Affichage des articles dont le libellé est Catharsisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Catharsisme. Afficher tous les articles

samedi 27 septembre 2008

Se secouer les puces

Il n'y a pas grand chose comme une bonne session occupée pour me virer à l'envers. Depuis 3 semaines, je marche lentement vers le précipice qui termine la route de mon manque d'estime et de mon stress. Me demander de performer, c'est comme de demander à un pyromane de faire des constructions en alumettes. Je finis par exagérer, motivée par l'idée que je suis nulle dans tout et que quelqu'un va bien finir par s'en rendre compte. C'est que des cours et pourtant, j'attache ma valeur et l'amour et la fierté de mon amoureux dans leur réussite. Peut-on jamais être suffisemment performant pour être heureux quand on y attache autant d'idées? Si on y ajoute la pression que je ressens d'être dans un nouveau groupe, ça fait beaucoup de pression.

J'ai clairement perdu mon équilibre quelque part dans ces jours là. Quand je deviens une boule de stress, je n'arrive plus à rien sentir d'autre. Je disparais. Et je mange, sans arrêt et sans conscience.

Ça prenait peut-être une bonne crise de larme hier pour m'en rendre vraiment compte et me sentir un peu mieux. Je n'arrivais pas à pleurer depuis la rentrée, ça restait coincé, et ça montait. Pourtant, je me suis transformée en champlure dès que je suis entrée dans le bureau de mon psy, en lui disant que je n'étais pas si mal et en ne pouvant pourtant pas faire cesser ces maudites larmes. S'il arrêtais aussi de me parler de ses belles histoires de paternité et d'amour familial, je me controlerais probablement un peu mieux...

Moi je vais toujours bien, dans tout et malgré tout, surtout parce que j'haïs ça aller mal et que l'adversité est une opportunité d'être forte, alors ne pas arriver à s'adapter à de petits cours, c'est dur à prendre. Je crois que travailler en zone de guerre irait moins jouer dans mes zones d'ombre que d'être quelconque dans une université isolée du Québec, à bucher sur des cours avec des filles extraordinaires dont je ne me sens pas proche, assaillie par les doutes de me perdre dans ce métier d'empathie, de force et de douceur ou de n'être simplement pas à la hauteur. Parce que ça, ça me connecte sur moi, et pas sur mes aspects les plus zens.

Donc ça allait "tellement bien" que même sortie du bureau de mon psy, j'ai pleuré sur mon vélo jusqu'à chez moi puis longtemps dans les bras de mon chum.

Il m'apparait clair que je n'ai pas besoin de travailler sur mes cours pour me sentir mieux, mais sur mon estime de moi.

Je retourne étudier quand même...

mardi 23 septembre 2008


C'est un misérable état que de se sentir toute seule tout en ne pouvant plus supporter de voir autant le même monde tout le temps.

But de la semaine: me faire une amie avec qui parler de ça et explorer cette ville auquelle je ne me suis toujours pas habituée.

mardi 17 juin 2008

Défoulement

Je reviens sur mon exutoire préféré (après les chansons dans ma douche) vous parler de bouffe, parce que franchement, il faut bien penser à autre chose après la visite de mes parents. (j'ai du faire quelque chose de très mal dans une autre vie...).

Je vais au moins le dire ici faute d'avoir pu l'exprimer ailleurs: mon beau père est un être agressif, égoïste, borné et imbécile. Ma mère, elle, est une éternelle victime irresponsable. Ces deux là forment un couple si explosif qu'ils m'enlève tout droit d'exprimer quoi que ce soit.

Comment pourrais-je dire à ma mère qu'elle m'énerve quand mon beau père passe déjà son temps à la rabaisser? Je tempère... Comment pourrais-je dire quoi que ce soit à mon beau père sans que ma mère en fasse les frais? Je ravale... Et même quand je parle, pour ce que ça change... J'ai parfois l'impression qu'avec eux, je suis muette et invisible SAUF quand je peux avoir un quelconque rôle utilitaire. Ils viennent une fois par année, ne me demandent pas comment je vais, me parlent de leurs (stupides petits) problèmes puis repartent généralement dès qu'ils se sentent mieux, et si ça se produit avant que le souper que je leur ai fait soit prêt, tant pis, ils partent.

Après m'être occuppée de tout pour la psychose mon frère, mes parents débarquent pour un mois de vacances et arrivent en sauveurs pour faire des sorties avec lui et lui bousiller ce qui lui reste de santé mentale. Ils n'auront rien fait, sauf décider unilatéralement de le placer à une heure de chez moi en me confiant le mandat de m'en occupper à leur départ.

Ça, c'est la goutte de trop. J'avais fait des démarches pour que mon frère, à sa sortie de l'hopital, puisse aller dans une jolie maison avec des jeunes de son âge qui ont la même maladie que lui, un endroit ou il aurait eu des services de toute sorte tout en favorisant son autonomie. C'était parfait. Cet endroit, il était dans ma ville, ce qui me permettait d'aller le voir régulièrement, de faire des choses avec lui et surtout, de le savoir bien.

Mais mes parents, pressé de retourner à 6h d'avion de nous, ont fait des démarches ailleurs et ne veulent surtout pas avoir l'air con en se rétractant. La décision est finale...

Comble de ma frustration, moi je n'ai rien à dire sur le choix de l'endroit mais ils sont pret à me payer le billet d'autobus pour que j'aille voir mon frère souvent et que je veille sur lui. J'en ai rien à foutre de leur argent. Ce que je pense moi, c'est au bien être de mon frère mais aussi, à ma vie. Du temps, j'en manque. Je n'en ai pas pour le perdre en transport. Je ne suis pas une T.S., juste une grande soeur qui aime son petit frère et qui veut passer du temps avec lui pour le lui rappeler.

C'est ce qui me frustre le plus. Je n'ai rien a dire, mais j'ai les responsabilités. Toujours pareil. Qu'ils aillent se faire foutre. Tous.

En plus, pour mon frère, qui est la méchante qui l'a mis à l'hopital? Moi. Parce que bien sur, personne d'autre ne veulent qu'il les déteste, alors devant lui, ils font les innocents qui ne comprennent psa qu'il soit à l'hopital et quand il n'est pas là, je dois les rassurer, les encourager à aller le voir, leur dire ce que c'est la schizophrénie et leur rappeler que mon frère ne va pas leur sauter dessus subitement et les couper en morceaux.

J'essaie de me dire que j'ai fait tout ce que j'ai pu. C'est le cas. J'essaie de me détacher.

Quand j'y arrive, je tombe sur ma grand-mère qui pleure sans arrêt et qui parle si souvent et si peu subtilement de suicide. Mon oncle lui semble dans les derniers mois de sa leucémie. Il lui a dit que si elle se suicide, il ne lui pardonnera jamais. Pas très aidant, mais compréhensible. Lui il voudrait tellement vivre. Il a 9 enfants: 4 naturels et 5 en famille d'acceuil, et les petits ne savent encore rien... Mon grand-papa adoré se remet de son opération au coeur en surveillant étroitement ma grand maman et en passant le plus de temps possible avec son fils.

Pendant ce temps, mes parents me parlent de leurs problèmes de syndicat... Je ne peux que les écouter. Ça me fascine, tant d'égoïsme. Et en même temps, j'ai pitié d'eux.

*******
Qu'est ce que je peux bien faire d'autre maintenant que de passer de bon moments avec les gens que j'ai envie de voir, que de rappeler à ceux que j'aime que je les aime même quand ils pleurent, que de faire des tartes aux raisin à mon grand père? Bah rien. J'ai décidé de laisser le rôle de sauveur à Jésus et ses semblables puisque moi, je n'ai pas l'intention de finir cloué sur une croix par ceux que j'essaie d'aider.

Ça défoule un peu d'écrire. Mais ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas ici qu'il faudrait que j'écrive. J'ai besoin de dire à certaine personnes ce que je ressent face à elles, même si je ne dirai pas tout et même si je ne saurais le dire qu'avec gentillesse, en les ménageant, en essayant de trouver les mots. Je n'y arrive pas. Il y a assez de tempêtes dans ma famille sans que je commence à remuer, juste un peu, toutes les merdes si habillement cachées sous le tapis.

Mais je ne sais plus. Je n'ai plus l'impression d'éviter le problème en me taisant. Il devrait y avoir moyen, dans un monde d'adulte, de dire les choses pour qu'elles arrêtent enfin de faire des dommages en silence. J'ai envie d'un climat de communication et de respect. Dans ma famille, c'est plein de secrets et de cachette. On ne les évite pas, on en souffre juste mille fois plus que si on en avait parlé et qu'on s'était épaulé. Je ne juge pas, j'ai juste envie que ça cesse. Je ne supporte plus d'agir comme si cette façon de faire me convenait.

Une chose est certaine. J'ai commencé à parler même si on ne m'écoute pas. En douceur. Dans le respect des autres. Je ne peux pas juste m'effacer tout le temps pour faire le tampon entre tout le monde. Les choses ne changeront pas toutes seule. Elles ne changeront peut-être même pas. Mais moi, j'ai changé et j'ai envie de pouvoir exprimer ce que je suis, même si c'est différent de ce qu'on attend de moi. Les apparences vide, c'est hors de mon répertoire.

Sinon, ici, tout va bien. J'habite à une heure trente d'eux. 13 dodos, puis je suis au Guatemala. On planifie déjà nos prochains voyages, entre 2 sessions au bac en pratique sage-femme. Mes tomates et mes fraises poussent. Mon amoureux est fabuleux. Le moral est bon, la forme aussi. On devrait arriver à emprunter à un ami un petit chateau dans les cevennes pour notre mariage. J'ai pas à me plaindre, il y a toute la vie devant, et elle est belle!

vendredi 16 mai 2008

Hors sujet

Je n'écris pas, je sais.

C'est que mon frère est chez moi et qu'il est en psychose. J'ai passé mes derniers jours à l'urgence avec lui. J'avais promis de ne pas le laisser là bas, alors j'ai tenu ma promesse en restant avec lui alors qu'ils le forçaient à rester.

Mon petit frère à été choisi par Dieu en personne pour gouverner le monde et il a des tas de superpouvoirs. Dieu lui parle, mais il ne peut pas tout nous dire. Il doit combattre Satan. Le psychiatre parle de schizophrénie. Il y a plusieurs indices qui nous laissent croire que c'est plus qu'une psychose passagère. Mon frère n'a aucune intention de ralentir sa consommation, de prendre des antipsychotiques ou de rester à l'hopital. Et comme il n'est pas un danger pour lui même ou pour les autres pour le moment et qu'il est fraîchement majeur, il a le droit de choisir.

Alors en attendant, je suis déchirée entre la nécessité de le protéger de lui même et celle de le laisser s'adonner librement à tout ce que Dieu lui demande pour qu'il puisse avoir l'aide qu'il refuse. On a jamais envie d'imposer les choses à ceux qu'on aime, jamais envie qu'ils nous haïssent ou qu'ils croient qu'on les abandonnent et pourtant, c'est parfois le seul choix qu'on a. J'ai l'impression d'accumuler les décisions déchirantes et les positions délicates et de porter seule la responsabilité du bien être de toute la famille.

Je ne vous cacherai pas que je sens monter une colère que je crois bien légitime. Ce n'est pas la première fois que je me retrouve avec mon petit frère, complètement dysfonctionnel, sur les bras alors que je ne suis pas de ces gens qui lui ont fait du mal ou de ceux qui ont baissé les yeux devant ce qu'on lui faisait subir. Eux n'ont pas honte et ne se sentent même pas concernés. Ce sont même eux qui me pressent pour que je m'occuppe de tout sans me soutenir.

Il y a quelque chose de longtemps refoulé qui émerge et qui ne pourrait s'exprimer qu'en me défoulant à hurler une rage indicible ou en me mettant au kick boxing. Je me contente pour l'instant de courrir et de tenter de sublimer la colère qui monte.
______________________________

Edit: Alors que je terminais ce message, mon petit frère s'est rué dans ma chambre pour prier puis s'est mis à rire d'un rire indescriptible pour ensuite se mettre à entrer et sortir de la maison en hurlant à Satan qu'il allait lui casser la gueule. J'étais bien malgré moi complètement terrifiée devant cet homme bien barraqué qui semblait vouloir tuer tout ce qui se mettrait sur son passage. Deux minutes plus tard, la police et l'ambulance venaient le chercher. Ils ont du se mettre à 7 pour l'attacher et il passera la nuit comme ça. Dur de supporter de voir ça.

