite un engagement de votre part, c’est-à-dire que vous devez participer à chacune des rencontres et planifier vos autres activités de façon à ce qu’elles n’entrent pas en conflit avec l’horaire du groupe.Pour vous inscrire ou obtenir davantage d’information, n’hésitez pas à téléphoner à l’ANEB au (514) 630-0907 ou 1 800 630-0907.
NIVEAU ILe groupe de soutien fermé de Niveau I vise à mieux comprendre les troubles alimentaires et fournit de l’information sur leurs causes, leurs conséquences et leurs traitements. Ce groupe vous propose des outils afin de mieux gérer vos émotions et les situations auxquelles vous êtes confrontées. Ce groupe traite de sujet tels que la gestion de conflit et la résolution de problème, l’image corporelle, les idées irrationnelles, les émotions, l’estime de soi, les relations interpersonnelles et familiales, etc. Il offre aussi l’opportunité d’échanger et de poser des questions à des spécialistes dont une nutritionniste et une sexologue.
NIVEAU II
Le groupe de soutien fermé de Niveau II vise à maintenir les acquis réalisés lors du groupe de Niveau I en approfondissant certains thèmes. Ce groupe vise l’acquisition d’outils et mise davantage sur la responsabilité personnelle. Il traite de sujet tels que l’intimité, l’image corporelle, la communication, le stress, la procrastination, etc.
Pour vous inscrire au groupe de Niveau II, vous devez avoir préalablement participé à un groupe de soutien fermé de Niveau I.
NUTRITION
Le groupe de soutien fermé en Nutrition vise à fournir de l’information sur la nutrition en lien avec les troubles alimentaires. Ce groupe permet aux participantes et aux participants d’explorer et de mieux comprendre leur relation avec la nourriture et des stratégies sont présentées afin de modifier les comportements alimentaires malsains.
Pour vous inscrire au groupe en nutrition, vous devez avoir préalablement participé à un groupe de soutien fermé de Niveau I.
SEXUALITÉ
Le groupe de soutien fermé en Sexualité a pour but de favoriser l’épanouissement sexuel et relationnel des personnes souffrant d’un trouble alimentaire. Ce groupe aborde plusieurs thèmes dont les fausses croyances en lien avec la sexualité, l’image corporelle, la notion d’abandon et de plaisir, l’intimité, etc.
Pour vous inscrire au groupe en sexualité, vous devez avoir préalablement participé à un groupe de soutien fermé de Niveau I.
ART
Le groupe de soutien fermé en Art vise à vous faire cheminer par rapport à votre trouble alimentaire à travers divers médiums dont le fusain, l’encre, l’acrylique, la pastel, l’aquarelle, l’argile ou la pâte à modeler.
Pour vous inscrire au groupe en art, vous devez avoir préalablement participé à un groupe de soutien fermé de Niveau I.
mercredi 4 novembre 2009
Besoin d'idées!
Évidemment, je parle pour moi et respecte ceux qui sont arrivé à d'autres conclusions où qui n'ont pas osé ou voulu y réfléchir. Mais j'aime les mots de Christiane Singer:
La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute celui qui ayant regardé en face la nature de l'amour - ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations - sans illusions, se met en marche, décidé à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages ni le sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n'est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement honoré dans la traverse sans feintes d'une vie d'homme.
Ce qui rend le mariage si fort et si indestructible, c'est qu'il réunit un homme et une femme autour d'un projet. D'un projet fou. Souvent voué à l'infortune.D'un défi quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas tenter l'impossible, de rester, une vie entière, à la mesure de ce qu'on peut.
Je porte ma kéténéïtude jusqu'ici (J'ai le droit d'être kétaine: je suis enceinte. Si vous saviez tous les droits que j'ai décidé que cet état me valait...)Et en fait, si j'en parle ici, c'est que vous avez peut-être de bonnes idées pour une petite fin de semaine spéciale en amoureux... J'ai déjà comploté malicieusement un scénario parfait de kidnapping romantique mais je ne sais pas où cacher ma victime jusqu'à dimanche.