Demain matin, on revoit le psychiatre. Je crois qu'ils vont le garder. Il me restera à ramasser ma grand-mère, qui est en dépression profonde, à la petite cuillère en espérant que ça ne l'achève pas, à convaincre ma tante qu'il ne faut pas en avoir peur et à persuader ma mère, qui arrivera la semaine prochaine, qu'il ne faut surtout pas qu'elle le décourage de se médicamenter.

J'ai besoin de dormir et j'ai besoin de vacances. Mais sinon, ça va.

mercredi 16 avril 2008

Vertige pète un cable

Je suis un petit moustique qui tourne en rond et je trouve tout a fait concevable de me noyer dans un verre d'eau.

Attendre, c'est franchement pénible.
Quand il faut étudier pour les finaux en même temps, ça devient de l'acrobatie aérienne en formation dangeureuse qui exigerait une moustique reposée.
Je suis à bzzz.

En attendant, je me nourris avec de la merde qui ne me calme pas.
Il faut au moins réaliser que j'ai faim de projets à long terme, de réponses et de calme plus que de nourriture, a un point ou ça me coupe l'appétit... mais je mange pour faire comme si tout était normal et même plus que normal. Moi??? Bah voyons, toujours zen...

M'arrêter pour manger et m'écouter demande un calme que je n'ai pas. Et je n'ai pas envie de m'entendre de toute façon.

Le pire, c'est que ce n'est le SPM... Même mes règles m'abandonnent, c'est pas peu dire! Saletés de règles... Mon corps, il est pire que le syndicat de la STM à grever tout le temps.

Si les examens pouvaient finir, je pourrais arrêter de faire semblant d'étudier et aller courrir pour faire sortir le surplus d'adrénaline. Parfois, je cours longtemps mais elle finit toujours par venir, cette décharge d'endorphines sacrée qui calme mes petits nerfs en boulettes.

J'ai toujours fait mon chemin à force d'efforts et de volonté. Peut-être qu'il est temps d'apprendre que souvent, il faut juste laisser aller et que la patience et la confiance font aussi partie du jeu. L'incertitude et l'impuissance ne sont pas mes sentiments préférés et j'ai l'impression de les vivre tout azimut: carrière, famille, santé, etc...

Et pour ajouter à ma pré-crise d'hyperventilation, il y a ma belle-famille qui arrive directement de France bientôt pour rencontrer ma famille et découvrir ma région, une touchante attention de gens adorables qui n'ont pas idée de ce qui les attendent, même si mon amoureux a tenté de les préparer mentalement.

Je devrais filmer tout ça. Ça ne peut être qu'un désastre comme dans "Meet the Fockers" en espérant qu'il y aura aussi un happy ending.

Ma famille est très disons "spéciale", excentrique et sans aucune classe pour ne pas dire completement dysfonctionelle, et la famille de mon amoureux sont tout à l'opposé de ce spectre, des gens très maniérés et pleins de conventions qui n'imaginent même pas que des gens comme ma famille puissent exister dans la vraie vie.

Pour vous donner une idée, la mère de mon amoureux prépare le diner tous les jours à 12h17 très exactement, donne 6 croquettes à son chat avant d'aller au lit et prends le thé tous les jours avec ses amies incroyablement snob qui utilisent une pince spéciale pour prendre le carré de sucre qu'elles mettent dans leur thé.

Ma mère, elle, ne sait pas cuisiner, parle de sexe en faisant des blagues franchement douteuses, s'habille comme si elle avait 19 ans et se perds souvent dans des tendances nouvel-ageuses depuis qu'elle a arrêté la drogue.

Ma grand mère, de son coté, a mis des mois a ne pas frôler la crise de coeur en acceuillant chez elle pour quelques heures mon amoureux puisqu'il est français et qu'elle s'imagine avec angoisse que tout chez les français est bien mieux que chez nous et qu'elle n'est pas capable de les reçevoir. Malheureusement pour elle, cette impression fausse devrait être renforcée d'ici peu... Elle a le même age que ma belle mère et celle ci rêve de papoter avec grand-maman.

Je vais vivre 3 semaines de surréalismes complet. Je sens que je vais m'en rappeler toute ma vie.

Ça, c'est si je survie à mes examens, a mon entrevue, à mon peak de prolactine et a mes questions existentielle.

Maintenant que je suis EXTRÊMEMENT CALME, je vais retourner étudier...

mardi 8 janvier 2008

Cécité

Cher exutoire,

Depuis la reprise des cours remplie de stress et de belles filles plus jeunes et belles que moi et ponctuée de cette rencontre inoubliable avec Ken, la barbie folle en moi s'est réveillée. Je dois t'avouer, petit jounal numérique, que je me suis laissée allée à avoir honte de moi même, que j'ai pris toutes les occasions qui se présentaient à moi pour me peser et que pour dissiper ce malaise diffus et persistant, j'ai mangé même au delà de la nausée jusqu'à en avoir de la difficulté à respirer. J'ai retrouvé pendant quelques instants l'obsédée et la maniaque du gras qui se cache toujours dans un racoins de ma tête. Si Ken m'a tellement bousculé, c'est qu'il porte au front la même obsession que j'ai au coeur, la même folie: s'entraîner au delà de soi, manger comme un saint pour se battre contre la mort et contre la vie, pour ne pas être ordinaire, pour exister.

Je voudrais pouvoir dire que je me sens belle malgré tout ce soir mais je ne peux pas. Il y a un trou dans mon identité. Je ne sais pas si je suis grosse ou pas, belle ou pas, comme si mes yeux n'arrivaient pas à me voir. Certains jours, je m'entends, mais je me vois rarement. Ce soir, je suis sourde et aveugle. Il faudrait inventer des sons et des images.
Autant aller dormir.

lundi 7 janvier 2008

Ken and me

Le sport le plus difficile est sans aucun doute celui d'endurer ces petits sportifs grossophobes cons qui ne manquent pas partout ou on reproche aux gros de ne pas être.

J'en ai rencontré sur les pistes de ski de fond du parc de la Gaspésie: un collègue de mon O., champion d'escalade et fan de plein air, qu'on retrouvais par le plus mauvais des hasard au gîte du Mont Albert et qui, pour soulager mon muscle endolori de fille pas douée qui s'est plantée en pleine face dans une descente raide, suggérait qu'on laisse traîner de la bouffe pour me motiver à suivre plutôt que de me reposer. Si seulement j'avais eu le plein usage de mon pied, je lui aurait bien montré, moi, que j'ai de la vigueur pour ma grandeur!

J'en ai rencontré un autre ce soir. Un vrai et un total. Vous l'avez sans doute déjà vu à la télé. Il vient souvent donner son opinion de grand expert de la forme à des émissions bien connues, il entraîne nos grandes vedettes locales et écrit des livres d'exercices à temps perdu. Pour le plus grand malheur de mes oreilles, j'ai appris ce soir qu'il enseigne dans une université montréalaise et qu'il a moins de sens du pollitically correct lorsqu'il se trouve devant un public composé de 98% de mince. (Nous sommes une cinquantaine, devinez qui vient faire fléchir la statistique?)

Je l'appelerai Ken.

Ken, qui doit nous enseigner les bases de la science de l'activité physique, a plutôt passé ce soir ses 3 heures à épandre subtilement ses convictions anti-gras et son dégoût de ceux qui en portent trop à une classe d'obsédés de la chose en prenant tous les prétextes possibles.

Croyez vous qu'un prof qui fait une fixation sur l'horreur de cette épidémie d'embonpoint en parlant de "ces enfants qui vont coûter une fortune à la société parce qu'ils font tout pour tuer leur pancréas en restant étendus à manger du McDo en regardant la télé comme leurs parents obèses", qui souligne a un étudiant qu'il est "bien puisqu'il n'est pas gros" ou qui met dédaigneusement plusieurs photo peu respectueuses de personnes obèses dans ses notes de cours sans que le contexte l'exige mérite une plainte au comité de déontologie de l'université? Je me tâte...

Ken nous emmenera aussi nous faire pincer la graisse en groupe par une gang de futurs kinésiologues en mal de cobayes qui en profiteront pour mesurer tous nos paramètres physiques. J'me peux plus d'attendre ce moment, cette surprise.

J'exagère peut-être. J'ai probablement tord de me sentir visée par sa lutte anti-gras et pourtant, je suis revenue à la maison les larmes dans le coin de l'oeil comme si on m'avait personellement attaquée toute la soirée. Et de penser que je devrai lutter pendant 15 semaines pour me préserver de cette influence plastique satanique, je déprime.

Le stéréotype du gros paresseux qui mange devant la télé, je peux plus l'entendre. Et d'avoir devant les yeux un prof qui a des bobettes de plastique au lieu d'avoir de vraies couilles en affirmant que 95% des gens reprennent tout le poids perdu et plus encore sans se demander le rôle qu'il a a voir dans cet état de fait en tant que professionnel et en blâmant bêtement la volonté de ses clients, ça me rends triste autant que ça me fout en rogne.
Parce que perdre du poids, c'est facile, qu'il dit...

Si tu savais, Ken... Si j'en croyais le regard que tu jettes sur le corps de celles qui me ressemblent, j'aurais si honte que je deviendrais comme celles que tu juges parce qu'elles n'osent plus bouger dans leurs corps que tout le monde se permet de regarder parce qu'il pourrait coûter un jour au contribuable. (Et ça, c'est discutable)

Au final, je n'ai pas honte, homme de plastique. Je trouve seulement dommage que ton discours sente le sacrifice plus que la vie car je sais que rien ne change ni ne pousse dans ces conditions. Tu continuera à récolter ton 95% d'échecs et tes quelques déséquilibrés. Et si l'activité physique servait d'abord à se connecter sur soi, puis à être plus soi au lieu de chercher à devenir toujours plus comme les autres? Et si t'étais vraiment un grand entraîneur en osant autre chose que l'air sale du temps?

Je vais me coucher, Ken. Tu m'as trop tappé sur les nerfs et j'en perds mon créole.

vendredi 23 novembre 2007

Écriture défoulatoire

Ah, que c'est donc dur, que c'est donc dur...

Je n'ai pas faim. Je n'ai jamais faim. Alors je mange quand je n'ai pas faim. Et quand je mange quand je n'ai pas faim, je me sens coupable. Et je mange plus, parce que je me sens coupable. Et j'ai encore moins faim. C'est pas gagné.

Attendre la faim sans avoir la sensation de se priver, ça devient difficile après trop longtemps.

Là, j'attends la faim. Je pense à autre chose. Je prépare l'expédition de canot d'en fin de semaine. Je fais mon lavage. Je bouge. J'essaie de ne pas mettre d'énergie mentale la dessus. Au moins, j'ai le droit de ne pas penser qu'a ça. C'est un peu allégeant.

J'essaie de ne pas me sentir coupable pour les excès des derniers jours. Et de penser à autre chose qu'a manger sauf quand mon corps me le dira.

Mon corps me dit surtout qu'il se sent trop plein d'avoir autant mangé, trop vide d'avoir eu si peu de nutriments. Il faut remettre les compteurs à zéro.

Mais ma tête, elle, elle est anxieuse, et elle voit sans arrêt le frigo au milieu de la pièce, les placards. Elle a faim de ressentir autre chose que de la culpabilité, les "tu-devrais" et surtout, ce vide flou... Mais elle commence à savoir que manger dans ces moments là, ça ne lui donne que plus faim.

Quand la façon de manger est devenu le problème et la réponse au problème, c'est rushant.

Je ne veux que penser moins à tout ça. Mais pour y penser moins, j'ai besoin de savoir que sans y penser, je me fais du bien. Mais plus ça m'inquiète, plus je mange et moins je me fais du bien.

J'ai besoin d'écrire ces choses là, ces jours ou c'est difficile, pas à cause de la bouffe mais à cause des tempêtes que j'ai en moi. Penser à la bouffe, c'est un évitement, un mécanisme qui se renforce lui même. Je le sais, mais je ne suis pas toujours capable d'affronter. C'est un combat épuisant, d'autant plus que l'ennemi est souvent flou et que parfois, je me trompe et me tire dessus.

Mes faims psychologiques sont bien plus irrésistibles que mes faims corporelles. Au moins, la faim corporelle, elle se comble. On ne comble pas sa faim psychologique avec des aliments, on se gèle, et après, on a encore plus faim. Le comprendre, ce n'est pas régler la question malheureusement.

Alors qu'est ce qu'il y a donc pour me tracasser aujourd'hui? Autant déblatérer un peu, essayer de trouver ce morceau qui me reste pris dans la gorge, et l'avaler.

Comment je me sens?

Je me sens inutile:
après avoir tellement investis toutes mes forces pour les autres à la Mission, j'ai eu besoin de faire autre chose, mais ça laisse un vide. J'ai des compétences rangées dans le fond d'un placard. Je suis maintenant inutile et interchangeable.

Je me sens intruse:
j'ai la vie que j'ai toujours voulu avoir. Mon chum est exactement tout ce que j'ai toujours voulu. Le contexte est parfait. Je suis bien et calme, comme je l'ai cherché. Je n'ai plus de dettes. Je profite de mes fins de semaine et de ce que la vie offre de formidable. La seule chose qui cloche dans le décor, c'est moi. Mon identité, elle s'est faite dans les combats, dans un autre milieu. Je suis fière de mon vécu et de ce que j'y ai appris. Mais je me sens seule parmis ces gens qui pour la plupart, ne savent pas trop ce que c'est de se battre et de souffrir. Ce n'est pas une vertue, c'est juste différent. Et même là ou j'ai grandis, je ne me sens pas chez moi. Je me sens différente et étrangère à un peu tout le monde. Et je me sens seule. Sans trop de racines même si j'avais besoin de les couper. Je me sens plus vivre dans le monde d'une autre que dans le mien. Heureusement que j'aime les voyages et le dépaysement.

Je me sens moche:
je me sens grosse, ennuyante, quelconque. Laide. Pas attirante. Négligée même qaund je ne me néglige pas.
Sans attrait.
Invisible.
En y pensant, j'ai besoin de ressentir une logique et une raison pour ces gens qui ne sont pas là. Ma mère appelle souvent ma grand mère, mais jamais moi. Lorsqu'elle vient au Québec, si peu longtemps, elle passe son temps avec ses amies. Elle vient souper un soir, de peine et de misère, parce que je l'invite et qu'elle veut ensuite aller veiller dans la ville. C'est ma grand-mère qui m'a dit qu'elle revenait passer une semaine en décembre; ma grand mère qui appelait pour avoir des nouvelles du nouveau boulot de mon amoureux; ma grand mère qui ne m'a jamais appelé avant pour me demander de mes nouvelles à moi, et qui s'en fout de toute façon. Et moi je tangue entre l'envie d'avoir un lien avec elles et l'envie d'en être le plus loin possible. Mais une question plane toujours dans ma tête. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde s'en va toujours sans regarder derrière. Je suis derrière. Je pense être gentille, rigolote, intelligente, même si parfois je ne sais plus, mais pourquoi est ce qu'ils partent tous comme ça, physiquement ou émotionellement. Est-ce que j'ai déjà manqué à quelqun? Il est ou mon père? J'aurais préféré que le mystère reste entier plutôt que de savoir qu'il a pu plein de fois me voir sans vouloir. Et même quand il était là, ce n'était pas pour moi... C'est juste un autre qui est parti sans regrets. Qu'est ce que j'aurais pu faire de plus? J'ai tellement essayé d'être parfaite... Je ne suis jamais arrivée à l'être physiquement, alors une réponse facile pour mon esprit, c'est de penser que c'est parce que je n'étais pas assez mignonne. Je sais que ce n'est pas vrai, mais j'ai encore tendance à penser que si j'étais plus jolie, les gens ne partiraient pas. Je sais que c'est faux, mais entre le savoir et le ressentir...

Et mon amoureux, lui qui me dit qu'il m'aimera toujours et qu'il m'adore comme je suis, comment croire vraiment à ça? Sa sincérité me touche mais je n'y crois pas. L'amour d'un couple se brise bien plus souvent que celui d'une famille. Mais moi, je l'aime ce gars là, et j'ai toujours peur de le perdre, qu'il se détache et qu'il parte sans raison, parce que même si je crois être arrivée à ne pas reproduire dans mes relation les shémas malsains de ma famille et même si je crois que notre relation est saine et complice sans être fusionnelle et qu'on s'adore tous les deux, la vie m'a appris que parfois les gens partent. Je pourrais survivre mais quelque chose comme l'espoir en moi serait mort. J'ai parfois l'impression que je crois trop en nous deux, que c'est un trop grand risque que je prends.

C'est dur, cette relation, parce que c'est nouveau pour moi de me laisser aller à ressentir. J'ai toujours contrôlé mes sentiments. J'ai toujours été très cérébralement amoureuse. Je ne me suis jamais mis le pied dans une relation sans tater le sol, sans tout contrôler du risque. Je ne tolère pas d'être abandonnée. Je ne tolère même pas le risque de l'être et pourtant, maintenant, je me pousse à vivre sans filet parce que j'ai décidé que mes peurs n'allaient pas m'empêcher de vivre la vie au maximum. Mais elle est tenace, la peur, même si je la combat. Chaque fois qu'il me fait une surprise, chaque fois que je le trouve tellement beau avec ses petits airs, chaque fois qu'il est adorable et qu'il me donne les mêmes papillons qu'au début, j'ai un petit coup de peur au ventre, que j'enterre le plus loin possible mais qui en s'accumulant me donne certains jours l'envie de partir parce que je suis trop heureuse instantanément et que je ne suis pas habituée de me laisser couler sur un bonheur qui n'est pas mon unique création et qui ne dépend pas que de moi.

mardi 6 novembre 2007

Réflexions du coq à l'ane

Il y a toujours un moment (ou PLEINS de moments) dans le chemin vers le mieux être ou on se sent intensément mal.

Il faut savoir que ces moments sont parfois un bon signe que l'on avance, lorsque l'on prends conscience de ses douleurs, de ses faiblesses, qu'on voit mieux qui on est et ou on va. C'est certainement mieux que d'être dans l'indifférence que crée nos mécanisme de défense. Sans mécanisme, c'est nous qui avons à nous battre, mais nous avons aussi pour la première fois la possibilité bien réelle de gagner.

Prenons un personnage fictif, disons une fille qui écrit un blog anti-régime... Peut-être que cette fille se rend compte qu'elle se sent vide sans ses compulsions, qu'elle a peur d'exister mais qu'elle le désire tellement, qu'elle a repoussé constemment son bonheur, qu'elle a gaspillé tellement d'énergie et de temps à se détester et à obsessionner sur les régimes. Peut-être qu'elle aurait eu envie de faire une bonne crise cet après midi, qu'elle a mangé tout ce qu'elle pouvait en pleine conscience et sans anesthésie en essayant de combler le vide de son obsession par un mécanisme qui ne la calme plus.

Peut-être qu'elle avait la curieuse sensation d'un dernier baiser avec un amant dont on n'est plus amoureuse malgré soi. C'est déstabilisant de se sentir prête à autre chose, paniquant de ne plus avoir envie de se protéger de la vie, de devoir affronter ce qu'on traîne de lourd derrière.

Depuis que je lis des livres de régime, c'est à dire pas tellement beaucoup d'années après avoir commencé à lire Martine, je me suis toujours rêvée mince au futur, ce que j'associais à la liberté et au bonheur. Si je souffrais aujourd'hui, c'était pour être mince à mon bal des finissantes du secondaire, puis à mon entrée au cégep, puis à la fin de mon DEC, puis à tous mes débuts de programme, à mon conventum et encore, et toujours, comme si tout allait changer. J'ai parfois été mince mais jais jamais libre. Être mince, c'était être au coeur d'une bataille alimentaire et émotionnelle bien trop grande pour être tolérable à long terme, bataille que je refoulais car trop épuisante. On est jamais assez mince lorsque ce à quoi on rêve inconsciemment, c'est de disparaître pour que quelqun d'autre naisse en nous. On ne peut être que soi et on efface pas notre histoire et ce qu'on est en perdant du volume.

Pour la première fois, je me bat vraiment, mais cette fois avec amour pour être celle que je suis, et en profitant du bonheur qui coule de partout. Je crois vraiment que la seule façon de lutter dans la vie, c'est avec un amour inconditionnel pour soi, comme celui qu'on accorde aux autres mais qu'on se refuse souvent.

J'ai souvent lu qu'il ne faut pas chercher à changer l'autre dans un couple, qu'on prend et aime l'autre comme il est pour que cela fonctionne, mais combien de personnes vivent avec une haine d'eux mêmes motivée par cette promesse de soi idéal qu'il ont espoir de construire et de devenir?

Au moins l'autre, on le choisit au départ. Pas soi.

Moi et moi, c'est un mariage forcé, c'est une partie qui essaie d'aimer ce que la vie a fait d'une autre partie et le petit caractère de merde qui va avec. Mais je crois que c'est comme le couple. A un certain moment, il faut prendre une décision, choisir une position, une attitude et un chemin de vie: j'ai muri avant O. et choisi de bâtir avec lui parce que pour moi, la nouveauté et l'apprentissage, c'est en allant au bout de nous, pas en répétant les mêmes gestes avec 100 hommes, et parce qu'il en vaut infiniment la peine.

L'amour pour soi comme celui que l'on porte aux autres, il se construit et s'entretien. Et parfois, il nait.

La naissance, c'est un grand choc, surtout quand c'est la nôtre. Mon amour propre, je suis en train d'apprendre à le cajoler puisqu'enfin hors de sa bulle de protection, il a toute la vie à affronter.

vendredi 26 octobre 2007

L'extra fille ordinaire.

Aujoud'hui, alors que j'effectuais ma première journée à mon nouveau travail (une collectionneuse de livres de recettes ne peux travailler qu'à son lieu fétiche: le marché Jean-Talon!), j'ai eu l'occasion de réfléchir à comment la vie serait plus facile si j'étais extraordinairement belle.

Pas juste belle comme une pitoune de bar ou un fille mince dans la moyenne, non, belle comme ces filles si parfaites qu'elles détonnent dans le paysage, belle comme ma nouvelle collègue.

Quand je l'ai apperçue, j'ai été immédiatement fascinée par sa beauté. Cette fille possède une courbe de rein, de hanche et de poitrine parfait mais aucun volume superflu ailleurs. Elle a un visage d'enfant et de femme, un teint parfait qui rayonne la santé et des traits parfaitements équilibrés, et ses cheveux chocolat brillants, longs et ayant un volume parfait encadrent sa perfection. Et comme si ce n'était pas assez, elle a de magnifique yeux bleus profonds qui contrastent.

Elle est belle et elle le sait. Notre kiosque semble être un ode à la beauté de cette princesse, et elle en tire tous les avantages. Le seul que je prendrais est celui de faire ses pourboires indécents à servir ses clients avec l'énergie de celle qui n'a jamais rien eu à faire pour être adorée, alors que moi, qui prends plaisir à me donner à fond dans le service et la bonne humeur, j'ai touché aujourd'hui trois fois 25 cents. Personne ne reçoit de pourboire à vendre des pommes de toute façon. Rien de traumatisant à ça.

Pour le reste, c'est plutôt amusant de voir jeunes et vieux, intellos de gauche et gros biker sortir leurs grands mots, leurs yeux doux et leurs compliments pour la demoiselle qui encourage le culte avant de décréter, lorsque ses sujets amoureux s'éloignent, qu'il est désespérant que les hommes semblent agir comme s'il n'avaient jamais vu une belle fille, tout en faisant un clin d'oeil au vieux monsieur du kiosque d'en face qui en perds presque son dentier. Il y a plusieurs hommes et garcons qui passent par là, par hasard, lorsqu'elle travaille, d'autres qui appellent, certains sont subtils et d'autres pas du tout, personne n'est indifférent, ils deviennent tous un peu gaga, surtout s'ils ne sont pas trop près de leur femme. Sociologiquement fascinant.

Mais j'ai été surprise de mon propre sentiment face à cette fille et au cirque qu'elle provoque. Jalousie? Injustice? Envie? Niet! Pour une fille qui a passé une bonne partie de sa vie avec la confiance en soi basé sur le regard de l'autre, c'est tout un signe de "hottitude". Ben non, pas de jalousie ni d'appitoiment sur ce que la nature n'a pas daigner m'accorder, j'avais pitié pour cette fille qui n'a pas eu besoin d'apprendre l'effort ou la gentilesse pour plaire; elle semble agir de façon à provoquer cette attention artificielle qui se base sur sa chance plutôt que sa valeur et donc ignorer ce qui compte, ce qui fait qu'on ne craint pas de vieillir, de tomber, d'apprendre, de rire à s'en faire des rides, parce qu'on sait que ce qu'on est peut devenir meilleur avec le temps. Elle n'a pas non plus l'idée de regarder les trésors que les gens cachent en eux, milles fois plus précieux que cette apparence agréable ou pas qui les cache.