Des idées?
mardi 3 novembre 2009
Je ne fais pas d'exercice antirégime ou de réflexions intenses sur le sujet. Je le vis et ça devient simple, même s'il y a des jours meilleurs que d'autres. J'ai tellement gâché de moments et de temps de ma vie en rêves de minceur pour le futur, en obsessions, en haine de moi même, en comptage de calories, de portions ou autres... La nourriture reprends la place qu'elle aurait toujours du avoir pour moi, même si ça reste une joie et un plaisir.
J'ai diné chez ma grand-mère ce midi, avec ma cousine, si belle, si admirée de toutes, avec sa taille si miniature après 2 grossesses. Elle n'a pas mangé. Elle a joué dans son assiette en faisant manger le bébé. Je ne la vois jamais manger. Le midi, selon elle, elle se fait une grosse assiette de légumes et le soir, de la nourriture dissociée, un deuxième plat qu'elle fait en plus de la bouffe pour son chum et ses petits. Pourtant, elle n'arrête pas de dire à qui veut bien l'entendre qu'elle est chanceuse, qu'elle a un bon métabolisme, qu'elle mange beaucoup sans faire attention et qu'elle est gourmande. Mouais...
J'entendais la même chose au party d'Halloween ou je suis allée en fin de semaine, chez une amie designer de mode. La maison était pleine à craquer de mannequins qui ont parlé de bouffe et de leur invisible bourrelets toute la soirée sans toucher à autre chose qu'aux petites carottes sans vinaigrette, sur la table remplie de plats alléchants.
Les gens ne sont souvent pas honnête quand il sagit de leurs habitudes alimentaires, le nouveau tabou par excellence. Personne ne semble avouer qu'il trime dur pour garder sa taille, et pas que chez les minces. J'ai une connaissances qui me parle souvent de ses imaginaires problèmes de glande, avec un beigne répétitif à la bouche. Certains ont la chance de réguler leur poids avec facilité, d'autres ont de réelles maladies physiques, mais où sont ceux qui osent avouer leur lutte avec la nourriture?
On simplifie tellement l'équation du surpoids et du sous-poids que je peux presque comprendre qu'on en vienne à mentir de peur d'être jugés. Entre le trop et le pas assez, je pense que le problème est similaire et que certaines recettes qu'on présente comme solutions ne font qu'empirer le malaise et le problème.
mardi 27 octobre 2009
Séjour vacances à Ste-Justine
Aujourd'hui, je suis trouée comme une passoire. J'étais trop déshydratée pour qu'on arrive à m'installer un cathéter alors on a essayé encore et encore sur tous mes membres jusqu'à ce qu'on se décide à appeler l'anesthésiste. J'ai beau ne pas me sentir bien, il n'y a rien qui m'énerve plus qu'un perfusion i.v., surtout quand on te branche sur une calalisation trop courte qui t'oblige à dormir quasiment corps à corps avec le perfuseur et toutes ses jolies petites poches de substances quasi hallucinogènes. Il fut un temps ou au moins, on était tranquilles. Maintenant, avec 3 machines à bruit en plus des fils, si ce n'était pas de ce qu'on vous met dedans, vous ne dormiriez plus. Heureusement ou pas, j'ai pu dormir, planer même...
Juste avant mon hospitalisation, entre 2 séan
ces de vomissements, on a fait le prénatest. Bébé est parfait et adorable même en noir et blanc avec sa taille de Polly Pocket. C'est étonnant, boulversant d'entendre le coeur de ce petit être, de voir jusqu'a ses ventricules, de le voir bouger avec tous ses morceaux. Selon l'échographiste, "l'os pelvien semble plat", façon jolie de dire qu'on a pas vu de pénis et donc que ce pourrait bien être une petite fille même s'il est un peu tôt pour le dire. Je le (la!) soupçonne quand même d'avoir les pires traits de maman et de papa et d'avoir un certain penchant pour la dictature, même in-utéro. Il/elle commande déjà maman comme pas possible.Alors pour l'instant, je suis sur des médicaments étranges pour ne pas replonger. Ils ne sont pas suffisamment testés à mon goût mais il parait qu'ils vallent mieux qu'une maman cétonique déshydratée. Le diclectin n'est pas assez puissant pour l'instant.
Dans mes moments d'angoisse, je me dit que ça me fera au moins une excuse si mon enfant dit des gros mots, devient délinquant ou aime les couleurs fluos. Je pourrai accuser les médicaments quand vous ne pourrai blâmer que vos gênes et votre piètre éducation. Ah!