Je me suis sentie ordinaire, mais précieuse, intéressante à découvrir, belle à l'intérieur, à l'extérieur aussi mais de façon moins frappante et sans envie de l'être. Je me suis sentie chanceuse d'avoir tout se quelle semblait désespérément chercher: quelqun qui m'admire et qui m'aime pour tout ce que je suis, et de la force et du contenu, et cela, parce que j'ai du me battre pour grandir comme je l'avais décidé. Elle a de la chance, mais moi aussi, et tout autant, mais surtout, j'ai l'aptitude précieuse de faire plus avec moins (comme la cuisine de nos grand-mères!) Je trouve bien de pouvoir reconnaitre la beauté et les qualités des autres sans me sentir rabaissée si je ne les ai pas. C'est que j'ai évolué. (c'est mon blog alors j'ai le droit de me jetter des fleurs si ça me plait!)

Je dois devenir un monstre d'égo mais comme ce n'est pas désagréable, j'accepte de me penser meilleure que qui je décide, mais pour ne pas écoeurer le monde avec ma confiance, cela reste un secret entre moi et moi. Et vous!

lundi 22 octobre 2007

Dans le jus des troubles alimentaires

J'ai souvent du être suivie par un psychologue parce que c'était obligatoire avec mon travail d'intervenante. Une autre fois, j'ai eu droit à un suivi d'un an gratuit parce que je m'étais fait agresser. Maintenant, j'ai une nouvelle psychologue et c'est la première fois que je parle vraiment de ce qui se passe en moi. Je n'ai pas bullshitté volontairement les autres mais j'ai habilement évité tous les sujets chauds et ils n'y ont vu que du feu, croyant que j'étais une fille forte, résiliante et équilibrée et me félicitant pour cela. J'ai fait la part de bien des choses, mais j'ai besoin d'en creuser d'autres.

J'ai beau être une fille consciente d'elle même, m'investir réellement dans cette thérapie est un million de fois plus difficile que je ne l'aurais imaginé. Je croyais explorer la pointe de l'iceberg, soit mes troubles alimentaires, et je me retrouve la tête dans l'eau glacée, privée d'oxygène et les yeux plein de sel à tater un mur de glace immergé dont je ne vois pas la fin.

J'ai passé la fin de semaine chez ma grand-mère avec mon copain. Nous avons été reçus avec affection le samedi, puis nous sommes allés voir ma tante le dimanche, en prenant l'après midi pour aller marcher dans les montagnes automnales avec les enfants. Nous avons ensuite joué au cartes avec mes grands parents en nous amusant vraiment jusqu'a l'heure du départ. Une belle fin de semaine quoi.

Et pourtant, sur le chemin du retour, je n'avais envie que de disparaitre, de ne plus manger, d'avoir un contrôle absolu sur quelque chose, de souffrir. Ma thérapie me fait prendre violemment conscience des sentiments sous ces envies là. C'est pour exister autant que pour me punir que je ne mange pas et c'est pour taire ce qui crie que je mange. Je mange aussi pour avoir une autre raison d'être rejetée que pour moi même. C'est là que j'exprime les différents registres de mes émotions négatives, sur moi, et c'est si imprégné que je me rends compte de mon incapacité à faire autrement. Parce que je n'accepte toujours pas de remettre aux autres la responsabilité de leurs actes et de leur redonner la colère qu'ils méritent. Je me crois plus forte que les autres, la seule à pouvoir être tenue responsable des fautes des autres. Alors je prends tout. Manger ou ne pas le faire, parfois, c'est aussi juste un moyen d'expression pour narguer la foutue perfection qu'on me demande et que je me demande. J'ai besoin de transgresser l'idéal que je recherche parce qu'il est intenable.

Ce week end, je n'ai pas été en colère, comme d'habitude puisque je ne suis jamais en colère contre quelqun, mais tout était d'une clarté éblouissante. C'est à moi qu'à tout hasard ma grand mère parle toujours de violence conjugale, de parents irresponsable qui abandonnent leurs enfants, d'alcoolisme, d'abus et de tout ce qu'elle ne peut pas ignorer que j'ai vécu en m'affirmant toujours d'un ton catégorique et soulagé qu'heureusement, il n'y a rien de tout ça dans notre famille. C'est vers moi qu'elle vient chercher l'absolution de se fermer les yeux. Et moi, j'écoute, ébahie d'autant de déni, et je ne la contredis pas parce que je sais qu'elle sait au fond d'elle et que je sais qu'elle ne peut pas l'accepter. En étant toujours la plus forte, c'est toujours mon propre sentiment que j'ai dû oublier et ma réalité que je renie aussi moi même. J'ai bien essayé de parler de ce qu j'ai pu vivre indirectement puis directement, c'est trop dur pour eux et impossible à entendre.

Ma mère a aussi téléphonné à ma grand-mère pendant que j'étais chez elle. Ma grand mère lui a dit que j'étais là mais elle n'a pas demandé à me parler le moins du monde et n'a pas pris de mes nouvelles. J'ai tellement l'impression parfois de n'être rien d'autre qu'un objet utilitaire répondant aux besoins de tout le monde et devant par surcroit m'efforcer de prendre sur moi la culpabilité qu'ils pourraient en ressentir. On m'utilise pour le rôle qu'on m'a donné dans cette famille parfaite.

C'est une telle contradiction de se sentir si bien au milieu de cette famille aux apparences si idéales. Chez nous, dans le discours, on est là les uns pour les autres et le plus important, c'est la famille. C'est une telle mise en scène que j'ai l'impression d'être parfois la seule à accepter de la remettre en doute. Ils ont besoin de se voiler la face et je comprends que ce soit difficile à regarder, mais me forcer à croire à tout ça alors que je suis au beau milieu de tous ces trucs qu'ils ont volontairement ignoré, je commence à trouver que c'est pousser un peu la note. Et pour le soutien, il n'ont jamais été là d'aucune manière.

J'ai revu une grande cousine cet été à un party de famille. Elle a été abusée par son père pendant des années sans que personne ne dise rien. Elle a passé des années ensuite à ne plus venir dans la famille pour ne pas le voir. Maintenant elle vient quand il n'est pas là. Et tout le monde continue à faire comme s'il n'y avait rien eu, même après 10 ans d'absence. J'aurais eu envie de lui parler, de lui dire que je comprends mais surtout, de lui dire d'être en colère et de ne pas venir s'abaisser à revenir ici avec tous ces hypocrites que je me sais aimer autant qu'elle. J'aurais voulu qu'elle leur dise leur 4 vérités et qu'elle ne fasse pas comme moi. Mais j'ai fait comme les autres et joué mon rôle de petite fille parfaite.

Je ne veux même pas que personne se sente coupable de rien, je ne suis en colère contre personnes, je crois que les gens font ce qu'ils peuvent, que la méchanceté n'est souvent que le reflet des propres carences des agresseurs, mais je voudrais juste que ceux qui ont tout vu reconnaissent ce qui a existé, ce qu'ils ont laissé faire en continuant de se féliciter de leur innocence. Laisser souffrir quelqun et ne pas reconnaitre ce qu'on a laissé faire, c'est trop d'injustice en même temps. J'ai l'impression que c'est un peu de moi qu'on efface. Et en même temps, j'ai besoin d'oublier moi aussi.

Il y a surement des gens qui se demandent comment je peux bien écrire des choses aussi personelles sur la toile et se dire que ça ne fait pas trop de sens. Au contraire, c'est le seul endroit ou je peux m'exprimer sans faire de mal à personne. J'ai besoin, pour ne pas tourner ces sentiments contre moi même, de les reconnaitres et surtout de les dire, parceque franchement, s'il y a une chose que je ne supporte plus, c'est de me taire et de garder ce que j'ai pu vivre comme un secret honteux pour protéger les autres de sentiments que je ne m'épargne pas à moi. Je n'ai pas envie de changer le monde, juste d'être entendue et de m'imaginer comprise sans qu'on me prenne pour quelqun que je ne suis pas. (et aussi de changer le monde, je l'avoue)

Je ne vous ai pas écrit que ces temps ci, je flirt autant avec l'anorexie qu'avec les autres troubles. Il y a eu des jours ou je n'ai bu que de l'eau suite à un désir profond de faire le vide. J'ai eu beau me dire que c'était un jeune curatif, je sais bien qu'au fond, je joue avec mes pulsions morbides et que ça me fait peur de me sentir tellement mieux à ces moments là. C'est comme un break de thérapie. C'est pas le genre de choses qu'on écrit facilement sur un blog qui s'appelle "anti-régime". Je n'en suis pas fière.

Je passe mon temps à me battre avec ma fourchette, soit pour manger moins, soit pour manger tout court. Et je ne perds plus à bousculer mon corps comme ça. Et ces jours là ne sont pas ceux ou je m'accepte comme je suis.

J'ai décidé hier de ne plus me permettre cette façon de me sentir mieux, soit jeuner, et d'affronter. J'ai décidé ça en parlant enfin à mon amoureux hier soir dans le discours le plus décousu que je n'ai jamais produit. Il n'a rien dit, il m'a simplement serré très fort, très longtemps, parce que je n'arrivais plus à parler. Je ne me souviens pas d'avoir sanglotté comme ça depuis longtemps et je n'arrivais pas à arrêter à sentir tellement d'amour et d'acceptation. Je veux me sentir mieux et ce n'est pas en évitant et en m'installant confortablement dans mes troubles alimentaire que je toucherai à ce qui me blesse pour le guérir. Mais je me sens tellement perdue sans eux, surtout maintenant. Et je me sens énorme à un point que je sais ne pas être rationnel. Je m'insupporte à cette façon d'être trop là, trop présente.

Mais je sais qu'il y a aussi en moi une fille très saine qui arrive à manger parce que c'est bon et que c'est un moment de thérapie difficile à passer. Il faut juste faire grandir l'autre.

lundi 15 octobre 2007

Culpabilité

Ces jours-ci, je me plonge à fond dans le subconscient de mes émotions.

Suite à vos commentaires si constructifs sur "junk et culpabilité", je me suis mise à réfléchir sur ma culpabilité, celle qu'on semble toutes éprouver à divers degré.

J'ai envie de vous répondre même si j'aurais pu garder cette réponse pour moi. Peut-être que j'ai envie de dire au monde que je ne suis pas si coupable que je pense l'être. Et après tout, ici c'est facile puisque je ne vous cotoie pas.

Je me suis demandé si ma culpabilité avait rapport avec la bouffe. Puis me plongeant dedans (facile puisque ces jours ci, elle s'impose...) j'ai réalisé que ça n'avait rien de rien à voir avec la bouffe.

La bouffe me donne seulement une excuse pour me sentir coupable et c'est plus facile de gérer ça que de me sentir coupable pour tout et rien sans savoir pourquoi.

Il y a des jours ou je me sens coupable de vivre, d'exister, de respirer l'air que je pourrais laisser à d'autres. Il y a toujours au fond de moi de façon plus ou moins consciente ce sentiment d'être de trop.

J'ai bien des idées d'ou ça peu venir mais ça fait si longtemps que je me sens comme ça que je n'ai même pas le souvenir de m'être sentie autrement. Plus encore, ce sentiment fait partie de mon identité. Je ne sais pas comment vivre autrement. J'ai grandi avec l'idée qu'il faudrait au moins que je sois utile aux autres. Je suis profondément non individualiste parce que pour moi, je ne suis rien.

J'ai beaucoup exploré ça avec ma psy ces derniers temps: l'impossibilité d'être lorsque j'étais dans ma famille. Le rejet aussi.

Lorsque j'ai commencé à avoir une personnalité et à l'affirmer, et malheureusement ou heureusement pour moi, j'en ai toute une, ma mère ne l'a pas pris. Elle a jetté tout son dévolu et son amour sur mon petit frère avant de le rejeter aussi à l'adolescence. Même chose pour mon père. Je ne l'aimais pas, il le savait et me le rendait bien. J'étais différente d'eux. J'aimais l'école, je n'était pas délinquante. Et au fond, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi ils ne m'aimaient pas. Je crois que j'ai gardé de là la culpabilité primaire de croire que je suis intrinsèquement quelqun que les gens n'aiment pas. J'ai beau savoir que ce n'est pas vrai, ça reste gravé.

Et pour beaucoup de gens de mon petit village, je n'étais pas une fréquentation acceptable pour leurs enfants puisque j'étais "génétiquement programmée" pour être comme mon père (un toxicomane qui fait des banques, ça se remarque dans une petite région) et que, même si j'étais une enfant allumée, docile et gentille, "ça allait finir par sortir". Je me sentais bien coupable d'être qui j'étais et je ne pouvais absolument rien y faire. En plus, on était pas riche et j'étais mal habillée, pas sure de moi, j'avais de grosses lunettes horrible. Mon primaire, je l'ai passé toute seule avant que mon caractère me donne le droit d'être plus populaire au secondaire, mais je ne me suis jamais sentie comme les autres et même si on m'aimait, je me disais qu'on m'aimait pour ce que j'apportais et pas pour ce que j'étais. Je ressent encore ça.

Dans la même période, celle de l'adolescence, j'avais beau rapporter les meilleures notes, m'impliquer dans toutes les causes et n'être pas très difficile, c'était la guerre avec ma mère. Ma mère est une personne qui peut être très méchante et manipulatrice mais en même temps, une personne très fragile. Je me suis toujours sentie responsable de son équilibre. A cette période, on a eu des engueulades horribles. Je ne pouvait plus prendre d'elle celle sur qui elle passait ses humeurs et de me faire dire que je manquais de reconnaissances pour elle qui avait gaché sa vie en s'occupant de moi alors que j'essayais bien de montrer toute la grattitude au monde mais que parfois, il pouvait m'arriver d'oublier de ranger mes bottes ou de casser un verre sans que ce soit un manque de grattitude.

J'ai été tellement méchante plusieurs fois, à lui dire des vérités qu'elle ne voulait pas entendre mais je devais me défendre au moins un peu et, sur le coup, ça me faisait du bien de pouvoir dire ce que je pensais. Une petite réplique voulait souvent dire des heures à me sentir coupable alors qu'elle pleurait dans sa chambre et que je devais ensuite la ramasser à la petite cuillère par ma faute, pour avoir dit une parcelle de mes pensées que dailleurs, je pense encore. Ensuite, alors que tout semblait correct, mon beau père revenait de travailler, ma mère lui racontait que j'avais été méchante sans entrer dans les raisons, et là, je ne pouvais que me taire et encaisser avec une arrogance dans le regard qui me donnait droit à plusieurs coups supplémentaire mais qui me préservait. Il n'a pas réussis à me soumettre comme il l'a fait avec mon frère et ma mère. Lui montrer, ça m'a formé à la vie.

Souvent, ils en avaient marre de moi et m'envoyaient ailleurs. Plus jeune, ma mère se contentait de m'emmener en voiture et en me disant qu'elle allait me porter à la DPJ, là ou je pourrais avoir bien honte d'être avec les autres enfants méchants que les parents ne veulent plus garder. Ça me semblait un endroit horrible et ça me faisait suffisemment peur pour que je disparaisse et m'abstienne de respirer pour ne pas déranger. Souvent, on allait que diner au resto et elle était gentille. Ça me fuckait complètement la tête de ne pas comprendre pourquoi elle voulait me donner et de la voir si gentille avant de le faire. Il devait y avoir un méchant dans l'histoire et si ce n'était pas elle, c'était moi. Alors je devais être encore plus gentille que gentille puisque j'étais coupable. De quoi???

Par la suite, vers 11 ans jusqu'a 15, je revenais de l'école et mes valises étaient prêtes. Souvent, je ne savais même pas ce que j'avais fait alors je me suis mise à penser que même si j'étais une ado parfaite, j'avais quelque chose à l'intérieur d'haïssable. Les gens de ma famille adorait m'avoir et j'étais tellement bien chez eux que j'aurais voulu être de leurs enfants, mais je finissait toujours par retourner chez ma mère puisque je sentais tellement que je dérangeais leurs habitude. J'essayais d'être invisible mais je ne l'étais pas. J'essayais d'aider avec les enfants et le ménage mais ils devaient acheter plus d'épicerie pour me nourrir. Je me sentais de trop, et très coupable et je braillais tout les soirs tout en étant le plus souriante et agréable possible le jour. Ça aussi, ça m'a rendue forte et j'ai appris à pouvoir être heureuse quand je le décide, mais le bonheur semble étrangement lié à la culpabilité d'exister. Quand je suis heureuse, il y a un coté de moi qui se sent coupable, et je me met toujours à penser à ceux qui ne le sont pas. Ça donne une raison à mon propre sentiment.

Je n'arrive pas à me défaire de cette culpabilité puisque j'ai beau savoir aujourd'hui que les enfants sont parfois bien vulnérable face à leur parents qui auraient probablement du ne pas l'être, je n'ai pas toujours pas accepté de ne pas avoir su apprivoiser mes parents, de ne pas avoir été une enfant que les autres aiment spontanément. J'ai été bien forte, je m'en suis bien sorti, mais je n'ai pas été parfaite. Je sais que ce n'était pas possible mais je le voudrais.

Pour que cette souffrance ait un sens et comme je ne peux ni ne veut en vouloir à personne puisqu'ils ont surement leurs raisons, la seule personne que je conçoit assez forte dans toute cette histoire pour avoir pu faire mieux, c'est moi. Je suis la seule personne sur qui j'ai un controle et la seule à avoir pu changer mon monde et je ne suis pas arrivée à le faire.

La pire rage pour moi, c'est l'impuissance. Et même si l'impuissance est parfois un fait, je me sens coupable de tout. Le controle de moi même est quand même ce qui m'a permi de garder une certaine valeur à mes yeux et d'arriver à être adulte même quand j'étais enfant, à avoir des valeurs, à comprendre mes parents et à me dire qu'ils avaient tord, à pardonner, à me bouger dans la vie, à aller au delà de ce que je me croyais capable, à grandir, à être fière. Sans contrôle, c'était le gouffre.

Et c'est encore de cette façon que je perçoit la perte de contrôle, même si j'en ai parfois besoin. Une crise alimentaire, c'est se jetter dans le gouffre et aller à la rencontre de mon coté fragile et vulnérable. Et quand je ne fais plus de crise, je ne sais plus ou me jetter. Hier, encore cette sensation diffuse de culpabilité et je suis retourner jouer au tennis. Je ne peux pas rien faire lorsque cette sensation me submerge, c'est intenable. Le tennis, ça a un coté agressif qui me fait encore plus de bien lorsque j'accepte d'être agressive. Je ne suis juste pas encore assez bonne pour tuer la balle comme je le voudrais.

Bon, assez de mélodrame, je déteste ça. Désolée pour vos yeux.

dimanche 7 octobre 2007

Délire hormonal

Faut surtout pas penser que je sais quoi faire pour bien manger.

Ces derniers jours ont été catastrophiques. Je me suis jetée sur bonbons, chips et McDo comme si c'était la dernière fois que j'en voyais. J'ai été incapable d'en laisser dans mon assiette. Je me suis sentie coupable. J'ai eu un retour d'envie de soupe aux choux et j'aurais récidivé si seulement je pouvais croire qu'un régime peut être efficace. Malheureusement, je n'y crois pas. Plus dur de faire le ménage de sa tête que de plonger dans les crucifères, mais plus efficace.

J'ai des excuses: elles sont mauvaises, mais j'en ai.

Je crois que l'on peut affirmer que lorsque je dois détourner la tête en roulant en voiture pour ne pas que l'amoureux voit les larmes qui me montent aux yeux lorsque je me laisse porter par mes émotions et ma kétainerie, en essayant pourtant de me retenir, touchée jusqu'a l'os par le cd de Linda Lemay que j'ai pourtant entendu mille fois sans débordement lacrimal et que quelques jours plus tard, je suis dans les jours rouges du mois, c'est qu'il y a un SPM d'une intensité peu commune qui m'a possédée contre mon gré.

Ma rage de ménage d'hier indique aussi en ce qui me concerne, un débalancement hormonal et psychologique inhabituel, un trouble profond de mon identité et un événement spectaculaire de par sa rareté. Je n'ai pas que fait le ménage en profondeur, j'avais envie de le faire, et le zèle avec lequel je m'y suis prise à semé la stupeur de mes colocataires dans le sillon de ma guenille.

J'ai arrêté la pillule depuis peu après un cour sur la contraception qui a réussi à me réconcillier avec le plastique par défaut. Ça explique peut-être cette hystérie passagère. A voir tous les effets secondaires et les actions de la pillule, je me suis dit que j'étais mieux sans. Là, je doute.

Je sens le changement: je me sens plus énergique depuis que je ne la prends plus.

En prime, j'ai aussi une libido qui ne peut que me laisser frustrée, je retrouve le bonheur des boutons prémenstruels et des cheveux qui sont gras le soir alors que je les ai lavé le matin, j'ai une humeur en dent de scie à quelques périodes de mon cycle, je ris davantage, je braille tout autant parce que tout soudainement devient si émouvant... J'avais oublié que la pillule m'a stabilisé a bien des niveaux. C'est si beau vivre au naturel, si idéal chez mes amies les écoloféministes, mais le problème, c'est que je suis un peu moins supportable sans mon surplus quotidien d'oestrogène et de progestérone. Je suis addict.

Mais là, ça fait les niaiseries; j'ai du prendre quelques livres inutiles pendant la fin de semaine puisque je me sens gonflée comme une chouquette et la peau grasse comme une poelée de bacon. Je ne me sens pas bien et je crois que ce que j'ai mangé sans avoir faim fait un bon coupable.

J'ai un peu perdu le fil de mon bonheur alimentaire ces temps ci. Je dois me reconcentrer sur l'instant présent lorsque je mange et en tirer le maximum de plaisir et surtout, envoyer paître cette culpabilité qui revient à la charge. C'est tellement simple de manger à sa faim et c'est en même temps l'apprentissage le moins évident de cette période calme de ma vie.

J'aimerais bien aussi aller m'entrainer cette semaine. J'ai besoin du calme que ça me procure après. Je prendrai de l'adrénaline pour baisser mon cortisol et aténuer le déficit de mes hormones sexuelles. Bouger, ça fait du bien à mon surplus de prolactine.

Moi au naturel: une boule d'hormones délurées.

mercredi 26 septembre 2007

Martine au tribunal

Comme je ne suis plus à l'université à temps plein, je ne peux plus voir le psychologue que je n'avais d'ailleurs, pas encore vu. Ce blog et l'écriture étant un exutoire de choix, je viens encore écrire plutôt que de manger le stress qui me ronge. Libre a vous de ne pas lire...

En passant, je ne m'appelle pas martine, c'est juste que ces petits livres de mon enfance ou tout est rose rendent le contraste avec la réalité rigolo. Je vous avoue que j'ai un sens de l'humour parfois douteux, mais moi ça me fait rire, et c'est ça l'important.

J'ai travaillé pendant 5 ans dans un OSBL tellement dysfonctionnel que j'ai peur que les gens ne me croient pas quand j'en parle.

Le directeur était un homme qui utilisait souvent les ressources de l'organismes pour ses fins, les employés étaient mal traités et personne ne reçevait d'augmentation ou de poste plus intéressant sans être ami avec le directeur.

On a pas eu le choix de se syndiquer pour mettre un peu d'égalité dans le traitement des employés. Le board à viré le directeur et en a engagé un autre, un avocat en droit du travail...
J'ai décidé de me faire élire sur l'exécutif comme secrétaire pour pouvoir faire ma part. Je n'avais jamais fait de syndicalisme et j'étais bien enthousiasmé.

Malheureusement, je n'étais jamais mise au courant de rien puisque rapidement, les décisions se prenaient à deux ou trois dans le bureau du directeur. Le syndicat s'est trouvé être encore plus dysfonctionnel que l'organisme, si ça se trouve. Les gens ne respectaient paas leur mandats, certain s'accaparaient tout le pouvoir, j'ai fini par démissioner aussi plutot que d'être associée à ça en laissant cet exécutif corrompu sur lequel je n'avais aucun pouvoir puisque même la conseillère syndicale refusait de reconnaitre les faits, se démerder seuls.

Le président a fini par disparaitre avec la petite caisse.