Tant qu'à l'antirégime, bah, rien à dire. Je mange quand je peux ce qui ne me donne pas trop idée que ça repassera en sens inverse, et souvent devant la télé pour ne pas trop y penser. C'est aussi ça, s'écouter, mais on dit que ça sera mieux bientôt...
Edit: je me relis et me rends compte que je chiale sur les soins hospitaliers comme une vieille radoteuse. Je tiens à dire que le service urgence mère-enfant de Ste-Justine est incroyable: pas d'attente, personnel adorable et attentionné, étages tranquilles, soins d'experts et très bon Jell-o. Je vous conseille vraiment d'y songer si vous êtes enceinte et que vous vous retrouvez malade! Ça n'a rien a voir avec les soins que j'ai pu recevoir jusqu'ici à un autre hopital universitaire célèbre du centre ville...
mercredi 21 octobre 2009
En vrac
Et puis, si vous préférez le faible en gras, il semblerait que nos pauvres phoques et orques en pâtissent et... deviennent gros!
Et vlan! Le corps est bien fait. On a envie de ce qu'on a besoin si on arrive bien sur à entendre sa propre voix au travers de ses émotions, des publicités et de l'odeur des cinnabons à la Place Ville Marie...
Dans un autre ordre d'idées, j'ai entendu quelques propos du chercheur Howard Steiger, qui est entre autres choses le directeur du programme des troubles alimentaires de l'institut Douglas, et ils m'ont donné envie d'en savoir davantage sur ses recherches. Si vous voulez un aperçu audio: L’obsession de la minceur mène-t-elle à l’obésité?
Je regardais la nouvelle charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, qu'il à co-présidé: de beaux principes, en espérant que ça se traduira en mesures concrètes! C'est bien beau les politiques et les grands mots mais ça ne franchit pas toujours les murs des bureaux des fonctionnaires.
La nouvelle sur passeport santé
et sur le site du Ministère
Pensez vous que ça aboutira à quelque chose d'intéressant?
lundi 19 octobre 2009
Télé diabolique
J'adorais le dire chaque fois que l'occasion venait. "Nous, on préfère être dehors, jouer de la musique, lire, se parler..." juste pour voir ce petit air incrédule ou admiratif qui se dessinait dans la face des autres. Ça me donnait un petit air d'élite, autant avoir l'air puisque je n'en ai ni la chanson, ni le sac à main, ni l'abonnement au théâtre de Quat'Sous...
J'ai décidé cette semaine qu'il me faudrait faire mon coming out, puisqu'une super émission passe en soirée, et avouer mon amoureux que finalement, j'aime ça la télé, moi, et que je vais l'écouter de temps en temps, bon, pis t'as rien à dire contre ça!
Manquant de courage, j'ai laissé la télé allumée et je suis partie pour la soirée. À mon retour, j'ai trouvé un gars hypnotisé la bouche ouverte devant l'écran, le cerveau amputé de la capacité de tourner la tête et de répondre quelque chose d'audible à "bonjour". C'était gagné.
Tout ça pour dire que, dans le cadre de mon retour désordonné à l'anti-régime, j'ai décidé qu'il serait prioritaire de revenir à manger sans distraction. Ma meilleure amie fait les combinaisons alimentaires? Moi aussi! Elle, c'est la viande sans les patates, le pain sans beurre ni confiture, les pâtes sans sauce et la guerre au dessert (bref, tout ce qui va bien ensemble ne doit pas être mangé ensemble, c'est l'alimentation sans le plaisir à mes yeux, yark!) ; moi j'évite la nourriture avec les livres, la t.v., le piano ou l'ordi.
C'est pas facile. Je rechute souvent. Rien ne me détends plus qu'une soirée devant un film à manger n'importe quoi sans y penser (n'importe quoi sauf des crudités sans trempette et autres absurdités dans le genre, évidemment). Et dans les autres moments, j'ai besoin de me distraire de moi, de l'anxiété de manger, de la solitude...
Pour changer une habitude ou une dépendance, il faut réaliser pleinement ce que ça nous apporte. La bouffe n'est pas un problème et moi non plus. Il faut juste enlever les interférences qui nous empêchent de communiquer...