Nouvel exécutif, j'ai décidé de me représenter puisque j'y croyais encore. J'ai poussé l'élection d'une présidente qui finalement s'est avérée manquer cruellement d'intégrité et fricoter contre les employés avec la direction, assurant ainsi la promotion de sa carrière. Elle a maintenant les meilleurs postes malgré qu'elle soit une intervenante médiocre et est toujours présidente.

Après avoir passé 2 réunions à pleurer d'indignation et à me sentir toute seule à vouloir fonctionner en coopération avec l'employeur sans le laisser faire ce qui ne se fait pas, j'ai pas mal décroché.

Surtout qu'au niveau de la job, des employés se faisait harceler, allant jusqu'aux menaces de mort, et plutot que de les défendre, la présidente était impliquée.

Notre nouvelle directrice du pavillon étant visiblement quelqu'un avec de lourds problèmes de personnalité, j'ai décidé de ne pas attendre le burn out comme tant d'autres et je suis partie, dégoutée. L'autre d'avant était gentille, mais d'une incompétence hallucinante qui arrangeait certaines personnes.

Après 5 ans de travail dévoué que je faisait pour mes clientes itinérantes en oubliant le reste, pas moyen d'avoir une bonne lettre de référence puisque j'étais de toute façon une tête à sortir même si je faisais de l'excellent travail et que j'avais monté plusieurs projets pour les femmes sur mon temps. Mon intégrité et mon obstination a obtenir le meilleur pour les clientes ne cadrait pas avec la place. J'ai aussi trop souvent dénoncé, en toute politesse et en finesse, des situations aberrantes que je ne pouvais pas accepter. Pourtant, j'y suis restée longtemps malgré les risques et le reste, parce que j'aimais mon travail si on enlevait toutes ces merdes administratives. J'aimais ces femmes si fragiles et fortes à la fois. Et ils ne pouvaient pas me virer puisque mon travail était irréprochable et que j'étais syndiquée.

J'ai quand même passé plusieurs mois à ne plus vouloir entendre parler de communautaire après mon départ.

Bref, je suis partie et maintenant, je suis convoquée comme témoin principal à deux procès contre le syndicat et l'employeur.

Le premier procès est lundi et laissez moi vous dire que je sens que je vais me faire démolir. Je suis obligée par la loi à m'y présenter et je ne saurais faire autre chose qu'être intègre. Ce qui veut dire que les 2 camps vont me hair si on me pose trop de questions et on va surment le faire puisque je suis le témoin principal de la partie demanderesse en tant que membre de l'exécutif syndical.

Le problème, c'est que le lendemain du premier jour de travail de la demanderesse, il était évident qu'elle avait de lourds problèmes et j'ai suggéré à ma directrice de la virer pendant qu'elle le pouvait légalement. Bien sur, on ne m'a pas écouté et apres sa période de probation, l'employeur s'est rendu compte de la faute de ma directrice et a cherché à la virer en inventant n'importe quoi. Ils l'ont suspendu pour harcellement sexuel sur les clientes, ce qui est bien évidemment de la foutaise, et l'ont harcelé psychologiquement sans relache dans le but qu'elle quitte. Pire, ils ont mis de la pression sur une cliente pour qu'elle signe un faux témoignage. Ils ont été salaud.

Je crois que si on veut virer quelqun, il faut avoir des raisons valables, les prouver et puis faire ça dans la décence. J'ai dit à l'exécutif de la défendre en réunion. Silence de glace. J'étais la première à trouver qu'elle ne correspondait pas du tout au profil de l'emploi, mais le role d'un syndicat est de défendre les employés selon la convention sans jugement des personnes. Ils ne l'ont pas défendu. Je me souviens les avoir avertis qu'elle était assez folle pour les poursuivre s'ils ne le faisait pas. C'est ce qu'elle fait maintenant. J'était d'accord pour qu'ils la virent, mais pas comme ça. C'était hallucinant qu'ils l'aient engagé pour commencer mais vu l'incompétence a tous les niveaux, c'était a peine surprenant. Moi j'ai quitté peu après, écoeurée. Il faut dire que je venais de présenter à l'employeur un projet de collaboration avec les psychologues de médecins du monde pour élaborer de meilleurs suivis avec les clientes et que ce projet, gratuit et enrichissant, avait été refusé puisque ma directrice avait peur (avec raison) d'avoir l'air folle et qu'elle me l'a dit tel quel.

Alors voilà, j'ai un ordre de comparaitre pour lundi.

Par soucis de transparence, j'ai appelé mon ancien conseiller syndical pour lui dire que j'avais été convoquée à la cour, pour qu'il ne soit pas surpris de m'y revoir et de m'entendre. Il m'a demandé ce que j'allais dire et je lui ai dit que je maintenait ce que j'avais toujours dit: qu'on aurait du la défendre mais que je n'étais pas là pour savoir ce qui s'était passé après. Il était visiblement surpris, pas du tout content et m'a promis que je passerais un sale quart d'heure en court. Puis il s'est radouci, réalisant peut-être que cette fois, j'ai le gros bout du bâton, et m'a dit de parler selon mon coeur et me demandant si je peux le rencontrer avec l'avocat du syndicat vendredi, avant le procès lundi.

Ce n'est que le début, cette fille ammènera aussi en court l'employeur après le syndicat.

Une de mes grande amies emmène aussi le syndicat et l'employeur en court. Je suis encore un témoin clé. J'aimerais vraiment qu'elle gagne. Tout ce que le syndicat et l'employeur lui ont fait subir est profondément injuste et dégradant alors qu'elle est la meilleure intervenante que je connaisse.

C'est juste que j'aimerais bien rester hors de tout ça. Maintenant que je fais du bénévolat dans un organisme tellement super qu'il me réconcilie avec les OSBL, maisntenant que j'ai une entrevue pour un poste que j'aimerais ou pour lequel je crois avoir de bonne chances lundi après midi (en espérant que je serai libérée à temps, je me vois mal expliquer tout ça a un employeur potentiel) et maintenant que je réalise comme je suis bien loin de tout ça.

Pour en revenir à l'organisme, j'ai été la assez longtemps pour croire que ça pouvait changer, assistant à la naissance du syndicat, au renouveau de l'administration et à plein de projets. Maintenant, je crois que le mieux pour tout le monde serait que cet organisme brûle, laissant place à d'autres qui ne pourraient pas faire pire.

jeudi 20 septembre 2007

Chaos

Peut-être vais-je finir par me souvenir que de bouffer mon mon frigo n'a jamais rien fait ni pour mon stress, ni pour mes questions existentielles. Peut-être qu'a force de l'écrire? Peut-être...

Aujourd'hui: chaos alimentaire. J'ai découvert que si je veux être sage femme, je me tappe la physique et les math pour rien, et qu'il est trop tard pour les abandonner. L'université m'étouffe et j'ai juste hate d'en sortir ou au moins de faire quelque chose de concret. Mais de toute façon, je ne suis vraiment pas certaine de pouvoir supporter ça.

J'ai découvert que je rêve encore d'écrire pour le national géographic et de vivre en nomade avec mon amoureux tout en ne supportant pas l'incertitude ou l'instabilité. Quoi que je fasse, il y a un coté de moi qui en souffre. Si je me suis dirigée en soins, c'est pour ne pas avoir à choisir entre l'humanitaire et le confortable 8 à 4 qui font bien rentrer les sous à deux pas de la maison. Depuis le secondaire que j'y pense et à 25 ans, le dilemme n'est qu'au point ou il est plus impératif d'être tranché. C'est désirs contradictoires là, pour moi, c'est une grande immaturité que je n'accepte pas. Je n'ai pas de milieu entre mon besoin de vivre intensément et mon besoin d'être rassurée constemment comme une petite chose fragile que je refuse d'être.

Mais là, il faut décider, et il y a tant de trucs qui en découlent pour le futur loin et rapproché que ça me donne le vertige et l'envie de partir loin pour ne plus y penser. Je suis paralysée de possibilités.

Je dois avouer que la bouffe d'aujourd'hui ne m'aide pas. Ces jours là, je me sens comme, je ne sais pas, comme rien. Mon chum arrive bientôt et je n'ai même pas envie de le voir. J'aurais besoin d'une semaine hors du temps et de l'école pour réfléchir sans obligations et sans jugement. Mais dans ce monde, les seuls moments hors du temps que j'ai, c'est quand je mange dans un état d'esprit ou je suis absente. Ça peut sembler dingue pour celles qui n'ont pas de problèmes alimentaires, mais je sais que d'autres comprennent.

mardi 18 septembre 2007

Divorce

J'ai pris l'habitude de venir me délester ici de ce qui m'habite. Ça fait tellement du bien.

Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un homme dont c'est l'anniversaire demain.

Il y a quelques années, j'étais une jeune fille bien perdue. Je reprenais mon souffle après être partie de chez moi au grand bonheur de mes parents, j'étais au cégep sans trop savoir ce que j'y faisais, je cherchais un sens à ma vie qui m'apparaissait vraiment trop pleine de possibilités alors que je pouvais enfin m'approcher de la fenêtre de mon avenir et y voir une multitudes de chemins.

A ce moment là, je jouais dans un petit groupe de musique chrétienne. Qui pourrait croire que j'ai déjà été une fervente croyante? Mais déjà à 16 ans, j'avais trop de questions pour être tolérée dans cette église autoritaire et dogmatique. Quoi qu'il en soit, j'étais la pour la musique et pour le beau Jonathan.

Il y avait un autre gars, notre batteur, un gars tellement gentil avec un coeur gros comme ça, mais j'étais trop occuppée à fixer Jonathan pour le remarquer. Et il ne me remarquait pas non plus alors on était quitte. On était de bon amis, on jouait ensemble, on faisait des activités en groupe, je l'avais même forcé à accompagner une amie à mon bal de finnissant puisque j'y allais avec Jonathan.

Le soir de mon anniversaire, j'étais seule. Il m'a invité au ciné parce que c'était un gars gentil. On a beaucoup parlé, on a rit et je me suis dit que ce gars était vraiment un bon ami.

Puis, il y a eu l'anniversaire d'une amie. Je n'étais pas en forme. J'ai tellement bu que j'ai eu le seul black out de ma vie. Quand j'ai repris mes esprits, je lui racontais à quel point la vie était belle et injuste, je lui parlais de mon père et lui, il me raccompagnait gentiment chez moi.

Il s'est mis à m'inviter de plus en plus souvent, trouvant tous les prétextes.

Peu après, il m'invitait aux pommes en groupe, et tous nos amis s'étaient mystérieusement désistés. Je me souviens du soleil et de la légèreté de l'air ce jour là. On est allé cueillir des pommes puis marcher dans les feuilles d'automne. Il m'a pris la main pour m'aider à monter sur un rocher puis j'ai décidé de ne plus la lâcher. Ce jour là, on s'est embrassé sur le bord d'un lac. C'était ma première fois. J'avais eu des tas de petits amoureux avant mais je savais bien détourner la tête au bon moment.

Il a été le premier dans tout. Il m'adorais et me traitais comme une princesse. Et un jour, il m'a demandé de l'épouser et j'ai dis oui parce que c'était beau et parce que c'était fou. Je me suis mariée à 18 ans avec la bénédiction de mes grand-parents, qui l'adoraient.

La vie a continué et moi, j'étouffais. Je suis partie tout l'été suivant notre mariage travailler en colonie de vacances. J'avais besoin d'air. Je ne me sentais pas mériter tant d'égard et de douceur. Mes vieux démons revenait me hanter. C'est aussi à ce moment que j'ai eu le diagnostique de ma tumeur au cerveau que je ne savais pas bénigne a cette époque. Je me sentais devenir folle, incapable de vivre, perdue.

Je suis revenue et je me suis mise à tripper sur un ténébreux collègue. J'en ai parlé à mon chum. On se disait tout. Il me répondit que j'avais peut-être besoin de vivre d'autres expériences. Sa réponse m'a boulversé. Puis tellement vite, je me suis fait croire que j'étais vraiment amoureuse de l'autre. Tout s'est bousculé. Un soir il est parti pour la semaine réfléchir chez ses parents puisque je pensais à le laisser. Mais finalement, il revenait le lendemain matin pour me trouver avec l'autre chez nous. Le collègue m'avait appelé et m'avais trouvé en larmes; il en avait donc profité pour venir me consoler et après une nuit de pleurs, je me retrouvais dans ses bras et... Je ne me pardonnerai jamais ça.