J'entends certaines femmes dire que c'est plus simple de se libérer de d'autres dépendances comme l'alcool, la cigarette ou les drogues et que nous, qui traitons parfois nos émotions à coups de morceau de tarte au sucre, sommes constamment bombardées d'images de bouffes, d'incitation à manger, sans pouvoir éviter l'obligation de manger.
Vrai, mais faux. Nous sommes dépendants de la nourriture, mais ce n'est pas un problème! C'est un besoin vital et le plaisir que combler sa faim nous apporte devrait se savourer comme un verre d'eau quand on a soif ou une toilette quand ça fait une demie heure qu'on la cherche frénétiquement dans un centre d'achat...
On ne règle rien en blâmant la tarte au sucre ou en s'en privant. C'est simplement un malentendu dans l'utilité qu'il faut régler. Et pour ça, il faut communiquer, s'écouter surtout.
samedi 17 octobre 2009
Rêves de nuit et de pizza
La nuit dernière, j'ai rêvé, entre autre, que Karl Lagerfeld était mon voisin et qu'il avait une collection de jupes et de tutus accumulés depuis les années 50 avec lequel il dansait sans retenue et sans talent dans sa cours arrière.
Je ne savais pas que Karl Lagerfeld occuppe à ce point mon inconscient.
Il y a aussi souvent une petite fille qui traine là, dans un party de famille, et donc je m'occuppe pratiquement dans chaque rêve même si ce n'est pas la mienne. Je rêve de cette petite puce depuis ma fausse couche, quand j'étais allée la reporter dans un grand champ de fleur; il fallait la laisser à quelqu'un d'autre, pas le choix, mais elle revient souvent dans mes rêves sans que je fasse toujours le lien, et je m'en occuppe alors avec un amour débordant même si c'est pour un petit moment... Une manière de finir mon deuil j'imagine, même si j'ai l'impression de bien l'avoir fait.
Sur une note plus antirégimesque, j'ai vécu un autre moment de pur plaisir gustatif hier à la pizzéria Napoletana (coin Dante et de Gaspé, près du marché Jean-Talon). Ok, le resto a des allures un peu kitch mais pas besoin de se guinder pour y aller, et il est toujours plein et bruyant, mais n'est ce pas un bon signe? Tant qu'au service, c'est souvent assez ordianire... On oublie tout quand on se retrouve av
Facile de s'arrêter à temps quand les sens sont si comblé et qu'on s'offre l'opportunité de manger les restes le lendemains! Je me suis quand même laissée tentée par l'excellent Tiramisu et je suis sortie de la satisfaite sur tous les plans, sans être bourrée.
Ça fait partie du plaisir de l'antirégime: le resto, la découverte de nouveaux goûts, la saine faim qui décuple l'arome des mets, en sachant que tout vous est permis dans les limites de la faim, et c'est tant mieux parce que sans faim, le plaisir est moins grand.
Le petit déjeuner m'attends!
jeudi 15 octobre 2009
La mode ne tourne pas ronde
Il est fou, le monde de la mode.Je pense à Karl Lagerfeld, directeur artistique de chez Chanel, qui ose aller dire publiquement que personne ne veut voir des rondes sur les podiums. Quand on pense que dans le monde de la mode, les rondes sont ces filles-là, ça laisse perplexe.

Vous vous souvenez de Filippa Hamilton, cette fille dont la photo avait été exagérément retouchée et que j'ai mis sur ce site il y a quelques jours? Eh bien, elle ne travaille plus pour Ralph Lauren: trop grosse pour les samplers, selon ses dires et les sous entendus de la compagnie...
Karlounet Lagerfeld en a probablement plus contre lui même que contre les gros, lui qui a perdu presque 100 livres et se maintien de cette façon selon ses propres mots: "I eat next to nothing". Ça donne envie.
Et dans le registre Bitch, ce que j'envie le plus chez Karlichou, c'est son esprit: "Je ne veux pas me poser trop de questions parce que j'ai trop de facilités avec les réponses". Argh... Scotchée...
Non mais, on ne va pas s'en faire pour ce qu'en pense un vieux has been retouché, affamé et trop intelligent pour se poser des questions?!!! God!