Mon chum est parti en me souhaitant d'être heureuse mais il me rappelait souvent. Il m'aimait encore très fort. J'ai poussé l'odieux jusqu'a lui parler de ce connard de collègue qui ne me rappelait pas et dont je me croyais amoureuse et malgré sa peine, il m'a consolé. Je crois que j'avais besoin de mettre une coupure entre lui et moi et c'est son départ qui me chamboulait à ce point. J'ai tout sublimé ça en m'embarquant dans une histoire d'amour impossible avec le roi des salaud.

Je m'en suis partiellement remise mais j'étais au summum de ma crise existentielle. Ma famille toute entière ne me parlait plus depuis ma séparation alors que j'aurais tellement voulu être avec eux comme avant, mes grands-parents ayant toujours été ma bouée à une vie familiale normale.

J'ai connu des tonnes de gars. Pendant ce temps, mon ex mari était toujours dans le décor et savait tout. Quand ça n'allait pas, c'est lui que j'appelais et qui me ramassait à la petite cuillère. Ça a été 2 années troublées. C'est lui qui m'a accompagné dans les moments les plus durs de ma vie. Le soir ou je me suis fait agresser chez moi par un inconnu qui a forcé la porte, c'est lui que j'ai appelé avant d'appeler la police.

Ce soir là, je suis devenue sage. Peu apres, je me suis fait un chum bien et j'ai entrepris de faire taire tout ce qui hurlait en moi. Ça faisait déjà des années que je ne pleurais plus de toute façon. J'ai fini mon DEC, j'ai travaillé, je me suis entrainée comme une dingue, j'ai maigris, j'ai fais les choses comme les gens normaux les font. Puis au final, je suis allée voir un psychologue payé par l'IVAC pour lui dire que de toute façon, il ne pouvait rien pour moi, que je n'aimais pas, que je ne vivais pas, que je ne souffrais pas, que je ne ressentais rien.

Et souvent encore, j'allais voir mon ex mari parce que c'était le seul avec qui j'arrivais à être moi même et qui m'acceptais inconditionellement.

Mon psy, ça a été une tempête. 52 séances ou je me demandais à chaque fois si j'y retournerais la semaine suivante. On a jamais parlé de mon agression. On a parlé de mon enfance. Et quand je me suis mis à ressentir, ça a été épouvantable.

J'ai fini par foutre le bordel dans mon couple. Je ne sais pas laisser les hommes alors je les force à le faire. Mais je ne voulais pas vraiment qu'il me laisse, surtout pas pour une petite blonde adorable et sans cervelle. Là, j'étais toute seule avec tout mon gachis dans les mains.

Je suis partie dans ma famille (expérience difficile mais necessaire) et pour une fois, je me suis laissé être faible et me noyer dans mon propre chagrin.

Au même moment, François à rencontré quelqun et sa copine me détestait (je la comprends). On ne s'est plus vu.

Puis, un mois plus tard, je suis revenue à Montréal. Peu après, je suis déménagée puis je me suis mise à réapprendre à vivre en sentant les choses. Mon psy m'a dit qu'il ne voyait plus l'utilité de nos rencontre et j'étais d'accord.

Un an plus tard, lorsque mon amoureux est arrivé dans le portrait, j'avais enfin une place pour moi dans ma vie alors je pouvais y accueillir quelqun. J'ai eu la chance de rencontrer quelqun d'aussi extraordinaire que Francois et qui me correspond et me complète parfaitement, mais plus encore, cette fois je sais ce que c'est d'aimer et d'être libre.

Alors que je termine mes papiers officiels de divorce, j'ai une pensée pour François qui vient de s'exiler à l'étranger pour se remettre un peu de sa peine face à sa dernière copine qui l'a aussi laissée. Je lui doit tellement de m'avoir aimée alors que j'étais trop troublée pour lui redonner cet amour. Cette façon inconditionelle qu'il a d'aimer lui laissera des traces. Ce n'est pas sain pour lui mais ça a été le début de mon estime personelle. Je suis tellement désolée. Il a vieilli et muri lui aussi maintenant, et il mérite de rencontrer quelqun d'extraordinaire.

Chaque fois que j'essais de remplir ces papiers de divorce (on a jamais officialisé), je ne peux m'empêcher de pleurer mais ce ne sont pas que des larmes de tristesse. Ce sont aussi des larmes de grattitude envers la vie. J'ai eu la chance de pouvoir grandir, chance que tout le monde devrait pouvoir avoir. Maintenant, je comprends mieux le large spectre du monde et la fragilité du bonheur.

samedi 15 septembre 2007

Les autres

Aujourd'hui, je suis encore revenue de mon cours avec une boule dans la gorge.

Vous devez vous dire: bon, elle ne va pas encore nous livrer les états d'ame de son moi profond!

Ben oui.

Les petites natures comme moi ont besoin d'écrire pour se comprendre comme elles n'ont pas de psy et n'assument pas comment elles se sentent parfois. C'est la vie.

Mes cours du samedi sont difficile. (et pas seulement parce que c'est samedi et que je dois quand même me lever...) Ils sont difficile parce que je suis avec des gens que je ne connais pas avec qui je dois faire plein de travaux d'équipe, livrer mes impressions, interragir.

Personne la-bas ne dois croire que je suis timide, je lead mon équipe dans les travaux, je donne mon avis lorsque la prof pose des questions et participe. Pourtant, les gens me terrorisent et je passe la journée à stresser. Manger toute seule le midi m'épuise mentalement et pourtant, jamais je n'oserais aller m'asseoir avec d'autres de mon cours. L'improbable possibilité qu'ils ne veulent pas de moi m'est insupportable.

Ces situations me rappellent tellement une petite fille un peu ronde, pauvre, que sa mère un peu dingue habillait à la St-Vincent de Paul avec un père que tout le village connaissait pour le célèbre braquage de la caisse populaire (dans un petit village comme le notre, c'était une idée de dingue, surtout que la caissière était sa cousine) et d'autres frasques malheureusement célèbres. Et même si la petite fille était parfaite et sage comme une image, tout le monde disait qu'elle allait surement tourner comme ses parents, "c'est génétique ces affaires là". Certains enfents n'avaient pas le droit de jouer avec elle et les autres, ça ne les intéressait pas de toute façon d'être amis avec une petite grosse laide trop bonne à l'école. Alors elle jouait toute seule et la pire honte, c'était que les autres le remarquent. Le problème quand t'es un rejet, c'est que c'est contagieux. Quand on est petit, on pense que c'est sa faute, qu'on a quelque chose au fond de soi qui fait que personne ne nous aime.

Bien sur, j'ai grandi et j'ai eu une foule d'amies au secondaire. Malheureusement, je les ai toutes abandonnées à la fin puisque mon nouveau beau père et ma mère rendaient mon habituelle bonne humeur impossible à se manifester et que je ne voulais pas imposer ma tristesse aux autres, à ces amies en qui j'avais confiance. Je ne peux pas dire pourquoi je ne leur ai pas parlé de ça alors qu'on se parlait de tout. Je me suis rangée avec la bande "rivale" de la mienne puisqu'avec elles, il n'y avait que des futilités et des discussions de garçons et de maquillage. Ça me faisait penser à autre chose. Puis évidemment, je ne les ai pas revu à la fin du secondaire.

Sont venus les amis de couple, ceux qu'on perds quand il n'y a plus de couple par choix ou par la force des choses. Et aujourd'hui, j'ai des tas de connaissances, d'amis de couple, d'anciens colocs mais des amis véritable, aucun.

Mon "amie" la plus fidèle, c'est cette incapacité à approcher les gens et cette crainte du rejet surement batie au primaire mais toujours bien là. Et elle est tellement présente quand je ne me gave pas pour la faire taire.

J'ai revu ma mailleure amie du secondaire il y a de cela 2 semaines, le jour de mon saut en parachute. Elle faisait une vente de garage dans notre village natal. Je suis allée la voir quelques minutes, prendre de ses nouvelles, j'étais intimidée mais ça m'a fait plaisir de la voir et je crois qu'à elle aussi. Elle vient de perdre son père; il s'est suicidé. J'ai fait comme si je ne le savait pas puisque je ne savais pas quoi lui dire et que surtout, je ne voulais pas qu'elle pense que je suis allée la voir par compassion. Sa mère était là. Qu'aurais je pu dire qui soit approprié à un tel drame. Je n'ai pas su.

J'ai appris qu'elle habitait près de chez moi à Montréal. Je lui ai proposé de venir souper chez moi et lui ai demandé son email. Elle me l'a laissé sur un bout de papier, avec son numéro de téléphone. Depuis, ce bout de papier traine sur mon bureau mais je n'ai pas osé lui écrire. J'ai peur d'être déçue, qu'elle ne tienne pas à ces vieilles histoires autant que moi ou que ça ne soit plus comme avant.

Mais je crois que ce soir, je vais oser. Au pire, je serai fixée.

Après tout, sans dénigrer la petite fille du primaire et sa peine, il est temps de grandir sans me cacher de mes peurs.

mardi 11 septembre 2007

Une autre crise.

Ok, j'ai menti.

Je ne peux pas passer un jour sans venir me défouler sur ce blog. Surtout dans ces jours ou je n'ai pas le temps de venir écrire. Peut-être devrais-je l'assumer pour l'instant comme un besoin essentiel.

Ma fidèle calculatrice s'est mise à écrire en code secret au début de mon cours de physique; du coup j'ai du aller en acheter une autre sur le champ puisque c'était un cours des rares cours d'exercices pratique et qu'elle était indispensable. A deux pavillons de là, au magasin scolaire, le préposé des calculatrice était occuppé avec un client aussi rapide qu'une tortue morte. Ensuite, la machine intérac a brisé à mon tour à la caisse. J'ai pris la moitié du cours pour une opération qui aurait du prendre 15 minutes maximum. Quand je suis revenue, je ne comprenais plus rien, ayant manqué le début. Puis je suis allée voir le prof pour lui demander si la matière couverte était dans notre manuel en lui expliquant la situation, ce a quoi il m'a répondu d'un ton froid et sarcastique: " Pauvre petite fille, c'est tu plate... Je sais pas moi."

Je l'ai remercié, j'ai pris une grande respiration et je suis rentrée à la maison là ou les carambars, le nutella, le fromage, les pizza pochettes et ce que j'oublie m'attendaient.

Horraire de fou + cours de physique en chinois = je me jette dans des cochonneries. Ça ne m'en prends pas beaucoup pour faire une belle crise mais c'est toujours sensiblement les mêmes ingrédients.

J'imagine que plusieurs d'entre vous savent ce que c'est. Quand j'entre dans cet état là, je deviens un robot programmé pour bouffer et je l'impression de ne plus avoir accès à moi même. J'ai même besoin de me détacher de moi même.

Ensuite, j'aurais envie de pleurer pendant des jours. Lorsque je ne vomis pas, c'est pire. Je ne ferais pas l'apologie de la boulimie mais j'avais avant l'impression de faire sortir le méchant d'une certaine façon, de me défouler. Ça faisait du bien, du mal aussi, mais ça me déchargeait.

La je suis de retour dans mes souliers à essayer de me calmer, de me pardonner, d'analyser, de penser à ce que je pourrais faire pour gérer ces émotions qui me bouffent et que je bouffe.

J'ai beaucoup appris mais le stress scolaire me dévore encore. Depuis quelques années, c'est pire. Je me met une pression folle. J'ai toujours été parfaite à l'école. Il le fallait bien puisque j'étais persuadée que c'était mon seul talent. Maintenant, l'habitude est prise. Chaque problème que je ne comprends pas, je le prends comme un coup de poing au visage. Ces temps ci, je reviens de mes cours avec des bleus partout. L'idée d'échec (l'echec étant pour moi tout ce qui n'est pas une réussite éclatante) me fait paniquer. A l'école comme en alimentation et partout. C'est un cercle vicieux de panique parfois.

Ce n'est pas la première fois que je parle de perfectionnisme et de besoin de contrôle.

J'aimerais retourner m'entraîner la semaine prochaine puisque ça me défoule. Cette semaine, je manque de temps pour le faire... Je n'en aurait pas plus la semaine prochaine. Je fais quoi quand la seule chose qui me permet de gérer le stress d'un horraire trop chargé pour ma petite nature me prends du temps? Tout prends du temps et je ne sais pas ou me mettre dans tout ça.

Toutes mes sessions se font au bord de la crise de nerfs. Je ne vois pas comment je pourrais faire autrement. Le problème, ce n'est pas les crises de bouffe, c'est mon incapacité à vivre dans le monde. Je mange très bien lorsque tout va bien. Mais quand je vais mal, c'est la seul chose qui me calme sur le moment.

Est-ce utile pour une personne comme moi de consulter une diététiste? Je pense à appeler pour qu'on m'enlève de la liste d'attente. C'est de me trouver dans ma tête dont j'ai besoin.

Il faut quand même relativiser la gravité de ma crise. Je ne vais quand même pas aussi paniquer parce que je vais grossir (parce que oui, au fond, je panique un peu). Je remangerai quand la faim reviendra et c'est tout. Je me demande juste si j'arriverai à ne plus en avoir besoin de me défendre de cette manière un jour...

Je retourne à ma physique puisqu'il le faut!

mardi 28 août 2007

Facultatif

Je reviens d'une charmante fin de semaine passée à pagayer sur les lacs de la réserve faunique rouge-matawin.

Initialement, nous devions passer la fin de semaine au "chalet" de mon oncle, de ma maraine et de leurs enfants. Ici, les guillemets sont importants puisque j'ai de la difficulté à adopter la terminologie officielle employée par la famille lorsqu'il sagit d'une gigantesque maison de 3 étages avec foyer et bain sur pattes, le tout meublé et décoré avec soin par une décoratrice professionnelle. Le garage à lui seul est plus grand qu'un chalet de grandeur raisonnable puisqu'il faut bien abriter le gigantesque bateau, le 4 roues, la moto et le pick up.

Je dois avouer que cette belle maison chaleureuse décorée à l'ancienne est magnifique, ce qui n'empêche pas ses propriétaires de devenir de plus en plus débranchés des autres et du sol que foulent les gens normaux.

Nous avons été invités pour la fin de semaine mais ils ont finalement décidé de partir le samedi puisque la température était mauvaise et qu'ils ne pouvaient pas faire de bateau à moteur, nous laissant le bec à l'eau avec les deux jours de vacances que nous avions posés, sans même s'en apperçevoir je pense.

Ce n'est pas la première fois qu'ils agissent de la sorte, les dernières fois étant pires, et le sentiment et les souvenirs que ça me fait revivre à chaque fois m'ont cette fois mis en rogne. Nottons ici le nouveau sentiment: j'arrive à être en colère contre quelqu'un et à dire qu'ils me déçoivent. (pas à eux, evidemment, mais à moi même, et c'est un début)

La dernière fois ou j'ai dormi chez eux, je venais de me faire jetter par mon ex et j'étais probablement dans le plus petit état de petits morceaux millimétriques qu'on puisse imaginer. J'avais été agressée quelques mois avant, tout était mêlé dans ma tête et j'aurais eu envie de me rouler en boule jusqu'a ce que ça passe ou alors de me sauver très loin mais je n'en avais pas les moyens.

Ma tante m'avait gentiment invité chez elle, "la famille c'est fait pour ça, on va se débrouiller" qu'elle m'avait dit lorsque je l'avais appelée pour lui demander une recette sans pouvoir retenir mes larmes lorsqu'elle me demanda si ça allait bien, question d'usage. Dans ma famille, les mots sont toujours parfaits et nous sommes en apparence la famille la plus unie et équilibrée de l'univers. Et parfois, j'oublie que rien n'est plus faux. Sauf pour ma mère, petit canard boiteux de la famille mais tellement plus authentique que les autres.

J'avais donc expliqué à ma maraine que je ne pouvais pas partir, que je ne pouvais pas arrêter de travailler, que j'avais un bon travail, des études à compléter et un loyer à payer. Je me suis laissée convaincre quand même lorsqu'elle me dit qu'on allait regarder ça ensemble, que je pouvais rester chez elle toute l'année, retourner étudier dans ma région, travailler au resto de mon oncle... Je n'avais pas l'intention de rester chez eux mais j'avais envie de ne plus penser à rien pour quelques jours et surtout, de ne plus voir tous les jours mon ex et sa nouvelle copine se caliner devant moi dans mon appart, le temps qu'il se trouve un autre appart. J'ai donc posé 1 mois de vacances en arrêtant ma session et en me mettant en congé maladie au travail, me sentant incapable d'en encaisser plus et mon psy m'y encourageant fortement.

Lorsque je suis arrivée, le plan de ma vie, concocté par ma tante et ma grand-mère, était dessiné jusqu'a ma retraite, minimum. J'avais beau être déprimée, j'avais encore d'autres projets que de travailler au salaire minimum en étudiant à temps perdu et en vivant seule dans un appart trop cher en étant prise jusqu'au cou. J'avais travaillé fort pour être là ou j'étais et je n'étais pas prête à tout abandonner.

Ça n'a pas plu à ma maraine. On a ensuite regardé ensuite mon budget, et elle m'a dit qu'il faudrait que je retourne travailler au plus vite pour arriver, en ajoutant qu'elle avait pensé m'aider un peu mais qu'on aidait personne en ne les encourageant pas à être débrouillards. Comme si je n'avais pas déjà prouvé que je suis très débrouillarde et travailleuse... (nous venions de finir un diner avec des gens de leur connaissances ou il était question de voitures luxueuses, de voyages presque coloniaux et de préoccupations qui échappent à ma classe sociale, ces invités me traitant avec la gentille condescendance de la charité due à mon niveau alors que j'aurais pu leur en apprendre si je n'avais pas été ocuppée à être ébahie et amusée devant tant d'égo, de mépris et de petitesse d'esprit)

Après une semaines, elle m'a demandé de partir en me disant que je n'étais pas aussi joyeuse que d'habitude et que ce n'était pas bon pour les enfants, ces petits que j'adore et dont j'ai toujours été la gardienne jusqu'a ce que je parte à Montréal. Alors je me suis exécutée toute en remerciment pour l'accueil et je suis partie chez ma grand-mère en attendant que mon ex parte de chez moi, ma mère ne voulant pas que je retourne chez elle puisqu'on finit toujours par s'engueuler parce que je n'accepte pas la façon dont mon beau père lui tappe dessus.

J'ai vite du paraitre en pleine forme puisque dans ma famille, ce n'est pas acceptable d'avoir les yeux rouges le matin ou de passer un temps dur. Je suis donc redevenue vite l'apparence d'une fille qui s'en remet. Ce que j'en ai courru des kilomètres dans les bois pour me défouler. Et comme je n'arrivais pas à manger, je suis revenue à Montréal avec 20 lbs en moins, l'ex toujours chez moi, mais obligée de retourner travailler pour payer ce mois de vacances. Je n'ai pas beaucoup revu mes amis pour ne plus revoir mon ex, ils n'ont pas trop insisté. J'étais toute seule avec mes colocs (qui pour certains s'ennuyaient de mon ex...). C'est là que j'ai commencé à blogger, pour mettre des mots à ce nouveau départ. Pour me forcer à être positive.

Je n'en veux à personne directement. Il vaut mieux accepter les gens qu'on ne peut pas changer comme ils sont. Toutefois, j'arrive à avouer que ce sont des situations blessantes qui n'étaient pas les meilleures et que ma famille n'est pas idéale. J'arrive à ressentir de la colère, à la canaliser. C'est une colère qui a toujours été là, diffuse, orientée contre moi même. Pour moi, tout cela va de pair avec ma nouvelle façon de me nourrir. L'un ne peut pas aller sans l'autre.

J'ai besoin d'avouer que ce n'est pas toujours de ma faute si les autres ne sont pas comme je l'aurais voulu, que j'ai eu beau être celle que tout le monde attendait, ils se défilent à chaque brèche dans la construction de moi même que je n'ai fait que pour eux. Tout ce que je peux, ce n'est pas assez alors je me contente maintenant d'être simplement ce que je suis en mettant la distance necessaire entre moi et ceux qui m'abandonnent à répétition.

Ça me rends quand même triste. Je n'ai pas vu ni parlé à mon père depuis mon enfance, sauf à une reprise ou j'avais besoin de savoir s'il avait changé. Je ne sais même plus ou il est. Je n'arrive qu'à être distante avec ma mère. J'ai des relations cordiales avec mon beau père même si c'est un être humain pour qui j'hésite entre le mépris et la pitié. Je suis redevenue une acceptable dans le clan de ma tante et de ma grand mère depuis que j'ai du temps pour venir les voir mais surtout, depuis que je sors avec un ingénieur/pilote. Les autres sont un peu des étrangers. Et mon petit frère, il est si creux dans son désespoir que je n'arrive pas à l'atteindre. Des relations satisfaisantes et qui me comblent, je n'en ai pas avec ma famille. J'essaie de les satisfaire eux, j'essaie qu'il reçoivent quelque chose, qu'ils se sentent bien. Mais pour vivre, j'ai besoin de distance.

Ce blog est un blog personnel remplis de truc que j'assume plus ou moins. Désolée pour le lyrisme pénible, mais ce blog est avant tout un outils "alimentaire" pour moi, et tout ça, ça en fait vraiment partie et ça me fait du bien de l'écrire et de le faire exister quelque part. C'est tout mêlé, c'est pénible à lire mais j'espère que personne ne se sent obligé de lire en entier. Ce blog, il est à moi et pour moi avant tout. Si ça aide ou si ça divertis parfois d'autres gens, tant mieux, mais ce n'est pas le but. J'écris parce que ça me fait du bien. Parce qu'ici, je peux être pleinement vraie. Et ça me plait d'écrire des trucs sans buts et non divertissants pour ne pas devenir accro aux chiffres que je vois parfois sur mon compteur et pour que ce blog continue à n'être que quelques briques de mon chemin vers le mieux être.

La semaine prochaine, nous auront une fête de famille et je ne pourrais pas être aussi franche. Ils sont important pour moi malgré tout et sans eux, je n'aurais rien eu à quoi me raccrocher lorsque j'étais enfant et que la vie était encore plus difficile. Mes grands-parents en particulier, (ma maraine aussi) ont été mon échappatoire et mon espace liberté, même s'ils ont passé des années à ne plus me parler lorsque j'ai quitté mon premier chum qu'ils considéraient comme leur petit fils. Même si je ne les voit plus parfaits comme autre fois, j'apprends à aimer autrement. J'apprends à aimer les autres imparfaits comme je m'autorise maintenant à l'être.

Avant je ne supportais pas l'imperfection, quitte à me raconter des histoires que je croyais vraies. J'avais besoin de mes histoires mais plus maintenant. La vie peut être merveilleuse même si tout ne s'est pas passé comme il aurait été mieux. La vérité est mieux que la plus belle des histoires pour moi. Ce que mon psy prenait pour de la résilience était aussi du déni et du refus necessaire.

J'en reviens à ma fin de semaine après cette longue parenthèse. Notre "pauvreté relative" fait de nous des gens débrouillards et pleins de ressources. Nous avons loué la dernière tente prospecteur disponible de la réserve faunique des environs (Nous avons toujours nos sleeping bags dans la voiture en cas d'envie d'aventure émergeant subitement) et sommes partis faire ce que nous avions prévu de faire avant qu'on nous invite au "chalet", soit du canot à milles lieux de toute vie humaine.

Et en arrivant à digérer mieux toutes ces choses, je suis arrivée à continuer à ne pas manger pour remplir ce vide ou pour me punir a cause de cette culpabilité que je prends à la place de ceux qui devraient la ressentir parfois.

Des patates cuites dans l'alluminium sur des braises avec du cheez whiz et des saucisses cuites sur un baton fraichement gossé au couteau, c'est loin d'être pollitically dietetically correct mais maudit que c'est bon! Surtout lorsque ça suit parfaitement ma satiété boostée par une journée de canot et d'explorations forestière. Personne ne peut empêcher la vie d'etre belle!

samedi 18 août 2007

Le vide

Il y a des soirs ou on a la chance de se retrouver seuls avec nos vides. Entre tous les bonheur qu'on peut vivre, ils restent là, sans fin ni fond, n'attendant qu'un carton ouvert et un moment de solitude pour envahir un instant plus long qu'a son habitude. L'absence prends tant de place.

Le vide. Lorsqu'il faut trouver en soi de quoi remplir quelque chose d'assez grand pour s'y perdre et garder les yeux grands ouverts sur rien, je ne sais pas ou on prends le courage.

Heureusement que dans mes rêves, je sais voler.